INTERVIEW : RURIK SALLE

Publié le 28 Août 2012

INTERVIEW - Rurik Sallé

Salut à tous, aujourd'hui, j'ai l'honneur d'interviewer le magistral Rurik Sallé !

Acteur (Dead Shadows, Zombinladen, Le fils de Chucky...), Musicien (Fugu Dal Bronx, Livide...), Journaliste (Mad Movies...), Animateur (Panoramad, Plus ou moins geek...) Rurik revient sur sa carrière passée, nous parle (entre autres) de ses projets, de Jean-Claude Van Damme, d'Argento, de Uwe Boll, de musique italienne, de Mad Movies, de Sergio Léone, du cinéma français... le tout avec le franc-parler et l'humour qu'on lui connait.

1/ Histoire de faire une introduction, peux-tu te présenter ?

Aux dernières nouvelles de nos amis de la préfecture de Paris, je m'appellerais toujours Rurik Sallé, ce qui me rassure quand on connait leur capacité à faire évoluer l'espace-temps pour vous plonger dans un enfer qui ferait jalouser Brazil. Je suis acteur et compositeur, et je partage également mes passions pour le cinéma et la musique dans des magazines et des émissions web depuis une dizaine d'années, et maintenant à la télévision aussi.

2/ Je t’ai connu, à la base, comme journaliste dans le magazine « Mad Movies ». Comment as-tu commencé à travailler à « Mad Movies » et quel est ton rôle ?

Mon rôle dans Mad Movies, c'est celui de Jean-Charles Duboeuf, petit boucher de province qui cache un terrible secret. J'ai commencé à travailler dans ce magazine après avoir rencontré l'équipe il y a quelques années. Je faisais à l'époque partie du concurrent l'Ecran Fantastique. J'y écris des choses, et je présente l'émission hebdomadaire Cinémad sur le site du magazine.

INTERVIEW : RURIK SALLE

"En France, on a parfois du mal à comprendre pourquoi les gens font plusieurs choses "différentes". Mais ces plusieurs choses sont plutôt plusieurs aspect d'une seule personne, et au final tout est relié."

3/ A ton avis, quel est le secret de la longévité de « Mad Movies » ?

Jean-Pierre Putters a fait de Mad Movies un mag unique, au ton franc, et qui défend le cinéma différent, de la marge, fantastique, horreur, bis, Z, le cinéma dont on entend pas réellement parler ailleurs. Même si le magazine a évolué depuis, le nom "Mad Movies" est très puissant dans l'esprit des lecteurs, et facteur de passions intenses. Je pense qu'en ce sens, Mad est unique en France. On n'achète pas "un mag de ciné", on achète Mad. C'est tout un univers que l'on espère retrouver à chaque fois.

Jean-Pierre Putters est un ami, c'est un mec brillant, et qui possède exactement l'humour de ses Craignos Monsters. Et as-tu goûté ses macarons? Il en ramène parfois à Movies 2000... En découvrant Jean-Pierre, j'ai compris que l'esprit originel de Mad avait des racines sincères, et j'ai réalisé que mon amour pour Mad lors de mon adolescence n'était pas une mascarade. Si la presse française possédait davantage de gens comme lui, on se ferait moins chier !

En France, on a parfois du mal à comprendre pourquoi les gens font plusieurs choses "différentes". Mais ces plusieurs choses sont plutôt plusieurs aspect d'une seule personne, et au final tout est relié. Je n'imagine pas quelqu'un dire "Je reviens de la boulangerie, et le mec vendait des mille-feuilles et AUSSI des pains complets. Tu imagines??!" Jean-Pierre Putters est pâtissier, il a créé Mad, il est également producteur, écrivain... Et il fait tout à fond!

4/ Pourquoi penses-tu qu’il existe des revues spécialisées sur le fantastique/horreur, comme « Mad Movies », et pas sur d’autres genres de films comme la comédie ou les drames ? Pourtant, on aurait tendance à croire que le public d’horreur est minuscule par rapport à celui des comédies, par exemple.

C'est une bonne question! Je pense que le cinéma fantastique et d'horreur touche au passionnel, à la chair, presque. L'entrain des fans, comme avec les fans de metal, est tel qu'il dépasse celui des fans de comédies musicales ou des polars, par exemple, d'autant que le fantastique et l'horreur sont des genres un peu interdits, donc l'impression de faire une bêtise ou de braver les interdits est forte lorsqu'on les regarde. Alors que polars ou comédies musicales sont des genres acceptés et normalisés. De plus, lorsqu'on est petit, le fantastique et l'horreur sont en général des genres bannis par les parents, on les regarde sous le manteau. Il en résulte une certaine fascination... Tout le monde a une anecdote concernant les premiers trucs d'horreur qu'il a vu, comme avec les films de cul en fait. Le metal aussi est une musique qui dérange, qui défoule, et qu'on n'écoute pas n'importe où, n'importe quand. J'ai un très bon ami qui s'est marié récemment, il est ultra pointu en metal, mais il n'a pas passé de metal à son mariage, certainemenent parce que c'est une zique qui pourrait déranger... Tous ces éléments rendent les choses passionnelles, créent un envoûtement autour de ces oeuvres. Et puis, Mad a été créé par Jean-Pierre pour défendre un cinéma interdit, invisible, avec passion, humour et irrévérence punk. Y'avait-il matière à défendre envers et contre tout le polar et le musical ? Non, ils étaient déjà dans tous les journaux.

5/ Quel est ton meilleur souvenir à « Mad Movies » ?

Il y en a plusieurs, mais un jour, j'ai croisé une famille dans un tramway. Le père est venu me voir, il m'avait reconnu et m'a parlé de mes émissions. Il m'a dit qu'il les regardait en famille avec sa femme et ses deux enfants, qui étaient assis à côté de lui! Et il m'a confié qu'il retrouvait dans ces émissions, et dans mes articles, le ton du Mad qu'il aimait avant, humoristique, léger, différent et informatif. Ca m'a beaucoup touché. D'une manière générale, les fans de Mad ont toujours été extrêmement agréables avec moi, et je suis honoré de cette relation que j'ai avec eux.

6/ Au total, dans combien de magazines écris-tu ?

En ce moment j'écris dans deux magazines, Mad Movies et Rock First. Je partage également mes passions à la télévision, sur l'émission hebdo Plus ou Moins Geek, qui arrive sur Planète + No Limit (Canal +) dès novembre.

INTERVIEW : RURIK SALLE

"J'adore le cinéma français, aussi. Il y a des choses extraordinaires en France, et j'emmerde ces tendances à mépriser tout ce qui vient de France, à dire que le cinéma français c'est de la merde."

7/ En horreur ou dans n’importe quel genre, quels sont tes films cultes ?

C'est toujours difficile de répondre à ça, parce que faire des listes est forcément réducteur, et ne représente qu'un moment précis, alors que tout le monde prend ça pour argent comptant! Je me souviens d'une phrase de Baffie qui disait "les meilleures vannes, tu les trouve toujours le lendemain." C'est vrai pour les listes aussi. Tu te réveilles avec l'envie de rajouter tel truc, ou tu penses à tel autre tandis que tu nettoie ton corps d'athlète sous ta douche au son des "Plus grands thèmes du classique" par André Rieu.

Mais disons que je pourrais citer quelques films chers à mon coeur en ce moment précis : La cité des monstres, de Alex Winter et Tom Stern, avec son générique par Henry Rollins et son Keanu Reeves en homme-vache cotoyant Mr.T en femme à barbe. Vorace aussi, évidemment, incroyable chef-d'oeuvre de Antonia Bird terrifiant, drôle et intelligent. Quatre mouches de velours gris de Argento, l'un de ses moins connus mais que j'adore, avec Bud Spencer qui joue un mec appelé "Dieu", et Jean-Pierre Marielle en détective privé gay! Le tout sur une fabuleuse musique de Morricone... Shocker de Wes Craven est le meilleur film d'horreur hard rock, à mon avis. Une pure série B, un autre de mes films de chevet. Kitano cinéaste est souvent à fleur de peau, magnifique. Et Carpenter !! The Thing, c'est intouchable. J'aime le cinéma asiatique en général, j'ai passé beaucoup, beaucoup de temps en Asie. The Mission de Johnnie To est l'un des films que je peux revoir sans jamais m'emmerder. Tuer, de Kenji Misumi, m'a fouetté le fondement également.

