Publié le 1 Janvier 2016

INTERVIEW : JOHN MCNAUGHTON

Pour fêter cette nouvelle année, quel plus beau cadeau que l'interview d'un des plus grands réalisateurs américains de notre époque ? Avec ses films, John McNaughton a révolutionné différents genres. Le film de tueurs en série avec le cultissime "Henry : Portrait d'un tueur en série", le thriller avec "Sexcrimes", le film de gangsters avec "Mad Dog and Glory"... Dans cet entretien, M. McNaughton revient sur tout cela et parle aussi de son dernier film, encore inédit en France : "The Harvest". En attendant son nouveau film actuellement en tournage : "Carny Kill".

To celebrate this new year, what better gift than an interview with one of the greatest American filmmakers of our time? With his movies, John McNaughton revolutionized many genres. The serial killers movies with the cult film "Henry: Portrait of a Serial Killer," the thriller with "Wild Things," the gangster movies with "Mad Dog and Glory" ... In this interview, Mr. McNaughton returns on this and also talks about his latest film, still unpublished in France: "The Harvest". Meanwhile his new film currently shooting "Carny Kill".

1/ Quel était votre état d’esprit quand vous avez realisé “Henry : Portrait d’un tueur en série” ?

Je voulais montrer de quoi l’être humain est capable. C’est la direction que je voulais prendre avec "Henry". Le fantastique, c’est bien mais d’autres le font mieux que moi. Je voulais m’approcher et toucher la noirceur humaine. C’est plus horrible… hum… Si vous regardez Jason, si vous regardez Freddy, quand vous allez dans le surnaturel, vous savez que quand vous quittez le cinéma, Freddy ne sera pas là à vous attendre. Il n’existe pas. Henry pourrait être dans la vie réelle, il pourrait exister. Quand vous quittez le cinéma, il pourrait vous attendre sur le parking. C’était ça l’idée. C’est un film d’horreur et qu'est ce qui est le plus effrayant ? Les choses de la vie quotidienne ! Utiliser la normalité.

1/ What was your state of mind when you have shot “Henry : Portrait of a serial killer”?

I wanted to show what human people are capable. That the direction we wanted with Henry. Fantastic is fine but other people do it better like me. I wanted to approach and touch human darkness. It’s more horrific…hum… if you do Jason, if you do Freddy, when you go in the supernatural, you know when you leave the theater, Freddy is not there waiting for you. He doesn’t exist. Henry could be in real life, he could be existing. When you leave the theater, he can wait for you on the parking. That was the idea. It’s an horror movie so what is the most horrific thing? It’s the normal tricks. Use the normal.

2/ Comment êtes vous arrivé sur le projet de “Henry” ?

Je travaillais pour une compagnie, MPI, qui existe toujours. Ils ont travaillé très tôt dans le business de la vidéo. Ils ont acheté les droits pour dupliquer des films d’horreur en cassettes VHS et les revendre. Ils faisaient ça très bien puis ils ont décidé d’investir 100 000$ pour faire un film d’horreur donc ils m’ont donné l’argent et je leur ai donné un film d’horreur !

2/ How did you get the project of “Henry”?

I was working for a company, MPI, they still exist, they worked very early into the video business. They buy rights for horror film to duplicate on VHS tapes and selling them. Doing very well. They decided to invest 100 000 $ to make an horror film so they gave 100 000 $ and I gave them an horror film !

3/ Le film a été longtemps censuré. Comment avez-vous vécu cela alors que c’était votre premier long métrage ?

« Henry » a hérité d’une classification X aux Etats-Unis mais n’a pas été censuré, interdit. Les gens du studio voulaient faire des coupes pour avoir une meilleure classification et pour mieux vendre le film mais la MPAA, qui classe les films, a décidé qu’on ne pouvait rien faire pour le rendre acceptable pour eux. C’est un film classé X et ce le sera toujours, intrinsèquement. Mais dans d’autres pays, par exemple, en Angleterre, en Suède, le film a eu des coupes et je n’ai rien eu à voir avec ça. Je pense que maintenant, depuis plusieurs années, tous les pays peuvent voir le film dans sa version non censurée.

3/ the movie has long been censored, how did you feel knowing that it was your first feature film?

