Publié le 31 Mars 2013

CITADEL - LA CRITIQUE

Alors qu'il rejoint sa fiancée, enceinte jusqu'au cou, Tommy assiste impuissant (car bloqué dans un ascenseur !) à l'agression de cette dernière qui y laissera sa peau non sans avoir, au préalable, accouchée du marmot. Devenu agoraphobe suite à cet évènement, le jeune veuf et père de famille va devoir affronter, de nouveau, les agresseurs de sa femme, à l'intérieur de son appartement mais surtout dans la citadelle ! Voilà pour le pitch de "Citadel", petit film d'horreur irlando-britannique qui se paye une bonne réputation suite à ses multiples passages dans les divers festivals de films d'horreur / fantastique. Réputation pas usurpée puisque "Citadel", sans être un chef d'oeuvre, est un film marquant qui arrive à angoisser et à atteindre psychologiquement le spectacteur. Une belle réussite !

CITADEL - LA CRITIQUE

La première chose qui rend ce film si angoissant est son scenario (ou tout du moins sa base) ancrée dans la réalité. Quoi de plus normal puisque le réalisateur, Ciaran Foy, a puisé cette histoire dans son propre vécu. En tous cas, la flippe de se retrouver seule dans une ruelle glauque isolée en pleine nuit est très bien retranscrite et le climat oppressant du film ainsi que ses paysages urbains lugubres (voitures brûlées, immeubles délabrés) font leur petit effet. Deuxième point, la frontière entre la folie du personnage et ce qu'il se passe vraiment est toujours floue, on s'approche parfois de ce que l'on ressent à la vision de "Bug" de William Friedkin. Un suspense maintenu pendant un long moment et laissant longtemps plusieurs questions en suspens : L'agoraphobie de Tommy engendre-t-elle un état paranoïaque ? Qui sont ces "délinquants" ? Pourquoi reviennent-ils "hanter" Tommy ? Des interrogations qui trouvent leurs réponses dans la dernière partie du film. Réponses plutôt bien trouvées (malgré des dialogues parfois un peu lourdingues) mais qui plaieront à certains spectacteurs et pas à d'autres comme le sont quasi-toujours les twists et autres révélations de films d'horreurs.

CITADEL - LA CRITIQUE

Le film arrive donc à maintenir une tension palpable pendant quasiment 84 minutes et cela, aussi, grâce à une mise en scène jouant avec les ombres et la suggestion de manière efficace et réussissant à rendre le malaise du personnage principal visible à l'écran. Personnage magistralement interprété par Aneurin Barnard, qui porte le film sur ses épaules voûtées par la peur. Comme quoi, sans grand moyen, on peut réussir à distiller un climat oppressant et qu'il n'y a pas besoin d'avoir de grands monstres en CGI pour impressionner : les "racailles" capuchées, se déplaçant un peu à la manière des infirmières du jeu "Silent Hill", arrivent à vous glaçer le sang à chacune de leur apparition sans pour autant être démonstratifs. Comme vous pouvez vous en rendre compte, "Citadel" est un film que je vous conseille vivement de voir (une nuit, lumières éteintes de préférence) et qui saura vous faire flipper même si on pourrait lui reprocher quelques longueurs, des dialogues pas toujours très fins et un finish beaucoup moins flippant que le reste du film.

Ma note : 7.5/10

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Rédigé par Gib

Publié dans #Critiques

Publié le 29 Mars 2013

THE CONJURING - PREVIEW

L'excellent James Wan (ici en photo avec moi même), réalisateur de "Saw", "Dead Silence", "Deah Sentence" et "Insidious" revient avec "The Conjuring" dont voici une très jolie affiche. Après le succès de "Insidious", Wan reste dans la même lignée : le film d'angoisse et de maison hantée. La bande annonce semble prometteuse, on espère juste que les jump scares seront évités et que le scénario sera à la hauteur. Pour la mise en scène, pas trop d'inquiétude connaissant le personnage. Bref, "The Conjuring" va donc devoir surpasser "Insidious" mais aussi et surtout "Sinister" ! A suivre...

THE CONJURING - PREVIEW

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Rédigé par Gib

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Publié le 25 Mars 2013

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

Ce dernier mois a été riche en rencontres et en bon moments ! Après m'être entretenu avec des réalisateurs de films funs/gores français (Richard J. Thomson, Jean-Marc Vincent ) et américains (Drew Bolduc), il fallait bien boucler ce tour d'horizon en passant par le Japon, terre de toutes les folies et de films étranges par excellence. Pour représenter le pays du soleil levant, il ne pouvait y avoir que Yoshihiro Nishimura, le réalisateur des cultissimes "Tokyo Gore Police", "Vampire girl Vs Frankeinstein girl" & "Hell Driver" et fidèle artisan sur les films de Noboru Iguchi (Zombie Ass, Dead Sushi...). Let's go !

This past month has been full of encounters and good times! After talking with french (Richard J. Thomson, Jean-Marc Vincent) and American (Drew Bolduc) funny/gory filmmakers, it was necessary to complete this overview through Japan, the land of crazy and strange movies. To represent Japan, the only one is Yoshihiro Nishimura, director of cult movies "Tokyo Gore Police", "Vampire Girl vs. Frankenstein Girl" & "Hell Driver" and make up director for Noboru Iguchi movies (Zombie Ass, Dead Sushi ...). Let's go!

1/ Bonjour Nishimura-San. Vous êtes réputé pour vos effets spéciaux, que vous réalisez pour vos films mais aussi pour ceux de Sono Sion & surtout de Noboru Iguchi, par exemple. Comment créer vous vos effets et surtout comment faites vous pour avoir autant d’idées visuelles ?

Yoshihiro Nishimura : Je connais Sono Sion depuis l’époque où nous faisions des films amateurs indépendants. J’étais en charge des maquillages et de la modélisation lorsqu’il réalisait les films, ce qui a fait de moi un professionnel du maquillage et de la modélisation. Alors, comme un réalisateur, je peux et doit avoir un point de vue objectif sur la globalité de la production depuis le département maquillage. Je ne veux pas faire des effets qui ne sont pas nécessaires quand je travaille sur un film à petit budget.

1/ You are considered for your special effects, that you realize for your movies but also for Sono Sion & Noboru Iguchi’s Movies, for example. How to create and imagine you these effects ?

I've known Sion since we were amateur (indie) filmmakers. I took charge of special make-up and modeling when he was directing his film, and that made me become a professional make-up & modeling artist. So, like as a director, I can take an objective view of entire production when I think of the make-up department. I don't want to do unnecessary work when I'm doing low-budget film.

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

2/ Les membres de « Sushi Typhoon », dont vous faites parti, sont considérés comme la nouvelle vague du cinéma japonais mais aussi comme des trublions. Que ce soit vos réalisations (Tokyo Gore Police) ou celles de Noboru Iguchi (Dead Sushi), qu’est ce qui vous donne envie de réaliser des films aussi étranges ? Pensiez-vous que vos films deviendraient des films cultes, particulièrement en Europe ?

Qui a dit que j’étais un trublion ?? Je ne le suis pas ! Je suis toujours sérieux quand je réalise mes films ! De plus, vous ne pouvez pas faire de films cultes à la demande. C’est jusque que soit je suis fou de faire ces films soit vous êtes fous parce que vous aimez mes films. De toutes façons, je suis une personne normal.

2/ The “Sushi Typhoon” members (whom you) are considered as the new wave of J-Horror but also as troublemakers. Who tempts you to make movies so strange ? Did you think that your movies would become cult movies, particularly in Europe ?

Who said I'm a troublemaker?! I'm not! I'm always serious when I make my films! In addition, you can't make cult movie on purpose. It's just that whether I'm crazy because I make such films, or you are crazy because you like my films. Anyway, I'm a normal person.

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

3/ Prochainement va sortir « Mememe no Kurage » (Jellyfish eyes) sur lequel vous avez travaillé avec Takashi Murakami (qui a lui aussi beaucoup fait parler de lui en France pour ses sculptures exposées à Versailles), quel a été votre rôle sur ce film ? Comment s’est passé le travail avec Murakami-san ?

Je suis en charge de conseiller le réalisateur, d’écrire le scenario, de faire le storyboard, d’editer et de produire. Mr. Murakami et moi étions d’accord l’un avec l’autre alors le tournage s’est très bien passé. C’est un film pour enfant. Gardez un oeil dessus !

3/ Soon, In April, “Mememe no Kurage” will be in cinema. You have worked with Takashi Murakami on this movie. Which was your role on this movie? How was the work with Murakami-San ? The movie seems completely different from your previous movies.

I took in charge of "Advisor for director", "Script writing", "Story board", "Editing", and "Producer". Mr.Murakami and I agree very well with each other, so the shooting went smoothly. It's a movie for children. Please look forward to it!

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

Qui a dit que j’étais un trublion ?? Je ne le suis pas ! Je suis toujours sérieux quand je réalise mes films !

Yoshihiro Nishimura

4/ Vous êtes en tournage d’un film nommé « The profane exhibit » avec plusieurs autres réalisateurs ? Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ? Avez vous rencontré les autres réalisateurs ?

Le theme pour le segment que j’ai realisé est le “Ramen”. Le ramen est populaire en France aussi, n’est-ce pas ? En réalité, je cuisine mes propres Ramen. Je fais même de la soupe avec les os de porc. C’est très bon ! Le chef de l’enfer vient pour vous tuer !! (rires). J’ai rencontré Uwe Boll and Nacho !!

4/ Your next shooting for “The Profane Exhibit” is a movie with others directors. Could you give us more information about this project ? Did you meet this others directors ?

The theme for the one I did is "Ramen"! Ramen is popular in France as well, isn't it? I actually cook my own Ramen. I even make soup from pork bone. It's really good! The chef from hell is coming to kill you!! I met Uwe Boll and Nacho……..!!!

5/ Quels est votre film culte et vos sources d’inspirations ?

La montage sacrée. Un jour, je voudrais être un "cartoonist" comme Alejandro Jodorowsky.

5/ What is your cult movie and your influences?

Holy Mountain. Someday, I wanna be a cartoonist like Alejandoro Jodorowsky.

Thanks Nishimura-San.

Special thanks to Nanae for her help !

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

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Rédigé par Gib

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Publié le 18 Mars 2013

Pour fêter la sortie d'Eject en DVD (ainsi que la re-sortie de "Jurassic Trash"), le producteur et scénariste Julien Richard Thomson ainsi que le réalisateur Jean-Marc Vincent avaient fait le déplacement pour signer des exemplaires des films dans la boutique Movies 2000 à Paris. Vous allez me dire que je parle encore de Thomson et Vincent sur mon blog, vous allez même peut être penser que j'ai des parts chez Jaguarundi, et bien non (même si j'avais mis de l'argent pour feu-Hékatombe sur un site de production communautaire) ! Mais que voulez-vous, quand on aime, on ne compte pas le nombres de posts ! Et puis, c'est le cinéma que j'affectionne ! Si vous voulez un article sur "Boule et Bill", y'a plein d'autres sites pour ça !

RJT et Jean-Marc Vincent à Movies 2000 !
RJT et Jean-Marc Vincent à Movies 2000 !

Bref, revenons à ce beau samedi de mars. C'est avec un accueil chaleureux et des vannes dignes d'Eject que les créateurs du film ont reçu les nombreux fans qui avaient fait le déplacement. Pour l'occasion, le maître des lieux, Jean-Pierre Putters, avait même fait quelques macarons ! Personnellement, j'ai eu droit à une accolade avec Jean-Marc Vincent et à une dédicace personnalisée, sur la jaquette de "Jurassic Trash" de la part de Richard Thomson. C'est pas beau ça ? Pour couronner le tout, j'ai pu discuter avec Benoît Gourley (le lieutenant Joubert) et Joelle Hélary (Lulu), pour mon plus grand plaisir de cinéphile ainsi que prendre plein de photos avec toute la bande.

Car oui, d'autres membres de l'équipe d'Eject sont venus à la dédicace ! De manière non exhaustive, on peut donc citer : Pascal Sellem (le célèbre humoriste et acteur principal du film), Rurik Sallé (le journaliste ex-Mad Movies maintenant à Métaluna mais aussi comédien dans Dead Shadows et plein d'autres trucs cools), Benoit Gourley (formidable lieutenant de police !), Joelle Hélary (Lulu), Tchany Thi et Anksa Kara (actrices d'Eject et de films X), François Bernaud (compositeur), Alexis Wawerka (effets spéciaux) et plein d'autres... dont Eduardo, le chanteur de "Je t'aime le lundi" qui jouait dans "Jurassic Trash". D'ailleurs, voici une petite photo de famille que j'ai piqué sur facebook à un certain Martial, j'espère qu'il ne m'en voudra pas ! Merci en tous cas.

RJT et Jean-Marc Vincent à Movies 2000 !
RJT et Jean-Marc Vincent à Movies 2000 !

Une après-midi pleine de rencontres, de bonne humeur et de cinéphilie dans un lieu mythique de la capitale. Grand merci à tous pour leur accueil et leur proximité. En espérant recroiser ces énergumènes au plus vite et surtout en espérant voir de nouveaux films de leur part, sous peu ! On prie pour que "Bloody Flowers", le dernier film de RJT, sorte enfin. On croise les doigts pour que le projet à la Peckinpah (dont parlait Jean-Marc Vincent dans l'interview sur ce même blog) voit le jour. En attendant, maintenant, on a les DVD de "Jurassic Trash" et de "Eject" pour se ronger le frein !

RJT et Jean-Marc Vincent à Movies 2000 !
RJT et Jean-Marc Vincent à Movies 2000 !
RJT et Jean-Marc Vincent à Movies 2000 !

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Rédigé par Gib

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Publié le 13 Mars 2013

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

Pour fêter la sortie DVD de son nouveau film "Eject", une comédie horrifique et parodique du film "Rec" avec Pascal Sellem et Rani Bheemuck (entre autres), Jean-Marc Vincent revient sur ce tournage épique et sur sa collaboration avec le mythique producteur Julien Richard Thomson.

Et comme on n'allait pas le laisser partir si vite, le réalisateur nous parle aussi de sa vision de l'évolution du cinéma de genre, des critiques cinéma, de ses premiers films avec Thierry Fremont, Tom Novembre, Bruno Solo et ... Jean-Pierre Coffe ainsi que de ses futurs projets. Le tout avec franchise et humour. Elle est pas belle la vie?

1/ Bonjour Jean-Marc, pouvez-vous nous dire quelques mots pour vous présenter et introduire cette interview ?

Bonjour. Je m'appelle Jean-Marc Vincent. Je suis né au siècle dernier entre les plaines de Picardie et les sommets de la chaîne du Mont Blanc, l'année où le gros Demis Roussos chantait Rain and tears avec ses "Enfants d'Aphrodite". J'étais prédisposé à faire carrière dans l'équitation, jusqu'à ce qu'un accident assez grave ne ruine mes ambitions équestres. J'ai alors opté pour ma seconde passion, le cinéma, et je m'y suis lancé dès le bac en poche. Tour à tour dans la presse cinéma (magazine Starfix de 87 à 91), puis dans le jeu vidéo (où j'ai réalisé Urban Runner, le tout premier jeu 100¨% en vidéo), c'est en 1999 que je réalise mon premier court : NOEL ET LES GARCONS, une comédie avec Jean-Pierre Coffe en Père Noël revanchard face à Bruno Solo, Tom Novembre et Benoit Gourley. Un film de moins d'un quart d'heure qui a eu un chouette succès à chacune de ses diffusions sur Canal Plus.
Ensuite j'ai fait WOLFPACK, avec Thierry Frémont et Richard Sammel combattant des lycanthropes dans une base en ex Yougoslavie (gros succés chez les anglo-saxons avec ce film) et puis FAUX DEPART, un polar noir avec Bruno Solo et Elef Zack, qui a été sélectionné en 2006 au Festival du Film Policier de Cognac.
3 courts explorant trois genres différents. Ce qui va, par la suite, être un peu ma marque de fabrique : explorer des univers différents, mais à chaque fois en y apportant certaines de mes préoccupations de base (la notion d'individu face au groupe, l'irruption de l'élément fantastique dans la normalité, etc...). Ensuite j'ai réalisé LADY BLOOD (sorti en 2009) et EJECT (sorti il y a quelques jours en DVD !)


2/ Vos œuvres sont tournés vers l’horreur et plus généralement vers le genre, d’où vous vient cette passion pour ce cinéma ? Quels réalisateurs vous ont inspiré ?
Je pense que tout film est un film de genre en soi. Mais si l'on devait rester dans les genres qui nous intéressent, oui, bien entendu, parce que j'ai grandi avec Mad Movies, Starfix et l'Ecran Fantastique, je suis naturellement prédisposé à m'intéresser au ciné d'action, d'aventure, fantastique ou SF.
Les réals qui m'inspirent le plus aujourd'hui sont : Jean-Pierre Melville, Don Siegel, Sam Peckinpah, John Ford, Clint Eastwood, et donc naturellement John Carpenter, James Cameron, John Mc Tiernan et Michael Mann. Mais la liste est beaucoup plus longue. Julien Duvivier, Marcel Carné, François Truffaut, Steven Spielberg, Joe dante ou Gérard Oury ont autant d'importance que Kim Jee-woon, Neil Marshall, Xavier Gens ou Paul Verhoeven. C'est terrible cette question, car je suis certain d'en oublier plein !


3/ Comment vous êtes vous retrouvé sur le projet « Lady blood » ?
Je n'ai pas envie de parler de Lady Blood. Ce film appartient au passé, et ce qui m'importe plus que tout au monde, c'est de vivre le présent et de préparer l'avenir. D'autre part une procédure est en cours au Tribunal à propos de Lady Blood. Tu comprendras que je n'ai pas envie de m'arrêter sur le sujet...
INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

J'ai coutume de penser qu'un tournage, ça commence comme une bande, ça continue comme une colonie de vacances, et ça se termine comme un hopital psychiatrique. Ben là (sur Eject) on est passés tout de suite à l'HP !

Jean-Marc Vincent

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

4/ Par la suite, vous êtes choisi comme réalisateur pour « Eject », écrit et produit par Julien Richard Thomson. Comment l’avez-vous rencontré ?
J'ai rencontré RJT par l'intermédiaire d'un ami commun. Je venais d'achever un scénario de long métrage assez ambitieux et j'étais vanné. On était fin Mai 2010 et je m'apprétais à passer des vacances bien méritées, quand j'apprends que RJT, que je connaissais de réputation, recherchais un réal pour un de ses futurs longs. On s'est causés, il m'a envoyé le scénario d'Eject, et je l'ai rappelé tout de suite pour lui dire OK ! D'une part on ne refuse pas un boulot (c'est dans ma philosophie... Sauf s'il s'agissait d'un porno ou d'un film trop déviant pour moi) et d'autre part c'est un peu comme me racontait un ami comédien à propos de Mocky : " On ne refuse pas un Mocky. On sait que ça va être le bordel, mais on le fait parce qu'il faut avoir fait ça au moins une fois dans sa vie !" Ben pour RJT c'est la même chose, mais dans un cinéma un peu différent, bien entendu. Et sincèrement j'adore ce mec ! Richard vit dans un monde à part : le sien ! Mais c'est un des types les plus sincères et honnêtes que je connaisse dans ce milieu. Donc j'ai dit oui sans sourciller !

5/ Etait-il difficile d’aborder un film avec un budget assez minime ?
Oui et non, car tu sais où tu mets les pieds, et tu sais que ça va être de la débrouille d'un bout à l'autre. L'avantage, c'est que Richard ne pouvait pas vraiment m'imposer quoi que ce soit, puisqu'il devait me faire confiance. Je crois que c'est ça qui lui a le plus fait peur : que son bébé passe entre d'autres mains. C'est par exemple très vrai à propos de l'humour du film. Ce qui fait rire Richard n'est pas nécessairement ce qui me fait marrer. Donc très vite je lui ai dit qu'on allait improviser beaucoup de dialogues sur le plateau. De même pour les décors, comme on ne pouvait rien construire puisqu'on n'avait pas de ronds, j'ai eu l'idée de découper un grand garage en plusieurs espaces séparés par des bâches. Depuis, je hais les bâches ! Ha ha ! Et enfin, question effets spéciaux, vu qu'on aurait pas de sous pour acheter beaucoup de matière première, comme du latex, j'ai dû penser à réutiliser les prothèses pour plusieurs séquences. Voire de sacrifier des pastèques pour toutes les têtes éclatées du film. En fait, j'ai repensé au film en le prenant comme une bande vintage des années 80 (Bad Taste, Evil Dead, Street Trash etc...) Systême D, efficacité et anticiper le montage (image, musique ET son !).

6/ Moi qui pensais voir un film gore avec des dialogues « médiocres » (comme beaucoup de films gores), j’ai été surpris de découvrir des vannes bien trouvés et des acteurs drôles et impliqués. Comment était l’ambiance sur le tournage et comment avez-vous dirigé les comédiens ?
C'est gentil de dire ça ! Tout le mérite revient à deux facteurs : les acteurs d'une part, qui se sont pliés aux contraintes de production sans discuter, et qui se sont investis avec la même générosité que sur un film normal (c'est à dire où ils auraient été payés !). Tous les matins, on se faisait un "Vannes-storming" où ils me balançaient tout ce qu'ils avaient envie de balancer dans le film, et je retenais celles qui me faisaient marrer ! Ensuite j'ai coutume de penser qu'un tournage, ça commence comme une bande, ça continue comme une colonie de vacances, et ça se termine comme un hopital psychiatrique. Ben là on est passés tout de suite à l'HP ! Faut être dingue pour faire un film comme celui là, mais dans la mesure où la dinguerie ressort à l'écran, c'est gagné ! Je connaissais quelques uns des comédiens (Benoit Gourley, Philippe Chaine ou Dominique Bettenfeld respectivement Joubert le flic, un des ambulanciers du film et le chef scout) mais pas les autres. Or, on s'est tous très bien entendus. Merci à tous les fans qui sont venus jouer un zombie ou un cadavre pour ce film ! Il y a des jours où c'était vraiment dingo ! Par exemple, on n'avait pas de point d'eau chaude sur le plateau de la boîte. Or, tu fais comment pour que ces demoiselles, maquillées des pieds à la tête en zombies et couvertes de sang, retrouvent figure humaine à la fin de la journée ? Ben c'est simple : tu contactes un loueur de douche de chantier et tu deales un prix mini avec lui. Tu aurais vu la tête du mec qui a apporté la cabine de douche quand il a vu les figurantes couvertes de croûtes et de sang faire la queue devant sa cabine ! Ha ha ! Ou encore quand on s'est aperçus qu'il manquait un acteur pour jouer le caméraman de l'équipe TV qui suit toute l'action... Ben RJT me regarde avec insistance et me dit sans rigoler : t'as qu'à le jouer !Moi qui ai horreur de me voir à l'écran, j'allais figurer dans toutes les séquences ou presque ! Et il avait raison, mon cher producteur ! Mais au début j'ai eu du mal. Alors je me suis vengé, et je l'ai placé dans deux séquences très humiliantes mais qui, pour un réalisateur, sont un vrai fantasme ! Je dois ajouter qu'aucun producteur n'a été blessé sur le tournage. Par contre, je ne peux pas en dire autant des pastèques !

On peut dire tout ce qu'on veut d'Eject, mais à condition de ne pas le traiter comme le dernier Horror-Flick made in USA. Merde, on avait moins de 20 000 Euros pour faire un long métrage. C'est même pas le budget PQ d'une production US !

Jean-Marc Vincent

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

Je vais prendre un joli virage pour aller vers le drame intimiste, un beau sujet assez proche des "Chiens de Paille" de Peckinpah

Jean-Marc Vincent

7/ A travers le scénario, on retrouve vraiment la touche « JRT » avec des jeux de mots, des vannes et des situations cocasses comme il peut y avoir dans « Jurassic Trash ». Avez-vous tout de même pu apporter vos idées pour le scénario et avoir une liberté sur le film ?
Quand il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de pression. Ma seule préoccupation était de faire le meilleur film en respectant 1/ ce que j'imaginais comme étant l'envie du public 2/l'esprit très RJT du projet 3/ mes propres envies en tant que réalisateur. Le scénario de base était très court. Une quarantaine de pages. En même temps, j'ai su dès le départ qu'il faudrait l'étoffer avec un certain nombre de rajouts. Et Richard était client de mes suggestions. Donc on peut dire que "oui" j'ai eu une liberté totale sur le film. De même pour la post-production, qui a été longue, car le monteur (qui a monté mes 3 courts, et qui est un ami) n'avait pas que ça à faire, donc on a fractionné le montage en plusieurs périodes. Ensuite, on a eu des galères (un plantage d'AVID avec perte de l'edit list au bout d'une période de plusieurs mois de montage, l'usure nerveuse de plusieurs ingénieurs du son - je ne les blâme pas ! - des soucis pour trouver des remplaçants etc...) qui sur un film zéro budget ne peuvent pas se solutionner en quelques coups de fils. Mais jamais Richard ne m'a lâché sur toute la fabrication du film. Et résultat, qu'il s'agisse de la première projection du film (en état de copie de travail) au Nouveau Latina ou d'une séance spéciale chez Canal Plus réservée au staff du cinéma de la chaîne cryptée, à chaque fois le film a été reçu super bien ! Mais pour revenir à ta question : je ne peux pas te dire si des vannes ou des situations sont à la fois dans Eject et dans un autre film de Richard, car j'avoue n'avoir jamais visionné aucun de ses films ! Il a un coffret pour moi chez lui, mais je ne l'ai pas encore récupéré ! Ha ha !

8/ Qu'est ce qui était le plus drôle sur le tournage ? Voir les acteurs jouer leurs dialogues ou réaliser les effets dégueulasses ?
Tout était drôle ! Dormir dans une caravane en face du décor principal, gérer les deux caméras (la mienne, mais aussi la caméra A, celle du point de vue "non subjectif"), construire les décors, diriger les comédiens (qui se dirigent assez bien touts seuls, il suffit d'être ferme et de les nourrir à heure fixe), les effets spéciaux... Dire à Dominique Bettenfeld : "Bon, ben là on va t'enterrer à moitié dans la forêt, et puis on va te faire un faux buste en carton, te recouvrir de fausses tripes, et tu vas voir, on va vraiment croire que tu as le bide coupé en deux !" sans éclater de rire devant son air dubitatif, c'était super marrant !

9/ Lorsqu’un réalisateur fait des films de genre, les critiques ont tendances à être très durs avec le film et le réalisateur, cela vous-affecte-t-il ?
Ca m'affecte quand c'est "injuste". Quand les critiques sortent les films de leurs contextes par exemple. On peut dire tout ce qu'on veut d'Eject, mais à condition de ne pas le traiter comme le dernier Horror-Flick made in USA. Merde, on avait moins de 20 000 Euros pour faire un long métrage. C'est même pas le budget PQ d'une production US, alors quand certains, qui de surcroit se disent les défenseurs du cinéma de genre, démolissent gratuitement le film, j'ai juste envie de les ignorer, mais uniquement parce que les mépriser me demanderait un effort supplémentaire que je n'ai pas envie de leur accorder. De toutes les façons, comme disait Montesquieu à propos du racisme, la plupart du temps ce sont des gens qui "se trompent de colère". J'ai presque envie de les plaindre, en fait. J'ai connu une époque, à Starfix, chez Mad, ou à l'Ecran, où les journalistes étaient à la fois des individus cultivés et des personnes intelligentes. Aujourd'hui, à part Alain Schlockoff et quelques (très) rares personnes... Mais d'une part j'ai une vie formidable en dehors du cinéma, avec de vraies et belles personnes, et d'autre part il y aura toujours ceux qui "disent" et ceux qui "font". Moi je fais !

10/ « Eject » vient de sortir en DVD. Qu’auriez-vous envie de dire au public pour qu’il achète le film ?
Achetez le ! EJECT est la meilleure parodie de REC produite par Richard J Thomson de tous les temps ! D'ailleurs achetez-en deux : un pour vous, et un pour une personne que vous n'aimez pas ! Dans le pire des cas il vous détestera, et dans le meilleur il vous adorera !

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

Imagine un thriller dans Paris ou Londres avec le réalisateur de "J'ai rencontré le Diable" ? Moi je paierais pour voir ça ! Alors pourquoi ne pas le produire ?

Jean-Marc Vincent

11/ Quels sont vos futurs projets ? Souhaitez-vous retourner vers un film à plus gros budget ?
Je vais quitter momentanément le genre "Horreur ou Fantastique". Pas par dépit, mais parce que j'ai envie d'autre chose que de tuer ou mutiler mes semblables à la meuleuse ! Je vais prendre un joli virage pour aller vers le drame intimiste, un beau sujet assez proche des "Chiens de Paille" de Peckinpah. Ensuite j'enchaînerai sur un polar, mais uniquement avec des femmes. Enfin, j'epère pouvoir me lancer dans la fabrication de mon grand oeuvre, "PIERROT LE FOU" (oui, je sais, mais c'est pas un remake de l'autre) une bio du criminel Pierre Loutrel, le chef du Gang des Tractions, qui était l'ennemi public numéro un sous l'Occupation allemande. Tous ces projets sont selon la formule consacrée "en développement" chez des producteurs. Mais comme j'ai envie de prendre mon temps entre chaque film, si tout se passe bien je devrais être occupé jusqu'en 2016... en tenant compte de moments de vacances avec les miens, bien entendu !

12/ Quel regard portez-vous sur le cinéma de genre français et mondial ? Quel pays vous semble le plus inspiré pour ce genre de films ?
En France, je pense que c'est mort. Il y a quelques années on a été quelques uns à y croire mais les producteurs et les distributeurs eux-mêmes se sont tirés une balle dans le pied en ne sachant pas, au final, comment vendre nos films. Certains réals sont partis aux US, d'autres se reconvertissent dans des oeuvres moins axées sur le genre. D'autres enfin ont été obligés de renoncer. Et ça c'est terrible. J'en ai parlé avec certains et ils ont un peu l'impression qu'on les a tout simplement jetés en pâture pour servir d'exemples à ne pas reproduire ! C'est dû je pense à plusieurs facteurs, le premier étant notre éternel complexe face au cinéma américain, qui comme on le dit trop souvent, sait mieux faire ça que nous ! C'est des conneries, mais en attendant, il y a tant de beaux projets qu'on ne verra pas... D'autre part, la télé est très peu friande de cinéma de genre, or c'est elle qui finance le cinéma. Alors quoi d'intéressant de part le monde ? La Corée m'impressionne beaucoup par ses productions comme "J'ai rencontré le Diable", "The Man from Nowhere" ou "The Chaser". Il y a là-bas une énergie rare, et une vraie intelligence de mise en scène. J'aimerais bien produire les réals de ces films là ! "The Raid Redemption" m'a aussi fait l'effet d'une claque que je n'avais pas ressentie depuis "Hardboiled" de John Woo. Je pense que c'est à l'Est que se passent les choses les plus intéressantes. Imagine un thriller dans Paris ou Londres avec le réalisateur de "J'ai rencontré le Diable" ? Moi je paierais pour voir ça ! Alors pourquoi ne pas le produire ? Je me pose sérieusement la question !

13/ Si vous aviez un budget « illimité », quel film feriez-vous ? quel serait le synopsis ?
Je pense que j'adapterai "Voyage au bout de la Nuit" de LF Céline, en deux films de 3 heures au moins. Il faut bien ça pour parler de l'âme humaine !

Merci Jean-Marc !

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 5 Mars 2013

EJECT - LA CRITIQUE

Laché aujourd'hui (le 5 mars) dans les bacs, dans la collection "100% Parodie" de Jaguarundi, "Eject" nous raconte l'histoire d'une journaliste télé qui suit une équipe d'ambulanciers (emmenée par Pascal Sellem) bien plus préoccupée par la gente féminine que par la médecine. La fine équipe se retrouvera donc coincée dans une maison close à l'intérieur de laquelle un virus, transformant les gens en zombie, se propage. Une intrigue rappelant quelque peu celle de "REC". Normal, le film en est une parodie assumée. Pourtant, plutôt que de prendre les moments clés de "REC" afin de les détourner à la manière de "Scary Movie", "Eject" invente de nouvelles situations et possède ainsi sa propre identitée. Un peu comme l'avait déja fait Julien Richard Thomson avec "Jurassic Trash", version personnelle de "Jurassic Park".

EJECT - LA CRITIQUE

Alors que l'on pouvait s'attendre à un film dans lequel le gore serait au premier plan et les scènes de comédie auraient été de simples phases de transitions entre deux moments trashouilles, le film va plus loin que ça. Au lieu du jeu approximatif de beaucoup de films d'horreur (et même des films avec bien plus de budget), "Eject" fait la part belle aux bons mots et au jeu d'acteurs. Le scénario, écrit par Julien Richard Thomson, est un délice de répliques absurdes et de situations cocasses. On retrouve vraiment la patte du réalisateur de "Time Demon" et de "Jurassic Trash" à travers les différents personnages. Que ce soit, les premiers ou les seconds rôles, chacun apporte sa touche. Du chef scoot à la prostituée salement incubée en passant par le membre du ministère de la défense, chaque rôle semble avoir eu une attention particulière afin de faire son petit effet auprès du spectacteur. Mentions spéciales à un Pascal Sellem surprenant et à un Rurik Sallé hilarant.

EJECT - LA CRITIQUE

Malgré tout, le film se veut être une comédie horrifique et donc, les éléments gore seront de la partie, ne vous inquiétez pas ! Vous aurez droit aux zombies, à des membres arrachés, à un corps coupé en deux et à moults petits effets bien dégueulasses comme cette morve, symptome des contaminés, qui parsème (voir même, arrose) le film tout du long. Coté réalisation, la mise en scène de Jean-Marc Vincent est efficace et le réal' se permet le luxe de rendre le film lisible malgré les contraintes qu'imposent le style "caméra à l'épaule". Le réalisateur de "Ladyblood" arrive à donner un style au film et à le mixer avec talent avec l'univers de JRT.

EJECT - LA CRITIQUE

Pour finir, malgré un budget qu'on imagine restreint, le film ne souffre pas trop de cette lacune financière. D'une part, car chaque centime semble avoir été judicieusement investit afin qu'il se voit à l'écran et d'autre part car le côté "Z" assumé donne au film un charme particulier. Malgré tous ces points positifs, je vais conclure avec quelques réserves : une fin un peu décevante, quelques longueurs à certains moments et une musique un peu trop présente qui "couvre" certaines vannes. Bref, pas de quoi bouder son plaisir devant un film qui respire beaucoup plus l'amour et la passion du cinéma que certaines grosses productions friquées... Ah, et si vous n'êtes pas encore convaincus, y'a aussi quelques filles dénudées dans le métrage !

Ma note : 7/10

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Rédigé par Gib

Publié dans #Critiques

Publié le 2 Mars 2013

INTERVIEW : DREW BOLDUC

Le 12 mars prochain, la mythique firme TROMA, sortira "The Taint" en bluray, c'était l'occasion d'aller poser quelques questions au réalisateur, compositeur et acteur principal du film : DREW BOLDUC.

Le jeune réalisateur originaire de Richmond en Virginie est à l'image de son film : Cool, drôle, trash et généreux. Entretien avec un réalisateur pas comme les autres.

Next March 12th, mythical TROMA firm, will take out "The Taint" in bluray, it was the opportunity to ask some questions to the director, the composer and the main actor of the movie: DREW BOLDUC.

The young director native of Richmond in Virginia is just like his movie: cool, funny, trash and generous. Interview with a director not as the others.

SITE WEB DU FILM : "THE TAINT" EN CLIQUANT ICI (CLIC HERE FOR WEBSITE).

INTERVIEW : DREW BOLDUC
INTERVIEW : DREW BOLDUC

1/ Comment vous est venu l’idée de “The Taint” ? Est-ce une revanche que vous vouliez prendre sur la gente féminine ? (rires). Plus sérieusement, le film a un vrai message malgré toute sa violence.

Je voulais réaliser le film misogyne ultime. Un film qui soit si misogyne que personne ne soit capable de faire un autre film misogyne. Quel est l’interêt sinon ?

1/ How came to you the idea of "The Taint"? Is it a revenge to be taken on the women ? lol. More seriously, in spite of the violent and trash side, the movie had a real message !

I wanted to make the ultimate misogynistic movie that was so misogynistic that no one would be able to make another misogynistic movie again. What would be the point?

2/ Peut être, dénoncer la misogynie justement ! Non ?

Oui, j’ai pensé qu’il serait super de rendre la misogynie si évidente et concrète que nous avons décidé de nommer les monstres ainsi dans le film. Aussi, au cinéma, les monstres ont tendance à être des métaphores donc j’ai voulu que la métaphore soit aussi évidente que stupide !

2/ Maybe to denounce the misogyny exactly! No?

Yeah. I thought it would be great to make the misogyny so obvious that it is actually the name of the monsters in the movie. Also monsters tend to be metaphors, so I wanted the metaphor to be so obvious it was stupid.

3/ Comment vous est venu l’idée du personnage que vous interprètez ? Ce mélange de hipster / branleur.

Le personnage de Phil est venu lorsque nous avons trouvé cette perruque blonde. Nous avons essayé de faire un personnage qui n’a aucune conscience.

3/ How came to you the idea of the character which you interpret in the movie? This mix of hipster / wanker !

The Phil character came out of that blonde wig we found and also trying to make a character that had no self-awareness.

4/ Saviez-vous, au début de l’écriture du scenario, que le film allait aller aussi loin dans le gore et le trash ou est-ce arrivé durant l’écriture ?

J'ai toujours voulu aller loin mais je me suis posé des questions à propos de cela. A propos de savoir s’il fallait que les misogynes aient leurs bites dehors et aspergent de semence et tout… mais mon co-auteur a, à l'époque, dit que c'était ce que le film exigeait et qu'il ne fallait pas faire autre chose. Une fois qu'on avait décidé qu'il y aurait les bites et la semence, alors il était impossible de revenir en arrière quant au contenu du film.

4/ Did you know, at the beginning of the writing of the scenario, that the movie was also going to go far in gore and trash things or did it arrive during the writing?

I always wanted to go far. I wondered about it and about the misogynists having their dicks out and spraying semen and all, but my co-worker at the time said that that was what the movie required and anything else would be false. Once they had dicks and semen, then there was no turning back with the content.

Je voulais réaliser le film misogyne ultime. Un film qui soit si misogyne que personne ne soit capable de faire un autre film misogyne.

Drew Bolduc

INTERVIEW : DREW BOLDUC
INTERVIEW : DREW BOLDUC

5/ Pourquoi avez-vous choisi de réaliser les effets spéciaux avec du latex et du faux sang au lieu d’utiliser des effets spéciaux numériques ? Etait-ce pour rester dans le style 80’s ?

Oui mais nous avons utilisé beaucoup de « VFX compositing » ( méthode d'effets spéciaux qui consiste à combiner des images à l'aide d'un logiciel informatique). C'est cette combinaison qui fait que les effets spéciaux sont bons. Les effets spéciaux auraient été vraiment mauvais si nous n'avions pas utilisé d'ordinateurs.

5/ Why did you choose to make SFX with latex and fake blood instead of used numerical SFX ? It was to stay in the 80's style of the movie ?

Yes, but we did use a lot of VFX compositing. It is the combination that makes the SFX good. The SFX would have been very bad if it were not for computers.

6/ Cependant, je suppose que vous avez une préférence pour les effets spéciaux réalisés sur le plateau avec du latex, par exemple, comme on pouvait le voir dans les films d'horreur des 70's & 80's plutôt que les effets spéciaux numériques comme on peut voir dans des films comme « Midnight meat train » ?

Ouais, les effets spéciaux sur plateau sont géniaux. La préquelle de « The Thing » est un grand exemple de pourquoi les CGI (effets spéciaux numériques) peuvent craindre. D'ailleurs, avez vous vu cela ? http://bloody-disgusting.com/news/27573/see-tons-of-practical-effects-work-on-the-thing-remake/

6/ However, I guess that you have a preference for the real special effects as we can see in the horror movies of the 70s and 80 rather than the special effects gore digital like " midnight meat train "?

Yeah, practical effects are great. The Thing prequel is a great example of why CGI can suck. Have you seen this? http://bloody-disgusting.com/news/27573/see-tons-of-practical-effects-work-on-the-thing-remake/

7/ La (très bonne) bande originale a une place importante dans le film. Comment l’avez-vous imaginé et conçu ?

J'ai réalisé la musique sur le logiciel « Reason » et sous influence de ce que peut faire John Carpenter pour ses films. Il y a aussi une influence des jeux vidéos et particulièrement des sonorités de puces des anciens jeux.

7/ The (great) music have an important place in the movie. How did you imagine and make it ?

It was made mostly using the program Reason and made under the influence of John Carpenter. definitely, video games & chip tunes were an influence too.

8/ Pendant les projections publiques, les spectateurs étaient hilares. Le film est souvent comparé à Bad Taste pour ses côtés fun & gore. Etais-ce une inspiration pour vous ? Etes vous ravi de la comparaison ?

J’aime beaucoup Peter Jackson. J’adore “Braindead” and John Waters. Cela a été de grandes influences.

8/ During the public projection, the public was hilarious. The movie is often compared to "Bad Taste" for these sides fun & gore in the same time. Was it an influence for you ? Are you glad with this comparison ?

I do like Peter Jackson. I love Dead Alive and John Waters. They were big influences.

9/ Votre travail est aussi compare à celui de Takashi Miike. Aimez-vous le cinéma japonais ?

Yeah, j’aime "Audition", "Ichi : The killer". J’ai vu "Karaté-Robo Zaborgar" recemment, c’était vraiment excellent. "Funky Forest" est aussi un de mes favoris.

9/ Your work is compare to Takashi Miike too. Do you like japanese movies ?

Yeah, I like "Audition", "Ichi: The Killer". I saw "Karate-Robo Zaborgar" recently. That was great. "Funky Forest" is also a favorite.

La préquelle de « The Thing » est un grand exemple de pourquoi les CGI (effets spéciaux numériques) peuvent craindre.

Drew Bolduc

INTERVIEW : DREW BOLDUC
INTERVIEW : DREW BOLDUC

10/ Le film est assez court, étais-ce pour garder le rythme et ne pas lasser le public ?

Oui, le script était court et nous tournions sur une courte période dans des endroits dans lequels nous n’étions pas les bienvenus !

10/ The movie is rather short, it was wanted to not tire people ?

Yeah, the script was short and we shot in a short period of time in places that did not exactly want us to be there.

11/ Vous n’aviez pas d’autorisation pour faire le film ? C’était un tournage sauvage ?

Yeah ! Guérilla-style !

11/ You didn't have autorisation to make the movie ? It was a wild shooting ?

Yeah, guerrilla-style.

12/ Pensiez-vous que le film allait avoir un aussi grand succes ? En France, les fans d’horreur l’apprecient beaucoup. Ils disent que c’est un « What the fuck movie » !

Nous étions inquiets du fait que personne n’en veuille alors nous sommes fiers que le public l’apprécie.

12/ Thought you that the movie would have such a public success? In France, Horror fans love so much this movie. They say "It's so a "What the fuck" movie" !

We were worried that no one would like it, so we are glad that people are enjoying it.

13/ Quels ont été les moments les plus difficiles et ceux les plus drôles du tournage ?

Pas trop de moments difficiles, juste de planifier et organiser le planning de tournage avec les acteurs. Pour les moments drôles, sûrement ceux impliquant l'utilisation de faux pénis.

13/ What were the biggest difficulties during the shooting of "The taint" ? And the funniest moment ?

For hard moments, just scheduling and organizing the shoot with all the actors. The funniest moments were probably awkward moments involving fake penises.

14/ Quels sont les films qui vous ont donné envie d’être réalisateur ?

Evil Dead 2, Dr Folamour et les films de la Troma.

14/ What are the movies which tempted you to be a director ?

Evil Dead 2, Dr. Strangelove, Troma.

15/ Pouvez-vous dire un mot sur votre prochain projet « Science team » ?

C’est une comédie d’horreur / Science-fiction. C’est une véritable histoire dramatique à propos d’un jeune homme, d’un alien immobile télépathe et d’une organisation gouvernementale diabolique. C’est un film qu’on pourrait qualifier de « Quand E.T. rencontre David Cronenberg ». Les gens peuvent aller voir les images ici : http://www.facebook.com/ScienceTeamMovie

15/ Could you talking to me about your next project "Science team" ?

It is a science fiction horror comedy. It is a very dramatic story about a young man, a telepathic immobile alien, and an evil government organization. It is sort of like E.T. meets David Cronenberg. People can see pictures here: http://www.facebook.com/ScienceTeamMovie

16/ A quelle étape du projet en êtes vous ? Pré-production ?

Oui, nous sommes à la recherches de plus de fonds, nous préparons le casting et l’équipe technique, nous finalisons le scénario. Nous sommes aussi à la recherche de plus de concept art, si quelqu’un est intéressé, il peut nous en soumettre !

NDLR : Le concept art, en haut à gauche, a été réalisé par Aurélien Gendraud http://theterrorgeek.blogspot.fr/

16/ In which step of the project are you ? preproduction ?

Yeah. We are doing more fundraising, pulling the cast and crew together, finalizing the script. We are looking for more concept art as well, if anyone is interested in submitting some.

NDRL : The concept art, at the top on the left, had been made by Aurélien Gendraud. http://theterrorgeek.blogspot.fr/

17/ A part réalisateur, acteur, compositeur... Vous faites autre chose dans la vie ? (rires)

Oui, j'ai aussi réalisé les effets spéciaux pour le film TROMA : "Return To The Class Of Nuk'em High".

17/ Otherwise, except for director, actor, compositor... you do something else in life? lol

Yes, I also worked on some special and visual effects for TROMA movie : "Return To The Class Of Nuk'em High".

Merci beaucoup Drew.

Thank You Very Much Drew.

C’est un film qu’on pourrait qualifier de « Quand E.T. rencontre David Cronenberg ». (A propos de son prochain film)

Drew Bolduc

INTERVIEW : DREW BOLDUC
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Rédigé par Gib

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