J'adore le cinéma français, aussi. Il y a des choses extraordinaires en France, et j'emmerde ces tendances à mépriser tout ce qui vient de France, à dire que le cinéma français c'est de la merde. Le cinéma français, comme la plupart des pays, est capable de choses grandioses. Encore faut-il se donner la peine d'éviter le Cinéman de Yann Moix ou le Lucky Luke de James Huth! Quentin Dupieux est un mec très intéressant. Steak est l'un de mes films préférés, l'un des trucs les plus fous que j'ai vu de ma vie. Aussi drôle que violent, triste et mélancolique. Absurde, unique. Kavinsky joue dedans, Tellier aussi. Eric et Ramzy sont parfaits, et Dupieux est d'ailleurs le premier à les soutenir. Ces mecs sont incompris également. Platane, c'est vachement bien, bien moins con que le reste des séries! Judor est masochiste: il est pitoyable dans cette série, triste à mourir. On pourrait s'attendre à la grosse déconne grasse, mais non. C'est étonnant, Platane!

Et Polanski? Le Locataire, ultime. Du Welz aussi, c'est l'un des réals les plus intéressants aujourd'hui, et c'est un mec vraiment bien. Et Le Sucre de Jacques Rouffio, génial! Un modèle d'actorat. Depardieu, Carmet, Piccoli, Hanin, ils sont brillants là-dedans. Tu as vu la scène où Piccoli gueule sur les banquiers à table? A la fin de la séquence, l'équipe du film était silencieuse tellement ils avaient eu le souffle coupé par son jeu. Piccoli est un géant, aussi bien dans La grande bouffe de Ferreri, l'un de mes films préférés aussi, que dans Diabolik de Bava!

J'adore Chabrol aussi, et je pourrais même pousser la provocation jusqu'à citer Claude Sautet: ses acteurs sont incroyables, ses films respirent la vie. Tous les matins du monde est également un film somptueux. Ce plan fixe de 5 minutes sur la tête de Depardieu au début, c'est une vraie leçon. Tout dans ce plan est divin : mise en scène, jeu, son, dialogues. Marielle est intense. C'est l'un des plus beaux films sur la création, la foi en l'art, et la musique qu'il m'ait été donné de voir. Carax, son segment de Tokyo! est aussi à tomber par terre, une liberté fascinante. Quand je l'ai vu, j'ai arrêté le film à la fin du sketche pour reprendre mon souffle! Carax est l'un des rares à se permettre une telle liberté. Dupieux aussi. Noé parfois. Et Kounen.

Récemment, j'ai été scotché par deux films : Territoires de Olivier Abbou, et The Incident de Alexandre Courtes. Ces deux-là sont complètement passés sous le radar, et pourtant ils enterrent nombre de leurs confrères plus médiatisés. Territoires est cru, brut, dur, et solide. Et lorsque j'ai vu The Incident, j'ai été estomaqué. Incroyable maîtrise visuelle, superbes acteurs, ambiance lourde, et une véritable surprise : le film ne tombe jamais dans le cliché, surprend sans cesse. The Incident est un film d'horreur rock !

En temps qu'acteur, et en temps que spectateur, j'aime les réalisateurs qui ne passent pas leur temps à prendre la pause, à faire des films "comme untel ou untel". Qu'ils soient artistes ou artisans, j'aime les réalisateurs avec une âme.

8/ Quel serait ton film « fantasme » ? Quels acteurs/actrices verrais-tu dedans ? Qui le réaliserait ? Ça parlerait de quoi ?

Un remake de Maniac mais tourné à Paris, avec Depardieu dans le rôle de Spinell ! Ca serait génial ça!

9/ As-tu des envies de réalisation ? D’ailleurs, si tu devais réaliser un film, ça donnerait quoi ?

Ah oui, j'ai des envies de réalisation... D'ailleurs, j'ai réalisé quelques petites choses : un clip, un reportage pour la téloche, quelques courts aussi. C'est en cours, j'ai des idées et des envies... D'une manière générale, je n'aime pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. D'abord parce que je ne tue pas les ours, mais aussi parce que j'aime le vrai. Je n'aime pas vraiment le fantasme, dans le sens où, pour moi, ce qui compte est ce qu'on a fait ou ce qu'on est en train de faire. Mais tant que les choses n'existent pas, elles ne sont que des mots. Dans le cinéma, tout le monde a un projet. C'est facile d'avoir des projets, et c'est normal : tout commence par là. Mais je préfère parler du concret, tu vois ? C'est comme de dire "dans 5 mois, je ferai une omelette". Cool, on peut goûter?

Je travaille en ce moment sur quelques projets, justement. Il est donc un poil trop tôt pour vous en parler, mais j'ai quelques envies qui me tiennent à coeur. Nous en reparlerons bientôt !

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"On m'a souvent proposé des rôles de méchants, étrangement... Mais je ne m'en plains pas! C'est incroyable, les rôles de méchants."

10/ Tu as maintenant un site internet spécialement pour ton métier de comédien. Acteur, est-ce une finalité pour toi ?

Une finalité, je ne sais pas... Ca fait un peu final, ça, non? Merde, c'est déjà la fin? Ahah...

En fait, c'est marrant parce que j'en parlais à quelqu'un de très proche, il y a un ou deux ans. Je lui disais à quel point ma carrière d'acteur était désormais au centre de ma vie, et cette personne, qui me connait très bien, m'a simplement fait remarquer qu'en fait, j'avais toujours fait ça. Et c'est vrai... Depuis l'école élémentaire, je joue. Je faisais du théâtre, jouais dans des courts, fait le conservatoire du 1er arrondissement... En fait, je n'ai jamais "décidé" de suivre telle ou telle filière. Tout ce que je fais est une partie de moi. J'ai toujours fait de la musique, toujours écrit, toujours joué. Tout ça, c'est moi, et jamais je n'ai sérieusement fait quelque chose qui ne me ressemblait pas. Ce que je suis aujourd'hui est simplement la continuité de ce que j'ai toujours été.

Je travaille par exemple parfois avec Corine Blue, qui est une incroyable coach d'acteurs. Elle coache aussi des gens comme Julie Gayet ou Thierry Frémont, et Xavier Gens est un grand fan de son travail... Xavier est un pote, et on s'est d'ailleurs retrouvés sur un stage de Corine. Acteur pour moi, c'est une vocation depuis longtemps, pas une lubie ou un hobby. C'est un véritable travail que je fais avec toute mon énergie.

11/ Y’a-t-il un rôle, un personnage, que tu aimerais interpréter particulièrement ?

On m'a souvent proposé des rôles de méchants, étrangement... Mais je ne m'en plains pas! C'est incroyable, les rôles de méchants. Dans le récent Dead Shadows, de David Cholewa, je suis le chef d'une bande de voyous, et c'est un rôle que j'ai eu un plaisir incroyable à interpréter. Dans un film comme celui-là, je mets également en application mon côté "action", que j'adore, et que j'affute en travaillant la chorégraphie de combat depuis un an ou deux. Dans "Zombinladen", c'est plutôt le côté comédie...

Je ne mets pas de cloisons entre les genres, et je suis autant ravi de jouer dans de purs films dits "de genre" que dans des drames ou des comédies moins typés. Pour moi, il y a deux critères décisifs : le rôle donc, et la rencontre. Il y a des réalisateurs qui me plaisent artistiquement et/ou humainement, et je serais vraiment ravi de jouer pour eux. Je ne suis pas un mercenaire, je fais les choses avec sincérité.

12/ Tu es aussi musicien au sein du groupe Fugu dal Bronx, quelles sont vos inspirations ? Vos musiques semblent sorties (ou en tous cas, pourraient faire partie) de la BO d’un film de genre.

Fugu Dal Bronx est né parce que j'avais fait pas mal de b.o. de films muets, et je sortais donc d'une ribambelle de compositions instrumentales. Auparavant, j'avais un groupe rock, mais cette parenthèse de musique sans paroles m'a donné envie de mélanger les deux: le rock et la musique de film. En fait, ça n'est pas si conscient que ça, mais au final c'est ça!

J'adore les b.o. Et le violon c'est génial, un instrument de fou. Qui peut résister au violon? Pas moi. Je me met nu en écoutant un violon. Les femmes dansent, les animaux jouent, le soleil couche avec la lune... Un violon, c'est cool.

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Fugu Dal Bronx est donc un groupe rock instrumental, et je suis vachement content de ce qu'on a fait jusqu'à présent. Il y a des influences diverses, j'imagine : je suis 25% italien, et la zique italienne est très profondément ancrée en moi! Morricone, les Goblin... Julien, le producteur de Dead Shadows, m'a même cité à propos de Fugu d'autres groupes prog ritals des années 70 que je ne connaissais même pas, comme Premiata Forneria Marconi. J'aime bien aussi Fabio Frizzi, par exemple. Mais il y a également un vrai côté rock et metal je pense. Je suis également dans ce milieu depuis des années, et j'adore des trucs comme Megadeth, Danzig, Alice Cooper. Municipal Waste, c'est incroyable sur scène, et eux aussi sont très influencés par le cinéma d'horreur!

Avec Fugu Dal Bronx, on a sorti cette année un Ep appelé Ti Nedo To Xtro. On a même donné le premier concert de l'histoire de Movies 2000 ! Pour le coup, on jouait en version acoustique. On a un ciné-concert de prévu, et on continue à jouer live. L'année prochaine, on sortira probablement un album, c'est dans les cartons. On essaye de marier le côté composition et émotion à un aspect plus rock n' roll distorsion... Le meilleur des deux mondes, quoi, ahah!

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"Les gens aiment à se trouver des souffres-douleur pour oublier qu'eux-mêmes ne foutent rien. La jalousie et la faiblesse des gens n'ont pas de limites."

13/ On voit que tu as un CV assez hétéroclite ! Comment fais-tu pour trouver le temps de faire tout ça ? Une faille spatio-temporelle ?

En fait, ça fait bien longtemps que j'ai absorbé le concept de mondialisation. De nombreux pays du tiers-monde travaillent pour moi. Les gens de Nike sont assez fâchés, car ils ne peuvent plus faire fabriquer leurs chaussures de merde pour 50 cents par jour par des gens fatigués : j'ai proposé le double à ces pauvres gens s'ils bossaient pour mon compte. Grand seigneur... C'est pratique, et tout le monde s'y retrouve.

14/ Toujours en prenant ton CV, peux-tu me donner une anecdote, un mot ou une pensée sur ces différentes expériences :

- Livide : Alex et Julien sont des amis, et c'est bien de collaborer avec des amis. L'anecdote, c'est que j'ai composé la chanson Tonight, Every Night pour le film, et que Croissant's est un vieux morceau datant de 2002, que Alex connaissait depuis cette époque. Je n'en avais jamais rien fait de précis, et voilà qu'ils l'ont choisi pour Livide, pour illustrer la scène des enfants avec les masques de Halloween. Le destin, quoi!

- + ou – Geek : Le terme "geek" me déplait en général, car je l'associe à "nerd". Tu vois? Les mecs qui sont enfermés dans leur passion, incapables de communiquer avec quiconque ne possède pas les mêmes codes qu'eux... Au final, j'ai découvert à travers mon travail dans cette émission plein de trucs que j'ignorais! Mais ce qui est notable, surtout, c'est qu'on se fend vraiment la gueule ensemble, avec l'équipe. On a récemment passé deux jours de dédicaces et rencontres avec les spectateurs, et je peux te dire qu'on n'a pas arrêté une seule seconde de se marrer. Il y a une ambiance géniale avec cette bande, et pourtant il s'agit de télévision! On pourrait imaginer l'inverse, il n'en est rien. C'est aussi grace à David Frécinaux, qui produit l'émission, et qui a sû, avec Mylène Baradel, choisir des gens cools et diffuser une ambiance sereine, amicale et festive. Toutes les "équipes" ne peuvent pas en dire autant, je peux te l'assurer!

- Le fils de Chucky : Alors ça, c'est un super souvenir. J'étais sur le tournage du Fils de Chucky, en Roumanie, envoyé par l'Ecran Fantastique, et voilà qu'ils recherchent des figurants pour une scène. Je leur propose ma personne, avec plaisir, et je me retrouve collé à John Waters pour une séquence entière! Un honneur... D'autant que John Waters est un mec vraiment marrant, qui n'arrête pas de raconter des blagues de cul entre les prises. Toujours en train de déconner. Un souvenir incroyable! Même ma mère est allée voir le film au cinéma, du coup!

- Cinémad : C'est l'émission que je présente toutes les semaines sur le site de Mad. Avant, il y avait également Panoramad le week-end, et au total, je dois en être à 300 émissions. Le truc, c'est que j'ai toujours abordé ces émissions comme un acteur, en fait, puisque tout ce que je dis est improvisé, toujours, et que je ne me suis jamais contenté de diffuser des infos : j'ai également envie de les "jouer", d'inventer, de m'amuser. Les retours sont vraiment géniaux, on rigole bien avec les spectateurs. Ils m'envoient des images à la con, je leur pose des questions... Je crois que pour beaucoup de gens, c'est un rendez-vous important, et ça l'est pour moi aussi. Ils sont cools, les lecteurs et spectateurs de Mad.

- Zombinladen : C'est un de ces projets marrants qui se transforment en mini-phénomènes... Le film a été vu près de deux millions de fois sur internet! C'est dingue... Il y a même une boite de prod Z aux USA qui a piqué le concept et le sous-titre du film ("The Axis Of Evil Dead"), et qui en a fait un long-métrage... qui a l'air vraiment pourri! Je suis content d'avoir joué dans ce court, il m'a aussi permis de rencontrer quelques personnes avec qui je m'entends très bien.

15/ Tu apparais dans un des segments du prochain film : « ABC of Death ». Comment as-tu intégré ce film ? Quel est ton rôle ?

C'est Xavier Gens qui m'a proposé de jouer une petite frappe qui insulte une femme un peu ronde. J'aime beaucoup Xavier, et sa manière de travailler. Il est toujours enthousiaste et créatif sur un plateau. Et puis le projet ABC of Death est assez marrant : 26 petits segments réalisés par 26 réalisateurs différents du monde entier, réunis en un seul film. On y trouve Yoshihiro Nishimura, Jake West, Jason Eisener...

Pour le segment de Xavier, j'ai fait équipe avec Chems Dahmani, qui joue dans Frontière(s). On a bien rigolé, et le sketch a de la gueule. Il est même vraiment cruel, en fait!

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"Jean-Claude Van Damme : voilà un mec qui aime sincèrement le ciné, qui a toujours progressé en temps qu'acteur, et qui a la clairvoyance de savoir qu'il n'a pas encore tourné le "grand" film qu'il aimerait faire. Qui se permet de juger ce mec ? Les gens qui regardent Star Academy ? Laisse-moi rire"

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16/ Quels sont tes projets à venir ? Vers quoi aimerais-tu t’orienter dans le futur ?Je poursuis ma carrière d'acteur bien sûr. Dans ce domaine, il y a encore mille choses à faire, et j'ai encore envie de mille choses, évidemment.

Au niveau musique, il y a Fugu Dal Bronx, et je caresse d'autres idées sonores.

Et puis, en plus du reste, il y a la télévision aussi. Je me souviens de choses incroyables dans les 80's et les 90's... Je trouve que la télé s'est un peu endormie depuis...

17/ Le combat des titres qui se ressemblent :

Je m'empresse de te dire que je ne vais pas monter les uns contre les autres... La plupart sont des premiers films, et ça n'est pas mon truc de démolir les premiers films. Au contraire, je préfère trouver les qualités pour inciter le réal à continuer. Taper dans les jambes de quelqu'un qui apprend à marcher, je laisse ça aux frustrés, aux jaloux et aux gros cons. Et il y en a!

- Plutôt « Frontières » ou « Territoires » ? Je pense que les films sont très différents, et pas incompatibles : Frontière(s) est plus généreux et Bis, Territoires plus cruel et psychologique. J'aime les deux.

- Plutôt « La Horde » ou « La Meute » ? J'ai été de ceux qui ont dit que La Horde était marrant, même si je pense que le film est imparfait. J'ai bien rigolé malgré tout. En ce qui concerne La Meute, les avis ont été plus violents encore, alors que je trouve qu'il y a des trucs bien dedans : tout le début, par exemple, me rappelle les films de Bernie Bonvoisin, et je trouve Biolay très bien. Il y a une tentative d'horreur-rock n' roll qui me plait.

- Plutôt « Scream » ou « Hurlements » ? J'aime bien Wes Craven, mais Scream ne fait pas partie de mes préférés. Il a fait tellement mieux! Hurlements, sans hésitation.

- Plutôt « Hostel » ou « Motel » ? Franchement, revoir l'un ou l'autre je m'en branle. Motel ne laissera pas grande trace, et je pense qu'avec les années, Hostel va mal vieillir. Hostel m'avait bien plu, mais le revoir je m'en fous. Je me souviens que Motel était vraiment agréable, mais avec une fin de merde, probablement pour faire plaisir au studio. Une happy-end en carton. Par contre, le générique de début est très beau!

18/ Sprint Final :

- Si tu ne devais remercier qu’un seul réalisateur, ce serait qui ? Sergio Leone, peut-être. Il a bercé tant d'enfances de cinéphiles! Mais c'est dur de choisir, évidemment. Argento aussi.

- Si tu devais dire « arrête le cinéma » à un réalisateur, ce serait qui ? Je préfèrerais encourager ceux qui n'osent pas.

- A la manière de l’émission que vous aviez faite à « Mad », quel réalisateur ou acteur défends-tu « seul contre tous » ? Côté réal, Uwe Boll est un personnage étonnant. Ses films ne sont jamais parfaits, mais il y a plus d'âme dans Rampage que dans beaucoup de gros films devant lesquels beaucoup se masturbent. Ca n'en fait pas des chefs d'oeuvre pour autant, c'est sûr, mais il mérite d'être un poil réévalué. Côté acteur, je défendrai toujours Jean-Claude Van Damme : voilà un mec qui aime sincèrement le ciné, qui a toujours progressé en temps qu'acteur, et qui a la clairvoyance de savoir qu'il n'a pas encore tourné le "grand" film qu'il aimerait faire. Qui se permet de juger ce mec ? Les gens qui regardent Star Academy ? Laissez-moi rire. Les gens aiment à se trouver des souffre-douleur pour oublier qu'eux-mêmes ne foutent rien. La jalousie et la faiblesse des gens n'ont pas de limites. Van Damme est un mec honnête, et je connais beaucoup d'acteurs qui ne pourraient pas faire ce qu'il donne dans Replicant ou L'Empreinte de la mort! Dans Expendables 2, il est très marrant.

19/ Le mot de la fin ?

C'est "génoise". C'est mou, un peu bourgeois, mais c'est un mot sympa.

Retrouvez Rurik Sallé sur son site internet : http://www.ruriksalle.com/

et sur le site de MAD MOVIES : http://www.mad-movies.com/

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

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