"Henry" had a X rated on United States but not a censure. People wanted to make cuts, to have a better rating and sell more but the MPAA, who rate movies, decide that we can’t do nothing to make it acceptable to us. It’s an X rated film and it’s always be an X rated film. But in other countries, for exemple, in UK, in Sweden, they got cut and I have nothing to do with that. I think now, since every years, every country can see the original film uncensored cut.

 

Image tirée du film "Henry : Portrait d'un tueur en série".

Image tirée du film "Henry : Portrait d'un tueur en série".

4/ Je pense que la raison pour laquelle “Henry” est le plus important et le meilleur film de tueur en série est parce qu’il est très réaliste…

Je n’avais jamais vu de film de tueur en série comme cela auparavant… Peut-être « Peeping Tom ». Michael Powell a fait ce film dans les années 60, à la même époque que « Psychose » mais je pense que nous avons lancé la mode des films de tueurs en série et d’ailleurs, je n’en ai jamais fait un autre, personnellement, mais c’est intéressant de voir que d’autres personnes ont fait des films de tueurs en série et ont copié « Henry ». Mais mon dernier film « The Harvest », disponible uniquement en Angleterre et aux USA pour le moment, parle de la « moisson » d’organes humains. Quelques temps après, Jerry Bruckheimer et Spike TV ont développé une série télé appelée « Harvest » (rires). J’ai essayé de faire quelque chose que je n’ai jamais fait avant, quelque chose de nouveau et personne n’a jamais montré le transfert d’organes humains à d’autres ou pour les vendre mais c’est quelque chose qui a lieu couramment dans le monde ! J’ai trouvé ça impressionnant à quel point Bruckheimer a été rapide pour faire sa série. Je sentais que le film allait lancer une tendance et que ça pourrait aller vite mais je ne pensais pas que ce serait si rapide. Aussi, avec « Mad Dog and Glory » avec Robert De Niro, Bill Murray et Uma Thurman, nous avons fait le premier film à propos de scènes de crimes policières et après cela Bruckheimer a fait « Les Experts ». Alors, vous faites des films précurseurs et d’autres arrivent et imitent.

4/ I think the reason why “Henry” is still the most important and better serial killer movie is it’s the more realistic…

I haven’t seen serial killer movie like that before… Maybe “Peeping Tom”. Michael Powell made that film in the 60’s in the same time of “Psycho” but I think we started the trend of serial killer movies and I never made another one. But it’s interesting that many others people done serial killer movies and many copy that. But my new film “The Harvest” available only in Uk and US for the moment is about harvesting human organs… Jerry Bruckeimer and Spike TV are developing a TV show called “Harvest” (laugh). So I tried to do something I have never seen before, something new and no one really done to show up about harvesting people organs to others or to sell but it’s something is going on in the world very much. I find interesting this quickly that Bruckeimer and Spike doing a show. I felt a new movie will launch a trend and it will be very soon but I didn’t expected that happen so fast. In “Mad dog and glory” with Robert De Niro, Bill Murray and Uma Thurman, but it was the very first movie about crime scene cops and after Bruckheimer made CSI. So you do movies before and others coming and imitate.

5/ Vous tournez la plupart de vos films en 35mm. Votre dernier film dont vous venez de parler, "The Harvest" est lui aussi tourné en 35mm. Pourquoi avoir choisi ce format ?

Pour “The Harvest”, nous avions une reunion d’équipe prévue à New York juste après le passage de l’ouragan Sandy et, du coup, on ne pouvait pas voyager. C’était difficile pour la production car nous étions obligés de rester à l’hôtel. Nous avions des iphone et nous avons communiqué par iphone depuis l’hôtel et avec d’autres personnes par Skype. Rachel Morrison, la directrice de la photographie, était en Espagne et nous discutions sur Skype. Rachel voulait que l’on tourne en 35mm alors nous l’avons fait. C’était une victoire. C’est la raison pour laquelle je suis content d’avoir réalisé ce film. Parfois, c’était difficile, il se passe ce qu’il se passe, il n’y a pas de process en labo supplémentaire mais le film est magnifique, le film est superbe. Pour moi, c’est un film sur les personnages, leur performance et la connexion qui a lieu entre eux et le public. Je suis content d’avoir tourné dans ce format et je pense que c’est mon « au revoir » au 35mm. Il n’y a plus beaucoup de processus comme cela aux Etats-Unis. J’ai travaillé avec ce format depuis longtemps, j’ai fait un documentaire avec George Condo que j’ai tourné avec des vieilles caméras digitales. L’homme qui finançait « The Harvest », Gerald Kessler, a insisté pour tourner en 35mm. J’étais heureux. C’est mieux mais cela coute plus cher, c’est plus long… Plusieurs personnes me disait «que fais-tu ? Tu gaspilles de l’argent ! blablabla”. J’ai dit “hey, ce n’est pas votre argent ! Si je veux le gaspiller, ce n’est pas vos affaires !”.

5/ you shot most of your movies in 35mm. Your last movie "The Harvest" is on 35mm. Why did you choose this format ?

For “The Harvest”, with the cinematographer, Rachel Morrison, because we had a meeting crew in New York, just after the hurricane Sandy in NY, we couldn’t travel. It was really difficult for the production because we stayed at the hotel, the town had no power. So we had an iphone and we communicated by iphone on the hostel and with many crew members on skype. Rachel Morrison was in spain and we talked on skype. Rachel wanted to shot the movie in 35mm and we did it. It was a victory. It’s why I’m really happy to shot this film. Sometimes it’s difficult, it is what it is, there is no process in labs anymore, but film is gorgeous, film is beautiful. To me it’s about the characters and the performance and the audience connect to them. I’m happy to have shot in this format and I think this film is my “good bye” on this format. There is no more process like that in United States. One of the reason, I did make a film so I was really working with the old digital. I made a documentary I shot with very old digital cameras with George Condo and I like that. The man who give money for “The Harvest”, Gerald Kessler, insist that we shoot in 35mm. I was happy. It’s better but it’s cost more, it’s slower… Many people told me “what are you doing? You wasting money, blablablabla !”. I said “hey, it’s not you money! If I want to waste it, it’s not your business!”. I remember,

 

Image tirée du film "The Harvest"

Image tirée du film "The Harvest"

6/ Votre dernier film “The Harvest” est toujours non distribué en France. Pouvez-vous nous dire quand il sera distribué ?

C’est complètement indépendant de ma volonté. Un homme finance le film donc il n’y a pas de compagnie de distribution. Donc, nous avons fini le film et nous devions le vendre. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait avant. Avant, je faisais des films pour une compagnie et elle le vendait. Un homme a apporté l’argent, un homme génial, son nom est Gérald Kessler. J’ai vu le film à minuit en Amérique, il était diffusé dans deux cinémas et la compagnie « Shock Factory » a vendu les droits vidéo à quelqu’un en Angleterre. Alors je ne sais pas quand le film sera distribué en dehors des US et de l’Angleterre. Eventuellement, comme Jerry Bruckheimer et Spike TV ont fait une série sur le même sujet, je suppose que mon film sera disponible en vidéo quand la série télé arrivera en France. Je ne sais pas quand…

6/  Your last film "The Harvest". This movie is still unpublished in France. Do you know when it will be available in France?

It’s made completely independent of me. One man finance the movie so there was no company for distribution. So, we finished the movie and we had to sell it which it’s something I never had to do before. Before, I made movies for company and they sell it. A man pull up the money, a wonderful man, his name is Gérald Kessler like guide two weeks before the movie was release. I have seen midnight in America for they released in two theaters and the company “Shock Factory” selling the video to somebody in the UK to have the rights. So I don’t know when the movie passes the US and the UK. Eventually, because Jerry Bruckeimer and Spike TV are making a picture about the same subject, I guess my movie will be available on video when the TV show will arrive. I have no idea when…

7/ Pouvez-vous me dire un mot sur le tournage de ce film ?

C’était un tournage difficile car nous avions des enfants. Deux enfants. Une fille de douze ans et un garçon de treize ans. Ce n’était pas difficile de travailler avec eux, ils étaient géniaux mais quand vous travaillez avec des enfants aux USA, vous devez faire moins d’heures. Un jour de travail normal est de douze heures mais les enfants ne peuvent pas travailler douze heures. Nous avions Michael Shannon, Samantha Morton, Peter Fonda et deux enfants, Natasha Calis et Charlie Tahan et c’était difficile car nous avions un grand nombre de scènes à tourner et assez d’argent pour le faire le film mais c’était très rapide et nous ne pouvions pas travailler tout le temps car les enfants ne peuvent travailler que 8 ou 9 heures par jour et Michael Shannon travaillait sur Broadway donc tous les jours, il quittait le tournage à 18 heures. Alors, nous n’avions pas le temps pour faire des erreurs ou pour aller essayer autre chose. Alors c’était très difficile, c’était intense. Ce film a un concept très intéressant, très sombre. Mais ce n’est pas gore, ce n’est pas sanglant !

