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Publié le 7 Avril 2016

Après avoir co-réalisé le cultissime "Atomik Circus" avec son frère Didier et la seconde partie de l'excellent "Goal of the Dead", Thierry Poiraud nous revient avec son nouveau film "Alone" qu'il a réalisé en solo. Fini la rigolade, place au premier degré avec toujours autant de réussite. Laissez vous emporter par le film (en VOD depuis le 1er avril 2016 et en DVD/Bluray le 8 avril 2016) et par cet entretien. (Retrouvez ma chonique du film sur horreur.com).

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

1/ C’est aujourd’hui que sort « Alone » en VOD, comment-vous sentez-vous ?

Je me sens plutôt bien et serein. Par rapport à une sortie au cinéma, une sortie en VOD c’est sur la longueur. C’est moins violent qu’une sortie du mercredi en salles ou tu sais au bout de deux heures que ton film ne sera plus à l’affiche le weekend suivant. Là, on verra aujourd’hui, puis dans une semaine, puis dans quelques mois. C’est plus doux.

2/ Vous avez quand même fait des projections publics…

Oui, à Hallucinations Collectives, au PIFFF… La première a été projeté au BFI en Angleterre, à Londres. Même si je dis que c’est plus doux, c’est quand même un film que j’ai fait pour le cinéma, en grand, en large, en scope avec des grands décors. Comme c’est un film d’atmosphère, tu le découvres mieux au cinéma. Entre le cinéma et la VOD, pour certains films, c’est beaucoup moins évident de voir la différence. Là, le son, les paysages énormes, c’est un grand film mais qui sort sur le petit écran. Y’a des plans larges, des décors, ces enfants au milieu de nulle part. C’était vraiment fait pour le cinéma.

3/ Vous n’étiez pas trop déçu de ne pas le sortir sur grand écran ?

Si, forcément, t’es toujours un peu déçu. Je me suis battu pour mettre le film au point, je me suis battu pour avoir l’argent, on s’est battu avec mon producteur Jérôme, pour le faire et au final, tu te bats à nouveau à la fin pour le distribuer. On était content que le distributeur le prenne, en VOD, pour que le film puisse sortir du bois et qu’on arrive à en parler.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

4/ Le film a eu le prix du public au PIFFF et semble avoir été bien accueilli lors des projections en salle. Quel a été votre ressenti ?

On a eu de très bons retours en festival, les gens posent plein de questions… C’est marrant car il y a beaucoup de retours du public féminin, ce qui est plus rare pour les films de genre ou d’horreur. Elles ont peut être appréciées car le héros est plutôt mignon ! Puis, le sujet lui-même…

5/ C’est peut être aussi car les personnages sont bien caractérisés, attachants…

C’est ça, il y a une sensibilité, des personnages développés… On a eu vraiment de bons retours du public. Beaucoup de questions, les gens posent beaucoup de questions… Peut être pas résolues mais y’a plein de questions.

6/ C’est vrai que c’est un film assez intriguant et il reste assez ouvert sur les questions qu’il pose notamment sur les raisons qui font qu’on passe à l’âge adulte.

Oui, ça, c’est une vraie volonté du scénario. On n’avait pas la prétention, Marie, ma scénariste et moi, de résoudre cette question philosophique : « qu’est ce que l’âge adulte ? ». Le système a décidé que l’on devenait adulte à tel âge, pour telle ou telle raison mais le passage est très flou alors on a décidé qu’il y avait une barrière. On a pris une décision par rapport au scénario mais après c’était marrant d’en jouer et de se poser des questions. On avait notre point de vue sur ce passage à l’adulte mais chacun doit se faire sa propre réponse.

7/ Ce passage à l’âge à l’adulte c’est plutôt une maturité qu’on trouve…

Oui, une maturité qu’on trouve, qu’on cherche et qui va d’autant plus vite car les personnages sont eux-mêmes dans une situation qui les poussent à prendre des décisions, à faire des choix et qui les poussent à devenir responsables. Il faut qu’ils partent avant de devenir adultes, ils ont trois jours mais tout est fait pour qu’ils deviennent adultes, ils sont entourés d’horreur.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

8/ Au niveau du scénario, vous avez collaboré à l’écriture ?

Oui. C’est Marie qui est ma scénariste. Elle travaille avec moi depuis quinze ans maintenant. Elle était déjà intervenue sur « Atomik Circus ». J’ai écrit d’autres scénarios avec elle. Elle est revenue sur « Goal of the dead » pour réécrire la version finale et tous les dialogues. On avait aussi écrit « Don’t grow up ». On a vraiment un partenariat. Moi, je suis réalisateur donc j’aime bien raconter des histoires, je lui dis ce que j’aimerai raconter et elle écrit ensuite.

9/ L’idée de base, c’est vous qui l’aviez trouvé ?

On l’a trouvé ensemble. J’avais vraiment envie de travailler sur un film d’ados mais il n’y avait pas vraiment de thème fantastique, c’est venu petit à petit. Le thème de l’infection est venu car on ne voulait travailler qu’avec des ados, on voulait se débarrasser des adultes. On se disait : ils sont tous disparus ou ils sont tous morts et on en est arrivé à cette infection qui ne toucherait que les adultes. Une fois qu’on a trouvé cette idée, le fil de l’histoire est arrivé. On avait notre histoire à raconter.

10/ Dans le film, on ne sait pas quels ados vont être infectés, cela a été difficile pour vous de trouver les situations justes pour faire basculer tel ou tel héros du côté adulte ?

En fait, on avait écrit tous les personnages au début et on a traité leurs cas dans l’ordre. On s’est dit, si untel s’occupe d’untel, s’il y a des sentiments, s’il est amoureux alors il va se transformer plus vite. C’était parfois dur car, des personnages qu’on aimait bien y passaient finalement vite, de par leur caractère, mais l’histoire voulait ça. On a mis le contexte, on a pris nos personnages et après l’histoire nous disait que c’était tel personnage qui allait y passer. On ne voulait peut être pas spécialement mais il fallait tenir la rigueur de notre histoire et de notre concept.

11/ Ce qui est difficile pour le spectateur est que faire le bien peut aussi entrainer à des choix qui font grandir plus vite les personnages et donc qui les transforment.

Oui mais on n’a pas fait ça dans le but d’une punition, ou d’une sanction judéo-chrétienne ! Pour moi, c’était juste que le passage à l’âge adulte est comme une petite mort, comme la fin de l’enfance donc ils mourraient. C’est une fable donc on la pousse à fond et c’est violent mais ce n’est pas une mort pour une mort, ça ne veut pas dire que quand on devient adulte, on ne devient plus rien. Mais comme on est du point de vue de ces enfants et bien quand tu deviens adulte, tu disparais.

12/ Certains vont devenir plus violents, d’autres vont en tirer quelque chose de bénéfique mais tous peuvent se transformer, c’est ça qui est intéressant…

Oui, on a ouvert une boite de pandore, on a encore beaucoup de choses à dire sur le sujet. On a beaucoup de sous-thèmes que l’on n’a pas traités.

13/ Il y aura donc une suite en série ou en film ?

En film, non mais en série oui. L’idée se serait vraiment de repartir de zéro, d’aborder plusieurs personnages, ce sera une déclinaison du film.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

14/ Et l’idée de situer l’action dans un pensionnat, sur une île, c’était vraiment pour isoler les personnages ?

Déjà, c’était plus simple de les isoler par rapport au thème du film et j’avais l’idée de l’île pour le côté pur de l’eau. La fin du film, je l’avais déjà quasiment dès le début de l’écriture donc on en est venu assez rapidement à contenir l’action dans une île et au fait que l’eau était un élément salvateur.

15/ J’ai lu que vous avez tourné aux Canaries mais on ne dirait pas !

Au départ, je voulais tourner au Canada, ça devait se passer sous la neige et on avait fait toute une imagerie dans le genre. Pour des raisons de budget, on s’est rabattu sur les Canaries. L’Espagne nous a donné de l’argent pour faire le film et nous ont dit : « ok on le fait mais on le fait aux Canaries ». Le défi pour moi, c’était de trouver comment j’allais transformer les Canaries comme je voulais. J’ai tout fait pour que ça ne ressemble ni au Canada, ni aux Canaries. Ça ressemble à une image de fable.

16/ Vous avez tourné dans beaucoup d’endroits différents pour trouver tous ces lieux et pour créer la cohérence ?

80% de l’île, c’est la même. Il y avait le volcan au milieu qui était très désertique, ensuite, tu descends et il y a les forêts, puis tu as les villages et la mer. Je me suis servi de ça. Le désert m’intéressait beaucoup comme une image de vide, de désolation. La forêt, je l’aimais pour son côté conte, un peu maternel. Donc, les ados sortent de la forêt et arrivent dans le désert, c’est le passage à l’âge adulte, c’est vide, il faut qu’ils le remplissent. Après, ils arrivent en ville, un milieu plus citadin, plus crade qui représente l’âge adulte.

17/ Au niveau technique, de passer de l’ombre à la lumière, ça a été un défi au niveau de la photographie, de la post-production ?

J’ai mixé plein d’images. Les images au début sont tournées en Norvège… On a mélangé plein de petits plans pour fabriquer un truc rêvé. La première ville que l’on voit, on a rajouté des immeubles, des petits immeubles anglais qu’on a remis dans le fond pour brouiller les pistes… Les effets sont très ponctuels. Même si tu regardes, tu ne verras pas ce que j’ai ajouté. On a changé les couleurs, ajouté des trucs en 3D, changer le look de choses qui étaient trop espagnols.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

18/ Comment avez-vous vécu le fait de réaliser votre premier film en solo après avoir travaillé en duo ou en collaboration sur vos deux précédents films ?

Le thème que je portais, ce n’était pas un thème que je partageais avec Didier (NDLR : son frère avec qui il a réalisé « Atomik Circus »). Faire un film seul, ce n’est pas une envie d’être là et de tout dominer. Au niveau de la réalisation, j’avais déjà réalisé beaucoup de pubs tout seul donc être seul, je connaissais déjà. Seul, tu gagnes des choses car tu es libre de tes éléments. Tu perds des choses car tu ne partages pas avec l’autre. Après, j’ai beaucoup partagé avec la scénariste qui était pas loin, avec mon chef op’. Tu crées des liens, d’autres liens avec d’autres personnes. Je garde toujours un esprit famille durant les tournages, je ne suis pas un despote. On crée une famille et on parle beaucoup du sujet. Là, j’ai fait entrer les acteurs dans le sujet. J’ai besoin de m’entourer et qu’on fabrique les choses ensemble.

19/ D’ailleurs les acteurs sont très bons. Comment s’est passé le casting ? Y’a-t-il eu beaucoup de répétitions ?

Ce qui était intéressant, c’est que je les ai réuni quinze jours avant. Mon idée, c’était de les souder. Ils sont arrivés, ils ne se connaissaient pas mais c’est un peu comme une colonie de vacances. On les a laissé seuls, puis je suis venu les voir, on les a interviewés, on est allé jouer au foot avec eux au bord de la mer. Ils ne savaient pas trop, au début, ce qu’on faisait mais on commençait à les filmer avec Matthias, le chef opérateur. Marie réécrivait quelques scènes quand ils mangeaient, quand ils étaient sur la plage, quand ils vivaient. Je les observais, ils le savaient mais sans trop le savoir. C’est vraiment de cette observation qu’on a réécrit beaucoup de choses et qu’on a adapté les personnages entièrement à leurs personnalités. Eux, ils s’entrainaient à jouer le rôle. Madeleine était quelqu’un de beaucoup plus dure, donc elle essayait de jouer la dure mais entre les scènes, elle rigolait, elle était plus évanescente, plus impertinente donc on réécrivait la scène et elle découvrait la nouvelle scène. On reprenait ses mots. Pareil pour Fergus qui était un peu plus secret donc on a poussé dans ce sens là.

20/ N’étais-ce pas plus dur de travailler avec des adolescents qu’avec des adultes ?

C’est différent. Les adolescents ont une énergie folle. Je m’en suis beaucoup servi car ils sont intarissables. Ils n’ont pas peur de jouer, ils s’amusent beaucoup à le faire, ils sont en demande. Même les scènes difficiles, pour eux c’était génial. Ils ne se couchent pas, ils veulent jouer, s’amuser. Pour eux, ça reste très ludique de jouer même s’ils le prennent très sérieusement. Ils adoraient ça, ils étaient dans la découverte de leur métier. Ils avaient envie de cinéma donc on pouvait tourner jour et nuit. Ils ont une énergie qui se transmet même aux équipes. On était tous fédérés autour d’eux pour les protéger, pour les diriger, pour les entourer donc ça donne une très bonne énergie. Très ludique et très enfantine.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

21/ Est-ce que vous avez réussi à mettre toutes les idées que vous aviez, dans le film ?

Non. On avait développé le deuxième pendant avec les enfants qui se retournent contre les adultes et qui a été traité plus simplement. Y’avais plus de personnages à l’origine. Je ne regrette pas les choix qu’on a fait car on a resserré l’histoire. C’était un peu plus choral à la base.

22/ Ce sont des choix pour garder une ligne directrice ou des choix budgétaires ?

Les deux mais c’est souvent la même chose. Même pour les plus gros films, on t’impose souvent de réduire ce que tu veux faire et ça t’oblige à resserrer l’histoire et tu trouves l’essence même de ce que tu veux raconter. Pour « Alone », c’était très sec. C’était du « tourné/monté », je n’ai même pas une scène, pas une parole qui n’est pas montée. Je n’ai pas tourné plus et je n’ai pas tourné moins. C’est très dangereux car je n’avais pas le droit à une minute de ratée.

23/ J’ai beaucoup aimé le film mais, à la fin, je me suis dit que ça aurait peut être mérité un quart d’heure de plus, quelques péripéties supplémentaires…

Le film était scénarisé avec un bon quart d’heure de plus. On avait quinze-vingt pages de plus qu’on a du enlever. Cinq, six scènes, surtout à la fin, avec le retournement avec les enfants qui torturent les adultes. Ça finissait un peu en western. A l’intérieur de la maison, il y avait une attaque… J’ai du simplifier des choses, retirer de l’action. C’est mon seul regret. L’enfant que tu suis sur la zone rouge, on le voyait comment il s’armait, comment il revenait… Ce ne sont pas des scènes que j’ai loupé mais ce sont des scènes que je n’ai pas pu tourner.

24/ Dans le film, il y a quelques passages très difficiles, en aviez-vous prévu d’autres et vous êtes vous autocensuré, du fait que vous tourniez avec des adolescents ?

Non, on ne s’est jamais censuré. Juste à la fin, les adolescents se retournaient contre les adultes. Il y avait une violence gratuite des enfants qu’on n’a pas pu tourner mais ce n’était pas pour une question de censure. Il fallait retranscrire l’horreur dans certaines scènes et on ne s’est pas censuré.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

25/ Le film parle du passage à l’âge adulte. Pour vous, est-ce important de garder son âme d’enfant ?

Bien sûr ! C’est le message du film mais en inversé. Je ne refuse pas de devenir adulte, bien au contraire, il faut assumer de devenir adulte mais en gardant un regard frais sur le monde, un regard émerveillé. Ça manque et ça enlèverait un peu de violence. Je ne veux pas faire le « béni oui-oui » mais ce qui m’aide personnellement, c’est de voir des choses merveilleuses un peu partout. J’essai aussi de transmettre ça à mes enfants même si la vie est difficile. L’argent, la civilisation, la religion, rien n’est fait pour qu’on puisse dire à nos enfants : vas-y grandit et amuse toi. On devrait pouvoir s’amuser jusqu’au bout, même en travaillant.

26/ Questions classiques : Pourquoi avoir changé le titre ? Et pourquoi avoir tourné en anglais ?

Pour le changement de titre, ce n’était pas moi. Je revendique, je n’ai rien contre mais le film s’appelait « Don’t grow up ». Dans les autres pays, il s’appelle aussi « Don’t grow up » mais le distributeur français avait un problème d’anglicisme. « Don’t grow up » soit on le traduisait en français mais ça n’évoquait pas grand-chose donc il avait peur qu’on passe à côté du sujet, soit on changeait le titre. Donc il a proposé « Alone », qui est en un seul mot et qui pour la plupart des gens, même qui ne parlent pas anglais, évoque déjà le solitude… J’ai accepté car ils avaient des arguments très convaincants. C’est le genre de films qui n’est pas facile à faire exister, on a des moyens mais ils ne sont pas colossaux donc faut donner tout de suite envie de le voir au public.

Pour l’anglais, il y avait deux raisons. Une, purement pour les ventes à l’international. Deux, ça se passait sur une île et je voulais que ce soit une île internationale. Pour une fable, la langue anglaise me plaisait plus et ça a fini de me conforter quand j’ai vu mes acteurs anglais. J’aurai très bien pu le faire en français, sans aucun problème, mais la langue anglaise me plaisait beaucoup.

27/ Vous pensez que la langue anglaise est plus cinématographique que le français ?

Ce n’est pas que je le pense, c’est vrai. Quand tu parles à des mecs qui mixent des films, ils te le disent : le français est très monolithique, linéaire. C’est comme une espèce de son sourd. La langue anglaise est très syncopée. Les accents montent et descendent sans arrêt. C’est une langue sur-dynamique, qui est très « cut », tu as moins de mots pour dire la même chose qu’en français. La langue claque en anglais, très vite. C’est un fait, ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas le faire en français mais c’est plus dur. Quand tu injures en français, ça parait vite vulgaire, en anglais, ça parait cool. L’anglais n’est pas une langue très informative. Quand tu donnes une information en français, ça se barre un peu dans tous les sens. C’est très drôle pour la comédie car tu pars dans tous les sens, tu peux évoquer plein de choses en même temps, c’est très digressif.

28/ Parfois, quand on regarde des films français et des films américains doublés en français, on a l’impression que ce n’est pas le même jeu, que c’est plus dynamique quand c’est doublé…

Je suis d’accord, c’est parce qu’ils mettent peu de mots, ils sont obligés de réduire un peu les choses. Je me suis fait la même réflexion. Quand tu regardes « Star Wars », ça ne choque pas même quand tu le regardes en français car les mots sont plus simples. Après, faut peut-être, qu’en France, on écrive beaucoup plus simplement. C’est un fait, après c’est une fainéantise de ne pas le faire. Moi-même, je vais essayer de m’y pencher. J’ai fait un film en anglais, c’est bien beau mais j’aimerai bien le faire en langue française surtout que j’admire ça chez les nordiques, les espagnols qui savent bien le faire. Pourquoi pas en français mais après faut réussir à le vendre.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

29/ Au niveau du changement de titre pour des raisons marketing, n’avez-vous pas eu peur de revivre la même chose que pour « Atomik Circus » qui avait eu une promo un peu difficile ?

J’y ai pensé. Je leur ai dit que j’avais déjà vécu cela une première fois mais « Atomik Circus » était vraiment une comédie barrée à la « 1941 » et l’affiche qu’ils ont faite n’était pas cohérente avec le film. C’était vraiment une faute de goût d’avoir mis les acteurs sur le fond blanc alors que l’affiche avec les jambes étaient magnifiques. Ils ont été à l’encontre des fans de films de genre. Ils voulaient faire du gros marketing, je leur ai dit « allez-y » mais ils pouvaient faire du concept dans ce gros marketing. Besson le fait, on pouvait le faire. C’était quand même moins difficile pour « Alone » car les distributeurs ont pris le film sans le toucher, ils l’ont apprécié. Du moment qu’on ne touchait pas à l’œuvre globale, que ce n’était que de l’habillage, ça me dérangeait moins. Je viens du milieu des beaux-arts, l’habillage c’est très important mais on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut.

30/ Entre 2004 et 2014, vous n’avez pas tourné de films. Ça vous a manqué le cinéma ?

Oui, oui. Après « Atomik Circus », j’ai travaillé aux Etats-Unis sur une adaptation d’un scénario de Caroline Thomson, qui avait écrit « Edward aux mains d’argent » pendant deux ans. James Franco devait jouer le rôle principal. C’était sur le milieu des freaks, ça se passait dans les années 1930. On avait été loin, on avait fait des tests… Le film parlait d’handicapés, c’était tourné en noir&blanc, on était allé au bout du délire et le film ne s’est pas fait… Après, on est retourné en France, j’ai refait de la pub, ensuite il fallait écrire quelque chose qui me plaisait. « Alone », ça fait déjà deux ans, deux ans et demi que je travaillais dessus.

31/ C’est d’ailleurs en essayant de monter « Alone » que vous avez rencontré Benjamin Rocher qui vous a proposé de réaliser la partie deux de « Goal of the Dead »…

Exactement. Le frère de Benjamin, Raphaël, était co-producteur avec Jérôme et m’a demandé si je voulais faire « Goal of the dead » le temps que le budget pour « Alone » soit monté. J’ai accepté tout de suite, c’était marrant et ça me permettait de faire celui là après.

32/ Les deux sont des films d’infectés mais complètement différents. Lequel vous donne le plus de satisfaction ?

Les deux restent de très bons souvenirs. « Alone » est plus personnel, y’a la rencontre avec les adolescents, j’en garde un souvenir impérissable. C’est vraiment une aventure loin de ma ville. « Goal of the dead », c’était très drôle mais on l’a tourné à côté de Paris, c’était une plus petite aventure mais j’en garde de très bons souvenirs.

33/ Vous avez fait trois films de genre. Êtes-vous tenté par un autre genre, peut-être plus grand public ?

Je ne réfléchis pas en terme de public. Je suis entrain de travailler sur « Toxic », une série qui est une comédie un peu trash sur le milieu des toxicos. Je ne pense pas à me tourner vers des films grand public mais plutôt vers des films que j’aimerai beaucoup voir. Après, j’aime aller voir des films fantastiques, je suis allé voir « Midnight special » hier soir car c’est ce qui me plait le plus. J’aime beaucoup les comédies, les drames et les films d’aventure. J’aimerai faire un grand film d’aventure.

34/ Pour conclure, on en a déjà plus ou moins parlé, mais quels sont vos prochains projets ?

En plus de « Toxic » et la série dérivée de « Don’t grow up », j’écris aussi un film d’anticipation, « Rare ». On m’a proposé aussi d’autres sujets de film, en France et en langue anglaise aussi.

Merci Thierry.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 1 Janvier 2016

INTERVIEW : JOHN MCNAUGHTON

Pour fêter cette nouvelle année, quel plus beau cadeau que l'interview d'un des plus grands réalisateurs américains de notre époque ? Avec ses films, John McNaughton a révolutionné différents genres. Le film de tueurs en série avec le cultissime "Henry : Portrait d'un tueur en série", le thriller avec "Sexcrimes", le film de gangsters avec "Mad Dog and Glory"... Dans cet entretien, M. McNaughton revient sur tout cela et parle aussi de son dernier film, encore inédit en France : "The Harvest". En attendant son nouveau film actuellement en tournage : "Carny Kill".

To celebrate this new year, what better gift than an interview with one of the greatest American filmmakers of our time? With his movies, John McNaughton revolutionized many genres. The serial killers movies with the cult film "Henry: Portrait of a Serial Killer," the thriller with "Wild Things," the gangster movies with "Mad Dog and Glory" ... In this interview, Mr. McNaughton returns on this and also talks about his latest film, still unpublished in France: "The Harvest". Meanwhile his new film currently shooting "Carny Kill".

1/ Quel était votre état d’esprit quand vous avez realisé “Henry : Portrait d’un tueur en série” ?

Je voulais montrer de quoi l’être humain est capable. C’est la direction que je voulais prendre avec "Henry". Le fantastique, c’est bien mais d’autres le font mieux que moi. Je voulais m’approcher et toucher la noirceur humaine. C’est plus horrible… hum… Si vous regardez Jason, si vous regardez Freddy, quand vous allez dans le surnaturel, vous savez que quand vous quittez le cinéma, Freddy ne sera pas là à vous attendre. Il n’existe pas. Henry pourrait être dans la vie réelle, il pourrait exister. Quand vous quittez le cinéma, il pourrait vous attendre sur le parking. C’était ça l’idée. C’est un film d’horreur et qu'est ce qui est le plus effrayant ? Les choses de la vie quotidienne ! Utiliser la normalité.

1/ What was your state of mind when you have shot “Henry : Portrait of a serial killer”?

I wanted to show what human people are capable. That the direction we wanted with Henry. Fantastic is fine but other people do it better like me. I wanted to approach and touch human darkness. It’s more horrific…hum… if you do Jason, if you do Freddy, when you go in the supernatural, you know when you leave the theater, Freddy is not there waiting for you. He doesn’t exist. Henry could be in real life, he could be existing. When you leave the theater, he can wait for you on the parking. That was the idea. It’s an horror movie so what is the most horrific thing? It’s the normal tricks. Use the normal.

2/ Comment êtes vous arrivé sur le projet de “Henry” ?

Je travaillais pour une compagnie, MPI, qui existe toujours. Ils ont travaillé très tôt dans le business de la vidéo. Ils ont acheté les droits pour dupliquer des films d’horreur en cassettes VHS et les revendre. Ils faisaient ça très bien puis ils ont décidé d’investir 100 000$ pour faire un film d’horreur donc ils m’ont donné l’argent et je leur ai donné un film d’horreur !

2/ How did you get the project of “Henry”?

I was working for a company, MPI, they still exist, they worked very early into the video business. They buy rights for horror film to duplicate on VHS tapes and selling them. Doing very well. They decided to invest 100 000 $ to make an horror film so they gave 100 000 $ and I gave them an horror film !

3/ Le film a été longtemps censuré. Comment avez-vous vécu cela alors que c’était votre premier long métrage ?

« Henry » a hérité d’une classification X aux Etats-Unis mais n’a pas été censuré, interdit. Les gens du studio voulaient faire des coupes pour avoir une meilleure classification et pour mieux vendre le film mais la MPAA, qui classe les films, a décidé qu’on ne pouvait rien faire pour le rendre acceptable pour eux. C’est un film classé X et ce le sera toujours, intrinsèquement. Mais dans d’autres pays, par exemple, en Angleterre, en Suède, le film a eu des coupes et je n’ai rien eu à voir avec ça. Je pense que maintenant, depuis plusieurs années, tous les pays peuvent voir le film dans sa version non censurée.

3/ the movie has long been censored, how did you feel knowing that it was your first feature film?

"Henry" had a X rated on United States but not a censure. People wanted to make cuts, to have a better rating and sell more but the MPAA, who rate movies, decide that we can’t do nothing to make it acceptable to us. It’s an X rated film and it’s always be an X rated film. But in other countries, for exemple, in UK, in Sweden, they got cut and I have nothing to do with that. I think now, since every years, every country can see the original film uncensored cut.

 

Image tirée du film "Henry : Portrait d'un tueur en série".

Image tirée du film "Henry : Portrait d'un tueur en série".

4/ Je pense que la raison pour laquelle “Henry” est le plus important et le meilleur film de tueur en série est parce qu’il est très réaliste…

Je n’avais jamais vu de film de tueur en série comme cela auparavant… Peut-être « Peeping Tom ». Michael Powell a fait ce film dans les années 60, à la même époque que « Psychose » mais je pense que nous avons lancé la mode des films de tueurs en série et d’ailleurs, je n’en ai jamais fait un autre, personnellement, mais c’est intéressant de voir que d’autres personnes ont fait des films de tueurs en série et ont copié « Henry ». Mais mon dernier film « The Harvest », disponible uniquement en Angleterre et aux USA pour le moment, parle de la « moisson » d’organes humains. Quelques temps après, Jerry Bruckheimer et Spike TV ont développé une série télé appelée « Harvest » (rires). J’ai essayé de faire quelque chose que je n’ai jamais fait avant, quelque chose de nouveau et personne n’a jamais montré le transfert d’organes humains à d’autres ou pour les vendre mais c’est quelque chose qui a lieu couramment dans le monde ! J’ai trouvé ça impressionnant à quel point Bruckheimer a été rapide pour faire sa série. Je sentais que le film allait lancer une tendance et que ça pourrait aller vite mais je ne pensais pas que ce serait si rapide. Aussi, avec « Mad Dog and Glory » avec Robert De Niro, Bill Murray et Uma Thurman, nous avons fait le premier film à propos de scènes de crimes policières et après cela Bruckheimer a fait « Les Experts ». Alors, vous faites des films précurseurs et d’autres arrivent et imitent.

4/ I think the reason why “Henry” is still the most important and better serial killer movie is it’s the more realistic…

I haven’t seen serial killer movie like that before… Maybe “Peeping Tom”. Michael Powell made that film in the 60’s in the same time of “Psycho” but I think we started the trend of serial killer movies and I never made another one. But it’s interesting that many others people done serial killer movies and many copy that. But my new film “The Harvest” available only in Uk and US for the moment is about harvesting human organs… Jerry Bruckeimer and Spike TV are developing a TV show called “Harvest” (laugh). So I tried to do something I have never seen before, something new and no one really done to show up about harvesting people organs to others or to sell but it’s something is going on in the world very much. I find interesting this quickly that Bruckeimer and Spike doing a show. I felt a new movie will launch a trend and it will be very soon but I didn’t expected that happen so fast. In “Mad dog and glory” with Robert De Niro, Bill Murray and Uma Thurman, but it was the very first movie about crime scene cops and after Bruckheimer made CSI. So you do movies before and others coming and imitate.

5/ Vous tournez la plupart de vos films en 35mm. Votre dernier film dont vous venez de parler, "The Harvest" est lui aussi tourné en 35mm. Pourquoi avoir choisi ce format ?

Pour “The Harvest”, nous avions une reunion d’équipe prévue à New York juste après le passage de l’ouragan Sandy et, du coup, on ne pouvait pas voyager. C’était difficile pour la production car nous étions obligés de rester à l’hôtel. Nous avions des iphone et nous avons communiqué par iphone depuis l’hôtel et avec d’autres personnes par Skype. Rachel Morrison, la directrice de la photographie, était en Espagne et nous discutions sur Skype. Rachel voulait que l’on tourne en 35mm alors nous l’avons fait. C’était une victoire. C’est la raison pour laquelle je suis content d’avoir réalisé ce film. Parfois, c’était difficile, il se passe ce qu’il se passe, il n’y a pas de process en labo supplémentaire mais le film est magnifique, le film est superbe. Pour moi, c’est un film sur les personnages, leur performance et la connexion qui a lieu entre eux et le public. Je suis content d’avoir tourné dans ce format et je pense que c’est mon « au revoir » au 35mm. Il n’y a plus beaucoup de processus comme cela aux Etats-Unis. J’ai travaillé avec ce format depuis longtemps, j’ai fait un documentaire avec George Condo que j’ai tourné avec des vieilles caméras digitales. L’homme qui finançait « The Harvest », Gerald Kessler, a insisté pour tourner en 35mm. J’étais heureux. C’est mieux mais cela coute plus cher, c’est plus long… Plusieurs personnes me disait «que fais-tu ? Tu gaspilles de l’argent ! blablabla”. J’ai dit “hey, ce n’est pas votre argent ! Si je veux le gaspiller, ce n’est pas vos affaires !”.

5/ you shot most of your movies in 35mm. Your last movie "The Harvest" is on 35mm. Why did you choose this format ?

For “The Harvest”, with the cinematographer, Rachel Morrison, because we had a meeting crew in New York, just after the hurricane Sandy in NY, we couldn’t travel. It was really difficult for the production because we stayed at the hotel, the town had no power. So we had an iphone and we communicated by iphone on the hostel and with many crew members on skype. Rachel Morrison was in spain and we talked on skype. Rachel wanted to shot the movie in 35mm and we did it. It was a victory. It’s why I’m really happy to shot this film. Sometimes it’s difficult, it is what it is, there is no process in labs anymore, but film is gorgeous, film is beautiful. To me it’s about the characters and the performance and the audience connect to them. I’m happy to have shot in this format and I think this film is my “good bye” on this format. There is no more process like that in United States. One of the reason, I did make a film so I was really working with the old digital. I made a documentary I shot with very old digital cameras with George Condo and I like that. The man who give money for “The Harvest”, Gerald Kessler, insist that we shoot in 35mm. I was happy. It’s better but it’s cost more, it’s slower… Many people told me “what are you doing? You wasting money, blablablabla !”. I said “hey, it’s not you money! If I want to waste it, it’s not your business!”. I remember,

 

Image tirée du film "The Harvest"

Image tirée du film "The Harvest"

6/ Votre dernier film “The Harvest” est toujours non distribué en France. Pouvez-vous nous dire quand il sera distribué ?

C’est complètement indépendant de ma volonté. Un homme finance le film donc il n’y a pas de compagnie de distribution. Donc, nous avons fini le film et nous devions le vendre. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait avant. Avant, je faisais des films pour une compagnie et elle le vendait. Un homme a apporté l’argent, un homme génial, son nom est Gérald Kessler. J’ai vu le film à minuit en Amérique, il était diffusé dans deux cinémas et la compagnie « Shock Factory » a vendu les droits vidéo à quelqu’un en Angleterre. Alors je ne sais pas quand le film sera distribué en dehors des US et de l’Angleterre. Eventuellement, comme Jerry Bruckheimer et Spike TV ont fait une série sur le même sujet, je suppose que mon film sera disponible en vidéo quand la série télé arrivera en France. Je ne sais pas quand…

6/  Your last film "The Harvest". This movie is still unpublished in France. Do you know when it will be available in France?

It’s made completely independent of me. One man finance the movie so there was no company for distribution. So, we finished the movie and we had to sell it which it’s something I never had to do before. Before, I made movies for company and they sell it. A man pull up the money, a wonderful man, his name is Gérald Kessler like guide two weeks before the movie was release. I have seen midnight in America for they released in two theaters and the company “Shock Factory” selling the video to somebody in the UK to have the rights. So I don’t know when the movie passes the US and the UK. Eventually, because Jerry Bruckeimer and Spike TV are making a picture about the same subject, I guess my movie will be available on video when the TV show will arrive. I have no idea when…

7/ Pouvez-vous me dire un mot sur le tournage de ce film ?

C’était un tournage difficile car nous avions des enfants. Deux enfants. Une fille de douze ans et un garçon de treize ans. Ce n’était pas difficile de travailler avec eux, ils étaient géniaux mais quand vous travaillez avec des enfants aux USA, vous devez faire moins d’heures. Un jour de travail normal est de douze heures mais les enfants ne peuvent pas travailler douze heures. Nous avions Michael Shannon, Samantha Morton, Peter Fonda et deux enfants, Natasha Calis et Charlie Tahan et c’était difficile car nous avions un grand nombre de scènes à tourner et assez d’argent pour le faire le film mais c’était très rapide et nous ne pouvions pas travailler tout le temps car les enfants ne peuvent travailler que 8 ou 9 heures par jour et Michael Shannon travaillait sur Broadway donc tous les jours, il quittait le tournage à 18 heures. Alors, nous n’avions pas le temps pour faire des erreurs ou pour aller essayer autre chose. Alors c’était très difficile, c’était intense. Ce film a un concept très intéressant, très sombre. Mais ce n’est pas gore, ce n’est pas sanglant !

7/ Can you tell me a word about the shooting of this movie ?

It was a very difficult shooting because we had children. Two children, twelve years old girl and thirteen years old boy. There was not difficult to work with them, they were great but when you work with children in the US, you have to reduce your hours. A normal day is twelve hours but children can’t work twelve hours. We had Michael Shannon, Samantha Morton and Peter Fonda and two kids, Natasha Calis and Charlie Tahan and it was difficult because we had a lot of scenes to shoot and enough money to make the picture but it was very quick and we can’t work all of the time because kids can work only 8 or 9 hours a day and Michael Shannon was working on Broadway so every day at 6pm he left the shooting. So we had no time for error or going over. So it was very difficult for the characters, it was intense. This movie has a very interesting concept, very dark. But It’s not gory, it’s not bloody !

 

Affiche du film "The Harvest".

Affiche du film "The Harvest".

8/ Avec “Sexcrimes”, vous aviez un casting incroyable. Comment était l’atmosphère sur le tournage ? Quel souvenir gardez-vous ?

Mon souvenir est que nous avions beaucoup d’argent ! (rires). Nous avions 63 jours de tournage, nous avions assez d’argent et assez de temps. Nous étions en Floride et il fait très chaud en Floride. Toujours. C’était une bonne expérience, nous avions un bon casting et une belle photographie grâce à Jeffrey Kimball. Nous n’avions pas à nous presser, nous prenions le temps qu’il fallait prendre. C’est un film que j’ai plaisir à regarder.

8/ In “Wild Things”, you had an incredible casting. How was the atmosphere on the set? What memories do you have of this film?

My memory is we had a lot of money ! (laugh). We had 63 days of shooting, we had enough money, we had enough time. We were in Florida and it’s hot ! always hot ! It was a good experience, we had a good cast and a good photo by Jeffrey Kimball. We didn’t have to rush, we had time to take the time. It’s a movie I’ll really enjoy seeing.

9/ Ce n’était pas trop difficile de diriger toutes ces stars (Bill Murray, Neve Campbell, Kevin Bacon, Denise Richards, Matt Dillon…) ?

Oui, ce sont des personnes avec beaucoup de talents et ils sont souvent très puissants dans l’industrie du cinéma. Ils ont ce qu’ils veulent et ils font ce qu’ils veulent. Vous devez savoir la direction dans laquelle vous voulez aller pour votre film car ils peuvent prendre la place du réalisateur si vous hésitez et quand vous voyez le film plus tard, c’est mauvais, ce n’est pas ce que vous vouliez. Vous avez besoin de faire attention à ce que vous leur laissez, à ce que vous leur donnez à faire mais je travaille assez avec des grands acteurs et cela se passe généralement très bien. Mais c’est toujours difficile car cela dépend de l’humeur du jour d’un acteur donc chaque jour est une aventure quand vous travaillez avec des grandes stars mais c’est pour cela qu’on vous paie donc c’est que vous devez faire !

9/ It was not too difficult to manage all of these stars (Bill Murray, Neve Campbell, Kevin Bacon, Denise Richards, Matt Dillon…)?

Yes, they are people with very big talent and they are very powerful in the industry often. They get what they want and they do what they want. But You have just to know what the direction you want for the movie because they can take directions on place of director, you will see the movie six months later and it’s look really bad ! You need to be careful what you let, you get on to do but I work enough with great actors and they are came looking very good so, generally, it’s pretty well with actors. So it’s always difficult, depending of the mood of an actor on a day. So every day is an adventure when you working with big movie stars but that what you get paid for so that what you do !

10/ Sur facebook, vous parliez d’une série TV “Sexcrimes”. Allez-vous être impliqué sur le projet ?

Nous essayons de trouver des gens intéressés pour une série télé mais Sony ne semble pas intéressé par l’idée. Ils ne voient pas l’intérêt d’une série « Sexcrimes ». J’ai parlé de cela sur facebook pour voir si les gens avaient un intérêt pour cela. J’adorerais tourner le pilote de la série télé « Sexcrimes » et être impliqué sur cette série car la sujet parle des comportements horribles des êtres humains. Ils mentent tous, trichent et je pense que l’on peut faire quelque chose d’amusant sur ce thème.

10/ On facebook, you talk about a TV series “Wild Things”. Will you be involved in the project?

We trying to get people interested for a TV show but Sony don’t seem interested by the idea. They don’t see the value of a Wild Things TV show. I talk about on facebook to see if people have an interest for that. I would love to do the pilot of Wild things TV show and be involved on that show because it’s about people just behaving terribly. They all lying, cheating each other and I think we can have a lot of fun with that.

 

Image tirée du film "Sexcrimes".

Image tirée du film "Sexcrimes".

11/ Vous avez tourné plusieurs fois avec Bill Murray. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ? On entend tellement de légendes à propos de lui.

Bill m’a appelé hier (l’interview a eu lieu le 16 aout 2015) ! Un musicien génial est à Chicago, son nom est John Prine et c’est un ami de Bill Murray et donc Bill m’a appelé hier et il m’a dit « J, Je suis avec John Prine et nous parlons à propos d’un documentaire, vous pourriez discuter et travailler avec moi là-dessus ». Bill est vraiment un mec intéressant. Je pense qu’il est à Chicago aujourd’hui car il y a deux équipes de baseball, les white sox et les Cubs. Je sais qu’il vient pour cela car il adore le sport. Je travaille sur un nouveau film avec Bill appelé « The king of Counterfeit ». J’ai travaillé avec Bill plusieurs fois car il est unique, autonome et c’est peut-être la personne la plus intelligente que j’ai pu rencontrer. Il est très intelligent et très intéressant. Et il est drôle, bien sûr !

11/ you turned with Bill Murray many times. What can you say about him? So many legends we hear about it!

Bill called me yesterday (this interview was done on 16 august 2015) ! A wonderful musician is in Chicago, his name is John Prine and is a friend of Bill Murray and Bill called me yesterday and he said “J, I’m with John Prine and we talk about a documentary, you should talk and work with me on it”. So, Bill is an interesting guy. I think is in Chicago today because of two baseball teams, the white sox and the Chicago cubs and I know he come for that because he love sports. I’m working on a new movie with Bill called “the king of counterfeit”. I work with Bill many times because is unique, individual, perhaps the smartest person I ever met. He’s really really smart and he’s a very interesting man. And funny, of course !

12/ Quel genre de scènes préférez-vous tourner ? Scènes violentes, de sexe, de suspense ?

Les scènes de sexe sont difficile. Les gens disent « hey, regarde, cette fille magnifique sans ses vêtements » (rires). Je pense qu’il n’y a rien de plus difficile pour un acteur ou une actrice que d’être nu(e) devant toute une équipe en faisant semblant d’avoir une relation sexuelle. Pour tout le monde, c’est difficile. Je pense que le meilleur est quand vous avez des scènes émotionnellement dramatiques entre deux personnes, avec un vrai jeu d’acteur. C’est le travail que j’aime faire.

12/ What do you prefer to shoot? Violent scene, sex scene, thriller scene?

Sex scene are hard and difficult. People says “oh look this beautiful girl without her clothes” (laugh). I think it nothing more difficult for an actor or an actress to be naked in front of the crew pretending they have sex. For everybody, it’s difficult. I think the best is when you have emotional dramatic scenes between two people, with really acting. That’s the work I enjoy.

 

Image tirée du film "Mad dog and glory".

Image tirée du film "Mad dog and glory".

13/ Quel est votre meilleur et votre pire souvenir sur un tournage ?

Mes meilleurs souvenirs sont sur “Mad Dog and Glory”. Quand vous êtes sur le plateau, que la caméra regarde Bill Murray et Robert De Niro, les personnes les plus talentueuses encore vivantes sur terre, que vous voyez de quoi ils sont capables et que vous êtes payé pour ça, c’est incroyable ! Je me rappelle de deux choses. La première est avec Bill Murray. Sur « Mad Dog and Glory », il joue un gangster. Bill adore faire de la comédie, du stand up et être drôle fait parti de lui mais l’idée était qu’il ne fallait pas qu’il fasse rire car c’est un gangster, c’est le boss. Vous avez Bill Murray et il doit venir sur le plateau et ne pas être drôle ! Mais c’est Bill Murray ! C’est comme si vous aviez le plus grand violoniste au monde sur scène et que vous lui demandiez de jouer du piano. C’est un combat contre toutes les fibres de son corps pour réussir à ne pas faire rire. Bill était vraiment nerveux pour tourner cette scène. Bill resistait pour ne pas être drôle et c’était un effort pour lui. Il est arrivé et il n’était vraiment pas drôle. Il était exceptionnel, c’était incroyable.

Le second souvenir est à propos de Robert De Niro. Une scène dans laquelle il est assis dans une salle de bain, juste en sous-vêtements, avec de l’argent car il est supposé acheter le personnage d’Uma Thurman. Bref, je me souviens, il était dans la salle de bain avec l’argent et nous coupons la prise. Je tente de lui parler pour lui expliquer quelque chose mais il ne me regardait pas car il était encore dans le personnage. Il voulait me parler et je parlais à Bob De Niro mais son personnage restait assis ici. La caméra continuait à tourner. Je me suis assis dans la pièce et je l’ai regardé. Je pouvais le voir, je pouvais m’entendre lui parler mais il ne me regardait pas car il était assis sur les toilettes devant son argent, il était toujours dans le personnage. C’est incroyable de voir quelqu’un qui possède ce don.

Mon pire souvenir est sur mon deuxième film “The Borrower”. Je travaillais avec une compagnie qui était entrain d’être en liquidation. Un jour, tard en soirée, j’avais besoin d’argent pour le tournage et j’avais besoin d’aller à la compagnie pour discuter et savoir ou nous allions. Donc, je prends ma voiture, je conduis sur Hollywood, sur Sunset et j’arrive sur le parking. Et il n’y avait aucune voiture dans le parking. Normalement, il y avait toujours 40 ou 50 voitures. Donc, je me gare, je marche jusqu’à l’immeuble mais il n’y avait personne. Ils avaient quitté les lieux en plein milieu de la nuit ! Il n’y avait plus de compagnie. C’était comme une ville fantôme !

13/ what is your best and your worst memory on a shoot?

My best memory is on “Mad dog and glory”. When you are on the set, when the camera watch Bill Murray or Robert De Niro, the most talented people alive on the earth and see what they are capable of doing and get paid for it, it’s pretty amazing! Two things I remember, first is with Bill Murray. In “Mad dog and glory”, he played a gangster. Bill liked to do stand up comedy and it’s the part of the fun of his character but the idea was is not funny because he’s a gangster, he’s the boss. You got Bill Murray and he has to get up on stage and be not funny. But it’s Bill Murray! It’s like you have the world greatest violinist to get on the stage and play of keys. It’s a fight against all fibers of his body. So, Bill was really nervous to shoot this scene. Bill resists to not being funny and it’s a work for him. So he get on and he’s really not funny. He’s gonna be great, it was amazing.

The second memory is about Bob De Niro. A scene who is sitting on a bathroom just in underwear with money because he’s supposed to buy Uma Thurman’s character. Anyway, I just remember, he was on the bathroom with the money and we cut and I had a talk to him to explain something but he wouldn’t look up to me because he’s still in the character. He would talk to me and I was talking to Bob De Niro but the character need to sitting there. The camera continues to turn. I’m sitting on the room and I’m watching him. I could see him, I can hear me talking to and I talking to Bob but he can’t look up to me, because is sitting on the toilet next to the money, he’s always on the character. It’s amazing to see somebody who’s got that gift.

My worst memory that I can’t remember is on my second movie “The Borrower”. I worked with a company is going to banqueroute. One day, lately afternoon, I needed money to shoot and I needed to go to the company to discuss and know where’s going on. So, I take my car, I drive on Hollywood, on Sunset and I arrived on the parking lot… And no car on the parking lot. Normally, you have 40-50 cars on the parking lot. So, I parked, I walked to the building but no one here ! They had left on the middle on the night. There is no more company. It was like a ghost town.

Merci beaucoup M. McNaughton.

Thank you very much M. McNaughton.

 

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 24 Août 2015

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

Laurent Dallias est le héros musclé de quatre films de Julien Richard-Thomson : Roboflash Warrior (1994) Time Demon (1996) Jurassic Trash (1998) Time Demon 2 (2002). Des comédies fantastique ou d'action, réalisées avec de tout petits budgets en totale indépendance mais qui pour certains d'entre eux sont devenus "cultes". Dans son livre de souvenirs "Mon Cinéma de A à Z" le cinéaste présente Laurent Dallias comme l'un de ses fidèles, comédien de talent et collaborateur précieux multi-casquettes (coproducteur sur Time Demon 2 par exemple). Depuis, Dallias a enchaîné les tournages sans pour autant accéder à la notoriété : des rôles de gendarmes dans des séries comme Plus belle la vie, ou Section de recherche , sans oublier des petits rôles dans des films comme Taxi 4... Rencontre avec un outsider de l'action !

Comment es-tu devenu comédien ?

A l'origine j'ai suivi des cours au Conservatoire d'Avignon, mon rêve était de faire l'acteur au cinéma. A la fin de la formation, avec les autres élèves du cours j'ai réalisé un film d'action intitulé "Rêve d'Héros", j'interprêtais aussi le rôle principal. Nous étions au milieu des années 90... J'ai aussi commencé à jouer dans des pièces de théâtre.

Comment a eu lieu ta rencontre avec Julien Richard-Thomson ?

A peu près à cette période, un ami comédien m'a signalé qu'un réalisateur et son équipe cherchaient des acteurs dans la région pour un projet de film intitulé "Roboflash Warrior" qu'il présentait comme une sorte de parodie. Il recherchait un héros brun et costaud, à cette époque je faisais aussi de la musculation.Je l'ai rencontré à Avignon avec son frère Blaise. Ses références étaient Terminator, Mad Max, mais il avait un budget dérisoire et donc il souhaitait tourner un genre de pastiche. Quand je lui ai demandé s'il avait des véhicules, des engins, il m'a répondu qu'il avait seulement deux motos ! (rires) Mais le courant est bien passé entre nous et j'ai accepté de joeur le rôle de Bruce, un mercenaire amnésique qui voyage dans le temps.

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

Comment s'est passé le tournage de ce long-métrage ?

Très bien mais il n'y avait vraiment aucun moyens. L'équipe était très réduite, une demi-douzaine de techniciens, les acteurs avaient été recrutés dans la région. Bien sur il tournait en vidéo et non pas en pellicule cinéma. Le premier jour nous avons tourné une scène à Orange, mon personnage retrouvait un cadavre au volant d'un camion incendié. Julien avait déniché un vieux camion au bord d'une route, tous les décors étaient des décors naturels, dont une magnifique carrière où mon personnage se battait contre des guerrières amazones du futur.

Etais-tu fan de cinéma fantastique ?

De fantastique pas vraiment, je préférais la SF comme Blade Runner, 2001 ou New York 1997... J'aimais aussi beaucoup les films d'action. Comme j'étais costaud j'avais envie de jouer dans des films ou téléfilms des rôles plutôt physiques, des gardes du corps, des flics... Ma collaboration avec Julien m'a permis d'assouvir certaines envies comme jouer des scènes de bagarres ou de poursuites.

Parmi les quatre films que tu as fait avec Julien, quel est ton préféré ?

Time Demon 2 est celui dans lequel je me suis le plus investi, puisque outre le rôle principal j'avais d'autres casquettes, comme coproducteur. J'ai beaucoup travaillé sur ce projet, j'ai réuni une grande partie du casting par exemple. Mais le film que je préfère est sûrement Jurassic Trash car en tant qu'acteur, jouer un double-rôle est très intéressant. Je jouais à la fois le garde-champêtre et un clown tueur, en fait deux frères à l'opposé. Je me suis bien éclaté.

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

T'attendais tu à ce que ces films aient une carrière et deviennent "cultes" aux yeux de certains ?

Je pensais que Time Demon allait être assez populaire car il y avait des stars du X au casting, c'était à la mode à l'époque et d'ailleurs nous avions eu plusieurs reportages à la télé, sur Canal Plus et dans la presse... La diffusion du film a été plutôt modeste. Je pensais aussi que Time Demon 2 allait fonctionner car le casting était de bonne qualité, il y avait des acteurs qui tenaient bien la route et aussi pas mal de décors et de scènes d'action. Je misais moins sur Jurassic Trash mais en fait, aujourd'hui c'est mon préféré, c'est le plus abouti. Je l'ai vu en salle de cinéma et le public était plié de rire, c'est une comédie qui fonctionne très bien.

Julien Richard-Thomson est il un metteur en scène très directif ?

Je ne dirais pas ça, bien sûr il sait ce qu'il veut, mais il écoute aussi beaucoup ses techniciens ou ses acteurs. On peut proposer des idées, faire des suggestions et quand ça lui plaît il accepte sans aucun problème. C'est quelqu'un de très pragmatique.

Est-ce plus difficile de jouer dans un film fauché que dans une grosse production ?

D'un côté c'est plus facile car avec une petite équipe on tourne plus vite, on reste dans le personnage. Mais c'est aussi moins confortable, on se sent moins protégé, le stress est plus important. Bref c'est plus précaire, disons qu'il faut aimer l'aventure. En tous cas participer à ce genre de tournages a été formateur pour moi.

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

Quelques anecdotes ?

La plus mémorable a été l'irruption de vrais policiers sur le plateau de Time Demon 2 pendant la scène de braquage d'un supermarché. Les comédiens qui jouaient les malfrats ont failli mourir ce jour là ! (rires) Dans ce film il y a eu pas mal de scènes d'action, assez physiques, j'ai terminé le tournage épuisé. Sur Jurassic Trash j'ai souffert le martyr avec les chaussures de clowns qui m'écorchaient les pieds, une torture ! Sur tous ces films il y a eu de nombreuses pannes et incidents, dûs au manque de moyens. Je me souviens que sur Time Demon, Julien avait une caméra défectueuse il devait la démarrer en la dirigeant vers le ciel sinon elle refusait de filmer.

As-tu d'autres projets avec Julien Richard-Thomson ?

Oui il a écrit un film que je trouve très réussi, où je joue un petit mafieux, un gars au bas de l'échelle du crime. Ses collègues malfrats le considèrent comme moins que zéro mais un jour il se rebelle et décide de prendre sa retraite en réclamant les acquis sociaux qui lui sont dûs. Mais dans le monde du crime demander à bénéficier de congés payés ou d'une retraite, ça ne se fait pas... Cela se déroule à Marseille mais c'est un peu à la manière des comédies noires des frères Coen, le rôle est très intéressant. Le soucis c'est que Julien a le plus grand mal à trouver les moyens pour produire ses films, malgré son talent et son obstination. Et le cinéma ça coûte cher !

Merci beaucoup à Laurent Dallias pour cet entretien et à Julien-Richard Thomson pour son aide plus que précieuse.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 3 Mars 2015

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

Actrice, réalisatrice, productrice, Jessica Cameron est une autodidacte qui, devant le manque de prise de risque de l'industrie du cinéma, a décidé de monter sa propre maison de production afin de réaliser les films qu'elle rêvait de voir. Retour sur un parcours atypique et sur des projets passionnants.

Actress, director, producer, Jessica Cameron is a self-taught, with the lack of risk taking in the film industry, decided to start his own production company to achieve the movies she dreamed of seeing. Return on an unusual career and exciting projects.

1/ Votre premier travail était designer dans la mode, quand et pourquoi avez-vous décidé de lancer votre carrière dans le cinéma ?

Je n’ai pas decidé, ça c’est imposé à moi d’une certaine manière. Lorsque je travaillais dans la mode, on m’a dit que je parlais trop vite et comme je ne pouvais pas trouver de classe pour améliorer cela, un de mes supérieurs m’a suggéré d’aller dans un cours de comédie et ensuite « de parler plus lentement autour de gens stupides ». Je suis tombé amoureuse de l’art de l’acting dans ces classes et j’ai rapidement commencé à passer tout mon temps libre à prendre des cours, aller à des répétitions, etc.. Après quelques années, j’ai terminé toutes les classes et j’ai commencé à réfléchir afin de lancer ma carrière à temps plein.

1/ Your first job was fashion designer, when and why did you decide to launch your career in cinema?

I didn't decide, it was forced upon me in a way. While working at the fashion company they decided that I spoke too fast and when I could not find a speech class that would help one of my superiors suggested I take an acting class and then "talk slower around the stupid people". I fell in love with the art of acting in those classes and pretty quickly started spending all of my spare time doing anything I could, taking classes, rehearsing, etc. After a few years I had completed every class and started plotting to make it my full time career.

2/ Pourquoi avez-vous décidé de jouer dans des films d'horreur ? Qu'aimez-vous dans ce genre de films ?

Le genre horrifique m’a trouvé. Quand j’ai commencé à être actrice à plein temps, je voulais juste auditionner pour des films que je trouvais intéressant et avec des personnes que je respectais, peu importe le genre. J’habitais dans le Midwest à cette époque et la majorité des films qui étaient realisés étaient des films d’horreur, vous n’avez pas besoin d’avoir un gros budget pour faire ces films. Alors je me suis rapidement retrouvé à beaucoup travailler sur des films d’horreur. Ce qui est genial car c’est le genre que je préfère regarder et aussi dans lequel je préfère jouer. Pour moi, c’est plus fun de jouer dans un film d’horreur, c’est l’ultime challenge d’un acteur, faire croire au public que l’impensable est entrain de se produire à l’écran est difficile.

2/ Why did you decide to play in horror movies? What do you like in this kind of films?

The horror genre found me, when I started doing acting full time I just wanted to audition for any role that I found interesting with people that I respected. I was based in the midwest at the time and the majority of the films that were being made were horror films, you don't have to have a huge budget to make them which is why. So I quickly found myself working a lot in the horror genre. Which is great because its my favorite genre to watch and work in. For me its more fun to act in a horror film since its the ultimate acting challenge, to make the audience believe that the unthinkable is happening on screen is hard.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

3/ Vous êtes souvent qualifiée de Scream Queen. Aimez-vous ce qualificatif ? Y'a t'il des actrices qui vous ont inspiré ou que vous aimez ?

Je pense qu’obtenir du credit dans cette industrie est incroyable. J’aime le terme de « Scream queen » mais je ne crois pas que l’on devrait s’auto-étiquetter. Je pense que c’est un qualificatif qui doit être donné par ses pairs ou par la presse. Il y a trop de filles qui font un seul film et qui s’étiquettent elle-même de ce terme. De mon point de vue, cela devrait être réservé à celles qui excellent dans le genre horrifique, ce que je fais. Une de mes principales inspirations est Jamie Lee Curtis qui est la « Scream Queen » originale. Je respecte son travail et son cheminement de carrière qui l’a fait traverser plusieurs décennies dans tous les genres.

3/ People say that you are a scream queen. Do you like it? Is there other actresses’ horror that inspired you or that you like?

I think to get any credit in this industry is amazing. I love the term scream queen, though I don't believe that one should self label themselves it. I think it should be a term that is determined by peers and press. There's just far too many girls who do one movie and then self label themselves the term. In my opinion it should be reserved for those who excel in the horror genre, which is what I do. One of my main inspirations is Jamie Lee Curtis who is the original Scream Queen, I respect her work and her career path which has spanned over many decades and across all genres.

4/ Vous avez créé votre propre maison de production. Est-ce pour développer plus de rôle pour vous-même ?

J’ai créé ma propre société mais ce n’est pas pour me créer plus de rôles. C’est pour réaliser plus de films d’horreur originaux. J’étais, comme une fan d’horreur, malade de voir tous ces remakes et reboots. Je voulais de nouvelles histoires, de nouveaux personnages, de nouveaux films à regarder. Alors j’ai créé ma propre société pour créer ces films que je voulais voir mais qui n’était fait nulle part ailleurs.

4/ you have created your own producing company. Is it to develop more of role for you?
I do have my own company but its not about making more roles for me. Its about making more original horror films. I, as a horror fan, was sick of seeing remakes and reboots. I wanted NEW stories, NEW characters, NEW movies to watch. So I created my own company to make those films that I wanted to see that were not getting made elsewhere.

5/ Que pensez-vous de la place des femmes dans les films d'horreur ?

Je pense que les femmes sont cruciales dans le genre horrifique, derrière la camera autant que devant. Nous voyons de plus en plus de femmes arriver derrière la caméra et cela a amené des films étonnants. Les sœurs Soska, Jennifer Kent, Jovanka Vuckovic et la liste est longue. Ces femmes ainsi que tant d’autres apportent un nouveau souffle dans le genre horrifique et dans le cinéma au général. Cela permet aussi de mettre des femmes fortes à l’écran et apporter de la fraicheur à des histoires classiques.

5/ what do you think about the place of women in horror movies?
I think that women are crucial to the horror genre, behind the camera as well as in front. As of late we have seen more women getting behind the camera which has lead to some amazing films. The Soska sisters, Jennifer Kent, Jovanka Vuckovic, and the list continues. These women along with so many others are breathing new life into the horror genre and cinema in general. This is also enabling us to get stronger women characters on screen and fresh takes on classic tales.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

6/ Vous êtes très indépendante et vous n'attendez personne pour faire les choses. Cela doit être parfois difficile. Qu'est ce qui est le plus compliqué avec cette façon de faire ?

Faire un film c’est littéralement gagner des centaines de combats. Tous les jours vous vous battez. Vous vous battez pour avoir le casting que vous voulez, vous vous battez pour avoir le scénario que vous voulez, pour avoir les performances que vous voulez, pour avoir l’équipement que vous voulez, le son que vous voulez, etc… Le processus entier est difficile et étonnement, il ne devient jamais plus facile, jamais. Vous devez continuer de vous battre. Mais si c’était plus facile alors tout le monde le ferait !

6/ you are very independent and you don’t wait to another people to do things. I think, sometimes, it’s difficult. What is the most difficult in this method?

Making a film is winning LITERALLY thousands of fights. Every day you fight, you fight to get the cast that you want, you fight to get the script how you want, you fight to get the performances that you want, you fight to get the equipment that you want, you fight to get the sound that you want, etc. The whole process is difficult, and surprisingly it does not get any easier, ever. You just have to keep fighting. But if it was easier then everyone would do it!

7/ Avec "Truth or Dare", vous avez réalisé votre premier film. Désiriez-vous réaliser un film depuis longtemps ?

J’ai toujours sur qu’en tant que fan d’horreur, je voudrais voir cette histoire à l’écran. Je n’avais jamais rêvé pouvoir le diriger meme si je l’avais co-écrit. Mais lorsque nous avons approcher des réalisateurs, nous avons eu des problemes pour trouver un réalisateur qui ne ferait pas baisser le ton du film. J’aimais le scénario, toutes ces choses graphiques qu’il y a dedans et je ne voulais pas que cela soit réduit à l’image. Alors, j’ai decidé d’intervenir et de réaliser le film moi-même pour en préserver l’histoire. Je suis fier de l’avoir fait. En fin de compte, cela a permis de maintenir ma vision.

7/ with “truth or dare”, you have done your first movie. Did you want to make a movie since long time?

I always knew that as a horror fan I wanted to see this story on screen. I never dreamed that I would direct it, even as I co-wrote it. But when we were approaching directors to take it over, we had trouble finding one that would not tone it down. I loved the script it all its graphic glory and did not want to tone it down, at all. So I had to step up and direct it myself to preserve the story. I am glad that I did. In the end it helped maintain my vision.

8/ Que préférez-vous, jouer ou réaliser ?

Je préfère largement jouer que réaliser. C’est plus drôle et honnêtement, c’est moins de travail. En tant que réalisateur, vous devez vivre avec le film pendant des années. En tant qu’actrice, vous jouez dedans et ensuite vous n’avez plus à vous en occuper une fois la promotion terminée. J’ai dit que j’étais une fan d’horreur alors lorsque je tombe amoureuse d’une histoire, je vais tout faire pour voir le film arriver au bout, même si je dois le réaliser.

8/ What do you prefer, play or be a director?

I drastically prefer acting over directing. Its more fun and quite honestly is less work. As a director you have to live with the film for years, as an actor you film it and then don't worry about it till after for promotion. That said I am a horror fan first so when I fall in love with a tale I will do whatever it takes to see the film completed, even if that means directing.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

9/ Quel est votre souvenir préféré sur un tournage ? Et le pire moment ?

Mon souvenir préféré… C’est une question difficile. Il y a tellement de moments géniaux sur un tournage. Plus tôt cette année, j’ai eu la chance de travailler sur un film en Angleterre, “The Tour”. J’adorais le casting et l’équipe sur le tournage. Ils étaient tellement passionnés et intelligents. C’était la première fois que je tournais en Angleterre et j’espère que ce n'était pas la dernière. Les réalisateurs étaient les les personnes plus agréables qui soient et c’était excitant de travailler avec eux (Damon Rickard et Alex Matheison). Le DP, Richard Bell, m’a coupé le souffle. « The Tour » est actuellement en tournée dans les festivals dans le monde entier (NDLR : l'interview a été réalisé en décembre 2014), allez le voir si vous en avez l’opportunité !

Maintenant mon pire souvenir… Hmmmm, c’était recemment, j’ai eu une actrice qui a refusé de tourner la scène finale car elle ne voulait pas travailler ce jour là. C’est l’un de ces moment ou, en tant que réalisateur, vous êtes coincé car la majorité du film a été tourné donc vous ne pouvez pas virer l’actrice et refaire le casting, vous n’avez juste qu’à essayer de préserver l’histoire et sauver le film du mieux possible.

9/ what is your best and worst memory on a set?

My best memory, well this is a tough one. There are so many great moments on most sets.
Earlier this year I got the chance to work on a film in England, The Tour. I loved the cast and crew on this set. They were so passionate and intelligent. It was my first time filming in England, and hopefully not my last. The directors were the nicest people, and so amazing to work with (Damon Rickard and Alex Matheison). The DP (Richard Bell) took my breath away. The Tour is currently (NDLR : interview was done on december 2014) making its rounds at film festivals around the world, please go and see it if you get a chance!

Now the worst moment…. Hmmmmm. It was recent, I had an actress who refused to film her final scene of the film because she didn't want to work that day. It was one of those moments as a film maker where you get backed into a corner since the film was majority shot so you can't fire the actress and recast, you just have to try and preserve the story and salvage the film as much as possible.

10/ Vous allez réaliser un autre film "Mania". Pouvez-vous en parler ?

Nous venons juste de finir celui-ci. C’est le second film que je réalise et c’est une histoire que j’aime. C’est une foutue histoire d’amour lesbienne, comme l’a écrit un critique, c’est « Thelma et Louise » qui rencontre « Harry : Portrait of a serial killer ». Nous l’avons réalisé en voyageant à travers les Etats-Unis dans le cadre d’une aventure qui s’étalera sur trois films. Nous avons tourné deux films, "Mania" et "Désolation", lorsque nous avons voyagé durant 3 semaines dans tous les Etats-Unis et documenté le processus avec un long documentaire appellé « Kill the production Assistant ». C’était un vrai challenge et je n’en peux plus d’attendre de montrer au monde ce que l’on a fait !

10/ you will make another movie: “Mania”, can you talk about it?
We just wrapped filming on this one. It was my second directing gig, and a story that I love. Its a fucked up lesbian love story, as one reviewer wrote its "Thelma and Louise" meets "Henry: Portrait of a Serial Killer". We shot it while traveling across the United States as part of our 3 film adventure. We shot two feature films, Mania and Desolation while traveling across the United states over 3 weeks, and documented the process for a feature length documentary called Kill The Production Assistant. It was very challenging but I can not wait to show the world what we did!

Merci beaucoup, Jessica.

Thank you very much, Jessica.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 8 Février 2015

INTERVIEW : CORTNEY PALM

Pour fêter la sortie de la très fun comédie horrifique "Zombeavers" dans nos contrées, le 17 février prochain, je me suis entretenu avec l'actrice principale du film : Cortney Palm à propos de son rôle dans le film ainsi que des conditions du tournage amusantes mais difficiles. Retour aussi sur ses précédents films : "Sushi Girl" et "Silent Night".

To celebrate the release of the funny horrific comedy "Zombeavers" in France, on february 17th, I spoke with the main actress of the movie : Cortney Palm about her role in the movie and about funny but difficult shooting conditions. Return also on her previous movies : "Sushi Girl" and "Silent Night".

1/ Le premier film dans lequel je t’ai vu est “Sushi Girl”, comment as-tu eu ce rôle ?

Je n’avais pas d’agent ou de manager à l’époque et je naviguais sur « La Casting », un site de casting pour acteurs, et j’ai soumis ma candidature pour le rôle. L’étape suivante a été de me rendre à une audition. J’étais tellement en colère contre moi-même après l’audition, pensant que j’avais tout gâché, que j’ai mangé une grande quantité de frites, pour compenser le stress, sur le trajet du retour. Ensuite, j’ai entendu que j’étais rappelé pour un second rendez-vous et j’étais tellement excitée, je pensais vraiment avoir échoué. Mon troisième rappel était pour voir si je pouvais me mettre nue, alors avec le réalisateur et les producteurs dans la pièce, je leur ai montré que je pouvais le faire.

1/ the first movie I saw with you was "Sushi Girl", how did you get this role?

I did not have an agent or manager at the time and I was browsing La Casting, a casting site for actors, and I submitted for the role. The next thing I did was go in for an audition. I was so mad at myself after the audition, thinking I blew it, and was stress-eating chips on my drive home. I heard I had a callback and was so excited and I really felt like I nailed it. My third call-back was to see if I would get naked, so with the director and producers in the room I showed them that I could.

2/ Tu devais être excitée de jouer dans un film avec des legendes telles que Tony Todd, Mark Hamill et Michael Biehn ?

Au départ, c’était un petit film et le seul vrai nom attaché au projet était celui de Tony (Todd), puis j’ai entendu que de nouveaux castings auraient lieu après que nous ayons eu une terrible répétition et que deux acteurs aient été virés. Je n’ai pas eu la chance de rencontrer Mark Hamill ou Noah Hathaway avant que nous ne soyons sur le plateau de tournage ! Mais j’étais très fier d’avoir travaillé avec chacun d’eux. Sony Chiba est incroyable, c’est un acteur expérimenté. C’était un honneur. J’ai meme eu le plaisir de travailler à nouveau avec Jimmy Duval et Andy Mackenzie.

2/ you had to be excited to play with movie legends like Tony Todd, Mark Hamill and Michael Biehn?

The movie was small at first and the only real name attached was Tony's, then I heard some re-casting went on after we had a terrible table read and two actors were fired. I didn't get to meet Mark Hamill or Noah Hathaway until we were on set shooting! But I was so glad to have worked with everyone. Sony Chiba is incredible, and everybody is a very seasoned actor. It was an honor. I even had the pleasure to work with Jimmy Duval and Andy Mackenzie again!

INTERVIEW : CORTNEY PALM

J’adore interpréter des rôles physiques, tourner des scènes d'actions. C’est le type de rôle que j’ai envie de jouer comme Kate Beckinsale dans « Underworld » et Angelina Jolie dans « Tomb Raider ».

Cortney Palm

3/ Quels souvenirs gardes-tu du tournage de “Sushi Girl” ?

Mon souvenir préféré est quand j’ai retiré ma robe pour la scène d’ouverture et que j'avais une longue chaussette en nylon de plus d’un mètre collé au niveau de mon estomac pour faire rire tout le monde. Vous pouvez voir les images sur le bêtisier du DVD.

3/ what memories do you keep from the shooting of “Sushi Girl”?

My favorite memory is when I de-robed in the opening scene and had a 4-foot long stuffed nylon sock taped to my stomach in order to make everyone laugh. You can see the footage on the outtakes in the DVD.

4/ Tu as fait beaucoup de theatre classique avant de faire du cinema. Pourquoi as-tu décidé de jouer dans des films d’horreur ? Aimes-tu ce genre en tant que spectatrice ?

J’adore regarder des films d’horreur. Je suis effectivement, en quelque sorte, tombée dans ce genre dans le monde du cinéma. Mais je suis capable de beaucoup plus, pas seulement dans l’horreur.

4/ You made a lot of classical theater before. Why did you decide to play in horror movies? Do you like scary movie?

I absolutely love watching horror films. I actually just sort of fell into the genre in the film world. I am capable of much more as well, not just horror.

5/ Dans le très bon slasher “Silent Night”, tu as une scène très physique, stressante, fun et gore. Comment te sentais-tu après avoir été étouffée, éjectée d’une fenêtre, t’être fait couper une jambe pour finir dans un broyeur ?! As-tu réalisé les cascades toi-même ?

J’ai fait toutes les cascades dans « Silent Night ». C’était très amusant et je me sentais en sécurité car le père Noël tueur était aussi le coordinateur des cascades. L’équipe des effets spéciaux a mis une grande quantité de sang sur mon corps dans le broyeur à bois et quand Steven C. Miller a crié « Action », je ne pouvais pas bouger. Ma poitrine était collée sur le métal à cause du sang ! J’ai du me verser de l’eau dessus pour réussir à bouger. J’adore interpréter des rôles physiques, tourner des scènes d'actions. C’est le type de rôle que j’ai envie de jouer comme Kate Beckinsale dans « Underworld » et Angelina Jolie dans « Tomb Raider ». J’aime utiliser mon corps, faire des cascades et être très physique.

5/ In the very good slasher « Silent Night », you have a very physical, stressful, fun & gory scene. What was your feeling after being muffled, jump through a window, have a cut leg and finished in a crusher? Have you realized the stunts yourself ?

I did all of my own stunts in Silent Night. It was very fun, and I felt safe because the killer santa was actually the stunt coordinator. The FX team had put a lot of blood on my body and on the wood chipper and when Steven C Miller yelled "ACTION" I couldn't move. My bare chest was stuck to the metal because of the blood! I had to get water poured on me in order for me to move! I love performing roles that require alot of action, that is the type of role I am meant to do. Much like Kate Beckinsdale in Underworld and Angelina Jolie in Tomb Raider. I love to use my body, do stunts, and be very physical.

INTERVIEW : CORTNEY PALM

C’est un très bon divertissement fait pour s’assoir devant et rigoler. Au minimum, respectez ça. Hollywood ne nous a pas seulement « jeter de l’argent », nous avons eu à travailler pour que le film se fasse. (à propos de Zombeavers).

Cortney Palm

6/ Tu es une des actrices principales de “Zombeavers” qui sort actuellement en France. Peux-tu décrire ton personnage ?

Zoé est une fille à l’esprit libre qui fait vraiment attention à son amie, Mary. Elle aime passer du bon temps et ne pas récupérer la merde des autres. Je suis proche de Zoé mais elle est capable de se lâcher plus que moi et c’est très amusant.

6/ You are a main actress of « Zombeavers » which is currently broadcast in France. Can you describe your character ?

Zoe is a free-spirited girl who truly cares for her friend, Mary. She loves to have a good time and doesn't take any crap from anybody. I am very much like Zoe, but she was able to let loose more, and that made it fun.

7/ Votre personnage n’est pas l’amie parfaite pour les autres filles. Etais-ce amusant de jouer un personnage comme celui-ci?

Je pense que Zoé fait vraiment attention à Mary mais ne veut jamais le montrer à cause de son côté sauvage. Mary arrive à l’apprivoiser un peu mais Zoé marche sur les autres filles et elle aime ça. Mais enfoui profondément, elle a une grande amitié pour Mary et c’est la raison qui rend la perte de ses amies si difficile.

7/ Your character is not the perfect friend for the other girls! Is that funny to play a character like this?

I think Zoe really cared about Mary, but never wanted to show it because she has such a wild side. Mary tames her down a bit, but she gets to walk all over the other girls and she likes that. But deep down she has a profound friendship with Mary and that's what makes the loss of her friends so hard.

8/ L’histoire du film est complètement folle. Qu’avez-vous aimé dans le scénario pour accepter le rôle ?

Honnêtement, j’ai tellement aimé Zoé que je voulais jouer ce personnage. J’ai trouvé que le scénario était hilarant, bien écrit et je pouvais imaginer comment l’histoire allait être tourné lorsque j’ai lu le scénario. Je ne pouvais pas refuser.

8/ The story of the movie is completely crazy. What did you like in the scenario to accept the role ?

Honestly, I just loved Zoe so much that I wanted to play the character. I thought the script was hilarious and well-written and I could imagine the story being shot as I read the script and couldn't turn it down.

 

INTERVIEW : CORTNEY PALM

9/ En France, le concept original fait que “Zombeavers” est comparé, par des gens qui n’ont pas vu le film, avec des series Z comme “Sharknado” mais le film est meilleur que ça. Qu’aurais-tu envie de dire aux personnes qui ont ce genre d’opinions à propos de « Zombeavers » ?

“Zombeavers” est un film que vous ne pouvez pas prendre trop au sérieux. Enormément de personnes ont travaillé sur ce film et ils ont travaillé très dur. Ce que les gens ne voient pas est que les personnes qui s’occupaient des marionnettes se gelaient les fesses dans l’eau froide pour manipuler les marionnettes de castors zombies. Les gens ne savent pas à quel point l’eau était froide pour nous, les acteurs qui devaient nager dedans. Ils ne savent pas la diificulté que c'est quand vous tournez depuis 6 heures dans la nuit, le froid, à moitié nue, couverte de sang. L’équipe en charge des effets spéciaux qui ont fait ensemble toutes les prothèses, l’équipe technique, le département maquillage, c’était un travail très dur pour tous avec à peine quelques effets spéciaux numériques. Le public devrait, au minimum, s’assoir, se taire et juste rigoler. Nous avons passé un bon moment à tourner le film, j’ai aimé tous les gens impliqués, nous avons travaillé dur que cela se voit ou non. C’est un très bon divertissement fait pour s’assoir devant et rigoler. Au minimum, respectez ça. Hollywood ne nous a pas seulement « jeter de l’argent », nous avons eu à travailler pour que le film se fasse.

9/ In France, the funny concept do that « Zombeavers » is compared (by people who haven’t seen the movie) with Z-movies like “Sharknado” but the film is better than that. What would you like to say to people who have this kind of opinions about “Zombeavers”?

Zombeavers is a movie that you can't take too seriously. So many people worked on this film and they worked very hard. What people don't see is, the puppet masters freezing their butts off in the cold water holding up the Zombeaver puppets. The audience doesn't know how cold the water was for us actors to swim in, how cold it got at night when we are up until 6am shooting, freezing, half-naked, covered in blood. The special effects make-up team that put together all the prosthetics, the camera crew, the make-up department, it is all very hard work and barely any CGI. The audience should, at the very least, sit back, shut up and just laugh. We had a great time shooting the film, I loved everyone involved, and we literally worked our asses off whether it shows or not. It's a great film to just sit back and laugh at. The very least, respect it. Hollywood didn't just "throw us money" we had to work to get the film made.

10/ “Zombeavers” est fun, gore, sexy et a de bons dialogues ainsi que plusieurs trouvailles et idées. Quelle était la scène la plus agréable à tourner, pour toi ?

J’ai aimé tourner toutes les scènes. Mais du fait que j’aime pleurer, ma scène favorite est lorsque je crie après Sam car il a tué mon chien. Tous les autres membres du casting avaient une blague qui a duré à propos de cette scène car sur quelques prises mon accent était trop prononcé, alors ils rigolaient et disaient « Mah Dawg » (ndlr : « Mon chien ») avec un fort accent du sud. Nous avons eu de bons moments à se moquer un peu du jeu de tout le monde.

10/ « Zombeavers » is fun, gory, sexy and have good dialogues and many finds & ideas. What was the most enjoyable scene to shoot, for you?

I liked shooting everything. But for some reason I love crying, so my favorite scene was when I was yelling at Sam because he killed my dog. All the cast members had an ongoing joke about that scene because in a few takes my accent was so strong they kept laughing and saying "Mah Dawg" with a strong southern drawl. We had good times poking fun at some bit of everyone's acting!

INTERVIEW : CORTNEY PALM

11/ Quels sont tes prochains projets ? J’espère plusieurs autres films d’horreur pour te retrouver à nouveau sur ce blog !

Je travaille actuellement sur un projet intitulé « Bond : Kizuna » dans lequel je joue un détective qui devient un assassin ! J’ai aussi tourné dans un film qui sortira cette année et qui s’appelle « Hellevator Man » qui est un segment d’une anthologie horrifique réalisé par Vincent Guastini, la personne qui a fait les effets spéciaux sur Sushi Girl et produit par Jennifer Blanc-Beihn et Michael Biehn avec Jimmy Duval et Andy Mackenzie. C’est comme une petite réunion « Sushi Girl » !

11/ What are your next projects? I hope many other horror movies to find you again on this blog!

I am currently working on a project called Bond: Kizuna where I play a lead detective turned assassin! I also have a film coming out this year called Hellevator Man, which is a part of a horror anthology directed by the Sushi Girl SFX make-up guy Vincent Guastini and produced by Jennifer Blanc-Beihn and Michael Biehn with Jimmy Duval and Andy Mackenzie. Its like a little Sushi Girl reunion!"

Merci beaucoup, Cortney !

Merci ! Merci pour votre temps !

Thank you very much, Cortney !

Merci! Thank you for your time!

 

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 12 Janvier 2015

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

Il y a déjà plusieurs semaines qu'était prévu mon entretien (le troisième !) avec Jean-Marc Vincent afin de parler de son nouveau film : "Jeu de rôle" que j'ai eu la chance de voir en avant première.

Quelques jours avant l'interview, l'attentat à Charlie Hebdo a lieu mais pas question de reculer ni d'occulter l'évènement. Connaissant l'humanité du réalisateur, il fallait donc, en préambule, aborder le sujet avant d'en venir à des sujets infiniment plus agréables et pourtant sérieux : le cinéma, l'écriture du scénario et le tournage de "Jeu de rôle". Une interview ludique, drôle et grave à la fois.

Photo : © Sylvie Noisette

1/ Cette interview a lieu quelques jours après les évènements qui ont lieu à Charlie Hebdo (et ailleurs par la suite). En tant qu'artiste, quel a été ton sentiment lorsque tu as appris la nouvelle ?

Tout d’abord en tant que Citoyen : une énorme envie de vomir. Parce que même si j’ai toujours été conscient que notre société n’a jamais été totalement oubliée par les menaces terroristes diverses, je ne pensais pas qu’elles frapperaient aussi durement notre sol, en touchant un symbole aussi fort de notre Liberté d’Expression. Bien sûr, les terroristes portent bien leur nom. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, les martyres que nous garderons en mémoire n’ont pas eu envie de faire la prière Musulmane avant de passer dans l’au-delà. Nos morts à nous sont Laïcs et Républicains. En cela, les salopards ont totalement échoué. Ils n’ont pas bouleversé nos valeurs. Ils les ont renforcées. En tout cas pour l’instant.

Ensuite, en tant que parent : je me suis dit "Est-ce là le monde que je voudrais pour mes enfants ? " Et n’en déplaise à certains, j’ai envie qu’elles s’épanouissent dans une société où elles pourront sortir sans craindre pour leur vie ou leurs idées.

Enfin la tristesse : une sorte de grand malaise que je pourrais traduire par "tout ça pour ça", en songeant à ceux, qui, de Voltaire à Desproges, de Rushdie à Diderot (pour ne citer que ceux-là) ont travaillé durement, parfois au péril de leurs vies, pour nous éclairer vers des routes menacées par l’obscurantisme de tous poils.

Tu vois, c’est l’homme qui s’est pris ça dans la gueule, bien avant que l’artiste n’ait envie de se manifester...

2/ Penses-tu que cela peut amener à une auto-censure, volontaire ou non, de la part des artistes ?

Jamais. En tout cas en ce qui me concerne. Ce métier, car c’en est un, et je n’hésites jamais à le rappeler, car beaucoup s’imaginent à tort que ce n’est qu’un hobby, est tellement difficile (pour des raisons de concurrence, des raisons économiques par exemple...) que je ne vais pas m’auto-censurer ! Et puis probablement par orgueil aussi, car si c’est pour faire dans le tiède, le simpliste, céder à la complaisance et au vide de sens, j’avoue que je ne perdrai autant d’énergie, sans compter que ça risquerait de me lasser. J’ai besoin d’être fier de ce que je fais, sinon je ne peux pas le "vendre" aux autres. Bien entendu, "un film n’a jamais guéri le cancer... ", comme le dit un jour un de mes "mentors". Mais la Culture est un excellent remède à beaucoup de maux.

Certes, il y a des sujets dans la société qui me touchent tellement que je ne vois pas, aujourd’hui, pas comment les traiter dans mes projets de manière mature et responsable. La pédophilie, l’inceste, l’intégrisme religieux (de quelque confession que ce soit) sont autant de sujets absents de mes désirs artistiques. Mais lorsque je serai prêt, qui sait, j’aborderai peut-être cela... ou pas !

Les martyres que nous garderons en mémoire n’ont pas eu envie de faire la prière Musulmane avant de passer dans l’au-delà. Nos morts à nous sont Laïcs et Républicains. En cela, les salopards ont totalement échoué. Ils n’ont pas bouleversé nos valeurs. Ils les ont renforcées. En tout cas pour l’instant.

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

3/ Parlons de tes projets, Après deux long métrages, tu es de retour avec un court métrage "Jeu de rôle". Pourquoi ce choix de format?

Un réalisateur qui ne tourne pas c’est comme un jockey sans cheval. Il se sent nul, inutile et frustré. A part des films d’entreprises ou des clips institutionnels, je n’ai rien tourné depuis Eject en 2010. Et j’étais en manque de raconter une histoire. Bien entendu, j’ai écrit pas mal de scénarios depuis 2010, des longs, des courts et des projets de séries TV, mais rien de réalisé. Donc avec un ami réalisateur, Bertrand Boutillier (qui est le monteur de tous mes courts métrages et d’Eject aussi), nous nous sommes lancés une sorte de pari : "Et si on faisait chacun un film avec les mêmes contraintes... Une journée de tournage, deux acteurs, le même matériel (lumière et caméra), le même nombre de collaborateurs (6 personnes, en incluant les acteurs) et surtout un budget de moins de 500 €..." Comme dans mes archives je n’avais rien de concrètement écrit qui rentre dans ce cahier des charges minimaliste, je me suis mis deriière mon ordi. Et c’est ainsi que deux heures plus tard j’avais la première version de Jeu de Rôle. C’est Hubert Chardot, mon vieux complice d’écriture (80% de tout ce que j’ai écrit, co scénariste de Wolfpack, Faux Départ, Lady Blood – et le scénario original c’était de la bombe) qui m’a glissé à l’oreille (facile pour lui, on était au téléphone) avant que je commence à écrire Jeu de Rôle "Un jeu d’échecs... la mort... bla bla bla... " Donc pour ça, et parce que je l’aime bien, outre le fait que je suis honnête, il a 10% de droits d’auteurs sur l’idée originale du scénario.

La version 2 est arrivée quelques jours plus tard, car comme d’habitude j’ai fait lire la version 1 et certains trucs n’étaient pas clairs. Donc zou !!! Au boulot pour préciser, couper, alléger, fluidifier le récit. Une balade avec un ami producteur dans les environs de chez moi m’a emmenée dans un lieu historique où les pierres de taille sont parsemées de graffitis, certains remontant à la 2e Guerre mondiale. Et hop ! J’en ai trouvé un que j’ai intégré au récit. D’ailleurs, j’ai même remodelé mon histoire pour raconter l’histoire de ce graffiti, et de celui qui l’avait fait. A ce moment-là, j’ai même failli appeler le film "Mémoire de nos pierres", en pensant au film d’Eastwood "Mémoire de nos pères", mais fort heureusement, faire un jeu de mots débile sur un sujet pareil ne m’a pas plu très longtemps !

La version 3 (la dernière, je dis ça à l’intention des lecteurs impatients) a été rédigée à 3 jours du tournage, pour des raisons essentiellement "pratiques", puisqu’à ce moment là je savais qui allaient interpréter mes personnages, quel serait mon (mes) décors(s) et de quelles ressources (humaines et matérielles) je disposerais...

4/ Comment t'es venue l'idée du scénario de "Jeu de rôle" ?

Je me suis rendu compte de deux choses qui me paraissent importantes. Et ce sont deux personnes très précises qui m’ont dit ça...

Il y a un an environ, j’ai déjeuné avec Jean-Hughes Anglade, un acteur que j’ai envie de qualifier de "sensible", et nous parlions de la difficulté de mettre en chantier des projets ambitieux. Il m’a dit : "Je sens l’ambition dans tous tes projets. Maintenant il faut que tu aies les moyens de tes ambitions."

Ensuite, j’ai rencontré il y a quelques mois une femme extraordinaire, elle aussi "sensible", qui m’a ramené à des pensées moins futiles que celles qui me préoccupaient jusque là. De ces belles personnes que l’on ne rencontre, finalement, que quand on est prêt à les recevoir avec sincérité, simplicité et évidence pour le coeur. Et bien ces deux-là m’ont permis de comprendre que pour avancer, il faut trouver son rythme, le tenir, surmonter les obstacles, corriger ses erreurs, et continuer.

Enfin, je suis tombé brutalement malade, et j’ai pour la première fois de ma vie eu peur de mourir. Bon, maintenant ça va mieux, j’ai été pris en charge par une équipe géniale et je suis sorti d’affaire. Mais pendant quelques semaines j’ai quand même bien flippé ma race !

Donc en appliquant tout ça dans mon métier, j’ai eu envie de raconter une histoire simple, facilement réalisable car faisable sans beaucoup de moyens, tout en restant très personnelle, et dont la portée serait universelle. Or, si la vie peut prendre chez chacun une tournure particulière, la mort est un principe qui met tout le monde sur le même plan d’égalité. J’ai donc très simplement eu l’idée d’un homme condamné qui va rencontrer une femme lui servant de "passeur" vers l’au delà. Le reste, le jeu d’échecs au centre du scénario, le graffiti qui ouvre et clôt le film, ce sont des trucs de scénariste pour placer des repères visuels au drame qui se joue entre mes deux personnages.

J’ai même failli appeler le film "Mémoire de nos pierres", en pensant au film d’Eastwood "Mémoire de nos pères", mais fort heureusement, faire un jeu de mots débile sur un sujet pareil ne m’a pas plu très longtemps !

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

5/ Pourquoi était-il important pour toi que cette histoire d’homme face à la mort ait lieu et soit causée pendant et par la guerre ?

La guerre est un évènement provoqué par les hommes. Elle cristalise les peurs, les doutes, les espoirs aussi de l’espèce humaine. La guerre est un formidable accelérateur des pulsions humaines. Je ne porte jamais de jugement moral sur les causes ou les conséquences de la guerre, dans mes histoires. J’utilise la guerre comme un contexte. Et dans ce contexte, mes personnages se débattent, autant qu’ils se combattent, pour atteindre leur destinée. Alors peut être par habitude (c’est pas nouveau, chez Hubert Chardot moi-même, de raconter des histoires situées dans ce contexte particulier), mais le fait d’ouvrir le film par des bruitages de guerre et de le clore par un graffiti réalisé en 1944, ça s’est imposé tout de suite.

6/ Ce film mélange fantastique et histoire. C‘est une sorte de mix de tes deux genres préférés, finalement ?

Oui, totalement. Après le tournage, j’ai montré une version du montage à ma fille de 16 ans (qui a vu tous mes films) et elle m’a dit : "Ben toi qui voulait sortir du genre après Eject, tu viens de refaire encore un film de mort-vivant !" Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Elle a raison. C’est un film de mort vivant, mais ce n’est pas un film de zombie.

Jules César disait que l’Histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Ce qui sous-entend que, par essence-même, on ne retient d’elle que ce qui favorise une partie de ceux qui la vivent, quand ça les arrange. On la réécrit de façon à plaire à une portion seulement de ses composantes. L’Histoire est par conséquent scénarisée. Donc en qualité de scénariste, je pioche dans l’Histoire parce qu’elle est un terreau dramaturgique formidable. Chacun son truc, mais ça c’est vrai, c’est le mien, et celui d’Hubert Chardot aussi.

Le fantastique, c’est lié à ma facination pour les "monstres", qu’ils soient réels – Hitler ou Staline sont appelés des monstres – ou imaginaires. Ensuite tu appliques simplement un des principes d’Alfred Hitchcock : tu places des gens ordinaires dans des situations extraordinaires et voili voilou...

7/ La photographie du film rend l'ambiance très intriguante et parfois onirique, avec quel matériel avez-vous tourné ?

L’histoire de Jeu de Rôle se situe sur 70 ans (1944 à maintenant) mais dans un lieu unique. Et comme j’ai tourné chez moi, je n’avais pas envie de foutre le bordel durablement dans mon salon. J’ai donc opté pour un plan-lumière très simple : un projo en hauteur pour donner l’impression d’une ouverture de type "fenêtre" et un feu de cheminée pour ramener de la lumière sur la face des acteurs. Au final, une mandarine de 800w, une feu de cheminée réél et une petite lampe torche pour maintenir un peu en diaph‘ quand le feu s’éteignait. C’est chiant les feux de cheminée. D’habitude on utilise de faux feux de cheminée alimentés au gaz, mais là on a fait dans le vrai de vrai.

J’ai utilisé une caméra BlackMagic 4K. Une machine très efficace dans des conditions de basse lumière. Et pour le coup, vu le peu de light que j’avais, ça tombait bien !

Comme tu le fais remarquer, je voulais en effet une lumière "onirique", c’est à dire non réaliste. Je souhaitais aussi que mon personnage masculin soit peu à peu touché par la lumière (le vieux cliché de la lumière quand on passe de vie à trépas). Tandis que la femme, qui incarne l’ange de la mort, est beaucoup plus dans la lumière, et cela dès le début du film.

Si la vie peut prendre chez chacun une tournure particulière, la mort est un principe qui met tout le monde sur le même plan d’égalité. J’ai donc très simplement eu l’idée d’un homme condamné qui va rencontrer une femme lui servant de "passeur" vers l’au delà.

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

8/ Etant donné qu'il n'y a que deux personnages, il fallait vraiment un acteur et une actrice qui soient complémentaires et avec une vraie présence à l'écran. Comment s'est passé le casting ? Comment en es-tu arrivé à penser à Laurent Zimmermann et Emilie Pommelet ?

La réussite d’un projet artistique consiste, bien souvent, comme disait Coluche "à arriver premier dans un concours de circonstances".

Pour Jeu de Rôle, je désirais découvrir de nouveaux acteurs, qui n’étaient pas dans ma bande habituelle. Et je voulais qu’ils soient, selon mes critères, différents mais complémentaires. Je voulais que l’homme soit "rugueux" (j’avais Scott Glenn" en tête en écrivant) et que la femme soit immédiatement "sublime".

J’avais croisé Laurent Zimmermann dans le courant de l’été, dans une soirée où des courts métrages étaient projetés. Quelques jours plus tard nous nous sommes revus et je lui avait dit qu’il avait une gueule qui m’intéressait. Bon, s’il avait été susceptible, il m’aurit foutu un pain dans la tronche. Donc il n’est pas susceptible ! Ha ha ! Et je sentais que peu ou prou, nous nous retrouverions sur un plateau. Mais je ne savais pas pour quoi et quand... Et Laurent est un comédien très demandé, mais il a accepté tout de suite le rôle quand je lui ai proposé le scénario de Jeu de Rôle. J’aime beaucoup Laurent. C’est un mec droit, très élégant, très cultivé et très précis dans ses questions quand elles concernent son personnage. Il faudrait lui demander son point de vue, mais je considère pour ma part que nous nous sommes plus tout de suite. Parce qu’il n’a jamais parlé de Jeu de Rôle comme d’un petit film ou d’un court métrage, mais juste d’un "film".

En ce qui concerne Emilie, je ne la connaissais pas du tout, mais Mickhael Ganouna, qui est un ami et mon producteur sur plusieurs projets de longs métrages à divers stades de développement, m’a montré sa photo en me disant : "Tu cherches quelqu’un de sublime, d’unique ? Qu’est-ce que tu penses d’elle ? "

Emilie, qui a une carrière très prenante de top-model, a elle aussi accepté tout de suite. On a fait une lecture du scénario, et puis on a calé la date de tournage. C’est aussi simple que ça.

Dès leur première rencontre, en voyant les yeux de Laurent briller quand il a aperçu Emilie, je me suis dit que c’était bien parti. Parce qu’il la regardait avec le mélange de surprise et de défi que je voulais pour son rôle. Et en écoutant Emilie parler avec mes mots, mes lignes de dialogues, je me suis dit que c’était gagné ! Parce qu’elle avait la tendresse mais aussi la fermeté que nécessitait son personnage.

Et voilà. Je n’ai pas cherché plus loin.

Au final, comme Mickhael Ganouna est venu me filer un coup de main sur le plateau (il a assuré pour la régie) et en échange de sa bonne volonté, le film sera exploité sous le nom de sa boîte de production "Amicalement Vôtre".

9/ Quand comptes-tu sortir "Jeu de rôle" et quelles sont tes ambitions pour ce film ?

Le montage image est terminé. Mickhael m’a dit en le voyant : "J’ai rien à dire ! C’est parfait !" Pourtant, c’est un producteur exigeant. Pareil pour Hubert, qui m’a confié avoir été ému par le film. Et d’autres rares spectateurs qui m’ont servi de tests m’ont confié avoir été surpris par le film, qui diffère de mes autres "bébés", mais tous ont été touchés par l’émotion qui s’en dégage. Il me reste deux étapes avant de considérer Jeu de Rôle terminé : le mixage de la bande son et de la musique (je vais revenir sur la musique) et l’étalonnage, pour harmoniser la lumière sur l’ensemble des 9 minutes et quelques de la durée. Ensuite, je vais l’envoyer en pré-sélection dans un maximum de festivals, en France et à l’étranger. Je vais aussi tenter de le vendre à une ou plusieurs chaînes de télévision. Ça serait top de le voir programmé à la télé ! Et puis on va organiser d’ici quelques semaines une projection dans une salle parisienne, mais je ne sais pas encore laquelle. Une chose est sûre, le film que Bertrand Boutillier a réalisé de son côté sera en double programme avec Jeu de Rôle.

Un petit point concernant la musique... François Bernaud, qui avait composée la musique d’Eject, faisait partie des personnes à qui j’avais envoyé le montage image de Jeu de Rôle. Et le film lui a tellement plu qu’il a décidé d’en écrire la musique, comme ça, spontanément. Un beau cadeau !

10/ Après cela, quels sont tes projets à venir ? Il y a quelques temps, tu avais un projet de long métrage qui s'appelait "C'est la vie", est-il en stand by ?

Jeu de Rôle m’a appris que rien ne pouvait m’empêcher de faire ce que je sais faire, c’est à dire écrire des histoires et les mettre en images. En ces temps où certains remettent en cause la Liberté d’Expression, je me pose en résistant. Et il ne s’agit ni d’intérêt personnel, ni d’argent. Mais Ecrire et Réaliser sont aussi mes métiers, et il faut bien que je gagne ma croûte. Donc je vais essayer de mettre en pratique ce que j’ai appris sur Jeu de Rôle (c’est à dire optimiser le manque de moyens financiers, par exemple) pour poursuivre ma carrière. J’ai très envie de faire du documentaire, en y mettant un "ton" un peu insolent (Desproges n’est jamais loin... Charlie Hebdo non plus...) même (et surtout) pour aborder des sujets sérieux. Et puis la fiction, bien entendu, mais à part pour un projet, qui est dans les starting-blocks, et qui était autrefois intitulé "C’est la Vie" (il se nomme désormais Mauvais Genre), je vais prendre le temps de me remettre à l’écriture. Le monde a changé en une semaine. Les enjeux ne sont plus les mêmes. Le discours, pour être compris, doit être compréhensible par son audience. Je ne vois pas l’intérêt, pour l’instant du moins, de faire des films qui feraient l’apologie de la violence, alors que l’heure est au rassemblement. Je ne me suis pas ramolli. Je ne me suis pas calmé. Bien au contraire ! Mais l’amour est toujours plus difficile à assumer et à défendre que la haine. Merci à toi, Sylvain.

© Bertrand Boutillier

© Bertrand Boutillier

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 4 Janvier 2015

INTERVIEW : RURIK SALLE

Pour fêter la nouvelle année, quoi de mieux qu'une interview de Rurik Sallé ! Après un premier tour de piste, il y a 3 ans de cela, il est de retour pour nous parler de Distorsion X, le nouvel objet littéraire sorti depuis Noël 2014 ainsi que de sa carrière cinématographique, de sa musique et de sa vision sur différents éléments et évènement culturels ! Bref, c'est complet, rythmé, drôle et fort intéressant !

1/ Commençons par un sujet pas très fun : l’arrêt de Métaluna Magasine. Peux-tu nous dire ce qu’il s’est passé ?

Ce qu’il s’est passé, c’est qu’on a finalement découvert que « magazine » s’écrivait avec un « Z », et ça nous a fait peur. Un « Z », tu imagines ? Merde alors ! Tu sais, je trouve ça plutôt drôle, au final. On est simplement allés au bout de l’aventure. Créer un magazine en 2013, comme nous l’avons fait, c’est un truc de fou, un truc de voyou, un truc d’inconscients. N’est-ce pas la base de beaucoup de belles choses ? Surtout en faisant ce qu’on a fait : quelque chose d’unique, de différent. On n’a copié personne, on a fait notre truc, ce qu’on avait envie de voir, de lire, de créer. Et c’est pour ça que ça a marché, parce que c’était unique. Tu as combien de magazines aujourd’hui qui se ressemblent ? Plein. Qui va remplacer Metaluna en kiosque ? Personne ! Et c’est comme ça que nous avons vu les choses : en creusant un sillon.

Pour ne pas donner dans la langue de bois, soyons clair : la presse se casse totalement la gueule aujourd’hui. Et nous, à Metaluna, on n’a rien fait pour faire du « facile ». Dès le premier numéro, on s’est efforcé d’avoir notre identité, d’être nous-mêmes. Il y avait assez de personnalités folles dans ce mag pour ne pas avoir à se forcer ! On a eu un lectorat très, très fidèle. Cependant, un magazine qui « marche » aujourd’hui, ça ne veut plus dire grand-chose.. Regarde, les Foo Fighters ont vendu 190.000 exemplaires de leur nouvel album en première semaine aux USA. Ils étaient numéro deux, Pink Floyd juste derrière, et c’est considéré un succès. Mais 190.000, comparé aux chiffres de vente d’il y a 15 ans, c’est rien. La presse, c’est pareil. Tu n’imaginerais pas les ventes des magazines « établis », aujourd’hui. On croit qu’ils atteignent des dimensions stratosphériques, mais ils ne vendent que quelques milliers. Sur 75 millions de personnes dans ce pays, tu te rends compte ? Même si tu enlève les chiens et les bébés, et les aveugles, ça te laisse un paquet de millions de personnes. Ils lisent quoi, ces gens ?

Comme toutes les œuvres, Metaluna a eu un début et une fin. Je trouve ça bien, moi. Neuf numéros et des dizaines de vidéos, deux soirées sur Paris, et plein de déconnades en un peu moins de deux ans, sans jamais céder au commerce minable, sans vendre son cul, en gardant son originalité et son inventivité, je trouve que c’est un très beau score pour un magazine indépendant comme le nôtre. C'est une belle œuvre, non ? Et puis, ce qui me fait bien plaisir, c’est que beaucoup de « concurrents » établis, qui essayaient de nous vanner au début, nous ont vite copié, d’après ce que nous rapportaient les lecteurs. C’est plutôt flatteur.

Les ventes seules suffisent rarement à faire vivre une publication en kiosque aujourd’hui. Il faut aussi de la pub. Voilà pourquoi certains se transforment en panneaux d’affichages quand tu crois acheter un magazine culturel. Nous avons évité ça, et du coup le mag est mort de sa belle mort. Avec un putain de panache : le dernier numéro, le 9, a été la meilleure vente depuis le début ! Et de très loin, le bond par rapport au numéro d’avant était vertigineux. Et c’était avant l’annonce de la fin du mag, hein. Alors on est partis avec le sourire, les cheveux aux vents, même moi. On a vécu notre aventure, on a fait un truc qui restera, c’est un très bel accomplissement pour nous tous. On l’a fait. Nous avons créé notre voie, et soudé une équipe qui continue de travailler ensemble sur plein de trucs. Et puis, à titre personnel, j’avais dit que je m’occuperais de Metaluna pendant un an ou deux, pour ensuite quitter le monde de la presse et me consacrer plus encore au cinéma et à la musique. Alors je prends ça comme le destin : si le mag n’avait pas cessé de paraître, sans doute que je serais encore dessus. Finalement, c’était écrit !

2/ Malgré ça, la version vidéo de Métaluna que tu animes et qui s’appelle « Distorsion » continue. Le modèle va t’il changer ou allez-vous garder le même style (vidéo persos et extraits) ? Y’aura-t-il des modifications ?

Distorsion, l’émission-fiction, n’est pas une version vidéo de Metaluna, le projet existait bien avant Metaluna. Et d’ailleurs, Distorsion l’émission continue ! Il se trouve que Metaluna a été une belle occasion de mettre Distorsion en ligne, mais Distorsion l’émission existe indépendamment. C’est une sorte de laboratoire, un univers où tout est possible. En général, l’émission ressemble à un court-métrage dans lequel des bandes-annonces seraient insérées.. Il n’y a pas de personnage récurrent, si ce n’est le fait que je joue dans tous les épisodes, mais ça n’est pas forcément « moi ». Souvent, c’est un autre personnage, comme dans l’épisode 666, qui reste mon préféré et certainement le plus fou de tous jusqu’à maintenant. Dans celui-là, mon personnage part en week-end avec des potes (joués par Julien Savès, Laurent Fénoglio et Xavier Legrand, des Distordus), et deviens possédé à la suite d’une étrange rencontre.. Il est aussi question de saucisse. Dans l’épisode VII, je joue un père de famille connard, qui méprise sa femme et bat sa fille le soir de Noël. Il va avoir les boules. C’est assez fou aussi, assez cruel. J’ai un pote réalisateur qui m’a dit quelque chose qui m’a fait très plaisir. Il m’a dit « Cet épisode m’a vraiment mis mal à l’aise.. et je peux te dire que ça n’est pas facile ». C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire ! Le dernier épisode en date, c’est le 8ème, qui est en deux parties. La deuxième partie, ça fait des mois qu’on l’attend ! Et le pire, c’est qu’elle est quasiment finie. On a pris un long break, et surtout on a peaufiné les effets spéciaux. Vous verrez… C’est l’histoire d’un type qui se rend compte qu’il peut faire tourner les gens en boucle. Dans la deuxième partie, il rencontre sa nemesis.. Au milieu de tout ça, on insère des bande-annonces au sein du récit, mais on n’est plus forcément dans le truc typique, face caméra, un mec qui présente quelque chose. Si tu veux du Norman, mec, tu sais où le trouver. J’ai présenté 300 fois des émissions face caméra sur le net, et une centaine de fois à la TV : c’est hyper marrant, mais là j’avais envie d’autre chose. Distorsion est davantage un objet créatif, à mi-chemin entre le cinéma et l’émission culturelle. C’est plus exigeant, d’un côté comme de l’autre de l’écran, mais on se marre bien et on est vraiment fiers de Distorsion, l‘émission-fiction. Et puis, le dernier truc que j’ai envie de faire, c’est me répéter. Je ne suis pas le AC/DC de l’image, même si j’adore AC/DC. Personnellement, je ne cherche pas la formule, je cherche à m’exprimer.

Mais j’ai tous les albums d’AC/DC, et le dernier est vraiment bon ! Tu as entendu «Rock or Bust», le single ? Incroyable. Brian Johnson a une voix dingue dessus, et il a presque 70 ans. C’est surréaliste. Et Angus est en feu. Je viens d’ailleurs de réécouter l’album il y a 30 minutes.

Metaluna a eu un début et une fin. Je trouve ça bien, moi. Neuf numéros et des dizaines de vidéos, deux soirées sur Paris, et plein de déconnades en un peu moins de deux ans, sans jamais céder au commerce minable, sans vendre son cul, en gardant son originalité et son inventivité, je trouve que c’est un très beau score pour un magazine indépendant comme le nôtre

Rurik Sallé

INTERVIEW : RURIK SALLE

Je ne connais pas les clés de la vie, hein, ne me rajoute pas la barbe du Père Fourras, mais je pense que la différence se fait aussi beaucoup, dans toute chose, entre ceux qui se battent et ceux qui abandonnent.

Rurik Sallé

3/ Yes, j'ai écouté le dernier AC/DC, il est clairement énorme ! Sinon, concernant les émissions, Comment se déroule leur préparation? Pour le scénario des passages de fiction, le choix des bandes annonces, la mise en scène… ? Est-ce toi qui prépare tout ça ?

Oui tout à fait, j’ai écrit et réalisé les neuf épisodes jusqu’à maintenant. J’aime jouer et réaliser, donc ici je conjugue les deux, c’est cool, c’est libre. Cependant, lors du tournage, la présence de l’équipe de Broken Prod (Julien Savès, Xavier Legrand, David Marques, pour les réguliers) est essentielle. Ce sont des vétérans des tournages, et c’est aussi grâce à eux qu’on va si vite. Broken Prod, c’est notamment eux qui avaient produit le clip « Je deale à mourir » de Francis Caïbrel ! Tu connais ? Énorme ce truc. Sur le tournage, on se marre beaucoup, mais on est vraiment efficaces. C’est vraiment un laboratoire parfait pour tester plein de choses, surmonter n’importe quelle épreuve et trouver toutes les solutions aux problèmes. Ce sont des tournages guerilla, il y a aussi une grande place accordée à la spontanéité, mais on ne bâcle jamais rien.

Au moment du montage, soit je m’en occupe seul, soit en partie, soit c’est carrément quelqu’un d’autre qui le fait entièrement. Julien en a monté, Kevin Favillier aussi notamment. Et puis il y a les effets spéciaux quand on en a besoin : ils sont souvent signés Jim Wild. De mon côté, je fais aussi la musique et le design sonore. C’est une équipe rêvée, un plaisir !

4/ Il y a aussi les soirées Métalunight sur Paris qui sont maintenant nommés les soirées Disto Inferno. Il y en a eu une le 07 novembre dernier. Comment cela s’est passé et que peut-on découvrir et faire lors de ces soirées ?

Pendant ces soirées, on apprend surtout à se toucher. C’est vrai, aujourd’hui, et surtout à Paris, on ne se touche plus. On ne se regarde même plus ! Alors pendant les soirées Distorsion (la première c’était Disto Inferno, mais peut-être que la suivante s’appellera différemment), on se touche, on se déshabille, on se caresse, on hurle ensemble, jusqu’à ce qu’un grand cri nous unisse (petit clin d’œil à Corine Blue, hello Corine !). Les soirées Distorsion, c’est l’occasion de rompre avec les conventions.

Quand on fait une de ces soirées, c’est aussi l’occasion de projeter un film, une curiosité ou une bisserie, ou une rareté, et souvent de faire jouer un groupe. Le tout avec une superbe affiche, pour l’instant toujours signée Arnus. On fait très attention au graphisme, au fait que l’exigence créatrice se voit jusque dans l’affiche. On passe aussi des courts-métrages, des bandes-annonces chelou, on déconne.. Le cinéma, c’est bien trop sérieux. On n’est pas obligé de porter un costard pour présenter une séance. On n’est pas obligé de jouer les porteurs de bougie du XVIIème siècle. On peut être libre, réactif, vivant. Pendant les soirées Distorsion, on fait réagir le public, on déconne, on pose des questions. On ne prend pas les gens de haut. Peu de séances de projo se permettent ça, souvent parce que les présentateurs sont très mal l’aise sur scène. Regarde le nombre de balais dans le cul, je suis sûr qu’ils n’en ont jamais autant vendu ! Présenter quelque chose, faire vivre un public, c’est pas facile, mais c’est justement pour ça que c’est intéressant : c’est une performance. C’est comme un one-man-show. Didier Super est incroyable. Desproges était monstrueux, Coluche, même Michael Youn a un vrai talent. Je ne connais pas bien sa carrière, mais je l’avais vu dans Morning Live, je ne connaissais pas ce mec, et j’ai éclaté de rire en voyant ses explosions absurdes. C’est aussi ça qui m’intéresse dans le fait de présenter des séances ou des émissions : c’est le one-man show. C’est le saut dans le vide. C’est un vrai travail d’acteur en fait. Moi, imiter les présentateurs-robots des 80’s, je m’en fous. Avoir le même ton que 90% des speakers fabriqués à la chaîne d’aujourd’hui, je m’en fous.

Bon, je te parle de tout autre chose que de ta question, là, mais j’espère que tu ne dors pas encore ! Parce que moi, si.

Je présente aussi des séances à l’Étrange Festival de Paris, qui est la quintessence du festoche de ciné. Et je me marre bien. Cette année, il y a un mec qui est venu me voir, un anglo-saxon. Il me dit, en anglais « J’aime beaucoup vos présentations, votre gestuelle, vous avez beaucoup de vie, de mouvement. ». On croise tellement de gens étranges à ce festival, que je ne me suis pas demandé qui il était, mais ça m’a fait très plaisir. Quelques minutes plus tard, je rentre voir une séance. Hé ben ce mec, c’était Godfrey Reggio, réalisateur de Koyaanisqatsi, Powaqqatsi et Naqoyqatsi, et qui venait présenter son dernier film, Visitors. J’ai été vraiment ému, et je le dis ici pour partager ce petit bonheur. Je suis allé le remercier après. Voilà un homme qui ne comprenait certainement pas ce que je disais en français sur scène, mais qui aimait la gestuelle et le mouvement, et qui a ressenti. Pour un acteur, c’est vraiment un grand compliment, ça m’a beaucoup touché. En fait, je ne devrais pas en parler, mais puisqu’on est tous les deux et que je sais que personne ne nous lit, je me permets de te le dire !

5/ Y’a t-il une « manière de faire » dans le monde du cinéma, à laquelle il faut se tenir sous peine de rater certains projets ?

Je ne sais pas, je pense qu’il faut être sincère avec ce qu’on fait, c’est déjà pas mal... Et s’accrocher. Je ne connais pas les clés de la vie, hein, ne me rajoute pas la barbe du Père Fourras, mais je pense que la différence se fait aussi beaucoup, dans toute chose, entre ceux qui se battent et ceux qui abandonnent.

Et puis on n’est pas à Hong Kong ici : les gens que je connais là-bas tournent trois films par an. Ou regarde Takashi Miike, il a 70 films à son actif, peut-être plus, et il n’est même pas vieux. Incroyable ! Mais je lisais il y a quelques temps une interview de Fabrice Du Welz, et qui parlait justement de la lenteur du système français, de la difficulté. Il disait que les réalisateurs de sa génération feraient dix films tout au plus, que ceux de la précédente en auront fait vingt. C’est comme ça ici , c’est un vieux système: c’est lourd, c’est lent, comme dans « Belle-île en mer » de Laurent « fuckin’ » Voulzy. Et ça, c’est fou. Cependant, il y a sans doute de nouvelles voies qui se créent, comme ces films indépendants qui apparaissent de plus en plus, comme Dead Shadows, Horsehead ou Dealer de l’amigo Dan Bronchinson. Ces productions montrent, je pense, une nouvelle voie, on va voir comment ça va évoluer.

Distorsion est davantage un objet créatif, à mi-chemin entre le cinéma et l’émission culturelle. C’est plus exigeant, d’un côté comme de l’autre de l’écran, mais on se marre bien et on est vraiment fiers de Distorsion, l‘émission-fiction.

Rurik Sallé

Crédit Photo : Anthony Rauchen

Crédit Photo : Anthony Rauchen

6/ Vous avez aussi lancé un nouveau magazine appelé « Distorsion X » qui a été financé grâce à la plateforme participative Ulule. L’expérience Métaluna ne t’a donc pas vacciné au sujet de la presse écrite ?

L’entreprise a été un succès ! Nous avons atteint 146% de réussite de l’objectif sur Ulule, Distorsion X est imprimé. C’est cool, il y a beaucoup de gens sensibles à la nouveauté, la liberté, notre état d’esprit.

Mais Distorsion X n’est PAS un magazine ! Justement pas ! Nous avons fait le tour de l’objet « magazine ». Pourquoi refaire Metaluna ? Ça n’a aucun intérêt. Et comme je te le disais plus haut, je suis trop investi dans l’image et le son pour me relancer dans la « presse », et je n’en ai aucune envie. Distorsion X est un livre fou, une publication, qui comporte des bds, des dessins, des interviews, des articles, des points de vue, des photos… Un objet distordu, qui se suffit à lui-même. Ça n’est pas un objet de presse, nous ne sommes pas journalistes, mais tous impliqués d’une façon ou d’une autre dans le monde artistique. J’ai d’ailleurs monté moi-même la bande-annonce de Distorsion X, comme je le faisais avec toutes les bande-annonces de Metaluna. Nous aimons l’odeur de l’encre, nous aimons la texture d’une page. Et une partie de nous se délecte certainement de l’idée d’abattre quelques arbres, aussi, mais je ne donnerai pas de noms.

Ce Distorsion X, c’est évidemment une partie de l’esprit de Metaluna, puisque nous composions 90% de son équipe, mais ça n’est pas un magazine. Distorsion, c’est un mutant. Un bouquin, un objet intemporel, culturel, artistique, qui parle de X (énooooorme dossier cul, avec Maria Ozawa, Erika Lust, Christophe Lemaire…), de bis, d’horreur, de metal, de graphisme, de bizarreries, avec des œuvres de Tomahawk, Dav Guedin, Geoffroy Monde.. C’est un bouquin pour Noël (et après), pour clôturer l’année en beauté, et commencer une autre plus dingue. Est-ce un one-shot ? Est-ce qu’il y en aura d’autres ? On n’en sait encore rien ! C’est un cri d’amour à l’objet livre, intemporel, totalement libre, une sorte d’objet collector rempli de plein de trucs qu’on aime bien, et dans lequel on s’exprime en écrivant, en dessinant, parfois les deux. C’est quelque chose qu’on avait envie de faire, et on voit qu’on n’est pas les seuls à être heureux que ça existe !

7/ Quelles sont les différences entre Métaluna et Distorsion X ? En termes de contenu mais aussi de modèle économique.

La différence, c’est qu’on est tous payés en écus. Dans Metaluna, c’était en macarons.

Pour ce qui est de la ligne éditoriale, Distorsion X traite de plein de sujets fous qui ne sont pas périssables. C’était déjà le cas dans Metaluna, mais ça l’est encore plus ici. Tu pourras ressortir Distorsion X dans 69 ans (tu seras encore en vie, je l’ai lu dans ton anus – vieille technique vaudou), il sera toujours appréciable et pas ringard. Faire de la news n’est pas le but de DistoX. D’ailleurs, il y a autant d’infos culturelles dedans, que de création pure. De plus, avec 144 pages, on peut s’étaler, et prendre le temps et la place. Et puis le format est différent, plus proche d’un beau livre que d’un magazine. Et y’a un poster !

Le modèle économique ? On est indépendants, totalement. On fait ce qu’on veut, et c’est beau. L’indépendance est aussi la mère de la liberté. Et nous, les mamans, on boit à leurs tétons.

8/ Retrouve t’on des membres de l’équipe Métaluna dans l’aventure Distorsion X ? Qui ?

Presque tous !

9/ Jean-Pierre Putters ?

Oui, tu as raison, JPP est une question a lui tout seul ! JPP, ça a été une grande rencontre. J’avais commencé dans la presse grâce à Alain Schlockoff, ma dernière aventure aura été avec JPP. Une boucle bouclée dont je n’aurais pas oser rêver, même nu et entouré de fruits. Nous avons conçu Metaluna magazine ensemble, Jean-Pierre et moi, et ça restera comme l’une des plus belles aventures de ma vie, et probablement pour beaucoup d’autres de l’équipe.

10/ Le premier volet de Distorsion X semble porter sur le porno (d’où le X !). Peux-tu nous dire sous quel angle vous comptez aborder le sujet ?

On va prendre le sujet à l’envers, bien sûr. C’est plus intense, plus surprenant, et si c’est bien fait, encore plus agréable. Je connais quelques techniques japonaises…

11/ Penses-tu déjà à d’autres numéros et si oui, quels thèmes voudrais-tu traiter ?

Distorsion version bouquin, c’est comme un film : quand tu sors d’un Insidious, tu attends un deuxième, sans savoir si et quand il va sortir. Distorsion, c’est pareil. Comme un album d’un artiste que tu aimes, aussi. Pas de périodicité, mais tu attends le suivant. On le prend comme ça aussi, on ne sait pas quand ni si. On fera peut-être même quelque chose de très différent juste après, qui sait ? Tout ça dépend des envies des lecteurs, de nos envies à nous, et aussi de nos emplois du temps respectifs..

Distorsion X est un livre fou, une publication, qui comporte des bds, des dessins, des interviews, des articles, des points de vue, des photos… Un objet distordu, qui se suffit à lui-même.

Rurik Sallé

12/ Tu es maintenant essentiellement acteur. Peux-tu nous dire quels sont les projets cinématographiques qui ont été concrétisés et ceux à venir ?

J’ai tourné dans pas mal de choses diverses cette année. Récemment, j’ai eu la joie de tourner avec une réalisatrice, Émilie Voinson-Jagintowicz. C’était la première fois, et j’avais envie depuis longtemps de travailler avec une femme derrière la caméra. C’est un rapport différent, forcément. D’autant que le rôle qu’elle me proposait était aux antipodes de ce qu’on me propose en général, ce qui me ravit : c’était celui d’un homme paralysé. Un court-métrage très sensuel, très intime, dans lequel j’ai sans doute été plus « mis à nu » que d’habitude. Voilà ce que c’est que de tourner pour une dame ! Ahah.. J’aime vraiment essayer des choses différentes, et c’était un vrai défi de jouer ce personnage, d’oser tout ça. Le court-métrage est en ligne, il s'appelle Je suis lundi.

J’ai aussi tourné récemment pour la première fois avec PH Debiès, qui a réalisé une adaptation très intéressante d’une nouvelle de Lovecraft, et qui s’appelle Escape From Midwich Valley, sur une musique de Carpenter Brut. Ça n’est pas un clip, ça n’est pas un court-métrage classique, c’est autre chose. Une sorte de clip-métrage ! Il a mis en image l’atmosphère de Lovecraft sans aucun dialogue, et je trouve qu’il a vraiment réussi son coup. J’ai également joué un commissaire des années 80 dans le Ninja Eliminator 4 : the french connexion de Mathieu Berthon, avec lequel j’avais déjà fait Le Réserviste. Mathieu est un réal qui fait des clins d’œil au cinéma fauché et bis qu’il aime, mais sans jamais être Z : il sait ce qu’il veut, ça marche, il saisit le truc et c’est très bien fait. C’est un équilibre difficile, et il arrive à le trouver. J’ai hâte qu’il fasse quelque chose dans un registre dans lequel on ne l’attend pas. Et tu verras !

Je travaille sur plusieurs choses, côté longs-métrages, mais « Celui qui parle trop agira difficilement », disait Confucius. Et comme disait Desproges, « Fucius, il avait oublié d’être con ! ».

13/ Y’a pas que dans le cinéma que le système administratif français est un peu lent…

Bref, tu es ouvert à toutes sortes de rôles mais y’en a-t-il un dont tu rêves ? Un personnage que tu adorerais jouer…

Hmmm… Une truite.

Sinon, un homme politique, tiens. Voilà un rôle intéressant ! Un truc bien écrit, un vrai rôle avec de beaux dialogues, ça serait superbe ça.

14/ Niveau musique, comment évolue le groupe dont tu fais partie « Fugu Dal Bronx » ? Tu as aussi composé une musique pour un générique de long métrage, peux-tu nous en parler ?

Avec Fugu Dal Bronx, on a vécu une période très intéressante : Vanina, notre violoniste adorée et flamboyante, est partie faire des études de musique à l’étranger, à Vienne. Vienne ! Qu’est-ce qu’elle est partie foutre à Vienne ? On a failli la battre à mort, mais finalement on l’a laissée partir. Alors depuis on rêve d’elle toutes les nuits : je suis sûr qu’elle a fait exprès. Du coup, nous avons une nouvelle violoniste incroyable, Angélina, et c’était l’occasion pour le groupe de réarranger des morceaux, et c’est un sacré coup de fouet. On devait faire un album en 2014, on a les morceaux mais on a pris un peu de retard, donc en 2015 ça devrait bastonner : un nouvel album et autant de shows que possible. On est d’ailleurs ravis parce que notre musique a été choisie pour être la b.o. d’un film au Canada, l’actioner Billy Trigger avec Fred « the Hammer » Williamson, légende de la blaxploitation !

Effectivement, j’ai également participé à la musique d’un autre long-métrage récemment au Canada, le premier réalisé par John Fallon, The Shelter, avec Michael Paré. Paré ! Qui joue dans Les Rues de feu et Philadelphia Experiment ! Et même Le Village des damnés de Carpenter... Enfin bref, ça m’a fait plaisir quoi. John m’a demandé « une pièce instrumentale sombre et triste » pour son film. Je lui ai proposé quelque chose, un morceau piano/violon, il a aimé et voilà. Ça devait être le générique de fin, mais au final c’est carrément la musique de la dernière scène du film.

Faire de la musique de film, c’est quelque chose qui m’a toujours plu, et même quand je fais de la musique « pas de film », comme avec Fugu Dal Bronx, elle garde quelque chose de cinématographique en fait. Mais bon, il m’arrive de faire aussi des chansons avec voix, plus rock, ou plus pop..

Il y a quelque chose que je tiens à préciser : on me lance parfois « mais tu fais plein de trucs ! ». Mais « plein de trucs », ça veut tout dire et rien dire. En fait, je ne fais pas « plein de trucs » : je fais surtout de la musique et de l’image, devant ou derrière la caméra. C’est déjà pas mal, mais par exemple, je ne sais pas ramoner une cheminée, faire un mille-feuilles, ou dessiner un loft !

15/ Tu as longtemps fait partie de l’équipe de Mad Movies. As-tu vu leur nouvelle version ? Qu’en penses-tu ?

Je ne lis plus mad movies.

Merci !

Mais de rien mon Sylvain ! Et si tu as la recette du mille-feuilles, hein.. Tu sais où me trouver !

 

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Distorsion X est dispo en librairie et sur le site de Distorsion : http://Distorsion.Tv

Tous les épisodes de Distorsion l’émission-fiction sont également sur Distorsion.Tv

Le site de Fugu Dal Bronx

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Rédigé par Gib

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Publié le 9 Décembre 2014

INTERVIEW : JEAN-LUC BAILLET pour Nuit noire

En 2007, Jean-Luc Baillet a réalisé "Contretemps", un court métrage exemplaire qui m'avait marqué. J'avais donc pris contact avec lui pour une interview. A l'époque, ce blog n'existait pas encore. Ce fut donc ma première interview et c'est donc un peu grâce à Jean-Luc Baillet que ce blog a été créé et qu'il a pour thématique principale : les rencontres et les entretiens avec ceux qui font l'horreur, le fantastique, au cinéma. Il était donc logique que pour la sortie de son nouveau film "Nuit noire", il revienne sur ce blog pour un deuxième tour afin de nous parler de ce projet, mélange entre le teen-movie et l'univers de Lovecraft.

1/ Il s’est passé environ 6 ans entre ton précédent film « Contretemps » et celui-ci « Nuit noire ». Que s’est il passé entre les deux ?

En fait il ne s’est passé que 3 ans et demi entre la première de « Contretemps » et le début de la production de « Nuit noire » (ce qui est quand même long). Pendant cette période j’ai travaillé sur la promotion de mon premier court « Contretemps », avec à la clé 3 prix dans 3 pays et 48 sélections en festivals/soirées. J’ai eu quelques articles sympas dans la presse francophone (ex Mad Movies, CinemaFantastique.net). J’ai aussi trouvé un distributeur, qui l’a vendu à plusieurs chaines de télé étrangères.

En parallèle, j’ai continué à travailler sur de nombreux projets de courts métrages de genre qui malheureusement n’ont pas trouvé de financement, un grand classique. Celui qui me tient le plus à cœur est un court assez ambitieux, se déroulant en Bretagne dans un phare en haute mer, « Men Fall ». Le film partait pourtant sous de bons auspices. Il avait été sélectionné dans plusieurs concours de scénarios français prestigieux, ensuite un producteur important l’a pris en charge. Mais tout s’est subitement arrêté quand cette personne m’a lâché du jour au lendemain suite au refus de la commission de financement cinéma de Bretagne… J’espère quand même le réaliser un jour dans la mesure où c’est l’un de mes meilleurs scénarios.

Après plusieurs déconvenues pendant cette période avec différents producteurs, qui à mes yeux ne se "battaient" pas réellement pour faire exister mes films, mais juste à faire tourner leur boite et générer leur « petit » salaire, j’ai créé ma structure de productions, arkham productions avec laquelle j’ai produit « Nuit noire ».

2/ Tu reviens donc avec ce film, « Nuit noire », un film d’horreur très porté sur l’ambiance. Comment le décrirais-tu ?

Je le décrirais simplement comme une association improbable entre le Teen movie contemporain et l’univers de H. P. Lovecraft (avec ses créatures de l’espace et ses nécromanciens). L’ambiance qui permet l’immersion dans ces nouvelles étant primordiale, je voulais la faire ressentir aux spectateurs.

Le début peut faire penser à une comédie pour ado basique qui glisse progressivement vers quelque chose de totalement différent par la suite. J’ai toujours aimé les histoires avec des actions qui peuvent paraitre anodines au premier abord mais qui ont de lourdes conséquences par la suite, comme par exemple acheter deux droïdes à des Jawas sur Tatooine ou bien, faire le pari de prendre une photo d’une vieille tombe la nuit ! rires

INTERVIEW : JEAN-LUC BAILLET pour Nuit noire

3/ Le film est un mélange entre teen movie et horreur. Pourquoi avoir voulu faire ce mix ?

Tout simplement car j’aime ce type de film avec son univers codifié s’adressant à un public « plus jeune » basé essentiellement sur l’ambiance et non pas sur la violence. Il est très représenté dans les pays anglo-saxon, mais n’est pas ou très peu présent en France. Il y a bien eu quelques tentatives de longs métrages mais sans grand succès. Du coup je me suis dis que c’était une piste intéressante à explorer et je me suis lancé dans l’aventure en me disant qu’il y avait moyen de transposer cet univers dans le paysage Français de façon originale et personnelle.

4/ Avais-tu des inspirations lorsque tu as écrit le scénario ?

Mes inspirations en dehors du cinéma et de la littérature, sont nombreuses. Par exemple il y a pour commencer les faits divers de paris d’ados qui tournent mal que j’ai pu lire dans la presse et qui mon interpelé pendant l’écriture. Je voulais intégrer cette thématique dans l’histoire, même si je savais que je n’allais pas la traiter de façon classique et terre à terre. Après il y a ma propre expérience de lycéen, avec ses paris débiles pour être accepté dans un groupe et se faire des copains. L’intégration sociale est importante à cet âge pour éviter l’isolement et la marginalisation. Il y a également le passage à l’âge adulte. Même si le scénario reste simple, il n’est pas simpliste. Il aborde de nombreux thèmes que les spectateurs percevront ou non.

5/ Le film porte bien son nom puisque l’élément fondamental est l’obscurité. Cela a dû être compliqué pour tourner dans le noir quasi-total ? Cela a-t-il été un défi technique de devoir rendre le côté complètement « noir » du film tout en gardant le résultat lisible ?

Le titre renvoi à l’histoire plutôt qu’a la photo du film, même si forcément elle est en adéquation avec son sujet. Avant d’être un élément technique, l’obscurité dans ce court, est un élément crucial pour générer de la tension. Il fallait impérativement immerger le personnage dans les ténèbres, pour ressentir son isolement total dans la nuit. Les immenses zones d’ombre renvoient aussi un élément important de l’histoire que je ne peux révéler ici sans spoiler. La partie technique a été très compliquée au tournage. On a sous estimé le temps d’installation de la lumière dans la nuit et le froid de l’hiver (-10°) et qui pouvait prendre plusieurs heures pour les plans larges. Par conséquent, nous avons pris beaucoup de retard sur le plan de travail. Et pour ne rien arranger, on a tourné dans un cimetière sans éclairage de plusieurs hectares, avec des décors très éloignés les uns des autres. Nous avons été obligés de réorganiser drastiquement le tournage en cours de route pour tenir les délais de 5 jours de tournage. Par la suite il y a eu un gros travail en post prod de plusieurs semaines sur l’image et l’étalonnage, pour avoir un noir très dense en étant à la limite de la lisibilité en salle, ce qui est plutôt audacieux et dangereux. J’ai d’ailleurs assisté impuissant à quelques projections catastrophiques, on ne distinguait pratiquement rien à l’image pendant la séquence de nuit. La faute à un mauvais réglage du projecteur ou à une lampe en fin de vie…

INTERVIEW : JEAN-LUC BAILLET pour Nuit noire

6/ Quels ont été les principales difficultés sur ce film ? Le manque de budget ? Le tournage ? La post-production ?

Les trois… Pour faire court, le budget (7500€) n’était pas énorme pour réaliser ce film dans des conditions professionnelles. Pour économiser, nous avons fait la concession des le début de tourner avec un Canon 5D mark II au lieu d’une caméra de cinéma numérique. Mais même en agissant ainsi, nous avions une marge de travail très réduite en cas d’imprévus. Les problèmes de tournage sont arrivés inexorablement, liés principalement au son, inexploitable en totalité dû manifestement au manque d’expérience du « technicien » et de quelques autres problèmes à l’image qui auraient pu être fatales. On résume souvent un film à son auteur/réalisateur, mais c’est avant tout un travail d’équipe. Il faut s’entourer de personnes expérimentées et compétentes pour arriver à ses fins. Le Cinéma est un Art très exigeant. Pour terminer le court métrage dans des conditions professionnelles il a fallu refaire intégralement tous les sons entendus dans ce film, ce qui représente un travail colossal (ex dialogues, bruit de pas, frottement de vêtement, etc.) et retourner quelques plans.

La post prod a vraiment payé les peaux cassées du tournage. Du coup les personnes responsables du montage son et image se sont renvoyé la patate chaude devant le travail à accomplir. Pendant ce temps les mois passent et les avancées n’étaient pas terribles ou ne correspondaient pas à mes attentes en termes de qualité. Du coup j’ai décidé de reprendre la post prod pratiquement de zéro avec une nouvelle équipe plus motivée et plus en adéquation avec ma vision artistique du film. Finalement après de long mois, nous avons réussi l’exploit de terminer ce court métrage ! En dehors de quelques défauts techniques mineurs, le film est conforme à la vision artistique que j’avais en tête depuis le début. Pendant cette période très pénible, j’ai vraiment eu la sensation pendant des mois de taper avec un marteau pour faire rentrer un cube dans un trou rond. J’y suis arrivé à force de persévérance et de patience. J’espère ne pas revivre ce type d’expérience éprouvante dans l’avenir.

7/ Le fait que l’on voit la tombe recherchée clairement, celle d’Ezra Weeden, est-ce pour donner envie au spectateur de creuser la question ? Et se plonger dans la lecture de Lovecraft ?

Le film s’inspire librement de l’œuvre de H. P. Lovecraft et par conséquent, il ne fait pas référence à une histoire particulière de son répertoire. La tombe d’Ezra Weeden est plus un clin d’œil à « L'Affaire Charles Dexter Ward ». Pour la petite histoire je recherchais le nom d’un nécromancien pour le nom de la tombe et c’est celui là qui m’est venu immédiatement à l’esprit lors de l’écriture du scénario.

Après, je suis conscient qu’il n’y aura que les fans qui verront ces éléments présents en filagramme et qui enrichissent l’histoire (je ne pense pas que le néophyte les repairent). Mais dans l’absolu ce n’est pas très important.

En même temps si cela peut inciter quelques spectateurs curieux à se plonger dans les récits de Lovecraft cela me ferait énormément plaisir, dans la mesure où il n’est pas reconnu à la mesure de son talent. Il a quand même créé l’une des plus grandes mythologies de la littérature fantastique du 20ème siècle.

INTERVIEW : JEAN-LUC BAILLET pour Nuit noire

8/ La fin est plutôt ouverte à l’interprétation. Qu’aimes-tu dans ce genre de fin ? Le fait que le spectateur continu à y penser après la fin du générique ?

Il faut savoir que « Nuit noire » était à la base le premier court d’une trilogie, mais le destin en a décidé autrement en cours de tournage… La fin ouverte du film a toujours été une évidence et fait sens pour moi. Elle est également dans une moindre mesure le fruit d’une réaction aux trop nombreux courts métrages à chute que j’ai vu en festivals ou à la télé et qui une fois sur deux étaient prévisibles ou ne reposaient que sur cet élément narratif. Après personnellement je préfère en tant que spectateur les films qui ne répondent pas à toutes les questions, qui interrogent et par conséquence gardent une part de mystère après le générique de fin. Etrangement, une fin ouverte dans les longs métrages dérange moins.

9/ Le film a été projeté dans différents festivals dans le monde. Dans combien exactement ? Quel accueil a-t-il reçu ?

Le film a été sélectionné à ce jour dans 35 festivals dans 17 pays aux quatre coins du monde. Il a fait parti de la sélection officielle de certains des plus grands festivals fantastiques de la planète comme : le « A Night of Horror International Film Festival » en Australie, le « Macabro »au Mexique et bien entendu le « H.P. Lovecraft Film Festival » aux Etats-Unis. Les quelques retours que j’ai eus par mails sont très bons, le sujet du film a une vraie universalité et touche les gens. Cela me fait énormément plaisir !

INTERVIEW : JEAN-LUC BAILLET pour Nuit noire

10/ Quelle est la suite pour le film ? Vas-tu encore continuer à promouvoir celui-ci ou passer à un autre projet ?

Je vais encore promouvoir « Nuit noire » quelques mois dans la mesure où il marche bien. Je possède depuis peu d’une version sous-titré en Espagnol ce qui va me permettre de le diffuser plus largement en Amérique latine et en Espagne. En parallèle bien sur je vais bosser sur d’autres projets de films.

11/ quels sont-ils, ces projets ? Continuer dans les films d’horreur ?

Je ne peux pas trop en parler, mais je travaille actuellement sur un court métrage dramatique. Je n’ai pas l’intention de refaire un film fantastique dans l’immédiat (même si j’ai pas mal d’idées). Il ne faut pas oublier que se sont des projets très difficiles à monter financièrement dans notre pays et j’ai envie de toucher un public plus large à l’avenir.

En France même s’il y a de « timides » avancées, le cinéma de genre est quand même méprisé par les organismes de financements. Il est considéré comme du sous-cinéma ce qui n’est pas le cas à l’étranger où il est respecté et reconnu au même titre qu’une autre catégorie de film.

12/ Question spectateur : Quels sont les films qui t’ont marqué ces derniers temps ?

Les deux derniers longs métrages que j’ai vus en salle et qui m’ont marqué dernièrement sont « Alleluia » de Fabrice Du Welz pour l’univers singulier de cet auteur et pour l’interprétation de ses acteurs possédés par leurs rôles ; et « La fois prochaine je viserai le cœur » de Cédric Anger pour sa mise en scène impeccable et la tension quelle génère pendant toute la durée du film.

Merci Jean-Luc.

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Rédigé par Gib

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Publié le 15 Octobre 2014

INTERVIEW : BILL MOSELEY

Acteur culte du cinéma horrifique, Bill Moseley a marqué de son empreinte de nombreux classiques du genre. Pour nous, il revient, entre autres, sur son arrivée sur "Massacre à la tronçonneuse 2" de Tobe Hooper ou encore sur sa transformation en Otis pour le diptyque de Rob Zombie : "La maison des 1000 morts" et "The Devils Rejects". Rencontre avec une légende.

Cult horror film actor, Bill Moseley left his mark on many classics. For us, he talked about his arrival on "The Texas Chainsaw Massacre 2" of Tobe Hooper, or its transformation into Otis for the Rob Zombie's diptych: "The house of 1000 corpses" and "The Devils Rejects". Meeting with a legend.

1/ Avant de tourner “Texas Chainsaw Massacre 2”, aimiez-vous le premier film ?

Le premier « Massacre à la tronçonneuse » a changé ma vie et m’a renversé. J’ai toujours aimé les films d’horreur mais il y a quelque chose de si cru, si réel, si brutal, si inattendu dans « Massacre à la tronçonneuse » qu’il a fait ressortir la peur hors de moi ! Je veux dire, j’étais un diplômé d’université, j’avais vu des centaines de films d’horreur mais le chef d’œuvre de l’horreur de Tobe Hooper a totalement détruit, à la fois, la paix de mon esprit et mes sentiments confortables à propos de l’Amérique rural. Je viens du Midwest, de l’Illinois et il y a beaucoup de petites stations-services le long de ces petites routes de campagne ou ils vendent du gaz, des hot dogs et des vers de terre pour la pêche. Avant « Massacre à la tronçonneuse », j’ai toujours pensé qu’ils étaient pittoresques et amusants, après avoir vu « Massacre.. », j’ai commencé à me demander qu’est ce qu’ils ou plutôt qui ils cuisinaient ici !

1) Before shooting TCM2, did you like the first movie?

The original Texas Chainsaw Massacre turned my life upside down. I had always loved horror movies, but there was something so raw, so real, so brutal, so unexpected about TCM that it scared the living hell out of me! I mean, I was a college graduate; I'd seen hundreds of horror movies; but Tobe Hooper's horror masterpiece totally destroyed both my peace of mind and my comfortable feelings about rural America. I come from the Midwest, from Illinois, and there are plenty of little gas stations along those country roads where they sell gas and hot dogs and bait worms for fishing. Before TCM, I had always thought that they were quaint and fun; after seeing TCM, I started wondering what- or who- they were cooking in there!

2/ Comment avez-vous obtenu le role de Choptop dans “Massacre à la tronçonneuse 2” ? Et quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

En 1984, j’ai fait un court-métrage appelé "The Texas Chainsaw Manicure” tourné dans un salon de beauté. Une femme se fait coiffer puis veut une manucure. Tout à coup, Leatherface apparaît de l’arrière salle, la tronçonneuse flamboyante, et lui donne une manucure qu’elle n’oubliera jamais. Elle hurle, elle tombe dans les pommes, et quand elle reprend connaissance, elle a la plus belle manucure qu’elle n’ait jamais eu. Elle sort de la boutique, heureuse et fière, et montre ses ongles à son mari qui l’attend dans son pickup avec un morceau de fromage de tête. J’ai joué le mari, habillé et maquillé comme Edwin Neal, qui joue l’autostoppeur dans le film original. Ma partie est un caméo de 20 secondes mais j’ai du faire quelque chose de bien car quand Tobe Hooper a vu le court-métrage, il m’a engagé pour jouer Choptop, le frère jumeau de l’auto-stoppeur dans "Massacre à la tronçonneuse 2" ! Nous avons tourné "Massacre..2" au Texas, à Austin. Je me rappelle travailler de longues heures dans des conditions difficiles et j’ai aimé chaque minute. Une fois que Tom Savini et sa joyeuse bande de maquilleurs m’ont rasé le crane et transformé en Choptop, le Bill Moseley que nous connaissions est parti pour les 8 semaines suivantes, et Choptop régnait en maitre. Chaque jour apportait son lot d’histoire, je me sentais comme un enfant qui s’était enfui pour rejoindre le cirque et que le cirque me permettait de rester ! Tobe aimait mon personnage et il m’encourageait à improviser. Nous avons un peu fait le film au fur et à mesure que nous avancions et l’improvisation était importante. C’était tellement fun de rejoindre la famille « tronçonneuse ». Une fois que je suis devenu une partie de cette famille dysfonctionnel, les cannibales, toutes les peurs que j’ai ressenti en voyant le premier film ont disparu et j’étais lancé pour devenir un acteur de films d’horreur.

2/ How did you obtain the role of Topchop in “Texas chainsaw massacre 2” and what memories do you keep of this shooting?

In 1984, I made a short film called "The Texas Chainsaw Manicure," set in a beauty parlor. A woman gets her hair done, then she wants a manicure. All of a sudden Leatherface bursts from a back room, saw blazing, and gives her a manicure she'll never forget. She screams, she passes out, and when she awakens, she's got the best manicure she's ever had! She comes out of the shop, happy & proud, and shows off her nails to her husband, who's waiting for her in his pickup truck with a celebratory hunk of headcheese. I played the husband, dressed and made up like Edwin Neal, who played the Hitchhiker in the original TCM. My part was a 20-second cameo, but I must have done something right because when Tobe Hooper saw the short, he hired me to play Choptop, the Hitchhiker's twin brother, in TCM 2! We shot TCM 2 in 1986 in Austin,Texas. I remember working long hours under tough conditions and loving every minute of it. Once Tom Savini and his merry band of special effects makeup artists shaved my head and turned me into Choptop, Bill Moseley as we knew him was gone for the next 8 weeks, and Choptop ruled the roost. Every day was a story- I felt like a kid who had run off to join the circus, and the circus let me stay! Tobe loved my character, and he encouraged my improvising. We kind of made up the movie as we went along, so improvisation was important. It was so much fun to join the Saw family, and once I became a part of the dysfunctional, cannibal Sawyers, all of the fears that I felt from the original TCM melted away, and I was off and running as a horror actor!

INTERVIEW : BILL MOSELEY

3/ Maintenant, vous avez plus de 30 ans de carrière, quelles conclusions faites vous sur votre carrière ?

Les trente dernières années sont passées très rapidement. J’ai eu du fun, fait un travail satisfaisant, nourri ma famille et économisé de l’argent. Je suis impatient de voir les trente prochaines années !

3) Now, you have more than 30 years of career, what conclusions would you do about your career ?

Thirty years has passed by pretty quickly. I've had fun, done some satisfying work, fed my family and saved some money. I'm looking forward to the next 30 years!

4/ A votre avis, est ce que l’industrie des films d’horreur a changé depuis tout ce temps ?

Certes, au cours des années, la révolution numérique dans l’infographie, les caméras et le montage a permis à de plus en plus de réalisateur de faire leurs films sans un budget d’un million de dollar. La distribution de films a aussi évolué, maintenant vous avez Netflix, iTunes, etc… En plus des cinémas traditionnels. Mais les films vivent et meurent avec l’histoire, l’histoire, l’histoire. Sans une bonne histoire, toutes les technologies que vous utiliserez ne pourront sauver le film. On ne met pas de rouge à lèvre sur un cochon !

4/ Is Horror movies industry changed, in your opinion, since all this time ?

Certainly over the years the technological revolution in computer graphics, cameras and editing has allowed more and more filmmakers to make their movies without a million-dollar budget. The distribution of films has also evolved- now you have Netflix, iTunes, etc, in addition to the traditional theatrical outlets. But movies still live and die with story, story, story. Without a good story, all the technology can't save a movie. You can't put lipstick on a pig!

5/ Vous avez joué dans plusieurs films d’horreur mais dans d’autres genres de films aussi. Préférez-vous jouer dans des films d’horreur ou est-ce le même plaisir pour vous, peu importe le genre du film ?

J’aime le genre horrifique, pas seulement car j’aime effrayer les gens mais parcequ’il me fournit tellement d’opportunités de jouer différement. Je peux jouer la comédie, des drames, des scènes sexy ; Je peux être un psychopathe, un robot, une victime, un flic, un general. Quel autre genre offre autant de liberté ?!

5/ You have played in many horror movies but in other kind of movie too. Do you prefer play in horror movie or it’s the same pleasure for you, regardless of the type of movie ?

I love the horror genre, not just because I like to scare people, but because it provides me wit so many different acting opportunities! I can do comedy, drama, sexy scenes; I can be a psycho, a robot, a victim, a cop, a general. What other genre offers that much freedom?!

INTERVIEW : BILL MOSELEY

6/ Quel est votre meilleur souvenir sur un tournage ?

Je travaillais sur “Massacre à la tronçonneuse 2”, habillé et maquillé en Choptop quand une femme joliment habillée est venu sur le tournage avec son petit garçon. Quand il m’a vu, il s’est caché derrière sa mère. Elle a souri, a dit au petit garcon de ne pas avoir peur, que j’étais juste un acteur avec du maquillage. Je me suis baissé à hauteur du garçon et je lui ai murmuré à l’oreille : « Ne crois pas ça ! ».

6/ What is your best memory on a set ?

I was working on “Texas Chainsaw Massacre 2”, dressed and made up as Choptop, when a nicely dressed woman showed up on the set with her little boy. When he saw me, he hid behind his mother. She smiled, said to him not to be afraid, that I was just an actor in makeup. I leaned down to the boy, whispered in his ear, "Don't believe it!"

7/ Vous avez obtenu un role culte dans “La maison des 1000 morts” et “The Devil's Rejects” avec le personage d’Otis. Comment avez-vous obtenu le role ?

J’ai obtenu le rôle d’Otis dans les deux films de la même façon que j’obtiens chacun de mes rôles. Je lis le scénario au moins quatre ou cinq fois. De cette façon, non seulement le personnage est devenu réel pour moi mais je sais ce qu’il fait dans l’histoire, ce qu’il veut, ses relations avec les autres personnages… Avec Otis, je pensais que Rob Zombie voulait une version différente de Choptop. Je suis reconnaissant que Rob ne soit pas resté sur Choptop et m’a laissé devenir le plus sexy, plus « hardass » Otis Driftwood.

7/ You obtained an cult role in “House of 1000 corpses” and “The Devil's Rejects” with Otis character. How did you approach the role ?

I approached the role of Otis in both movies the same way I approach any role: I read the script at least four or five times. That way, not only does the character become real to me, so does the story, what he wants, his relationships with the other characters, etc. With Otis, I thought Rob Zombie wanted a different version of Choptop. I'm grateful that Rob pried my fingers off Choptop and led me to the sexier, more hardass Otis Driftwood.

8/ Combien de temps fallait-il pour le maquillage d’Otis ?

Le maquillage d’Otis était relativement rapide. Ma plus grande surprise pour Otis dans « The Devil’s Rejects » était que je pouvais laisser pousser la barbe. Dans « La maison des 1000 morts », quand Otis était un albino, je portais des lentilles de contact et un maquillage blanc. Pour les deux films, ils m’ont rasé le crane et collé les longs cheveux d’Otis. Ces cheveux, ma barbe. Longue vie Otis !

8/ How long did it take for the make up of Otis?

The Otis makeup was relatively quick. My biggest surprise for Otis in The Devil's Rejects was that I could grow a beard! In House of 1000 Corpses, when Otis was an albino, I wore contact lenses and a white makeup. For both movies, they shaved my head and glued on Otis' long hair. Their hair, my beard. Long live Otis!

INTERVIEW : BILL MOSELEY

9/ Vous avez joué dans plusieurs saga horrifiques, y’a t’il une autre saga d’horreur dans laquelle vous aimeriez jouer ?

J’adorerais jouer Edmund dans une version du Roi Lear de Shakespeare. J’adorerais travailler avec Quentin Tarantino et Guillermo Del Toro. Et j’aimerais jouer et réaliser l’un des scénarii que j’ai écrit.

9/ You played in many horror saga, Is there an another horror saga in which you would like to play ?

I'd love to play Edmund in a version of Shakespeare's "King Lear"; I'd love to work with Quentin Tarantino & Guillermo del Toro. And I'd love to act in and direct one of the screenplays I've written.

10/ Vous avez de nombreux fans en France, aimeriez-vous tourner un film en France ?

J’aimerais faire un film en France. J’aime Paris, j’ai visité les catacombes et le cimetierre du Père Lachaise quand j’étais la bas avec Sid Haig. J’aime le cinéma français, la littérature française donc si vous voulez m’engager pour votre film, je serais ravi !

10/ You have a big fan base in France, would you like to turn in a movie, in France ?

I would love to do a movie in France. I love Paris, visited the catacombs and Pere LeChese cemetery when I was there with Sid Haig. I love French cinema, French literature, so if you want to hire me for your movie, I would be delighted!

11/ Quels sont vos prochains projets ?

J’ai plusieurs films sur le point de sortir. J’ai fait deux films avec Kane Hodder. « Old 37 », à propos de deux frères qui conduisent une vieille ambulance et arrivent sur les lieux d’accidents avant la vraie ambulance et « Charlie’s Farm », que nous avons tourné en Australie, à propos d’un garçon déformé, Charlie, qui a grandit dans une géante machine à tuer. Je joue son père ! Comme autres films que j’ai fait récemment, il y a « The Possession Experiment », « Almost Mercy », « The Church », « Sisters » et un épisode de la nouvelle serie SyFy « Z Nation » avec le « Z » pour, comme vous pouvez le deviner, Zombies !

11/ What are your next projects ?

I have several movies about to come out. I did two films with Kane Hodder: "Old 37," about two brothers who drive around in an old ambulance and arrive at the accident sites before the real ambulance; and "Charlie's Farm," which we shot in Australia, about a deformed boy, Charlie, who grows into a giant killing machine. I play his father! Other films I've done recently include "The Possession Experiment," "Almost Mercy," "The Church," "Sisters," and an episode of the new SyFy series "Z Nation," with the "Z" standing for, you guessed it, zombies!

 

Merci beaucoup M. Moseley.

Thank you very much M. Moseley.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 6 Octobre 2014

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Internet n'est pas seulement un outil pour trouver des partenaires sexuels en moins de temps qu'il en faut pour réchauffer un plat de ravioli au micro-ondes ou encore pour regarder des vidéos de chat ou de mecs qui se versent des seaux de glaçons sur le crâne. Non, Internet sert aussi aux jeunes réalisateurs à faire découvrir leurs œuvres au plus grand nombre. Des œuvres souvent réalisées avec peu de moyens mais avec beaucoup de passion et dont le résultat est parfois bluffant. C'est le cas de "Captain Future", un trailer hommage à notre cher "Capitaine Flam", réalisé par David Guivant, déjà responsable d'un excellent fan-film "Iron Man". Avec quelques centaines d'euros, une salle d'Histoire/Géo et des compagnons courageux, il a réussi à livrer deux minutes d'image à l'esthétique impeccable. Le jeune réalisateur nous explique la genèse de ce projet un peu fou qui se déroule cinq ans après les évènements du dessin animé .

CAPTAIN FUTURE de David Guivant

Fan de dessins animés japonais, David Guivant et son équipe d'acharnés ont voulu réaliser leur film dans la pure tradition du soleil levant. "Nous avons voulu le faire façon Tokusatsu avec un costume et une armure physique, façon X-OR, qui a été bel et bien fabriquée. Mon ami Sculpteur Abel Lasserre qui a autrefois fabriqué une armure de Boba Fett et Dark Vador s’est attelé à la tache. On a étudié soigneusement les épisodes de San Ku Kai, X-or et lors de mes voyages à l’étranger j’ai pu ramener quelques storybooks de Kamen Rider 555 (Achetés dans les Kinokuniya bookstores) pour pouvoir créer notre propre armure du Capitaine Flam." Un vrai costume donc mais, quand les moyens sont limités, il faut savoir faire preuve de malice et user du système D. "Pour le tournage nous avons opté pour une combinaison de plongée recouverte de morceaux de feuilles brillantes. Pour la lampe façon Iron Man sur son torse, j’ai pris un tuperware et collé sur son torse. Le costume de Mala a été fait avec du tissus bordeaux, pour la partie cuir, notre costumière Marie-Thérèse qui a l’habitude de faire des costumes pour ses enfants cosplayers, a tout simplement découpé une petite partie de son canapé. (Façon Tokusatsu fauché)".

Concernant les effets spéciaux, le réalisateur a bien sûr travaillé avec l'informatique "La post-production a été entièrement réalisé en 2D, (Aucune 3D n'a été utilisée) suivant les traces du réalisateur Kazuaki Kirya (Casshern, Goemon) où le monde réel et le manga se fusionnent entre eux. Les logiciels Photoshops et After Effects sont utilisés pour les trucages". Plus original, certains effets spéciaux ont été réalisés de façon beaucoup plus archaïque mais tout aussi efficace ! Lorsqu'on lui demande quelques exemples, David Guivant est intarissable : "Le monde de Captain Future est entièrement composé de textures organiques. Notre savoir faire limité sur les tokusatsus m’a poussé de voir du côté de l’Amérique ! Pourquoi pas combiner le savoir faire de plusieurs cultures? L’équipe de George Lucas a elle même utilisé des pommes de terre pour les astéroïdes de l’Empire Contre Attaque ! Pourquoi pas nous? Une boule de glace vanille sert de planète, les astéroïdes dans un des plans sont en faite des nuggets de poulet. Des crêpes fabriquées maison, servent de texture pour les paysages déserts et lunaires de la base spatiale du Capitaine Flam. L’effet d’hyper espace est obtenu en appliquant un flou radial (en mode Zoom) sur des feuilles de salades. Mon ami Alain Weihsbach photographie de nombreux insectes et m’a refilé quelques unes de ses photos dont les textures composent l’armure de la Princesse Inana. Le look final de nos héros intègre divers éléments comme des morceaux de moulinets de pêche ainsi que des morceaux de caméscopes". Avec ses 750€ de budget, mis de sa poche, et de l'ingéniosité, David Guivant a donc réussi un coup d'éclat qu'il va tenter de reproduire bientôt avec d'autres projets. "Mon projet suivant est déjà entamé : une adaptation de Module ✧ d'Action ✧ Secrète ✧ Kommando (M.A.S.K), dessin animé culte des années 80. Le tournage s'est achevé en février 2012, et la sortie devrait avoir lieu en 2016."

CAPTAIN FUTURE de David Guivant

Pour découvrir toutes les autres vidéos de David Guivant, cliquez sur le lien suivant :

http://vimeo.com/guivant/videos

CAPTAIN FUTURE de David Guivant

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Rédigé par Gib

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