Publié le 15 Octobre 2014

INTERVIEW : BILL MOSELEY

Acteur culte du cinéma horrifique, Bill Moseley a marqué de son empreinte de nombreux classiques du genre. Pour nous, il revient, entre autres, sur son arrivée sur "Massacre à la tronçonneuse 2" de Tobe Hooper ou encore sur sa transformation en Otis pour le diptyque de Rob Zombie : "La maison des 1000 morts" et "The Devils Rejects". Rencontre avec une légende.

Cult horror film actor, Bill Moseley left his mark on many classics. For us, he talked about his arrival on "The Texas Chainsaw Massacre 2" of Tobe Hooper, or its transformation into Otis for the Rob Zombie's diptych: "The house of 1000 corpses" and "The Devils Rejects". Meeting with a legend.

1/ Avant de tourner “Texas Chainsaw Massacre 2”, aimiez-vous le premier film ?

Le premier « Massacre à la tronçonneuse » a changé ma vie et m’a renversé. J’ai toujours aimé les films d’horreur mais il y a quelque chose de si cru, si réel, si brutal, si inattendu dans « Massacre à la tronçonneuse » qu’il a fait ressortir la peur hors de moi ! Je veux dire, j’étais un diplômé d’université, j’avais vu des centaines de films d’horreur mais le chef d’œuvre de l’horreur de Tobe Hooper a totalement détruit, à la fois, la paix de mon esprit et mes sentiments confortables à propos de l’Amérique rural. Je viens du Midwest, de l’Illinois et il y a beaucoup de petites stations-services le long de ces petites routes de campagne ou ils vendent du gaz, des hot dogs et des vers de terre pour la pêche. Avant « Massacre à la tronçonneuse », j’ai toujours pensé qu’ils étaient pittoresques et amusants, après avoir vu « Massacre.. », j’ai commencé à me demander qu’est ce qu’ils ou plutôt qui ils cuisinaient ici !

1) Before shooting TCM2, did you like the first movie?

The original Texas Chainsaw Massacre turned my life upside down. I had always loved horror movies, but there was something so raw, so real, so brutal, so unexpected about TCM that it scared the living hell out of me! I mean, I was a college graduate; I'd seen hundreds of horror movies; but Tobe Hooper's horror masterpiece totally destroyed both my peace of mind and my comfortable feelings about rural America. I come from the Midwest, from Illinois, and there are plenty of little gas stations along those country roads where they sell gas and hot dogs and bait worms for fishing. Before TCM, I had always thought that they were quaint and fun; after seeing TCM, I started wondering what- or who- they were cooking in there!

2/ Comment avez-vous obtenu le role de Choptop dans “Massacre à la tronçonneuse 2” ? Et quels souvenirs gardez-vous du tournage ?

En 1984, j’ai fait un court-métrage appelé "The Texas Chainsaw Manicure” tourné dans un salon de beauté. Une femme se fait coiffer puis veut une manucure. Tout à coup, Leatherface apparaît de l’arrière salle, la tronçonneuse flamboyante, et lui donne une manucure qu’elle n’oubliera jamais. Elle hurle, elle tombe dans les pommes, et quand elle reprend connaissance, elle a la plus belle manucure qu’elle n’ait jamais eu. Elle sort de la boutique, heureuse et fière, et montre ses ongles à son mari qui l’attend dans son pickup avec un morceau de fromage de tête. J’ai joué le mari, habillé et maquillé comme Edwin Neal, qui joue l’autostoppeur dans le film original. Ma partie est un caméo de 20 secondes mais j’ai du faire quelque chose de bien car quand Tobe Hooper a vu le court-métrage, il m’a engagé pour jouer Choptop, le frère jumeau de l’auto-stoppeur dans "Massacre à la tronçonneuse 2" ! Nous avons tourné "Massacre..2" au Texas, à Austin. Je me rappelle travailler de longues heures dans des conditions difficiles et j’ai aimé chaque minute. Une fois que Tom Savini et sa joyeuse bande de maquilleurs m’ont rasé le crane et transformé en Choptop, le Bill Moseley que nous connaissions est parti pour les 8 semaines suivantes, et Choptop régnait en maitre. Chaque jour apportait son lot d’histoire, je me sentais comme un enfant qui s’était enfui pour rejoindre le cirque et que le cirque me permettait de rester ! Tobe aimait mon personnage et il m’encourageait à improviser. Nous avons un peu fait le film au fur et à mesure que nous avancions et l’improvisation était importante. C’était tellement fun de rejoindre la famille « tronçonneuse ». Une fois que je suis devenu une partie de cette famille dysfonctionnel, les cannibales, toutes les peurs que j’ai ressenti en voyant le premier film ont disparu et j’étais lancé pour devenir un acteur de films d’horreur.