7/ Can you tell me a word about the shooting of this movie ?

It was a very difficult shooting because we had children. Two children, twelve years old girl and thirteen years old boy. There was not difficult to work with them, they were great but when you work with children in the US, you have to reduce your hours. A normal day is twelve hours but children can’t work twelve hours. We had Michael Shannon, Samantha Morton and Peter Fonda and two kids, Natasha Calis and Charlie Tahan and it was difficult because we had a lot of scenes to shoot and enough money to make the picture but it was very quick and we can’t work all of the time because kids can work only 8 or 9 hours a day and Michael Shannon was working on Broadway so every day at 6pm he left the shooting. So we had no time for error or going over. So it was very difficult for the characters, it was intense. This movie has a very interesting concept, very dark. But It’s not gory, it’s not bloody !

 

Affiche du film "The Harvest".

Affiche du film "The Harvest".

8/ Avec “Sexcrimes”, vous aviez un casting incroyable. Comment était l’atmosphère sur le tournage ? Quel souvenir gardez-vous ?

Mon souvenir est que nous avions beaucoup d’argent ! (rires). Nous avions 63 jours de tournage, nous avions assez d’argent et assez de temps. Nous étions en Floride et il fait très chaud en Floride. Toujours. C’était une bonne expérience, nous avions un bon casting et une belle photographie grâce à Jeffrey Kimball. Nous n’avions pas à nous presser, nous prenions le temps qu’il fallait prendre. C’est un film que j’ai plaisir à regarder.

8/ In “Wild Things”, you had an incredible casting. How was the atmosphere on the set? What memories do you have of this film?

My memory is we had a lot of money ! (laugh). We had 63 days of shooting, we had enough money, we had enough time. We were in Florida and it’s hot ! always hot ! It was a good experience, we had a good cast and a good photo by Jeffrey Kimball. We didn’t have to rush, we had time to take the time. It’s a movie I’ll really enjoy seeing.

9/ Ce n’était pas trop difficile de diriger toutes ces stars (Bill Murray, Neve Campbell, Kevin Bacon, Denise Richards, Matt Dillon…) ?

Oui, ce sont des personnes avec beaucoup de talents et ils sont souvent très puissants dans l’industrie du cinéma. Ils ont ce qu’ils veulent et ils font ce qu’ils veulent. Vous devez savoir la direction dans laquelle vous voulez aller pour votre film car ils peuvent prendre la place du réalisateur si vous hésitez et quand vous voyez le film plus tard, c’est mauvais, ce n’est pas ce que vous vouliez. Vous avez besoin de faire attention à ce que vous leur laissez, à ce que vous leur donnez à faire mais je travaille assez avec des grands acteurs et cela se passe généralement très bien. Mais c’est toujours difficile car cela dépend de l’humeur du jour d’un acteur donc chaque jour est une aventure quand vous travaillez avec des grandes stars mais c’est pour cela qu’on vous paie donc c’est que vous devez faire !

9/ It was not too difficult to manage all of these stars (Bill Murray, Neve Campbell, Kevin Bacon, Denise Richards, Matt Dillon…)?

Yes, they are people with very big talent and they are very powerful in the industry often. They get what they want and they do what they want. But You have just to know what the direction you want for the movie because they can take directions on place of director, you will see the movie six months later and it’s look really bad ! You need to be careful what you let, you get on to do but I work enough with great actors and they are came looking very good so, generally, it’s pretty well with actors. So it’s always difficult, depending of the mood of an actor on a day. So every day is an adventure when you working with big movie stars but that what you get paid for so that what you do !

10/ Sur facebook, vous parliez d’une série TV “Sexcrimes”. Allez-vous être impliqué sur le projet ?

Nous essayons de trouver des gens intéressés pour une série télé mais Sony ne semble pas intéressé par l’idée. Ils ne voient pas l’intérêt d’une série « Sexcrimes ». J’ai parlé de cela sur facebook pour voir si les gens avaient un intérêt pour cela. J’adorerais tourner le pilote de la série télé « Sexcrimes » et être impliqué sur cette série car la sujet parle des comportements horribles des êtres humains. Ils mentent tous, trichent et je pense que l’on peut faire quelque chose d’amusant sur ce thème.

10/ On facebook, you talk about a TV series “Wild Things”. Will you be involved in the project?

We trying to get people interested for a TV show but Sony don’t seem interested by the idea. They don’t see the value of a Wild Things TV show. I talk about on facebook to see if people have an interest for that. I would love to do the pilot of Wild things TV show and be involved on that show because it’s about people just behaving terribly. They all lying, cheating each other and I think we can have a lot of fun with that.

 

Image tirée du film "Sexcrimes".

Image tirée du film "Sexcrimes".

11/ Vous avez tourné plusieurs fois avec Bill Murray. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ? On entend tellement de légendes à propos de lui.

Bill m’a appelé hier (l’interview a eu lieu le 16 aout 2015) ! Un musicien génial est à Chicago, son nom est John Prine et c’est un ami de Bill Murray et donc Bill m’a appelé hier et il m’a dit « J, Je suis avec John Prine et nous parlons à propos d’un documentaire, vous pourriez discuter et travailler avec moi là-dessus ». Bill est vraiment un mec intéressant. Je pense qu’il est à Chicago aujourd’hui car il y a deux équipes de baseball, les white sox et les Cubs. Je sais qu’il vient pour cela car il adore le sport. Je travaille sur un nouveau film avec Bill appelé « The king of Counterfeit ». J’ai travaillé avec Bill plusieurs fois car il est unique, autonome et c’est peut-être la personne la plus intelligente que j’ai pu rencontrer. Il est très intelligent et très intéressant. Et il est drôle, bien sûr !

11/ you turned with Bill Murray many times. What can you say about him? So many legends we hear about it!

Bill called me yesterday (this interview was done on 16 august 2015) ! A wonderful musician is in Chicago, his name is John Prine and is a friend of Bill Murray and Bill called me yesterday and he said “J, I’m with John Prine and we talk about a documentary, you should talk and work with me on it”. So, Bill is an interesting guy. I think is in Chicago today because of two baseball teams, the white sox and the Chicago cubs and I know he come for that because he love sports. I’m working on a new movie with Bill called “the king of counterfeit”. I work with Bill many times because is unique, individual, perhaps the smartest person I ever met. He’s really really smart and he’s a very interesting man. And funny, of course !

12/ Quel genre de scènes préférez-vous tourner ? Scènes violentes, de sexe, de suspense ?

Les scènes de sexe sont difficile. Les gens disent « hey, regarde, cette fille magnifique sans ses vêtements » (rires). Je pense qu’il n’y a rien de plus difficile pour un acteur ou une actrice que d’être nu(e) devant toute une équipe en faisant semblant d’avoir une relation sexuelle. Pour tout le monde, c’est difficile. Je pense que le meilleur est quand vous avez des scènes émotionnellement dramatiques entre deux personnes, avec un vrai jeu d’acteur. C’est le travail que j’aime faire.

12/ What do you prefer to shoot? Violent scene, sex scene, thriller scene?

Sex scene are hard and difficult. People says “oh look this beautiful girl without her clothes” (laugh). I think it nothing more difficult for an actor or an actress to be naked in front of the crew pretending they have sex. For everybody, it’s difficult. I think the best is when you have emotional dramatic scenes between two people, with really acting. That’s the work I enjoy.

 

Image tirée du film "Mad dog and glory".

Image tirée du film "Mad dog and glory".

13/ Quel est votre meilleur et votre pire souvenir sur un tournage ?

Mes meilleurs souvenirs sont sur “Mad Dog and Glory”. Quand vous êtes sur le plateau, que la caméra regarde Bill Murray et Robert De Niro, les personnes les plus talentueuses encore vivantes sur terre, que vous voyez de quoi ils sont capables et que vous êtes payé pour ça, c’est incroyable ! Je me rappelle de deux choses. La première est avec Bill Murray. Sur « Mad Dog and Glory », il joue un gangster. Bill adore faire de la comédie, du stand up et être drôle fait parti de lui mais l’idée était qu’il ne fallait pas qu’il fasse rire car c’est un gangster, c’est le boss. Vous avez Bill Murray et il doit venir sur le plateau et ne pas être drôle ! Mais c’est Bill Murray ! C’est comme si vous aviez le plus grand violoniste au monde sur scène et que vous lui demandiez de jouer du piano. C’est un combat contre toutes les fibres de son corps pour réussir à ne pas faire rire. Bill était vraiment nerveux pour tourner cette scène. Bill resistait pour ne pas être drôle et c’était un effort pour lui. Il est arrivé et il n’était vraiment pas drôle. Il était exceptionnel, c’était incroyable.

Le second souvenir est à propos de Robert De Niro. Une scène dans laquelle il est assis dans une salle de bain, juste en sous-vêtements, avec de l’argent car il est supposé acheter le personnage d’Uma Thurman. Bref, je me souviens, il était dans la salle de bain avec l’argent et nous coupons la prise. Je tente de lui parler pour lui expliquer quelque chose mais il ne me regardait pas car il était encore dans le personnage. Il voulait me parler et je parlais à Bob De Niro mais son personnage restait assis ici. La caméra continuait à tourner. Je me suis assis dans la pièce et je l’ai regardé. Je pouvais le voir, je pouvais m’entendre lui parler mais il ne me regardait pas car il était assis sur les toilettes devant son argent, il était toujours dans le personnage. C’est incroyable de voir quelqu’un qui possède ce don.

Mon pire souvenir est sur mon deuxième film “The Borrower”. Je travaillais avec une compagnie qui était entrain d’être en liquidation. Un jour, tard en soirée, j’avais besoin d’argent pour le tournage et j’avais besoin d’aller à la compagnie pour discuter et savoir ou nous allions. Donc, je prends ma voiture, je conduis sur Hollywood, sur Sunset et j’arrive sur le parking. Et il n’y avait aucune voiture dans le parking. Normalement, il y avait toujours 40 ou 50 voitures. Donc, je me gare, je marche jusqu’à l’immeuble mais il n’y avait personne. Ils avaient quitté les lieux en plein milieu de la nuit ! Il n’y avait plus de compagnie. C’était comme une ville fantôme !

13/ what is your best and your worst memory on a shoot?

My best memory is on “Mad dog and glory”. When you are on the set, when the camera watch Bill Murray or Robert De Niro, the most talented people alive on the earth and see what they are capable of doing and get paid for it, it’s pretty amazing! Two things I remember, first is with Bill Murray. In “Mad dog and glory”, he played a gangster. Bill liked to do stand up comedy and it’s the part of the fun of his character but the idea was is not funny because he’s a gangster, he’s the boss. You got Bill Murray and he has to get up on stage and be not funny. But it’s Bill Murray! It’s like you have the world greatest violinist to get on the stage and play of keys. It’s a fight against all fibers of his body. So, Bill was really nervous to shoot this scene. Bill resists to not being funny and it’s a work for him. So he get on and he’s really not funny. He’s gonna be great, it was amazing.

The second memory is about Bob De Niro. A scene who is sitting on a bathroom just in underwear with money because he’s supposed to buy Uma Thurman’s character. Anyway, I just remember, he was on the bathroom with the money and we cut and I had a talk to him to explain something but he wouldn’t look up to me because he’s still in the character. He would talk to me and I was talking to Bob De Niro but the character need to sitting there. The camera continues to turn. I’m sitting on the room and I’m watching him. I could see him, I can hear me talking to and I talking to Bob but he can’t look up to me, because is sitting on the toilet next to the money, he’s always on the character. It’s amazing to see somebody who’s got that gift.

My worst memory that I can’t remember is on my second movie “The Borrower”. I worked with a company is going to banqueroute. One day, lately afternoon, I needed money to shoot and I needed to go to the company to discuss and know where’s going on. So, I take my car, I drive on Hollywood, on Sunset and I arrived on the parking lot… And no car on the parking lot. Normally, you have 40-50 cars on the parking lot. So, I parked, I walked to the building but no one here ! They had left on the middle on the night. There is no more company. It was like a ghost town.

Merci beaucoup M. McNaughton.

Thank you very much M. McNaughton.

 

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview