Publié le 24 Juin 2013

Samedi 22 juin 2013 avait lieu, au cinéma Latina à Paris, la première européenne de "Return To Nuke'em High Volume 1". A évènement exceptionnel, invité exceptionnel puisque Lloyd Kaufman, le mythique boss de la non-moins mythique firme Troma, avait fait le déplacement depuis New York pour présenter son nouveau bébé. Comme son nom l’indique "Return To Nuke'em High Volume 1" (qu'on va appelé RTNHV1 pour gagner du temps) est donc le premier volet d’un diptyque dont le second film sortira certainement en 2014 (le tournage est entrain de se terminer à l'heure qu'il est). Selon la légende propagé par ce très cher Lloyd, l’idée lui aurait été suggéré par « le gentil et talentueux » Quentin Tarantino afin d’obtenir un format similaire à celui de Kill Bill. En plus de cette particularité, il est à noter que "Return To Nuke'em High" est une suite/reboot du cultissime "Class Of Nuke'em High" sorti au milieu des années 80. Maintenant que vous êtes dans le bain, décortiquons un peu ce nouveau Troma !

RETURN TO NUKE'EM HIGH Volume 1 - La critique
RETURN TO NUKE'EM HIGH Volume 1 - La critique

Le lycée de Tromaville est un lycée américain presque comme les autres, peuplé de jeunes bimbos, de footballeurs, d'élèves débiles en pleine crise d'adolescence, d'obsédés sexuels et d'une chorale de boutonneux... La vie suit donc son cours jusqu'au jour où l'usine de tacos du coin décide d'apporter une livraison de nourriture toxique à la cantine scolaire. Malbouffe qui aura pour effet de tuer le futur inventeur du vaccin contre toutes les formes de cancer et surtout de transformer la chorale du lycée en bad boys mutants appelés les "crétins". Ces crétins vont s'attaquer à la jeune Lauren (Catherine Corcoran) en la violant buccalement avec un canard. Oui, oui, un vrai, avec des plumes, qui fait "coin-coin"... Décidée à se venger, Lauren, aidée de sa petite amie Chrissy (Asta Paredes) vont s'attaquer à ce gang qui brutalise les élèves et empêcher que continue la mutation des élèves en crétins. Voilà pour le synopsis cocasse qui en surprendra certains mais qui n'étonnera pas les habitués aux productions de la firme Troma.

Return To Nuk'em High fourmille de trouvailles et expose mille idées à la seconde

RETURN TO NUKE'EM HIGH Volume 1 - La critique

Dans beaucoup de ses films depuis 40 ans, la Troma utilise l'humour potache et le gore pour dénoncer certaines pratiques de notre société (et particulièrement de la société américaine) dont le port d'arme à feu, les problèmes écologiques, la malbouffe etc... RTNHV1 n'échappe donc pas à cette règle mais le fait de fort belle manière à l'instar du cultissime "Poultrygeist - Night of the Chicken Dead". Comédie trash, le film multiplie les gags graveleux : jets de vomis, running gag de flatulences, personnages crados. C'est sûr, faut aimer le genre, ça vise en dessous de la ceinture mais ça touche sa cible et c'est souvent tordant. De plus, les effets spéciaux, malgré un budget qu'on imagine réduit, sont de bonnes qualité et vraiment ragoûtants (Bravo à Drew Bolduc et son équipe). Dégurgitations grasses aux couleurs flashy, mutations outrancières... le film n'y va pas de main morte pour nous montrer les méfaits de ces tacos répugnants. Niveau caractérisation des personnages, même si l'on reste souvent dans les stéréotypes, les différents persos sont tous très bons. Que ce soient les rôles principaux (Chrissy, Lauren...) ou encore les hilarants seconds rôles comme celui du proviseur du lycée ou celui du président américain sans oublier le "crétin" en fauteuil roulant qui a inspiré de nombreux gags très drôles et plus subtils.

RETURN TO NUKE'EM HIGH Volume 1 - La critique

Autre point important, le film fourmille de trouvailles et expose mille idées à la seconde. Ok, certaines sont du recyclage de films Troma déja existants (comme l'excellente scène d'introduction qui rappelle celle de "Poultrygeist") mais d'autres sont tout simplement exceptionnelle comme cette scène ou une des héroïnes, Lauren, se retrouve pendant de longues minutes un canard coincé au fond de la gorge à demander de l'aide à travers la ville ou encore la scène de combat entre les deux héroïnes devenues mutantes dans la base des "crétins" qui bat des records d'inventivité graphique et rappelle la folie visuelle du cinéma indépendant japonais. Le film va à cent à l'heure et ne laisse pas une minute de répit au spectateur qui alterne moments de rire et moments de dégouts. On a beau connaître ce bon vieux Lloyd Kaufman et son équipe depuis longtemps, on a toujours le réflexe de se dire pendant le film : "Non, il vont pas oser !"... Et puis si, ils osent.

On a beau connaître ce bon vieux Lloyd Kaufman et son équipe depuis longtemps, on a toujours le réflexe de se dire pendant le film : "Non, il vont pas oser !"... Et puis si, ils osent.

RETURN TO NUKE'EM HIGH Volume 1 - La critique

Mixant allégrement tous les éléments qui font le succès de TROMA depuis maintenant presque 40 ans, Lloyd Kaufman a su remettre au goût du jour son classique des années 80 en l'adaptant aux thèmes d'actualités de notre époque comme l'obésité, la malbouffe et l’homosexualité puisque le couple de héros mixte du film original laisse sa place à un couple de lesbiennes. Cela n'empêche, bien sûr, pas, le réalisateur de se permettre de filmer explicitement les ébats des demoiselles en y ajoutant quelques semences visqueuses et ragoutantes causées par la contamination mutante afin de toujours garder le côté trash et jusqu'au-boutiste qui caractérise le film.

Bref, vous l'aurez compris, si vous aimez les films complètement dingues, extrêmes, drôles et qui n'hésitent pas à dépasser les limites, vous trouverez votre bonheur avec ce nouveau film de la Troma. Si, à l'inverse, cette débauche de folie et de "n'importe quoi" n'est pas votre tasse de thé, vous savez ce qu'il vous reste à faire ! Ici, on a aimé, tout comme la foule en délire du Panic Cinéma qui avait fait le déplacement pour cette première exclusive ! Vivement le volume 2 !

Ma note : 8/10

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Rédigé par Gib

Publié dans #Critiques

Publié le 23 Juin 2013

Bien qu'il n'y ait rien d'étonnant à voir Barry Levinson changer de registre (Il a quand même tourné des films très différents les uns des autres : "Rain man", "Good morning Vietnam", "Sleepers", "Sphere", "Des hommes d'honneur"...), le fait de le voir débouler avec un found footage à petit budget (2 millions de $) peut tout de même attirer la curiosité du plus blasé des spectateurs. Si c'est le cas, sachez que vous avez eu raison de vous laisser guider par votre instinct de cinéphile avide de découverte car "The Bay" est une plutôt bonne surprise.

THE BAY - La critique
THE BAY - La critique

Non pas que le fait de voir débouler un nouveau film fouteur de migraine (sous-entendu caméra au poing qui bouge dans tous les sens) soit plus emballant que ça mais force est d'avouer que le traitement est plutôt bien appliqué au sujet ! "The Bay" part d'un constat écologique intéressant : la contamination de l'eau d'une baie par des isopodes mangeurs d'hommes... Bon, ok, dis comme ça, ça peut paraître un peu "surréaliste" mais je vous assure que dans les faits, c'est bien amené et assez crédible tout en ajoutant un côté craspec sympathique. Levinson utilise donc tous les types de moyens de communication à sa disposition (camescope, caméras de TV, webcams, caméras de surveillance, SMS,...) pour décrire cette situation de crise. Tous ces éléments mixées permettent d'obtenir une foule d'information sur les évènements et au réalisateur de batir une intrigue solide qui tient en haleine tout du long.

THE BAY - La critique

Un bon scénario pour un film d'horreur, c'est bien ! Mais bon, des isopodes mangeurs d'hommes, ça doit bien faire des dégats, alors, ça charcle "The Bay" ou pas ? Et bien oui car le parasite attaque l'être humain de l'intérieur et provoque diverses réactions bien dégueulasses : éruptions cutanées, furoncles, purulences et autres joyeusetés répugnantes. Alors, c'est sûr, c'est pas "Piranha 3D", y'a pas des hectolitres de sang déversés dans la baie mais malgré tout, le film a de quoi faire plaisir aux fans de gore ! Pour faire simple, sans bouleverser le petit monde du film d'horreur et malgré quelques longueurs, "The Bay" est une bonne surprise sachant méler problème écologique contemporain et film d'horreur mainstream. Pour info, le prochain article sera une critique sur le nouveau film de Lloyd Kaufman : "Return to Nukem' High volume 1" qui mixe lui aussi, et ça depuis presque 40 ans, problèmes écologiques et gore.

Ma note : 7/10

THE BAY - La critique

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Rédigé par Gib

Publié dans #Critiques