2/ How did you obtain the role of Topchop in “Texas chainsaw massacre 2” and what memories do you keep of this shooting?

In 1984, I made a short film called "The Texas Chainsaw Manicure," set in a beauty parlor. A woman gets her hair done, then she wants a manicure. All of a sudden Leatherface bursts from a back room, saw blazing, and gives her a manicure she'll never forget. She screams, she passes out, and when she awakens, she's got the best manicure she's ever had! She comes out of the shop, happy & proud, and shows off her nails to her husband, who's waiting for her in his pickup truck with a celebratory hunk of headcheese. I played the husband, dressed and made up like Edwin Neal, who played the Hitchhiker in the original TCM. My part was a 20-second cameo, but I must have done something right because when Tobe Hooper saw the short, he hired me to play Choptop, the Hitchhiker's twin brother, in TCM 2! We shot TCM 2 in 1986 in Austin,Texas. I remember working long hours under tough conditions and loving every minute of it. Once Tom Savini and his merry band of special effects makeup artists shaved my head and turned me into Choptop, Bill Moseley as we knew him was gone for the next 8 weeks, and Choptop ruled the roost. Every day was a story- I felt like a kid who had run off to join the circus, and the circus let me stay! Tobe loved my character, and he encouraged my improvising. We kind of made up the movie as we went along, so improvisation was important. It was so much fun to join the Saw family, and once I became a part of the dysfunctional, cannibal Sawyers, all of the fears that I felt from the original TCM melted away, and I was off and running as a horror actor!

INTERVIEW : BILL MOSELEY

3/ Maintenant, vous avez plus de 30 ans de carrière, quelles conclusions faites vous sur votre carrière ?

Les trente dernières années sont passées très rapidement. J’ai eu du fun, fait un travail satisfaisant, nourri ma famille et économisé de l’argent. Je suis impatient de voir les trente prochaines années !

3) Now, you have more than 30 years of career, what conclusions would you do about your career ?

Thirty years has passed by pretty quickly. I've had fun, done some satisfying work, fed my family and saved some money. I'm looking forward to the next 30 years!

4/ A votre avis, est ce que l’industrie des films d’horreur a changé depuis tout ce temps ?

Certes, au cours des années, la révolution numérique dans l’infographie, les caméras et le montage a permis à de plus en plus de réalisateur de faire leurs films sans un budget d’un million de dollar. La distribution de films a aussi évolué, maintenant vous avez Netflix, iTunes, etc… En plus des cinémas traditionnels. Mais les films vivent et meurent avec l’histoire, l’histoire, l’histoire. Sans une bonne histoire, toutes les technologies que vous utiliserez ne pourront sauver le film. On ne met pas de rouge à lèvre sur un cochon !

4/ Is Horror movies industry changed, in your opinion, since all this time ?

Certainly over the years the technological revolution in computer graphics, cameras and editing has allowed more and more filmmakers to make their movies without a million-dollar budget. The distribution of films has also evolved- now you have Netflix, iTunes, etc, in addition to the traditional theatrical outlets. But movies still live and die with story, story, story. Without a good story, all the technology can't save a movie. You can't put lipstick on a pig!

5/ Vous avez joué dans plusieurs films d’horreur mais dans d’autres genres de films aussi. Préférez-vous jouer dans des films d’horreur ou est-ce le même plaisir pour vous, peu importe le genre du film ?

J’aime le genre horrifique, pas seulement car j’aime effrayer les gens mais parcequ’il me fournit tellement d’opportunités de jouer différement. Je peux jouer la comédie, des drames, des scènes sexy ; Je peux être un psychopathe, un robot, une victime, un flic, un general. Quel autre genre offre autant de liberté ?!

5/ You have played in many horror movies but in other kind of movie too. Do you prefer play in horror movie or it’s the same pleasure for you, regardless of the type of movie ?

I love the horror genre, not just because I like to scare people, but because it provides me wit so many different acting opportunities! I can do comedy, drama, sexy scenes; I can be a psycho, a robot, a victim, a cop, a general. What other genre offers that much freedom?!

INTERVIEW : BILL MOSELEY

6/ Quel est votre meilleur souvenir sur un tournage ?

Je travaillais sur “Massacre à la tronçonneuse 2”, habillé et maquillé en Choptop quand une femme joliment habillée est venu sur le tournage avec son petit garçon. Quand il m’a vu, il s’est caché derrière sa mère. Elle a souri, a dit au petit garcon de ne pas avoir peur, que j’étais juste un acteur avec du maquillage. Je me suis baissé à hauteur du garçon et je lui ai murmuré à l’oreille : « Ne crois pas ça ! ».

6/ What is your best memory on a set ?

I was working on “Texas Chainsaw Massacre 2”, dressed and made up as Choptop, when a nicely dressed woman showed up on the set with her little boy. When he saw me, he hid behind his mother. She smiled, said to him not to be afraid, that I was just an actor in makeup. I leaned down to the boy, whispered in his ear, "Don't believe it!"

7/ Vous avez obtenu un role culte dans “La maison des 1000 morts” et “The Devil's Rejects” avec le personage d’Otis. Comment avez-vous obtenu le role ?

J’ai obtenu le rôle d’Otis dans les deux films de la même façon que j’obtiens chacun de mes rôles. Je lis le scénario au moins quatre ou cinq fois. De cette façon, non seulement le personnage est devenu réel pour moi mais je sais ce qu’il fait dans l’histoire, ce qu’il veut, ses relations avec les autres personnages… Avec Otis, je pensais que Rob Zombie voulait une version différente de Choptop. Je suis reconnaissant que Rob ne soit pas resté sur Choptop et m’a laissé devenir le plus sexy, plus « hardass » Otis Driftwood.

7/ You obtained an cult role in “House of 1000 corpses” and “The Devil's Rejects” with Otis character. How did you approach the role ?

I approached the role of Otis in both movies the same way I approach any role: I read the script at least four or five times. That way, not only does the character become real to me, so does the story, what he wants, his relationships with the other characters, etc. With Otis, I thought Rob Zombie wanted a different version of Choptop. I'm grateful that Rob pried my fingers off Choptop and led me to the sexier, more hardass Otis Driftwood.

8/ Combien de temps fallait-il pour le maquillage d’Otis ?

Le maquillage d’Otis était relativement rapide. Ma plus grande surprise pour Otis dans « The Devil’s Rejects » était que je pouvais laisser pousser la barbe. Dans « La maison des 1000 morts », quand Otis était un albino, je portais des lentilles de contact et un maquillage blanc. Pour les deux films, ils m’ont rasé le crane et collé les longs cheveux d’Otis. Ces cheveux, ma barbe. Longue vie Otis !

8/ How long did it take for the make up of Otis?

The Otis makeup was relatively quick. My biggest surprise for Otis in The Devil's Rejects was that I could grow a beard! In House of 1000 Corpses, when Otis was an albino, I wore contact lenses and a white makeup. For both movies, they shaved my head and glued on Otis' long hair. Their hair, my beard. Long live Otis!

INTERVIEW : BILL MOSELEY

9/ Vous avez joué dans plusieurs saga horrifiques, y’a t’il une autre saga d’horreur dans laquelle vous aimeriez jouer ?

J’adorerais jouer Edmund dans une version du Roi Lear de Shakespeare. J’adorerais travailler avec Quentin Tarantino et Guillermo Del Toro. Et j’aimerais jouer et réaliser l’un des scénarii que j’ai écrit.

9/ You played in many horror saga, Is there an another horror saga in which you would like to play ?

I'd love to play Edmund in a version of Shakespeare's "King Lear"; I'd love to work with Quentin Tarantino & Guillermo del Toro. And I'd love to act in and direct one of the screenplays I've written.

10/ Vous avez de nombreux fans en France, aimeriez-vous tourner un film en France ?

J’aimerais faire un film en France. J’aime Paris, j’ai visité les catacombes et le cimetierre du Père Lachaise quand j’étais la bas avec Sid Haig. J’aime le cinéma français, la littérature française donc si vous voulez m’engager pour votre film, je serais ravi !

10/ You have a big fan base in France, would you like to turn in a movie, in France ?

I would love to do a movie in France. I love Paris, visited the catacombs and Pere LeChese cemetery when I was there with Sid Haig. I love French cinema, French literature, so if you want to hire me for your movie, I would be delighted!

11/ Quels sont vos prochains projets ?

J’ai plusieurs films sur le point de sortir. J’ai fait deux films avec Kane Hodder. « Old 37 », à propos de deux frères qui conduisent une vieille ambulance et arrivent sur les lieux d’accidents avant la vraie ambulance et « Charlie’s Farm », que nous avons tourné en Australie, à propos d’un garçon déformé, Charlie, qui a grandit dans une géante machine à tuer. Je joue son père ! Comme autres films que j’ai fait récemment, il y a « The Possession Experiment », « Almost Mercy », « The Church », « Sisters » et un épisode de la nouvelle serie SyFy « Z Nation » avec le « Z » pour, comme vous pouvez le deviner, Zombies !

11/ What are your next projects ?

I have several movies about to come out. I did two films with Kane Hodder: "Old 37," about two brothers who drive around in an old ambulance and arrive at the accident sites before the real ambulance; and "Charlie's Farm," which we shot in Australia, about a deformed boy, Charlie, who grows into a giant killing machine. I play his father! Other films I've done recently include "The Possession Experiment," "Almost Mercy," "The Church," "Sisters," and an episode of the new SyFy series "Z Nation," with the "Z" standing for, you guessed it, zombies!

 

Merci beaucoup M. Moseley.

Thank you very much M. Moseley.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 6 Octobre 2014

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Internet n'est pas seulement un outil pour trouver des partenaires sexuels en moins de temps qu'il en faut pour réchauffer un plat de ravioli au micro-ondes ou encore pour regarder des vidéos de chat ou de mecs qui se versent des seaux de glaçons sur le crâne. Non, Internet sert aussi aux jeunes réalisateurs à faire découvrir leurs œuvres au plus grand nombre. Des œuvres souvent réalisées avec peu de moyens mais avec beaucoup de passion et dont le résultat est parfois bluffant. C'est le cas de "Captain Future", un trailer hommage à notre cher "Capitaine Flam", réalisé par David Guivant, déjà responsable d'un excellent fan-film "Iron Man". Avec quelques centaines d'euros, une salle d'Histoire/Géo et des compagnons courageux, il a réussi à livrer deux minutes d'image à l'esthétique impeccable. Le jeune réalisateur nous explique la genèse de ce projet un peu fou qui se déroule cinq ans après les évènements du dessin animé .

CAPTAIN FUTURE de David Guivant

Fan de dessins animés japonais, David Guivant et son équipe d'acharnés ont voulu réaliser leur film dans la pure tradition du soleil levant. "Nous avons voulu le faire façon Tokusatsu avec un costume et une armure physique, façon X-OR, qui a été bel et bien fabriquée. Mon ami Sculpteur Abel Lasserre qui a autrefois fabriqué une armure de Boba Fett et Dark Vador s’est attelé à la tache. On a étudié soigneusement les épisodes de San Ku Kai, X-or et lors de mes voyages à l’étranger j’ai pu ramener quelques storybooks de Kamen Rider 555 (Achetés dans les Kinokuniya bookstores) pour pouvoir créer notre propre armure du Capitaine Flam." Un vrai costume donc mais, quand les moyens sont limités, il faut savoir faire preuve de malice et user du système D. "Pour le tournage nous avons opté pour une combinaison de plongée recouverte de morceaux de feuilles brillantes. Pour la lampe façon Iron Man sur son torse, j’ai pris un tuperware et collé sur son torse. Le costume de Mala a été fait avec du tissus bordeaux, pour la partie cuir, notre costumière Marie-Thérèse qui a l’habitude de faire des costumes pour ses enfants cosplayers, a tout simplement découpé une petite partie de son canapé. (Façon Tokusatsu fauché)".

Concernant les effets spéciaux, le réalisateur a bien sûr travaillé avec l'informatique "La post-production a été entièrement réalisé en 2D, (Aucune 3D n'a été utilisée) suivant les traces du réalisateur Kazuaki Kirya (Casshern, Goemon) où le monde réel et le manga se fusionnent entre eux. Les logiciels Photoshops et After Effects sont utilisés pour les trucages". Plus original, certains effets spéciaux ont été réalisés de façon beaucoup plus archaïque mais tout aussi efficace ! Lorsqu'on lui demande quelques exemples, David Guivant est intarissable : "Le monde de Captain Future est entièrement composé de textures organiques. Notre savoir faire limité sur les tokusatsus m’a poussé de voir du côté de l’Amérique ! Pourquoi pas combiner le savoir faire de plusieurs cultures? L’équipe de George Lucas a elle même utilisé des pommes de terre pour les astéroïdes de l’Empire Contre Attaque ! Pourquoi pas nous? Une boule de glace vanille sert de planète, les astéroïdes dans un des plans sont en faite des nuggets de poulet. Des crêpes fabriquées maison, servent de texture pour les paysages déserts et lunaires de la base spatiale du Capitaine Flam. L’effet d’hyper espace est obtenu en appliquant un flou radial (en mode Zoom) sur des feuilles de salades. Mon ami Alain Weihsbach photographie de nombreux insectes et m’a refilé quelques unes de ses photos dont les textures composent l’armure de la Princesse Inana. Le look final de nos héros intègre divers éléments comme des morceaux de moulinets de pêche ainsi que des morceaux de caméscopes". Avec ses 750€ de budget, mis de sa poche, et de l'ingéniosité, David Guivant a donc réussi un coup d'éclat qu'il va tenter de reproduire bientôt avec d'autres projets. "Mon projet suivant est déjà entamé : une adaptation de Module ✧ d'Action ✧ Secrète ✧ Kommando (M.A.S.K), dessin animé culte des années 80. Le tournage s'est achevé en février 2012, et la sortie devrait avoir lieu en 2016."

CAPTAIN FUTURE de David Guivant

Pour découvrir toutes les autres vidéos de David Guivant, cliquez sur le lien suivant :

http://vimeo.com/guivant/videos

CAPTAIN FUTURE de David Guivant

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Rédigé par Gib

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