Publié le 17 Janvier 2015

Une des règles de base dans un slasher-movie est de ne pas avoir de relations intimes. En effet, fricoter mène souvent à la mort et à tendance à énerver les boogeymen de tous genres. Voici donc un florilège de personnages de slasher qui auraient mieux fait de ne pas baisser leur pantalon ! Ce post sera agrémenté au fur et à mesure. Si vous avez des scènes de ce genre qui vous viennent en tête (ou ailleurs), marquez les en commentaires et je les ajouterai en nommant l'âme charitable qui aura contribué !

VENDREDI 13 (2009)

Commençons par notre cher Jason, qui dans le remake de "Vendredi 13" s'en prenait à Bree, interprétée par Julianna Guill. Cette dernière qui eut une relation torride avec Trent, la tête à claque hautaine du film, fut sanctionnée, quelques minutes plus tard, par le tueur au masque de hockey qui va l'empaler sur des bois de cerf. Toujours là pour remettre les jeunes dans le droit chemin, Jason !

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LA REVANCHE DE FREDDY (1985)

Il n'y a pas que Jason qui aime faire du mal aux adeptes des relations charnelles, tonton Freddy aime lui aussi être de la partie mais en étant un peu plus subtil ! Dans "Freddy 2", au moment ou Jesse arrive enfin à profiter de Lisa, notre grand brulé favori décide de s'en mêler en ajoutant sa touche personnelle ! Bon appétit Jesse !

 

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HALLOWEEN 2 (1981).

On ne peut pas citer Jason et Freddy sans oublier le troisième larron culte : Michael Myers ! Dans "Halloween 2" de Rick Rosenthal, Mickey (appelons-le par son petit nom) surveille un couple entrain de s'amuser dans un jacuzzi. Profitant que l'homme parte pour régler la température, il arrive dernière la femme afin de la noyer dans l'eau du jacuzzi. Classique mais efficace.

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CABIN FEVER (2002)

Il n'y a pas que les êtres physiques qui font du mal aux jeunes en pleine puberté, il y a aussi les virus. Paul (Rider Strong) s'en rendra vite compte lorsque, après avoir mis la main dans la culotte de Karen (Jordan Ladd), il la ressortira pleine de sang et de petits bouts de chair ! Le début de la fin pour notre couple de tourtereaux en devenir.

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JASON VA EN ENFER (1993).

Jason, encore ! Dans le film de 1993, Jason va planter un piquet de tente dans le corps de la pauvre demoiselle qui était en plein ébat et ira jusqu'à la découper en deux. Il ne fait jamais de détail, Jason, c'est pour ça qu'on l'aime bien. Il faut dire que ce jeune couple l'avait cherché puisqu'ils n'avaient pas utilisé de préservatif.

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Meutres à la Saint Valentin (2009).

Même si c'est la fête des amoureux, ça ne veut pas dire qu'on a le droit d'avoir des rapports sexuels ! Enfin, pas dans un slasher, en tous cas. Irene le découvrira à ses dépens lorsqu'après avoir consommé l'acte sexuel dans un motel, elle se fera courser complètement nue pendant de longues minutes par notre tueur au masque à gaz. Elle finira par se cacher sous un lit dont le psychopathe se servira ensuite comme d'une cage pour coincer sa victime.

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Silent Night (2012).

Dans le très bon film de Steven C. Miller, la jeune Cortney Palm apprend à ses dépens que ce n'est pas bien de tourner dans des films X ! Le père Noël va donc s'occuper de lui faire la morale dans une longue scène jubilatoire ! De l'étouffement, à la chute par la fenêtre, en passant par la jambe coupée pour finir dans un broyeur, les scénaristes se sont fait plaisir !

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Rédigé par Gib

Publié dans #Classement

Publié le 13 Janvier 2015

Ce blog étant spécialisé dans les interviews et les rencontres avec les artistes qui vous font trembler, voici le sommaire des entretiens pour une recherche plus rapide !

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Rédigé par Gib

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Publié le 12 Janvier 2015

VENDREDI 13 : Le jeu vidéo

Bonne nouvelle pour tous les fans de Jason (dont je fais parti comme vous aviez pu le deviner !), un jeu vidéo tiré de la saga cinématographique est en cours de développement selon le réalisateur du film originel, Sean S. Cunningham qui va profiter de la sortie de la nouvelle série et du treizième film pour lancer ce nouveau projet.

Le jeu devrait suivre la nouvelle tendance qui arrive avec "Evolve" à savoir le multijoueur à 4 contre 1. Dans "Evolve", quatre joueurs doivent lutter ensemble, à la manière d'un FPS, contre un autre joueur contrôlant un monstre gigantesque. On peut donc imaginer que dans "Vendredi 13", un personnage contrôlera le surpuissant Jason et devra massacrer les autres joueurs qui "interpréteront" les jeunes décérébrés coutumiers des slashers movie tandis qu'eux auront pour but de s'unir afin de se débarrasser du boogeyman. Espérons qu'on retrouve le camp Crystal Lake, l'ambiance typique des slashers 80's et que le studio qui aura la charge de développer le jeu n'en fera pas qu'un produit marketing surfant sur une mode ou alors que cela devienne tout de même un jeu sympa et culte comme a pu le devenir le premier film !

En tous cas, si on peut contrôler Kane Hodder, c'est sur qu'il y en a plus d'un qui craquera !!

VENDREDI 13 : Le jeu vidéo

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Rédigé par Gib

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Publié le 12 Janvier 2015

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

Il y a déjà plusieurs semaines qu'était prévu mon entretien (le troisième !) avec Jean-Marc Vincent afin de parler de son nouveau film : "Jeu de rôle" que j'ai eu la chance de voir en avant première.

Quelques jours avant l'interview, l'attentat à Charlie Hebdo a lieu mais pas question de reculer ni d'occulter l'évènement. Connaissant l'humanité du réalisateur, il fallait donc, en préambule, aborder le sujet avant d'en venir à des sujets infiniment plus agréables et pourtant sérieux : le cinéma, l'écriture du scénario et le tournage de "Jeu de rôle". Une interview ludique, drôle et grave à la fois.

Photo : © Sylvie Noisette

1/ Cette interview a lieu quelques jours après les évènements qui ont lieu à Charlie Hebdo (et ailleurs par la suite). En tant qu'artiste, quel a été ton sentiment lorsque tu as appris la nouvelle ?

Tout d’abord en tant que Citoyen : une énorme envie de vomir. Parce que même si j’ai toujours été conscient que notre société n’a jamais été totalement oubliée par les menaces terroristes diverses, je ne pensais pas qu’elles frapperaient aussi durement notre sol, en touchant un symbole aussi fort de notre Liberté d’Expression. Bien sûr, les terroristes portent bien leur nom. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, les martyres que nous garderons en mémoire n’ont pas eu envie de faire la prière Musulmane avant de passer dans l’au-delà. Nos morts à nous sont Laïcs et Républicains. En cela, les salopards ont totalement échoué. Ils n’ont pas bouleversé nos valeurs. Ils les ont renforcées. En tout cas pour l’instant.

Ensuite, en tant que parent : je me suis dit "Est-ce là le monde que je voudrais pour mes enfants ? " Et n’en déplaise à certains, j’ai envie qu’elles s’épanouissent dans une société où elles pourront sortir sans craindre pour leur vie ou leurs idées.

Enfin la tristesse : une sorte de grand malaise que je pourrais traduire par "tout ça pour ça", en songeant à ceux, qui, de Voltaire à Desproges, de Rushdie à Diderot (pour ne citer que ceux-là) ont travaillé durement, parfois au péril de leurs vies, pour nous éclairer vers des routes menacées par l’obscurantisme de tous poils.

Tu vois, c’est l’homme qui s’est pris ça dans la gueule, bien avant que l’artiste n’ait envie de se manifester...

2/ Penses-tu que cela peut amener à une auto-censure, volontaire ou non, de la part des artistes ?

Jamais. En tout cas en ce qui me concerne. Ce métier, car c’en est un, et je n’hésites jamais à le rappeler, car beaucoup s’imaginent à tort que ce n’est qu’un hobby, est tellement difficile (pour des raisons de concurrence, des raisons économiques par exemple...) que je ne vais pas m’auto-censurer ! Et puis probablement par orgueil aussi, car si c’est pour faire dans le tiède, le simpliste, céder à la complaisance et au vide de sens, j’avoue que je ne perdrai autant d’énergie, sans compter que ça risquerait de me lasser. J’ai besoin d’être fier de ce que je fais, sinon je ne peux pas le "vendre" aux autres. Bien entendu, "un film n’a jamais guéri le cancer... ", comme le dit un jour un de mes "mentors". Mais la Culture est un excellent remède à beaucoup de maux.

Certes, il y a des sujets dans la société qui me touchent tellement que je ne vois pas, aujourd’hui, pas comment les traiter dans mes projets de manière mature et responsable. La pédophilie, l’inceste, l’intégrisme religieux (de quelque confession que ce soit) sont autant de sujets absents de mes désirs artistiques. Mais lorsque je serai prêt, qui sait, j’aborderai peut-être cela... ou pas !

Les martyres que nous garderons en mémoire n’ont pas eu envie de faire la prière Musulmane avant de passer dans l’au-delà. Nos morts à nous sont Laïcs et Républicains. En cela, les salopards ont totalement échoué. Ils n’ont pas bouleversé nos valeurs. Ils les ont renforcées. En tout cas pour l’instant.

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

3/ Parlons de tes projets, Après deux long métrages, tu es de retour avec un court métrage "Jeu de rôle". Pourquoi ce choix de format?

Un réalisateur qui ne tourne pas c’est comme un jockey sans cheval. Il se sent nul, inutile et frustré. A part des films d’entreprises ou des clips institutionnels, je n’ai rien tourné depuis Eject en 2010. Et j’étais en manque de raconter une histoire. Bien entendu, j’ai écrit pas mal de scénarios depuis 2010, des longs, des courts et des projets de séries TV, mais rien de réalisé. Donc avec un ami réalisateur, Bertrand Boutillier (qui est le monteur de tous mes courts métrages et d’Eject aussi), nous nous sommes lancés une sorte de pari : "Et si on faisait chacun un film avec les mêmes contraintes... Une journée de tournage, deux acteurs, le même matériel (lumière et caméra), le même nombre de collaborateurs (6 personnes, en incluant les acteurs) et surtout un budget de moins de 500 €..." Comme dans mes archives je n’avais rien de concrètement écrit qui rentre dans ce cahier des charges minimaliste, je me suis mis deriière mon ordi. Et c’est ainsi que deux heures plus tard j’avais la première version de Jeu de Rôle. C’est Hubert Chardot, mon vieux complice d’écriture (80% de tout ce que j’ai écrit, co scénariste de Wolfpack, Faux Départ, Lady Blood – et le scénario original c’était de la bombe) qui m’a glissé à l’oreille (facile pour lui, on était au téléphone) avant que je commence à écrire Jeu de Rôle "Un jeu d’échecs... la mort... bla bla bla... " Donc pour ça, et parce que je l’aime bien, outre le fait que je suis honnête, il a 10% de droits d’auteurs sur l’idée originale du scénario.

La version 2 est arrivée quelques jours plus tard, car comme d’habitude j’ai fait lire la version 1 et certains trucs n’étaient pas clairs. Donc zou !!! Au boulot pour préciser, couper, alléger, fluidifier le récit. Une balade avec un ami producteur dans les environs de chez moi m’a emmenée dans un lieu historique où les pierres de taille sont parsemées de graffitis, certains remontant à la 2e Guerre mondiale. Et hop ! J’en ai trouvé un que j’ai intégré au récit. D’ailleurs, j’ai même remodelé mon histoire pour raconter l’histoire de ce graffiti, et de celui qui l’avait fait. A ce moment-là, j’ai même failli appeler le film "Mémoire de nos pierres", en pensant au film d’Eastwood "Mémoire de nos pères", mais fort heureusement, faire un jeu de mots débile sur un sujet pareil ne m’a pas plu très longtemps !

La version 3 (la dernière, je dis ça à l’intention des lecteurs impatients) a été rédigée à 3 jours du tournage, pour des raisons essentiellement "pratiques", puisqu’à ce moment là je savais qui allaient interpréter mes personnages, quel serait mon (mes) décors(s) et de quelles ressources (humaines et matérielles) je disposerais...

4/ Comment t'es venue l'idée du scénario de "Jeu de rôle" ?

Je me suis rendu compte de deux choses qui me paraissent importantes. Et ce sont deux personnes très précises qui m’ont dit ça...

Il y a un an environ, j’ai déjeuné avec Jean-Hughes Anglade, un acteur que j’ai envie de qualifier de "sensible", et nous parlions de la difficulté de mettre en chantier des projets ambitieux. Il m’a dit : "Je sens l’ambition dans tous tes projets. Maintenant il faut que tu aies les moyens de tes ambitions."

Ensuite, j’ai rencontré il y a quelques mois une femme extraordinaire, elle aussi "sensible", qui m’a ramené à des pensées moins futiles que celles qui me préoccupaient jusque là. De ces belles personnes que l’on ne rencontre, finalement, que quand on est prêt à les recevoir avec sincérité, simplicité et évidence pour le coeur. Et bien ces deux-là m’ont permis de comprendre que pour avancer, il faut trouver son rythme, le tenir, surmonter les obstacles, corriger ses erreurs, et continuer.

Enfin, je suis tombé brutalement malade, et j’ai pour la première fois de ma vie eu peur de mourir. Bon, maintenant ça va mieux, j’ai été pris en charge par une équipe géniale et je suis sorti d’affaire. Mais pendant quelques semaines j’ai quand même bien flippé ma race !

Donc en appliquant tout ça dans mon métier, j’ai eu envie de raconter une histoire simple, facilement réalisable car faisable sans beaucoup de moyens, tout en restant très personnelle, et dont la portée serait universelle. Or, si la vie peut prendre chez chacun une tournure particulière, la mort est un principe qui met tout le monde sur le même plan d’égalité. J’ai donc très simplement eu l’idée d’un homme condamné qui va rencontrer une femme lui servant de "passeur" vers l’au delà. Le reste, le jeu d’échecs au centre du scénario, le graffiti qui ouvre et clôt le film, ce sont des trucs de scénariste pour placer des repères visuels au drame qui se joue entre mes deux personnages.

J’ai même failli appeler le film "Mémoire de nos pierres", en pensant au film d’Eastwood "Mémoire de nos pères", mais fort heureusement, faire un jeu de mots débile sur un sujet pareil ne m’a pas plu très longtemps !

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

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5/ Pourquoi était-il important pour toi que cette histoire d’homme face à la mort ait lieu et soit causée pendant et par la guerre ?

La guerre est un évènement provoqué par les hommes. Elle cristalise les peurs, les doutes, les espoirs aussi de l’espèce humaine. La guerre est un formidable accelérateur des pulsions humaines. Je ne porte jamais de jugement moral sur les causes ou les conséquences de la guerre, dans mes histoires. J’utilise la guerre comme un contexte. Et dans ce contexte, mes personnages se débattent, autant qu’ils se combattent, pour atteindre leur destinée. Alors peut être par habitude (c’est pas nouveau, chez Hubert Chardot moi-même, de raconter des histoires situées dans ce contexte particulier), mais le fait d’ouvrir le film par des bruitages de guerre et de le clore par un graffiti réalisé en 1944, ça s’est imposé tout de suite.

6/ Ce film mélange fantastique et histoire. C‘est une sorte de mix de tes deux genres préférés, finalement ?

Oui, totalement. Après le tournage, j’ai montré une version du montage à ma fille de 16 ans (qui a vu tous mes films) et elle m’a dit : "Ben toi qui voulait sortir du genre après Eject, tu viens de refaire encore un film de mort-vivant !" Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Elle a raison. C’est un film de mort vivant, mais ce n’est pas un film de zombie.

Jules César disait que l’Histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Ce qui sous-entend que, par essence-même, on ne retient d’elle que ce qui favorise une partie de ceux qui la vivent, quand ça les arrange. On la réécrit de façon à plaire à une portion seulement de ses composantes. L’Histoire est par conséquent scénarisée. Donc en qualité de scénariste, je pioche dans l’Histoire parce qu’elle est un terreau dramaturgique formidable. Chacun son truc, mais ça c’est vrai, c’est le mien, et celui d’Hubert Chardot aussi.

Le fantastique, c’est lié à ma facination pour les "monstres", qu’ils soient réels – Hitler ou Staline sont appelés des monstres – ou imaginaires. Ensuite tu appliques simplement un des principes d’Alfred Hitchcock : tu places des gens ordinaires dans des situations extraordinaires et voili voilou...

7/ La photographie du film rend l'ambiance très intriguante et parfois onirique, avec quel matériel avez-vous tourné ?

L’histoire de Jeu de Rôle se situe sur 70 ans (1944 à maintenant) mais dans un lieu unique. Et comme j’ai tourné chez moi, je n’avais pas envie de foutre le bordel durablement dans mon salon. J’ai donc opté pour un plan-lumière très simple : un projo en hauteur pour donner l’impression d’une ouverture de type "fenêtre" et un feu de cheminée pour ramener de la lumière sur la face des acteurs. Au final, une mandarine de 800w, une feu de cheminée réél et une petite lampe torche pour maintenir un peu en diaph‘ quand le feu s’éteignait. C’est chiant les feux de cheminée. D’habitude on utilise de faux feux de cheminée alimentés au gaz, mais là on a fait dans le vrai de vrai.

J’ai utilisé une caméra BlackMagic 4K. Une machine très efficace dans des conditions de basse lumière. Et pour le coup, vu le peu de light que j’avais, ça tombait bien !

Comme tu le fais remarquer, je voulais en effet une lumière "onirique", c’est à dire non réaliste. Je souhaitais aussi que mon personnage masculin soit peu à peu touché par la lumière (le vieux cliché de la lumière quand on passe de vie à trépas). Tandis que la femme, qui incarne l’ange de la mort, est beaucoup plus dans la lumière, et cela dès le début du film.

Si la vie peut prendre chez chacun une tournure particulière, la mort est un principe qui met tout le monde sur le même plan d’égalité. J’ai donc très simplement eu l’idée d’un homme condamné qui va rencontrer une femme lui servant de "passeur" vers l’au delà.

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

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8/ Etant donné qu'il n'y a que deux personnages, il fallait vraiment un acteur et une actrice qui soient complémentaires et avec une vraie présence à l'écran. Comment s'est passé le casting ? Comment en es-tu arrivé à penser à Laurent Zimmermann et Emilie Pommelet ?

La réussite d’un projet artistique consiste, bien souvent, comme disait Coluche "à arriver premier dans un concours de circonstances".

Pour Jeu de Rôle, je désirais découvrir de nouveaux acteurs, qui n’étaient pas dans ma bande habituelle. Et je voulais qu’ils soient, selon mes critères, différents mais complémentaires. Je voulais que l’homme soit "rugueux" (j’avais Scott Glenn" en tête en écrivant) et que la femme soit immédiatement "sublime".

J’avais croisé Laurent Zimmermann dans le courant de l’été, dans une soirée où des courts métrages étaient projetés. Quelques jours plus tard nous nous sommes revus et je lui avait dit qu’il avait une gueule qui m’intéressait. Bon, s’il avait été susceptible, il m’aurit foutu un pain dans la tronche. Donc il n’est pas susceptible ! Ha ha ! Et je sentais que peu ou prou, nous nous retrouverions sur un plateau. Mais je ne savais pas pour quoi et quand... Et Laurent est un comédien très demandé, mais il a accepté tout de suite le rôle quand je lui ai proposé le scénario de Jeu de Rôle. J’aime beaucoup Laurent. C’est un mec droit, très élégant, très cultivé et très précis dans ses questions quand elles concernent son personnage. Il faudrait lui demander son point de vue, mais je considère pour ma part que nous nous sommes plus tout de suite. Parce qu’il n’a jamais parlé de Jeu de Rôle comme d’un petit film ou d’un court métrage, mais juste d’un "film".

En ce qui concerne Emilie, je ne la connaissais pas du tout, mais Mickhael Ganouna, qui est un ami et mon producteur sur plusieurs projets de longs métrages à divers stades de développement, m’a montré sa photo en me disant : "Tu cherches quelqu’un de sublime, d’unique ? Qu’est-ce que tu penses d’elle ? "

Emilie, qui a une carrière très prenante de top-model, a elle aussi accepté tout de suite. On a fait une lecture du scénario, et puis on a calé la date de tournage. C’est aussi simple que ça.

Dès leur première rencontre, en voyant les yeux de Laurent briller quand il a aperçu Emilie, je me suis dit que c’était bien parti. Parce qu’il la regardait avec le mélange de surprise et de défi que je voulais pour son rôle. Et en écoutant Emilie parler avec mes mots, mes lignes de dialogues, je me suis dit que c’était gagné ! Parce qu’elle avait la tendresse mais aussi la fermeté que nécessitait son personnage.

Et voilà. Je n’ai pas cherché plus loin.

Au final, comme Mickhael Ganouna est venu me filer un coup de main sur le plateau (il a assuré pour la régie) et en échange de sa bonne volonté, le film sera exploité sous le nom de sa boîte de production "Amicalement Vôtre".

9/ Quand comptes-tu sortir "Jeu de rôle" et quelles sont tes ambitions pour ce film ?

Le montage image est terminé. Mickhael m’a dit en le voyant : "J’ai rien à dire ! C’est parfait !" Pourtant, c’est un producteur exigeant. Pareil pour Hubert, qui m’a confié avoir été ému par le film. Et d’autres rares spectateurs qui m’ont servi de tests m’ont confié avoir été surpris par le film, qui diffère de mes autres "bébés", mais tous ont été touchés par l’émotion qui s’en dégage. Il me reste deux étapes avant de considérer Jeu de Rôle terminé : le mixage de la bande son et de la musique (je vais revenir sur la musique) et l’étalonnage, pour harmoniser la lumière sur l’ensemble des 9 minutes et quelques de la durée. Ensuite, je vais l’envoyer en pré-sélection dans un maximum de festivals, en France et à l’étranger. Je vais aussi tenter de le vendre à une ou plusieurs chaînes de télévision. Ça serait top de le voir programmé à la télé ! Et puis on va organiser d’ici quelques semaines une projection dans une salle parisienne, mais je ne sais pas encore laquelle. Une chose est sûre, le film que Bertrand Boutillier a réalisé de son côté sera en double programme avec Jeu de Rôle.

Un petit point concernant la musique... François Bernaud, qui avait composée la musique d’Eject, faisait partie des personnes à qui j’avais envoyé le montage image de Jeu de Rôle. Et le film lui a tellement plu qu’il a décidé d’en écrire la musique, comme ça, spontanément. Un beau cadeau !

10/ Après cela, quels sont tes projets à venir ? Il y a quelques temps, tu avais un projet de long métrage qui s'appelait "C'est la vie", est-il en stand by ?

Jeu de Rôle m’a appris que rien ne pouvait m’empêcher de faire ce que je sais faire, c’est à dire écrire des histoires et les mettre en images. En ces temps où certains remettent en cause la Liberté d’Expression, je me pose en résistant. Et il ne s’agit ni d’intérêt personnel, ni d’argent. Mais Ecrire et Réaliser sont aussi mes métiers, et il faut bien que je gagne ma croûte. Donc je vais essayer de mettre en pratique ce que j’ai appris sur Jeu de Rôle (c’est à dire optimiser le manque de moyens financiers, par exemple) pour poursuivre ma carrière. J’ai très envie de faire du documentaire, en y mettant un "ton" un peu insolent (Desproges n’est jamais loin... Charlie Hebdo non plus...) même (et surtout) pour aborder des sujets sérieux. Et puis la fiction, bien entendu, mais à part pour un projet, qui est dans les starting-blocks, et qui était autrefois intitulé "C’est la Vie" (il se nomme désormais Mauvais Genre), je vais prendre le temps de me remettre à l’écriture. Le monde a changé en une semaine. Les enjeux ne sont plus les mêmes. Le discours, pour être compris, doit être compréhensible par son audience. Je ne vois pas l’intérêt, pour l’instant du moins, de faire des films qui feraient l’apologie de la violence, alors que l’heure est au rassemblement. Je ne me suis pas ramolli. Je ne me suis pas calmé. Bien au contraire ! Mais l’amour est toujours plus difficile à assumer et à défendre que la haine. Merci à toi, Sylvain.

© Bertrand Boutillier

© Bertrand Boutillier

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 8 Janvier 2015

Salut Charlie.

Il y a l'horreur au cinéma et il y a l'Horreur, la vraie.

Loin de l'horreur ludique, il y a celle, glaçante, qui répugne et qui indigne. Ce 07 janvier 2015, des êtres humains sont morts pour conserver leur liberté d'expression et pour défendre la notre. Je n'ai jamais acheté un exemplaire de "Charlie Hebdo" mais forcément il est difficile de rester insensible à ce carnage perpétré contre des hommes et des femmes qui ont toujours essayé de lutter contre la bêtise par l'humour. Une bêtise qui continue de se propager avec le meurtre d'une jeune officier de police le 08 janvier (meme si le lien entre les deux affaires n'est pas avéré) ainsi que par des attaques sur des mosquées ou des kebabs. Tout comme il est idiot de proclamer qu'une tuerie comme celle de Columbine est causée par des films ou des jeux vidéos, il est aussi idiot de mettre cet acte de terrorisme sur le dos du Coran. Des faibles d'esprits qui interprètent de façon complètement déformée une œuvre religieuse, un film ou un jeu vidéo ne sont pas une majorité, loin de là, mais sont suffisamment nombreux pour mettre à mal un pays, un peuple et torturer l'esprit de chacun.

En ces jours, la bêtise a peut-être gagné sur l'enveloppe physique mais tout est fait pour qu'elle ne batte jamais l'esprit de ceux qui ont lutté et qui luttent pour notre liberté. Ce blog n'a jamais eu vocation à parler d'autres choses que de culture et à ne surtout pas entrer dans des discours politisés, religieux ou quoique ce soit de ce genre mais parfois, il n'est plus le temps de s'amuser ni de rire mais, sans démagogie aucune, de soutenir les proches des victimes (que ce soit les journalistes comme les policiers ou l'agent d'entretien) à notre façon mais aussi de montrer, chacun à son niveau, que l'on se battra pour conserver nos libertés. Si un jour, il doit y avoir une censure, par la violence la plus abjecte, de ce que l'on peut dessiner alors il en sera de même sur ce que l'on peut filmer, chanter, écrire et dire. Cette attaque portée à Charlie est une offense contre toutes les personnes qui ont un message à passer que ce soit à travers un médium ou à travers leur paroles de tous les jours et plus généralement, contre toutes les personnes dotées d'un minimum d'humanité.

Gib

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Rédigé par Gib

Publié dans #Divers

Publié le 4 Janvier 2015

INTERVIEW : RURIK SALLE

Pour fêter la nouvelle année, quoi de mieux qu'une interview de Rurik Sallé ! Après un premier tour de piste, il y a 3 ans de cela, il est de retour pour nous parler de Distorsion X, le nouvel objet littéraire sorti depuis Noël 2014 ainsi que de sa carrière cinématographique, de sa musique et de sa vision sur différents éléments et évènement culturels ! Bref, c'est complet, rythmé, drôle et fort intéressant !

1/ Commençons par un sujet pas très fun : l’arrêt de Métaluna Magasine. Peux-tu nous dire ce qu’il s’est passé ?

Ce qu’il s’est passé, c’est qu’on a finalement découvert que « magazine » s’écrivait avec un « Z », et ça nous a fait peur. Un « Z », tu imagines ? Merde alors ! Tu sais, je trouve ça plutôt drôle, au final. On est simplement allés au bout de l’aventure. Créer un magazine en 2013, comme nous l’avons fait, c’est un truc de fou, un truc de voyou, un truc d’inconscients. N’est-ce pas la base de beaucoup de belles choses ? Surtout en faisant ce qu’on a fait : quelque chose d’unique, de différent. On n’a copié personne, on a fait notre truc, ce qu’on avait envie de voir, de lire, de créer. Et c’est pour ça que ça a marché, parce que c’était unique. Tu as combien de magazines aujourd’hui qui se ressemblent ? Plein. Qui va remplacer Metaluna en kiosque ? Personne ! Et c’est comme ça que nous avons vu les choses : en creusant un sillon.

Pour ne pas donner dans la langue de bois, soyons clair : la presse se casse totalement la gueule aujourd’hui. Et nous, à Metaluna, on n’a rien fait pour faire du « facile ». Dès le premier numéro, on s’est efforcé d’avoir notre identité, d’être nous-mêmes. Il y avait assez de personnalités folles dans ce mag pour ne pas avoir à se forcer ! On a eu un lectorat très, très fidèle. Cependant, un magazine qui « marche » aujourd’hui, ça ne veut plus dire grand-chose.. Regarde, les Foo Fighters ont vendu 190.000 exemplaires de leur nouvel album en première semaine aux USA. Ils étaient numéro deux, Pink Floyd juste derrière, et c’est considéré un succès. Mais 190.000, comparé aux chiffres de vente d’il y a 15 ans, c’est rien. La presse, c’est pareil. Tu n’imaginerais pas les ventes des magazines « établis », aujourd’hui. On croit qu’ils atteignent des dimensions stratosphériques, mais ils ne vendent que quelques milliers. Sur 75 millions de personnes dans ce pays, tu te rends compte ? Même si tu enlève les chiens et les bébés, et les aveugles, ça te laisse un paquet de millions de personnes. Ils lisent quoi, ces gens ?

Comme toutes les œuvres, Metaluna a eu un début et une fin. Je trouve ça bien, moi. Neuf numéros et des dizaines de vidéos, deux soirées sur Paris, et plein de déconnades en un peu moins de deux ans, sans jamais céder au commerce minable, sans vendre son cul, en gardant son originalité et son inventivité, je trouve que c’est un très beau score pour un magazine indépendant comme le nôtre. C'est une belle œuvre, non ? Et puis, ce qui me fait bien plaisir, c’est que beaucoup de « concurrents » établis, qui essayaient de nous vanner au début, nous ont vite copié, d’après ce que nous rapportaient les lecteurs. C’est plutôt flatteur.

Les ventes seules suffisent rarement à faire vivre une publication en kiosque aujourd’hui. Il faut aussi de la pub. Voilà pourquoi certains se transforment en panneaux d’affichages quand tu crois acheter un magazine culturel. Nous avons évité ça, et du coup le mag est mort de sa belle mort. Avec un putain de panache : le dernier numéro, le 9, a été la meilleure vente depuis le début ! Et de très loin, le bond par rapport au numéro d’avant était vertigineux. Et c’était avant l’annonce de la fin du mag, hein. Alors on est partis avec le sourire, les cheveux aux vents, même moi. On a vécu notre aventure, on a fait un truc qui restera, c’est un très bel accomplissement pour nous tous. On l’a fait. Nous avons créé notre voie, et soudé une équipe qui continue de travailler ensemble sur plein de trucs. Et puis, à titre personnel, j’avais dit que je m’occuperais de Metaluna pendant un an ou deux, pour ensuite quitter le monde de la presse et me consacrer plus encore au cinéma et à la musique. Alors je prends ça comme le destin : si le mag n’avait pas cessé de paraître, sans doute que je serais encore dessus. Finalement, c’était écrit !

2/ Malgré ça, la version vidéo de Métaluna que tu animes et qui s’appelle « Distorsion » continue. Le modèle va t’il changer ou allez-vous garder le même style (vidéo persos et extraits) ? Y’aura-t-il des modifications ?

Distorsion, l’émission-fiction, n’est pas une version vidéo de Metaluna, le projet existait bien avant Metaluna. Et d’ailleurs, Distorsion l’émission continue ! Il se trouve que Metaluna a été une belle occasion de mettre Distorsion en ligne, mais Distorsion l’émission existe indépendamment. C’est une sorte de laboratoire, un univers où tout est possible. En général, l’émission ressemble à un court-métrage dans lequel des bandes-annonces seraient insérées.. Il n’y a pas de personnage récurrent, si ce n’est le fait que je joue dans tous les épisodes, mais ça n’est pas forcément « moi ». Souvent, c’est un autre personnage, comme dans l’épisode 666, qui reste mon préféré et certainement le plus fou de tous jusqu’à maintenant. Dans celui-là, mon personnage part en week-end avec des potes (joués par Julien Savès, Laurent Fénoglio et Xavier Legrand, des Distordus), et deviens possédé à la suite d’une étrange rencontre.. Il est aussi question de saucisse. Dans l’épisode VII, je joue un père de famille connard, qui méprise sa femme et bat sa fille le soir de Noël. Il va avoir les boules. C’est assez fou aussi, assez cruel. J’ai un pote réalisateur qui m’a dit quelque chose qui m’a fait très plaisir. Il m’a dit « Cet épisode m’a vraiment mis mal à l’aise.. et je peux te dire que ça n’est pas facile ». C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire ! Le dernier épisode en date, c’est le 8ème, qui est en deux parties. La deuxième partie, ça fait des mois qu’on l’attend ! Et le pire, c’est qu’elle est quasiment finie. On a pris un long break, et surtout on a peaufiné les effets spéciaux. Vous verrez… C’est l’histoire d’un type qui se rend compte qu’il peut faire tourner les gens en boucle. Dans la deuxième partie, il rencontre sa nemesis.. Au milieu de tout ça, on insère des bande-annonces au sein du récit, mais on n’est plus forcément dans le truc typique, face caméra, un mec qui présente quelque chose. Si tu veux du Norman, mec, tu sais où le trouver. J’ai présenté 300 fois des émissions face caméra sur le net, et une centaine de fois à la TV : c’est hyper marrant, mais là j’avais envie d’autre chose. Distorsion est davantage un objet créatif, à mi-chemin entre le cinéma et l’émission culturelle. C’est plus exigeant, d’un côté comme de l’autre de l’écran, mais on se marre bien et on est vraiment fiers de Distorsion, l‘émission-fiction. Et puis, le dernier truc que j’ai envie de faire, c’est me répéter. Je ne suis pas le AC/DC de l’image, même si j’adore AC/DC. Personnellement, je ne cherche pas la formule, je cherche à m’exprimer.

Mais j’ai tous les albums d’AC/DC, et le dernier est vraiment bon ! Tu as entendu «Rock or Bust», le single ? Incroyable. Brian Johnson a une voix dingue dessus, et il a presque 70 ans. C’est surréaliste. Et Angus est en feu. Je viens d’ailleurs de réécouter l’album il y a 30 minutes.

Metaluna a eu un début et une fin. Je trouve ça bien, moi. Neuf numéros et des dizaines de vidéos, deux soirées sur Paris, et plein de déconnades en un peu moins de deux ans, sans jamais céder au commerce minable, sans vendre son cul, en gardant son originalité et son inventivité, je trouve que c’est un très beau score pour un magazine indépendant comme le nôtre

Rurik Sallé

INTERVIEW : RURIK SALLE

Je ne connais pas les clés de la vie, hein, ne me rajoute pas la barbe du Père Fourras, mais je pense que la différence se fait aussi beaucoup, dans toute chose, entre ceux qui se battent et ceux qui abandonnent.

Rurik Sallé

3/ Yes, j'ai écouté le dernier AC/DC, il est clairement énorme ! Sinon, concernant les émissions, Comment se déroule leur préparation? Pour le scénario des passages de fiction, le choix des bandes annonces, la mise en scène… ? Est-ce toi qui prépare tout ça ?

Oui tout à fait, j’ai écrit et réalisé les neuf épisodes jusqu’à maintenant. J’aime jouer et réaliser, donc ici je conjugue les deux, c’est cool, c’est libre. Cependant, lors du tournage, la présence de l’équipe de Broken Prod (Julien Savès, Xavier Legrand, David Marques, pour les réguliers) est essentielle. Ce sont des vétérans des tournages, et c’est aussi grâce à eux qu’on va si vite. Broken Prod, c’est notamment eux qui avaient produit le clip « Je deale à mourir » de Francis Caïbrel ! Tu connais ? Énorme ce truc. Sur le tournage, on se marre beaucoup, mais on est vraiment efficaces. C’est vraiment un laboratoire parfait pour tester plein de choses, surmonter n’importe quelle épreuve et trouver toutes les solutions aux problèmes. Ce sont des tournages guerilla, il y a aussi une grande place accordée à la spontanéité, mais on ne bâcle jamais rien.

Au moment du montage, soit je m’en occupe seul, soit en partie, soit c’est carrément quelqu’un d’autre qui le fait entièrement. Julien en a monté, Kevin Favillier aussi notamment. Et puis il y a les effets spéciaux quand on en a besoin : ils sont souvent signés Jim Wild. De mon côté, je fais aussi la musique et le design sonore. C’est une équipe rêvée, un plaisir !

4/ Il y a aussi les soirées Métalunight sur Paris qui sont maintenant nommés les soirées Disto Inferno. Il y en a eu une le 07 novembre dernier. Comment cela s’est passé et que peut-on découvrir et faire lors de ces soirées ?

Pendant ces soirées, on apprend surtout à se toucher. C’est vrai, aujourd’hui, et surtout à Paris, on ne se touche plus. On ne se regarde même plus ! Alors pendant les soirées Distorsion (la première c’était Disto Inferno, mais peut-être que la suivante s’appellera différemment), on se touche, on se déshabille, on se caresse, on hurle ensemble, jusqu’à ce qu’un grand cri nous unisse (petit clin d’œil à Corine Blue, hello Corine !). Les soirées Distorsion, c’est l’occasion de rompre avec les conventions.

Quand on fait une de ces soirées, c’est aussi l’occasion de projeter un film, une curiosité ou une bisserie, ou une rareté, et souvent de faire jouer un groupe. Le tout avec une superbe affiche, pour l’instant toujours signée Arnus. On fait très attention au graphisme, au fait que l’exigence créatrice se voit jusque dans l’affiche. On passe aussi des courts-métrages, des bandes-annonces chelou, on déconne.. Le cinéma, c’est bien trop sérieux. On n’est pas obligé de porter un costard pour présenter une séance. On n’est pas obligé de jouer les porteurs de bougie du XVIIème siècle. On peut être libre, réactif, vivant. Pendant les soirées Distorsion, on fait réagir le public, on déconne, on pose des questions. On ne prend pas les gens de haut. Peu de séances de projo se permettent ça, souvent parce que les présentateurs sont très mal l’aise sur scène. Regarde le nombre de balais dans le cul, je suis sûr qu’ils n’en ont jamais autant vendu ! Présenter quelque chose, faire vivre un public, c’est pas facile, mais c’est justement pour ça que c’est intéressant : c’est une performance. C’est comme un one-man-show. Didier Super est incroyable. Desproges était monstrueux, Coluche, même Michael Youn a un vrai talent. Je ne connais pas bien sa carrière, mais je l’avais vu dans Morning Live, je ne connaissais pas ce mec, et j’ai éclaté de rire en voyant ses explosions absurdes. C’est aussi ça qui m’intéresse dans le fait de présenter des séances ou des émissions : c’est le one-man show. C’est le saut dans le vide. C’est un vrai travail d’acteur en fait. Moi, imiter les présentateurs-robots des 80’s, je m’en fous. Avoir le même ton que 90% des speakers fabriqués à la chaîne d’aujourd’hui, je m’en fous.

Bon, je te parle de tout autre chose que de ta question, là, mais j’espère que tu ne dors pas encore ! Parce que moi, si.

Je présente aussi des séances à l’Étrange Festival de Paris, qui est la quintessence du festoche de ciné. Et je me marre bien. Cette année, il y a un mec qui est venu me voir, un anglo-saxon. Il me dit, en anglais « J’aime beaucoup vos présentations, votre gestuelle, vous avez beaucoup de vie, de mouvement. ». On croise tellement de gens étranges à ce festival, que je ne me suis pas demandé qui il était, mais ça m’a fait très plaisir. Quelques minutes plus tard, je rentre voir une séance. Hé ben ce mec, c’était Godfrey Reggio, réalisateur de Koyaanisqatsi, Powaqqatsi et Naqoyqatsi, et qui venait présenter son dernier film, Visitors. J’ai été vraiment ému, et je le dis ici pour partager ce petit bonheur. Je suis allé le remercier après. Voilà un homme qui ne comprenait certainement pas ce que je disais en français sur scène, mais qui aimait la gestuelle et le mouvement, et qui a ressenti. Pour un acteur, c’est vraiment un grand compliment, ça m’a beaucoup touché. En fait, je ne devrais pas en parler, mais puisqu’on est tous les deux et que je sais que personne ne nous lit, je me permets de te le dire !

5/ Y’a t-il une « manière de faire » dans le monde du cinéma, à laquelle il faut se tenir sous peine de rater certains projets ?

Je ne sais pas, je pense qu’il faut être sincère avec ce qu’on fait, c’est déjà pas mal... Et s’accrocher. Je ne connais pas les clés de la vie, hein, ne me rajoute pas la barbe du Père Fourras, mais je pense que la différence se fait aussi beaucoup, dans toute chose, entre ceux qui se battent et ceux qui abandonnent.

Et puis on n’est pas à Hong Kong ici : les gens que je connais là-bas tournent trois films par an. Ou regarde Takashi Miike, il a 70 films à son actif, peut-être plus, et il n’est même pas vieux. Incroyable ! Mais je lisais il y a quelques temps une interview de Fabrice Du Welz, et qui parlait justement de la lenteur du système français, de la difficulté. Il disait que les réalisateurs de sa génération feraient dix films tout au plus, que ceux de la précédente en auront fait vingt. C’est comme ça ici , c’est un vieux système: c’est lourd, c’est lent, comme dans « Belle-île en mer » de Laurent « fuckin’ » Voulzy. Et ça, c’est fou. Cependant, il y a sans doute de nouvelles voies qui se créent, comme ces films indépendants qui apparaissent de plus en plus, comme Dead Shadows, Horsehead ou Dealer de l’amigo Dan Bronchinson. Ces productions montrent, je pense, une nouvelle voie, on va voir comment ça va évoluer.

Distorsion est davantage un objet créatif, à mi-chemin entre le cinéma et l’émission culturelle. C’est plus exigeant, d’un côté comme de l’autre de l’écran, mais on se marre bien et on est vraiment fiers de Distorsion, l‘émission-fiction.

Rurik Sallé

Crédit Photo : Anthony Rauchen

Crédit Photo : Anthony Rauchen

6/ Vous avez aussi lancé un nouveau magazine appelé « Distorsion X » qui a été financé grâce à la plateforme participative Ulule. L’expérience Métaluna ne t’a donc pas vacciné au sujet de la presse écrite ?

L’entreprise a été un succès ! Nous avons atteint 146% de réussite de l’objectif sur Ulule, Distorsion X est imprimé. C’est cool, il y a beaucoup de gens sensibles à la nouveauté, la liberté, notre état d’esprit.

Mais Distorsion X n’est PAS un magazine ! Justement pas ! Nous avons fait le tour de l’objet « magazine ». Pourquoi refaire Metaluna ? Ça n’a aucun intérêt. Et comme je te le disais plus haut, je suis trop investi dans l’image et le son pour me relancer dans la « presse », et je n’en ai aucune envie. Distorsion X est un livre fou, une publication, qui comporte des bds, des dessins, des interviews, des articles, des points de vue, des photos… Un objet distordu, qui se suffit à lui-même. Ça n’est pas un objet de presse, nous ne sommes pas journalistes, mais tous impliqués d’une façon ou d’une autre dans le monde artistique. J’ai d’ailleurs monté moi-même la bande-annonce de Distorsion X, comme je le faisais avec toutes les bande-annonces de Metaluna. Nous aimons l’odeur de l’encre, nous aimons la texture d’une page. Et une partie de nous se délecte certainement de l’idée d’abattre quelques arbres, aussi, mais je ne donnerai pas de noms.

Ce Distorsion X, c’est évidemment une partie de l’esprit de Metaluna, puisque nous composions 90% de son équipe, mais ça n’est pas un magazine. Distorsion, c’est un mutant. Un bouquin, un objet intemporel, culturel, artistique, qui parle de X (énooooorme dossier cul, avec Maria Ozawa, Erika Lust, Christophe Lemaire…), de bis, d’horreur, de metal, de graphisme, de bizarreries, avec des œuvres de Tomahawk, Dav Guedin, Geoffroy Monde.. C’est un bouquin pour Noël (et après), pour clôturer l’année en beauté, et commencer une autre plus dingue. Est-ce un one-shot ? Est-ce qu’il y en aura d’autres ? On n’en sait encore rien ! C’est un cri d’amour à l’objet livre, intemporel, totalement libre, une sorte d’objet collector rempli de plein de trucs qu’on aime bien, et dans lequel on s’exprime en écrivant, en dessinant, parfois les deux. C’est quelque chose qu’on avait envie de faire, et on voit qu’on n’est pas les seuls à être heureux que ça existe !

7/ Quelles sont les différences entre Métaluna et Distorsion X ? En termes de contenu mais aussi de modèle économique.

La différence, c’est qu’on est tous payés en écus. Dans Metaluna, c’était en macarons.

Pour ce qui est de la ligne éditoriale, Distorsion X traite de plein de sujets fous qui ne sont pas périssables. C’était déjà le cas dans Metaluna, mais ça l’est encore plus ici. Tu pourras ressortir Distorsion X dans 69 ans (tu seras encore en vie, je l’ai lu dans ton anus – vieille technique vaudou), il sera toujours appréciable et pas ringard. Faire de la news n’est pas le but de DistoX. D’ailleurs, il y a autant d’infos culturelles dedans, que de création pure. De plus, avec 144 pages, on peut s’étaler, et prendre le temps et la place. Et puis le format est différent, plus proche d’un beau livre que d’un magazine. Et y’a un poster !

Le modèle économique ? On est indépendants, totalement. On fait ce qu’on veut, et c’est beau. L’indépendance est aussi la mère de la liberté. Et nous, les mamans, on boit à leurs tétons.

8/ Retrouve t’on des membres de l’équipe Métaluna dans l’aventure Distorsion X ? Qui ?

Presque tous !

9/ Jean-Pierre Putters ?

Oui, tu as raison, JPP est une question a lui tout seul ! JPP, ça a été une grande rencontre. J’avais commencé dans la presse grâce à Alain Schlockoff, ma dernière aventure aura été avec JPP. Une boucle bouclée dont je n’aurais pas oser rêver, même nu et entouré de fruits. Nous avons conçu Metaluna magazine ensemble, Jean-Pierre et moi, et ça restera comme l’une des plus belles aventures de ma vie, et probablement pour beaucoup d’autres de l’équipe.

10/ Le premier volet de Distorsion X semble porter sur le porno (d’où le X !). Peux-tu nous dire sous quel angle vous comptez aborder le sujet ?

On va prendre le sujet à l’envers, bien sûr. C’est plus intense, plus surprenant, et si c’est bien fait, encore plus agréable. Je connais quelques techniques japonaises…

11/ Penses-tu déjà à d’autres numéros et si oui, quels thèmes voudrais-tu traiter ?

Distorsion version bouquin, c’est comme un film : quand tu sors d’un Insidious, tu attends un deuxième, sans savoir si et quand il va sortir. Distorsion, c’est pareil. Comme un album d’un artiste que tu aimes, aussi. Pas de périodicité, mais tu attends le suivant. On le prend comme ça aussi, on ne sait pas quand ni si. On fera peut-être même quelque chose de très différent juste après, qui sait ? Tout ça dépend des envies des lecteurs, de nos envies à nous, et aussi de nos emplois du temps respectifs..

Distorsion X est un livre fou, une publication, qui comporte des bds, des dessins, des interviews, des articles, des points de vue, des photos… Un objet distordu, qui se suffit à lui-même.

Rurik Sallé

12/ Tu es maintenant essentiellement acteur. Peux-tu nous dire quels sont les projets cinématographiques qui ont été concrétisés et ceux à venir ?

J’ai tourné dans pas mal de choses diverses cette année. Récemment, j’ai eu la joie de tourner avec une réalisatrice, Émilie Voinson-Jagintowicz. C’était la première fois, et j’avais envie depuis longtemps de travailler avec une femme derrière la caméra. C’est un rapport différent, forcément. D’autant que le rôle qu’elle me proposait était aux antipodes de ce qu’on me propose en général, ce qui me ravit : c’était celui d’un homme paralysé. Un court-métrage très sensuel, très intime, dans lequel j’ai sans doute été plus « mis à nu » que d’habitude. Voilà ce que c’est que de tourner pour une dame ! Ahah.. J’aime vraiment essayer des choses différentes, et c’était un vrai défi de jouer ce personnage, d’oser tout ça. Le court-métrage est en ligne, il s'appelle Je suis lundi.

J’ai aussi tourné récemment pour la première fois avec PH Debiès, qui a réalisé une adaptation très intéressante d’une nouvelle de Lovecraft, et qui s’appelle Escape From Midwich Valley, sur une musique de Carpenter Brut. Ça n’est pas un clip, ça n’est pas un court-métrage classique, c’est autre chose. Une sorte de clip-métrage ! Il a mis en image l’atmosphère de Lovecraft sans aucun dialogue, et je trouve qu’il a vraiment réussi son coup. J’ai également joué un commissaire des années 80 dans le Ninja Eliminator 4 : the french connexion de Mathieu Berthon, avec lequel j’avais déjà fait Le Réserviste. Mathieu est un réal qui fait des clins d’œil au cinéma fauché et bis qu’il aime, mais sans jamais être Z : il sait ce qu’il veut, ça marche, il saisit le truc et c’est très bien fait. C’est un équilibre difficile, et il arrive à le trouver. J’ai hâte qu’il fasse quelque chose dans un registre dans lequel on ne l’attend pas. Et tu verras !

Je travaille sur plusieurs choses, côté longs-métrages, mais « Celui qui parle trop agira difficilement », disait Confucius. Et comme disait Desproges, « Fucius, il avait oublié d’être con ! ».

13/ Y’a pas que dans le cinéma que le système administratif français est un peu lent…

Bref, tu es ouvert à toutes sortes de rôles mais y’en a-t-il un dont tu rêves ? Un personnage que tu adorerais jouer…

Hmmm… Une truite.

Sinon, un homme politique, tiens. Voilà un rôle intéressant ! Un truc bien écrit, un vrai rôle avec de beaux dialogues, ça serait superbe ça.

14/ Niveau musique, comment évolue le groupe dont tu fais partie « Fugu Dal Bronx » ? Tu as aussi composé une musique pour un générique de long métrage, peux-tu nous en parler ?

Avec Fugu Dal Bronx, on a vécu une période très intéressante : Vanina, notre violoniste adorée et flamboyante, est partie faire des études de musique à l’étranger, à Vienne. Vienne ! Qu’est-ce qu’elle est partie foutre à Vienne ? On a failli la battre à mort, mais finalement on l’a laissée partir. Alors depuis on rêve d’elle toutes les nuits : je suis sûr qu’elle a fait exprès. Du coup, nous avons une nouvelle violoniste incroyable, Angélina, et c’était l’occasion pour le groupe de réarranger des morceaux, et c’est un sacré coup de fouet. On devait faire un album en 2014, on a les morceaux mais on a pris un peu de retard, donc en 2015 ça devrait bastonner : un nouvel album et autant de shows que possible. On est d’ailleurs ravis parce que notre musique a été choisie pour être la b.o. d’un film au Canada, l’actioner Billy Trigger avec Fred « the Hammer » Williamson, légende de la blaxploitation !

Effectivement, j’ai également participé à la musique d’un autre long-métrage récemment au Canada, le premier réalisé par John Fallon, The Shelter, avec Michael Paré. Paré ! Qui joue dans Les Rues de feu et Philadelphia Experiment ! Et même Le Village des damnés de Carpenter... Enfin bref, ça m’a fait plaisir quoi. John m’a demandé « une pièce instrumentale sombre et triste » pour son film. Je lui ai proposé quelque chose, un morceau piano/violon, il a aimé et voilà. Ça devait être le générique de fin, mais au final c’est carrément la musique de la dernière scène du film.

Faire de la musique de film, c’est quelque chose qui m’a toujours plu, et même quand je fais de la musique « pas de film », comme avec Fugu Dal Bronx, elle garde quelque chose de cinématographique en fait. Mais bon, il m’arrive de faire aussi des chansons avec voix, plus rock, ou plus pop..

Il y a quelque chose que je tiens à préciser : on me lance parfois « mais tu fais plein de trucs ! ». Mais « plein de trucs », ça veut tout dire et rien dire. En fait, je ne fais pas « plein de trucs » : je fais surtout de la musique et de l’image, devant ou derrière la caméra. C’est déjà pas mal, mais par exemple, je ne sais pas ramoner une cheminée, faire un mille-feuilles, ou dessiner un loft !

15/ Tu as longtemps fait partie de l’équipe de Mad Movies. As-tu vu leur nouvelle version ? Qu’en penses-tu ?

Je ne lis plus mad movies.

Merci !

Mais de rien mon Sylvain ! Et si tu as la recette du mille-feuilles, hein.. Tu sais où me trouver !

 

www.Distorsion.tv

Distorsion X est dispo en librairie et sur le site de Distorsion : http://Distorsion.Tv

Tous les épisodes de Distorsion l’émission-fiction sont également sur Distorsion.Tv

Le site de Fugu Dal Bronx

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview