Articles avec #interview tag

Publié le 11 Mars 2014

INTERVIEW : DANIELLE HARRIS

Précoce, elle tournait son premier film d'horreur, à 10 ans. Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agissait du quatrième opus de la saga "Halloween". Après cela, sa carrière sera ponctuée de rôles dans le genre dont beaucoup de Slashers ("Urban Legend", "Halloween" de Rob Zombie, "Hatchet"...) ce qui fait d'elle une des dernières "Scream Queen" encore en activité. Et sa carrière n'est pas encore prête de s'arrêter, preuve en est avec ses futures apparitions dans "See no Evil 2" et "Night of the living dead : Origins". Bref, j'ai l'immense honneur d'accueillir Danielle Harris sur mon blog ! Oh yeah !

Early, 10 years old, she played in her first horror film... An important movie of a successful saga : the fourth "Halloween". After that, she came back in this kind of movies many times, in Slashers specially ("Urban Legend", "Rob Zombie's Halloween", "Hatchet"...) which makes her one of the last "Scream Queen" still alive ! And her career is not yet ready to stop, proof is her future appearances in "See No Evil 2" and "Night of the living dead : Origins". To resume, I have the great honor to have an interview with Danielle Harris ! Enjoy.

1/ Vous avez démarré très jeune votre carriere , dans “Halloween 4”. Comment avez-vous obtenu le rôle ? Etais-ce votre idée ?

J’étais une actrice enfant classique et je suis venue à l’audition pour « Halloween 4 » simplement car mon agence m’y avait envoyé. J’ai auditionné trois ou quatre fois avant mon rendez-vous avec Dwight Little mais une fois que nous nous sommes rencontré, il a su que j’étais la bonne personne pour le rôle !

1/ you started very young in Halloween 4. How did you get the role? Was it your idea?

I was a typical child actor and just went on the audition for Halloween 4 that came through my agency. I auditioned three or four times before my meeting with Dwight Little, but once we met he knew I was the right girl for the role !

2/ Vos parents n’étaient pas inquiets que vous jouiez dans un film d’horreur, si jeune ?

Mes parents étaient favorables et, aussi, j’étais déjà très mature à 10 ans. Je savais que tout était faux alors ce n’était pas vraiment un problème.

2/ Your parents were not worried that you played in an horror film, so young?

My parents were supportive and I was very mature at 10 years old also. I knew that it was all fake, so it wasn’t really a concern.

INTERVIEW : DANIELLE HARRIS

3/ Quand vous êtes vous rendu compte que vous aviez tourné dans une des plus célèbres saga d’horreur du monde ?

Je suis toujours fasciné par cette saga, je suppose, parceque ce n'est que récemment, donc beaucoup plus âgée, que j'ai vraiment réalisé l'ampleur de l'impact de la saga.

3/ When did you become aware of having turned into one of the greatest horror saga in the world?

I’m still fascinated by it because I guess I didn’t realize exactly how huge it was until I was much older.

4/ Quels souvenirs gardez-vous des tournages d’Halloween 4&5 ?

Juste à quel point c’était fun et comment tout le monde sur le plateau, acteurs et équipes, m’ont traité comme une adulte tout en faisant attention à moi comme on fait attention à une enfant. Je me suis bien éclaté.

4/ What memories keeped you of the Halloween 4 & 5 shooting?

Just how much fun it was and how everyone on set cast and crew really treated me as an adult but looked out for me as a child. I had a blast.

5/ Vous retrouvez ensuite l’univers d’Halloween avec le remake de Rob Zombie. Est-ce que Rob Zombie vous a contacté pour le rôle ou avez-vous passé un casting ?

J'ai eu une fois de plus à auditionner pour le rôle parce que Rob avait la conviction qu'il ne voulait pas quelqu'un de l'un des autres films de la saga "Halloween" pour sa nouvelle version. Puis, il m'a vu sur la bande démo et il s'est dit que j'étais la plus adaptée pour le rôle d'Annie !

5/ you find again the “Halloween universe” with the Rob Zombie’s remakes. Is Rob Zombie contacted you for the role or had you requested to him and do a casting?

I once again had to audition for the role because Rob was pretty convinced that he didn’t want anyone from any of the other Halloween films. After he saw me on tape though he thought I was best suited for the role of Annie !

INTERVIEW : DANIELLE HARRIS

6/ Comment avez-vous obtenu le rôle principal dans « Hatchet » ("Butcher" en France)?

Adam Green et moi sommes amis depuis de longues années et nous attendions juste le bon projet pour travailler ensemble. Il n’a juste eu qu’à m’appeler un jour et à me demander si je voulais faire partie de ce film !

6/ How had you obtained the main role in Hatchet?

Adam Green and I have been friends for many years and were just waiting for the right project for us to work on together. He literally just called me one day and asked me if i wanted to be a part of it !

7/ Quels sont les différences entre les tournages avec Adam Green (réalisateur de Hatchet 1 et 2) et celui avec BJ McDonnel (réalisateur de Hatchet 3)?

Je suis aussi ami avec BJ et j’avais effectivement travaillé avec lui sur les deux films « Halloween » de Rob Zombie quand BJ était l’opérateur caméra ainsi que sur « Hatchet 2 » alors la transition a été facile. Pour « Hatchet 3 », je connaissais mon personnage alors je pouvais me concentrer sur comment devait être Marybeth dans cette sequelle et ce, de mon propre chef. J’avais déjà vécu tout cela à travers le second film alors je n’étais pas aussi dépendante de BJ que je ne l’étais d’Adam.

7/ What are the differences between shoot with Adam Green and shoot with BJ McDonnel ?

Im friends with BJ as well and had actually worked with BJ on both Zombie’s Halloween films when he was the camera operator as well as Hatchet 2, so it was an easy transition. By then I had the character down really well, so I could concentrate on what Marybeth should be like in the sequel on my own. I had lived through the 2nd one, so I wasnt as dependent on BJ as I was on Adam.

INTERVIEW : DANIELLE HARRIS

8/ Vous combattez, vous êtes couverte de boue, lavée au jet d’eau, etc… Les tournages semblent très difficiles. Comment vous préparez-vous ?

Il n’y a rien que vous pouvez faire pour vous préparer à ce genre de choses à part essayer d’avoir une bonne attitude et de ne pas prendre cela trop au sérieux.

8/ You fight, you are covered by blood, you are washed with a water-shoot…Shooting seems very difficult! How did you prepare the role?

There is nothing you can do to prepare for that kind of stuff except try to have a good attitude and not take it too seriously !

9/ Dans la vraie vie, êtes-vous aussi téméraire et forte que votre personnage dans « Hatchet » ?

Je suis un peu comme Marybeth dans « Hatchet ». J'ai une sorte d’impertinence et je ne voudrais pas me croiser dans la rue, si j’étais vous !

9/ in real life, are you reckless and stronger than you character in Hatchet?

I am a bit like Marybeth in Hatchet. Kind of sassy and I wouldnt cross me if I were you !

INTERVIEW : DANIELLE HARRIS

10/ Si je vous dis que vous êtes la dernière « Scream Queen », êtes-vous d’accord avec cela ?

J’apprécie le titre et je continuerais à faire des films d’horreur aussi longtemps que les fans voudront me voir dedans.

10/ If I tell that you are the last “Scream Queen”, are you agree with that?

I appreciate the title and I’ll keep making movies as long as fans want to see me in them.

11/ Est-ce un plaisir ou une frustration de tourner majoritairement dans des films d’horreur ?

J'aime faire des films d'horreur parce qu'ils sont si difficiles. Quand je vais travailler sur des films ou faire de la télévision hors de ce genre, c'est comme des vacances parce que le travail est tellement plus facile physiquement et émotionnellement.

11/ Is it a pleasure or a frustration to play mainly in horror films?

I enjoy them because they are so challenging. When I get to work on films and tv out of the genre it’s like a vacation because the work is so much easier physically and emotionally.

12/ Etais-ce une bonne experience de jouer avec des icones de l’horreurs telles que Kane Hodder et Tony Todd ?

Je les adores tous les deux, ils sont comme mes grands frères.

12/ Is that a good experience to play with other horror icons like Kane Hodder & Tony Todd?

I adore them both and they are like my big brothers.

INTERVIEW : DANIELLE HARRIS

13/ Vous avez joué dans « Halloween », « Hatchet », « Urban Legend »… Y’a-t-‘il une autre saga horrifique dans laquelle vous aimeriez jouer ? (Scream, Freddy, Chucky…)

“Scream” aurait été fun si j’avais eu le role de Neve Campbell. J’ai toujours aimé les films de la saga Freddy mais je trouve que les anciens sont meilleurs.

13/ You have played in Halloween, Urban Legend, Hatchet… Have you an another horror saga in which you would love to play (Scream, Freddy, Chucky… ?) ?

Scream would have been fun if I were Neve Campbell’s roll. I have always loved the nightmare on elm street movies, but I like the old ones better.

14/ Quel est votre meilleur et votre pire souvenir sur un tournage, tous films confondus ?

J’aime juste travailler dans le cinéma, tourner des films. J’ai rencontré des gens incroyables tout au long de mon chemin. Je suis vraiment chanceuse et bénie d’avoir ces fans de films d’horreur qui me suivent et suivent ma carrière depuis tout ce temps. En ce qui concerne le plus mauvais souvenir, si je te le disais, je devrais te tuer ;)

14/ What is your best and your worst memory on a set (on all movies) ?

I just love working in the movies so I have met some amazing people along the way. I’m really fortunate and blessed that I have such killer fans that have been following me and my career forever ! As far as worst memory, if I told you, I’d have to kill you ;)

 

Merci Ms. Harris.

Thank you very much Ms. Harris.

INTERVIEW : DANIELLE HARRIS

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 21 Février 2014

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

Chers lecteurs, je vous vois venir avec vos grands chevaux à vouloir me dire : "Pourquoi Maurice Barthélemy sur ce blog ? Il ne fait pas de films d'horreur !". Je vous répondrais par les trois raisons suivantes : 1/ Maurice Barthélemy a réalisé "Pas très normales activités" qui bien qu'étant une comédie utilise les codes et l'esthétique des films d'horreur. 2/ Car c'est un fan de films de genre depuis l'enfance comme vous allez pouvoir le découvrir dans cette interview. 3/ Surtout, comme beaucoup, je l'adore donc même s'il n'aimait pas le cinéma horrifique, je l'aurai quand même invité ! Place donc à Maurice Barthélemy et à sa vision passionnante du métier dont il parle en toute simplicité. On y découvre un homme acharné, cinéphile et humble en plus d'être bourré de talent, de nous faire rire et de nous émouvoir depuis pas mal d'années. Enjoy.

1/ Je sais que vous aimez beaucoup les films de d’horreur. Qu'est ce qui vous attire dans ce genre de film ?

Quand j'ai eu 13 ans, mon seul but était d'aller voir un film d'horreur. J'attendais ça avec impatience comme pouvoir conduire une mobylette. Donc, quand j'ai eu 13 ans, le premier film d'horreur que je suis allé voir c'était « Halloween 2 ». J'y suis allé, je crois, le jour de mon anniversaire, et je me suis pris le film en pleine poire. Il représentait tous les trucs qui me faisait le plus flipper au monde et j'ai eu peur comme jamais je n'ai eu peur avant. Par la suite, j'y suis retourné pour retrouver les premières émotions que j'avais ressenti… et que je n'ai pas retrouvé. J'ai revu « Halloween 2 » par la suite, que je ne trouve pas mauvais du tout, il est même meilleur que le premier, je trouve. Après, j'ai vu tous les films qui sortaient à cette époque là, les films de Carpenter, de Cronenberg... C'était la période un peu faste du cinéma d'horreur. Ensuite, j'ai vu « L'exorciste » (qui était déjà sorti avant), les « Amityville », les Damien(s) et autres films de cette époque et puis ça s'est un peu tassé quand j'ai eu autour de 20-25 ans. J'y suis revenu quand le DVD s'est démocratisé, j'ai revu des films que j'avais ratés. Maintenant, en VOD, si je peux m'en chopper un, un peu amusant, je n’hésite pas. Je suis souvent déçu car, aujourd'hui, le problème est qu'avec les effets spéciaux tout est possible et du coup, on en oublie un peu les fondamentaux que sont les bonds dans son siège. Bon, malgré ça, je n’hésite pas à aller voir quand il y en a un sympathique qui se présente au cinéma. Je suis allé voir "The Conjuring : les dossiers Warren" et tout ce qui est sorti à cette époque là. De toutes façons, je les vois tous. Comme j'habite près d'un cinoch, j'y vais généralement à la séance de 13 heures. Je les vois tous mais je les oublis, la plupart du temps, aussi vite. « Insidious 1 », je l'avais vraiment beaucoup aimé. Je garde un bon souvenir de "L'orphelinat" que j'ai trouvé bien foutu. Je trouve que les espagnols ont une bonne approche du film d'horreur. J'aime beaucoup les films d'horreur japonais ou coréens aussi qui ont toujours une manière d'approcher l'horreur que je trouve très simple. Et justement, ce n'est pas asiatique mais ce que j'ai aimé dans le premier « Paranormal Activity » ou dans "Le Projet Blair Witch" c'est qu'ils revenaient à la base, c'est à dire, le hors champs. Pour moi, c'est hyper important dans l'horreur, tout ce qu'il se passe à côté de ce que voit la caméra. Pour le coup, je trouve qu'il y a une belle trouvaille ou une retrouvaille qui a commencé sur "Blair Witch" et qu'on a vu après dans "REC" et autres films de ce genre fait un peu en found footage. J'apprécie parce que c'est simple et que l'air de rien, c'est efficace.

2/ Et c'est justement le fait que ce genre de films style « found footage » vous ait plus ou c'est plus le concept en lui même qui vous a intéressé pour faire "Pas très normales activités" ?

C'était un mélange des deux. De pouvoir utiliser un genre bien précis et de travailler sur la parodie en même temps. De pouvoir aussi filmer d'une façon un peu différente, moins lourde à la fois, avec un montage de "jump cut" et avec une caméra que je pouvais poser, pouvoir tourner en « selfie ». Bref, j'aimais bien ce langage cinématographique là et en même temps, ça me permettait de faire quelques clins d'œil à des classiques du genre. L'idée me plaisait. Ça me faisait plaisir de m'aventurer dans ce domaine là, de façon très modeste. On a cru que "Pas très normales activités" était un peu un "spoof" et en fait ce n'est pas du tout le cas. Même si, effectivement, j'ai un code un peu parodique mais ça s'arrête là. C'est plus un film "clin d'œil".

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

3/ Tout à fait, à part l'image finale qui fait directement référence à « Paranormal Activity » mais sinon, le reste n'est pas du tout une parodie du style "Scary Movie".

Oui, c'est ça et puis comme c'est un film qui s'adressait au public de Norman et donc à un public un peu ado, j'ai utilisé les codes d'un film que tout le monde connait pour raconter une histoire d'aujourd'hui avec des jeunes d'aujourd'hui en France.

4/ Vous avez pensé à Norman à quel moment ?

En fait, c'est à partir du moment où j'ai écrit le scénario. Je me suis demandé qui était susceptible de jouer ça donc j'ai pensé à Norman assez vite. J'avais pensé à Baptiste Lecaplain aussi et à Max Boublil, tous ces garçons du net qui font un peu grand ado. Au final, Norman correspondait le plus au personnage.

5/ Norman est très bon. Les personnages sont sympathiques et Thierry Musseau, votre personnage est fantastique !

Je me suis fait plaisir. Généralement, Je n'aime pas trop jouer dans mes films mais là, jouer un bourrin, une tête de nœud c'est ce qu'il y a de plus sympathique à faire.

6/ Il est quand même attachant malgré ces défauts...

Oui mais il est un peu odieux, vicelard et surtout, il est seul. Il a le côté un peu désespéré des gens seuls.

7/ Votre film a été réalisé par rapport à « Paranormal activity » mais avant ça, aviez-vous déjà l’envie de faire un film de genre ?

Oui et j'aimerai bien faire un vrai film d'horreur ! Dans mes boites à idées, j'ai un script, pas du tout développé, mais en tous cas, un synopsis de plusieurs pages sur un film d'horreur qui serait un « survival » mais je n'ai pas encore eu l'opportunité de le faire. On m'a proposé de le développer mais j'ai eu d'autres priorités. Ce que j'aimerai, c'est en faire un vrai, un pur. De toute façon, tous les films de genre me plaisent. C'est pour ça que j'ai une petite filmographie de genre. J'ai commencé avec un « fake documentary » qu'est « Casablanca Driver » après j'ai fait un « road movie », après j'ai fait un film dans un avion et après, j'ai fait un film un peu parodique qui est une sorte de « teen movie ». Donc, généralement, les films de genre me plaisent et j'aimerai être un réalisateur de films de genre mais de genres différents. Sans me comparer, je trouve que des mecs comme Kubrick ou Polanski ont fait des films de genre pendant toute leur carrière. Alors, c'est des grands films mais c'est quand même des films de genre. Polanski a fait "Rosemary's baby", c'est clairement un film de genre. "Le bal des vampires", c'est pareil, c'est un film de genre. Il en a fait d'autres qui étaient plus classiques comme "Le pianiste" mais en tous cas, j'admire ce genre de carrière hyper hétéroclites ou ils ont navigué dans des styles très différents et moi, ça, c'est un truc que j'aimerai faire donc oui, j'adorerai faire un film d'horreur. J'adore le langage très direct, c'est souvent des scripts très simples, une narration très basique mais quand ils sont réussis, c'est souvent de vrais films d'auteur. On a toujours tendance à penser que le film d'horreur est un genre de série B mais il y a quand même de grands auteurs qui émergent à chaque fois, que ce soit Argento, Kubrick... C'est pas du tout un genre que je trouve mineur, au contraire.

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

Les films de genre me plaisent et j'aimerai être un réalisateur de films de genre mais de genres différents. Sans me comparer, je trouve que des mecs comme Kubrick ou Polanski ont fait des films de genre pendant toute leur carrière.

Maurice Barthélemy

8/ Justement, ce qui m'a plu aussi dans "Pas très normales activités", c'est que l'ambiance horrifique a été bien retranscrite même si c'est une comédie...

C'était important pour moi de tourner dans un décor naturel, c'est à dire, un endroit qui ne soit pas un décor justement. Cette ferme, elle existe vraiment. On a été frappé quand on est entré dans cette maison qui n'avait pas été modifié depuis l'après-guerre. Ça datait de 1950 et même avant. Dans la maison, il y avait des vieux portraits. Elle était entretenue, il y avait un ménage qui était fait mais l'aménagement n'a pas bougé depuis l'après-guerre et c'était très impressionnant quand on est rentré car elle était "chargée" cette baraque. C'est ça qui m'a plu, c'est de déconner dans un décor un peu flippant. Dans le film, il y a plein de décors comme la salle ou il y a les mannequins qui sont posés. C’était un lieu ou on séchait les fruits. La plupart des décors étaient vraiment tels quels et il n’y avait pas besoin de faire grand chose. C'est comme ça que j'aime travailler, me laisser glisser et imprégner par un lieu et créer le contraste en faisant de la comédie dans un décor un peu inquiétant.

9/ La relation entre Norman et Stefi Celma paraît très crédible que ce soit dans leurs délires ou dans leurs disputes et ils semblent spontanés... Tout était écrit ou y’avait-il de l’improvisation ?

Curieusement, c'était très écrit ce que je leur ai fourni. Par contre, une fois que j'ai ma prise, je laisse l'acteur, sur une ou deux prises, proposer des changements, faire des impros, ce genre de choses. Je fonctionne toujours comme ça pour tous mes films. En général, au montage, je garde moitié de ce que j'ai écrit et moitié des propositions des acteurs. Surtout, je fais en sorte de travailler beaucoup sur le naturel. C'est difficile pour les acteurs de travailler le naturel c'est à dire de faire en sorte qu'on ne voit pas qu'ils jouent. Ce que je fais quasiment sur tous mes films, c'est de mettre l'acteur dans une situation de "non-jeu". Pour cela, je leur demande de savoir leur texte à la virgule près et longtemps à l'avance ce qui fait qu'ils ne sont pas préoccupés par leur texte et il le sorte de façon très naturel. C'est une première chose et puis après, je suis très pointilleux quand tout à coup, un acteur se met un peu à appuyer certaines intonations, à faire trop d'effets sur le texte. Dans ces cas là, j'explique que je veux quelque chose de plus simple, de plus naturel. La dernière chose c'est que je mets l'acteur dans une situation de plaisir pendant le tournage. Je fais vraiment en sorte qu’à chaque jour de tournage, l'acteur ait envie de venir et s'amuse. Du coup, il y a tout le temps sur mes tournages, un climat de détente, d'émulation, de plaisir. Finalement, au bout d'un moment, les acteurs oublient un peu qu'ils sont là pour faire un film et du coup, ils sont très détendus. De fait, j'obtiens souvent un résultat qui est proche de la réalité. Que ce soit dans "Pas très normales activités" ou dans "Low Cost" avec les passagers dans l'avion ou encore dans "Papa", Chabat et le petit gamin sont extrêmement naturels dans leur manière de jouer. Ça, ça me vient du fait que moi-même je suis acteur donc j'arrive à diriger correctement des acteurs devant moi sans passer par de la psychologie un peu gonflante et un peu inutile.

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

10/ Vous avez donc l'art pour détendre l'atmosphère. Etes-vous aussi drôle dans la vie que vous l'êtes quand vous jouez ?

Dans la vie, je suis plutôt quelqu'un d'assez calme mais sur un plateau de cinéma, pour moi, c'est toujours un peu particulier. Ça se reproduit tous les deux ans, ça dure un mois, peut être deux et donc, c'est un énorme train électrique dans lequel je vais pouvoir m'éclater pendant quelques semaines. Sur un plateau de cinéma, je suis très heureux. J'ai tendance à être particulièrement détendu, déconnant et en même temps très sérieux. Je m'entoure avec des équipes qui sont très compétentes sur lesquelles je sais que je n'ai pas besoin de créer un climat de tension pour obtenir de bonnes choses. Et puis, je me rends compte de la chance que j'ai de pouvoir tourner un long métrage. On n'est pas tant que ça dans le monde et en France à pouvoir le faire donc pour moi, c'est tellement de plaisir que c'est très rare que je fasse la gueule sur un plateau ou alors c'est que c'est la fin de journée, que je suis fatigué et que tout d'un coup, je bloque sur une séquence que je n'arrive pas à tourner, qu'un acteur bloque et que je n'arrive pas à lui trouver une solution mais bon ça arrive mais c'est extrêmement rare.

11/ Cela fait maintenant 10 ans que vous êtes passé à la réalisation, c'était en 2004 avec « Casablanca Driver ». C'est ce que vous préférez faire ? Vous avez toujours aspiré à être réalisateur même à l'époque des "Robins des bois" ?

Oui, je rêvais quand j'étais gamin d'être réalisateur mais c'était quelque chose que je ne m'autorisai pas parce que je pensais que ce n’était pas possible, que c'était trop compliqué et que ça nécessitait peut être de faire des écoles et d'avoir une grande culture cinématographique. Bref, j'avais plein de complexes et puis quand on a fait « les Robins des bois », avec mes compagnons, on se dirigeait les uns les autres donc déjà j'ai appris comme ça, j'ai appris sur le tas. Après, à l'époque de "Rrrr", on a suivi le tournage de Chabat comme si on était des co-réalisateurs donc, c'est pareil, là, j'ai beaucoup appris. Quand on m'a donné la possibilité de réaliser "Casablanca Driver" qui était un film complexe à faire pour un premier film, j'ai tout appris. Donc, quand je me suis retourné, que j'avais réalisé mon premier film et que j'ai fait le constat : "bon, il a des défauts ce film mais en même temps, il a des qualités", je me suis dit que c'était ça que j'aimais faire. J'adore jouer, j'ai toujours beaucoup de plaisir à jouer mais très clairement mon métier c'est réalisateur. C'est ce qui me plait le plus au monde. Etre réalisateur, c'est suivre un projet de la page blanche jusqu'à la sortie en salle, jusqu’à la sortie DVD et encore après les gens continuent à vous parler des films que vous avez fait. Ça c'est une satisfaction que n'ont pas les acteurs. Les acteurs, ils se pointent sur un tournage, ils jouent et après on les invite à l'avant première puis basta. Alors que le réalisateur assiste à toutes les étapes de l'élaboration d'un film et c'est ultra passionnant parce que toutes les étapes sont géniales, mais vraiment toutes, il n'y en a pas une de chiante. Je participe à tout : l'écriture car souvent c'est moi qui écrit en passant par le casting, les repérages, le tournage évidemment. Le montage, j'y suis en permanence, je ne rate pas un jour de montage. Après, il y a le mixage, les bruitages, l'étalonnage, la fabrication de la bande annonce, la conception de la campagne et de l'affiche et puis après la promotion, la tournée de province pour présenter le film et enfin, il y a la sortie du film donc moi j'assiste à tout, j'essai de tout contrôler même si le problème quand on est réalisateur c'est qu’on ne peut pas tout contrôler.

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

J'aime bien inventer, chercher dans des contrées qui n'ont pas encore été explorées, faire des films qu’on ne voit pas forcément en France, ça c'est mon truc.

Maurice Barthélemy

12/ Car vous pouvez avoir une pression du producteur ou du distributeur ?

Oui, pour la bande annonce, c'est souvent le distributeur qui décide mais en même temps, j'essai, au maximum, avec mes propres moyens de toujours avoir mon mot à dire. Après, on regrette toujours, il y a toujours des petites erreurs, des choses sur la communication ou la bande annonce dont on est pas satisfait mais j'ai toujours le sentiment d'avoir fait ce que je pouvais.

13/ Votre premier film "Casablanca driver" est devenu culte pour beaucoup...

On m'en parle assez souvent. Je tombe sur des gens très différents qui adorent ce film et ça me touche parce que déjà, c'est mon premier film donc c'est un peu comme le premier gamin. Les sensations que j'ai eu sur ce tournage sont uniques et puis c'est un film qu'on ne pourrait pas refaire aujourd'hui parce que la logique commerciale m'empêcherait de faire ce film. C'était quand même un film très particulier, assez audacieux et assez ambitieux. Je ne pourrais pas le refaire avec les conditions actuelles. C'est un film qui est très libre et j'ai eu la possibilité d'y mettre tout ce que j'avais envie de mettre et toutes les références cinématographiques que j'avais tout en essayant de faire un film drôle et un peu pathétique aussi. J'y ai tout mis et "Casablanca Driver" a des défauts mais comme tous, ça n'existe pas un film parfait. Aujourd'hui, je suis très content quand on vient m'en parler, ça me fait toujours super plaisir et il continue son bonhomme de chemin, il est beaucoup téléchargé. Il est aimé aussi bien par des intellos que par des gens de tous les milieux et c'est tant mieux. C'est pour ça que je fais ce métier.

14/ Pour tous vos films que vous avez réalisé, vous avez créé de nouveaux personnages. N'avez-vous jamais pensé ou voulu utiliser des personnages déjà existants comme Father Tom ou les personnages de "Radio bière foot" ?

Non, en fait, on s'est posé la question à une époque mais j'ai toujours un problème avec la facilité. Je vais toujours chercher la complexité, jamais je n'exploite les concepts un peu évidents. C'est peut-être une erreur et c'est peut-être la raison pour laquelle je ne fais pas des films qui font énormément d'entrées. C'était un peu de la facilité d'aller chercher un personnage existant parmi les Robins et ce n’est pas mon truc. J'aime bien inventer, chercher dans des contrées qui n'ont pas encore été explorées, faire des films qu’on ne voit pas forcément en France, ça c'est mon truc. De plus, ça appartenait aux « Robins des bois » ces personnages. Ce sont des personnages qu'on a créé tous ensemble même si Father Tom ou Houdin le magicien, c'est moi qui les interprétait donc ça aurait été un peu opportuniste de ma part de récupérer ces personnages et d’en faire un truc pour une ambition personnelle.

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

Reformer les "Robins des Bois" ? Il ne faut jamais dire jamais mais il faut quand même constater que les groupes de comiques vieillissent moins bien que les groupes de hard.

Maurice Barthélemy

15/ Est-ce qu’un jour on peut espérer un « come back » des « Robin des bois » ?

Il ne faut jamais dire jamais mais il faut quand même constater que les groupes de comiques vieillissent moins bien que les groupes de hard. Il faut donc mieux éviter de se reformer généralement. Après, peut être que l’avenir nous remettra ensemble sur un projet. En tous cas, ce qui est sûr c’est que si on se retrouve, ce ne sera pas pour refaire un truc des Robins. Ce sera pour imaginer quelque chose de différent, on ira chercher quelque chose qu’on n’a pas déjà fait. Je n’aime pas le réchauffé, je pense que c’est très compliqué de refaire une chose qui a été créé à une certaine époque dans un certain contexte avec une fraicheur qui était lié au fait qu’on avait un certain âge. Aujourd’hui, on a tous vieillis, on ne peut pas faire tout à fait la même chose donc si on se retrouve un jour, ce sera pour faire quelque chose de différent qui sera peut être complètement foireux mais je préfère qu’on se plante en inventant quelque chose de nouveau que de se planter en réchauffant une vieille soupe.

16/ Les Inconnus qui se reforment pour « Les trois frères 2 », ça vous intéresse ou non ? (NDLR : L’interview a été réalisé quelques jours avant la sortie du nouveau film des Inconnus)

Pourquoi pas, j’irai le voir, je ne préjuge pas. J’ai été assez client des Inconnus surtout sur « La télé des Inconnus ». J’irai le voir sans apriori et je verrais si ça marche ou pas.

17/ Des quatre films que vous avez réalisé, est-ce qu’il y en a un que vous préférez ?

J’ai discuté de ce sujet avec d’autres réalisateurs et en tant que réalisateur, on a toujours une petite préférence pour le précédent parce que c’est le plus récent et qu’on a le sentiment d’avoir avancé un peu plus en termes de réalisation. Sur « Pas très normales activités », il y a une chose dont je suis particulièrement fier, c’est l’humanité des deux personnages principaux voir même de tous les personnages du film. Il n’y a pas beaucoup de personnages, ils sont cinq mais je suis content du travail que j’ai fait sur l’humanité de ces personnages. Quand on voit le film, on a vraiment le sentiment de voir des gens sympathiques en face de nous et on a envie de les aimer. C’est un travail dont je suis fier. Après, c’est vrai que j’ai une nostalgie sur « Casablanca Driver » car c’était un film qui était tellement rigolo à faire, tellement dingue à gérer puisque je jouais dedans, j’écrivais, je réalisais donc j’en garde forcément un bon souvenir. Je garde un bon souvenir de « Papa » dans le côté très intime et puis l’espèce d’aventure qu’était le tournage vu qu’on est parti sur la route avec une petite équipe. « Low Cost », j’en ai des souvenirs assez incroyables. Il faisait 45°C dans l’avion ou en pouvait plus de fatigue et de chaleur. C’est difficile pour moi de choisir, c’est comme cette éternelle comparaison bidon avec les enfants. Quand on est père de plusieurs enfants, c’est difficile de dire lequel on préfère. Pour les films, c’est un peu le même rapport. J’ai pour tous les films que j’ai fait de la sympathie même si je suis obligé de constater qu’ils ont tous des défauts, qu’il y en a un qui a des grandes oreilles, l’autre qui a un long nez et le troisième qui bégaye mais je m’en fous, je les aimes tous.

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

Quand on est père de plusieurs enfants, c’est difficile de dire lequel on préfère. Pour les films, c’est un peu le même rapport. J’ai pour tous les films que j’ai fait de la sympathie même si je suis obligé de constater qu’ils ont tous des défauts, qu’il y en a un qui a des grandes oreilles, l’autre qui a un long nez et le troisième qui bégaye mais je m’en fous, je les aimes tous.

Maurice Barthélemy

18/ Avez-vous un projet en cours actuellement ?

Oui, je viens de terminer l’écriture de mon prochain film qui sera plus dans l’esprit de «Papa ». C’est un film plus personnel qui liera la comédie et le drame en même temps. C’est ce que j’avais commencé sur « Papa » et c’est ce que j’ai envie de continuer. Faire un film ou on peut rire et être ému d’une seconde à l’autre. Je ne sais pas si je le tournerai en 2014, j’aimerai bien. Par ailleurs, j’ai d’autres projets de films, plus de genre et c’est en cours mais ça prend du temps.

19/ C’est vous qui écrivez les scenarii de tous vos films, vous n’êtes pas intéressé par des scénarii déjà écrits ?

Je demande à lire de temps en temps. Pour l’instant, je n’ai pas eu l’évidence ou les films sur lesquels j’ai eu une évidence, les personnes qui les avaient écrits voulaient les réaliser. Ca ne s’est pas encore fait mais ça se fera peut être un jour, je ne suis pas contre du tout.

20/ Votre énergie lorsque vous jouez, celle que vous avez depuis vos débuts avec les « Robins des Bois », d’où la tirez-vous ?

C’est ma nature. Enfant, j’étais un sale môme, j’étais un peu agité mais en même temps, c’est parce que ce n’est pas moi. Au quotidien, les gens qui me connaissent savent que je suis quelqu’un d’assez calme, d’assez posé parfois même un peu austère. C’est un peu la nature des gens qui font les cons, ils utilisent la scène ou l’écran pour extérioriser des choses qu’ils gardent pour eux habituellement. Ce n’est pas pour rien que, sans vouloir me comparer, des mecs comme Woody Allen ou Louis De Funès sont ou étaient des mecs super sombres au quotidien, c’est pas des rigolos parce que je pense que ce sont des personnes qui expriment ou exprimaient leurs angoisses par la comédie et ça les rend particulièrement uniques. Je crois que je fais partie de cette école là, je ne dis pas que je suis unique mais en tous cas, je suis quelqu’un de plutôt angoissé dans la vie et j’utilise l’écran pour me débarrasser de mes angoisses.

INTERVIEW : MAURICE BARTHELEMY

21/ Si vous deviez citer une personne qui vous a donné envie d’être réalisateur ou acteur, ce serait qui ?

Une personne qui m’a donné envie d’être acteur, c’est Peter Sellers. Que ce soit dans « La Panthère rose » ou sa folie dans « Docteur Folamour ». Pour moi, c’est l’acteur référence absolu mais en fait, il y en a beaucoup qui sont des références absolus pour moi. Ce sont souvent des acteurs américains ou anglais. Là, je pourrais citer Robert Redford, Paul Newman, Dustin Hoffman, Sam Shepard, bref, il y en a pas mal et chez les anglais : Alan Rickman. Au niveau film, références absolus : Les Monty Python mais aussi les Marx Brothers, Max Linder, Harold Lloyd, Charlie Chaplin, Buster Keaton, tous les premiers burlesques m’ont inspiré quand j’étais petit. Après on remonte à Pierre Dax, Francis Blanche, Les Nuls… ça c’est pour la comédie et pour les films plus sombres : Kubrick, Renoir, Kurosawa, Terrence Malick, Melville, Wiiliam Friedkin, Peter Bogdanovich, Clint Eastwood, bref, c’est des gens qui me nourrissent quand je vois leurs films.

22/ Pour finir, qu’est ce qui vous fait le plus rire : Un sketch de Coluche ou rencontrer une personne qui s’appellerait Jean-Paul Poulpe ?

(Rires). J’aime beaucoup Coluche mais je réponds Jean-Paul Poulpe, évidemment. Si je peux le rencontrer, rien que pour savoir comme il vit ça. Lui poser des questions et lui demander pourquoi il n’a pas fusionné son nom et qu’il ne s’est pas appelé : Jean-Pauploupe ? Bref, ce genre de conneries… Je trouve que c’est encore plus drôle de rencontrer de vraies personnes.

On arrive au bout de l’interview, merci beaucoup Maurice.

De rien, c’était un plaisir.

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 9 Février 2014

INTERVIEW : TOBIN BELL

Que l'on soit fan ou pas, il faut bien admettre que s'il fallait nommer une saga horrifique qui a marqué les esprits dans les années 2000, on citerait bien volontiers "Saw". Avec sept films, tous sortis au cinéma, son "bad guy", John Kramer alias Jigsaw, est devenu une icône de l'horreur comme l'ont été Jason, Freddy, Michael Myers en leur temps. Quoi de mieux pour parler de ce tueur en série que de pouvoir en discuter avec son interprète, le talentueux Tobin Bell. En effet, même avec le talent de James Wan et les pièges incroyablement sadiques des scénaristes, la saga aurait-elle eu le même succès sans la présence inquiétante et charismatique de Tobin Bell ? Probablement pas.

Whether you are a fan or not, we must admit that if I had to name an horror saga that marked spirits in the 2000s, everyone says "Saw". With seven films, all shown on cinema, his "bad guy", John Kramer aka Jigsaw, has become an horror icon as were Jason, Freddy, Michael Myers in their time. What better way to talk about this serial killer than to discuss it with his interpreter, the talented Tobin Bell. Even with the talent of James Wan and incredibly sadistic traps of the writers, the saga would she have had the same success without the disturbing presence and charismatic acting of Tobin Bell? Probably not.

1/ Bonjour Monsieur Bell, Je suis Sylvain du blog français : “Le dernier blog sur la gauche”.

Bonjour… Ah oui, vous êtes français ! J’ai travaillé avec un réalisateur français récemment : Fabien Martorell dans un film nommé “Unbelief”. C’est un court-métrage d’environ 15 minutes. Nous avons tourné à Los Angeles. C’était une bonne experience. Aussi, je serais dans 3 fims bientôt : "Dark House", "Manson Family Vacation" et "Phantom Halo". Tu peux trouver les informations sur IMDB.

1/ Hello M. Bell, I’m Sylvain for the french blog : « The last blog on the left ».

Hello, oh yes, you are French! I worked with a French director recently: Fabien Martorell in a movie called “Unbelief”. It’s short movie, approximately 15 minutes. We have shoot in Los Angeles. It was a good experience. Also, I will be in three movies soon, "Dark House", "Manson Family Vacation" et "Phantom Halo". You can find informations on IMDB!

2/ D’accord. Quand avez-vous decidé de lancer votre carrière d’acteur ?

Lors de ma dernière année de lycée, j’ai décidé de devenir acteur. J’ai assisté à une conférence de Hume Cronyn et Jessica Tandy, deux célèbres acteurs américains des années 60-70. Je les ai écouté parler et cela m’a inspiré. J’avais prévu de devenir journaliste mais j’ai changé d’avis. J’ai quitté l’école et je suis allé à New York pour étudier la comédie. Ensuite, Alan Parker, un réalisateur anglais, m’a engagé pour « Mississipi Burning ». Mon premier rôle dans un film de Major. Un film très très important avec des personnes de qualité qui jouaient dedans : Gene Hackman, Willem Dafoe…

2/ Ok.! When did you decide to launch your career’s actor?

The last year on my college, I decided to be an actor. I attended a conference of Hume Cronyn & Jessica Tandy, two famous Americans actors in the 60’s, 70’s. I’m listened to them speaking and I was inspired. I was planning to be a journalist and I changed my mind. I went out of school and I went to New York City and I studied comedy. Then, Alan Parker, a british director, hire me in “Mississipi Burning”.My first role in a major movie. A very very important movie with high quality people in it: Gene Hackman, Willem Dafoe…

INTERVIEW : TOBIN BELL

3/ Parlons de “Saw”, comment avez-vous obtenu le rôle de John Kramer ?

La directrice de casting de « Saw 1 » connaissait mon travail et m’a appelé pour rencontrer James Wan. Il m’a engagé pour jouer l’homme au sol, dans le sang. Personne, à ce moment là, ne savait qu’il y aurait sept de ces films. Personne ne savait ça. Une de mes motivations était de travailler avec Danny Glover. Je n’avais jamais tourné avec Danny Glover. Et aussi la fin était vraiment surprenante et bien faite. James Wan a très bien réalisé ce moment, il voulait vraiment que ce soit un moment spécial du film. Toutefois, c’était long. Il a fallut que je reste trois semaines comme cela, au sol, pour enfin arriver à ce moment !

3/ Talking about “Saw”, how did you get the role of John Kramer?

The Casting director for “Saw 1” knew my work and she called me to see James Wan. He hired me to play the man on the floor in the blood. None of us knew that there would be seven of these movies. Nobody knew that. One of my motivation was I wanted to work with Danny Glover. I had never worked with Danny Glover. And also the ending was very surprising and well done. James Wan shot that moment very well. And he would be a special moment. However long, I needed to live there which was all about 3 weeks in order to get to that moment.

4/ “Saw” a obtenu un énorme succès. Quelle a été votre réaction ?

Pour être honnête, je n’avais jamais pensé à tout cela. Une fois que j’ai eu fini le travail sur « Saw », je suis passé à un autre projet. J’étais en République tchèque quand le film a été diffusé. Je travaillais sur une série Télé pour NBC et je ne pensais plus du tout à « Saw ». Mais, oui, bien sûr, j’étais content. Le film a été bien reçu et quand j’ai entendu cela, je me suis dit que c’était bon mais je ne pensais pas à en faire d’autres.

4/ “Saw” obtain a surprising success. What was your reaction?

To be honest with you, I wasn’t even thinking about it. Once I finished the job, I was in other project. I was in Czech Republic when the film was realized. I worked on a TV Series for NBC and I didn’t think about Saw. But, yes of course, I was happy. The film got a good reception. When I heard that, I say “Oh, that’s good” but I didn’t think about doing anymore.

5/ Dans le premier film, vous avez un petit mais important rôle. Etiez-vous heureux de développer votre personnage dans « Saw 2 » ?

Hum oui, cela ma donné une opportunité de développer certains aspects de ce qui était dans l’esprit du personnage, toutes ces choses qui le motivent à faire ce qu’il fait. C’était intéressant de développer cette philosophie de son comportement.

5/ In the first movie, you have a small but important role. Were you happy to develop your character in “Saw 2” ?

Hum yeah, it gives me an opportunity to develop some of what is on the mind of the character, what some of the things which motivated him to do what he did. It was interesting to develop the philosophy behind his behavior.

INTERVIEW : TOBIN BELL

6/ A chaque film, vous en découvriez un petit plus…

Bien sûr, lorsque vous passez du temps avec le personnage, vous apprenez plus à propos de lui et c’est le partie la plus intéressante du travail. Vous savez, travailler avec d’autres acteurs comme Donnie Wahlberg et Shawnee Smith aide à en apprendre plus sur John Kramer.

6/ On each movie, you discovered a little more…

Of course, whenever you spend time with the character, you learn more about him and that’s the most interesting part. You know, working with others actors like Donnie Walhberg and Shawnee Smith help to learn more about John Kramer.

7/ Etiez-vous impatient de découvrir les nouveaux rebondissements ?

Cela m’intéressait mais je n’étais pas impatient. Si vous êtes impatient, vous êtes dans la précipitation. Je ne suis jamais dans la précipitation. Je suis un mec lent (rires). J’aime prendre le temps dans le processus, pas dans le résultat.

7/ Were you impatient to discover the new twists?

I was interested but I was not impatient. If you are impatient, you are in a hurry. I’m never in a hurry. I’m a slow guy (laugh). I like to spend time in the process, not in the results.

8/ Vous sentiez vous proche du personage de John Kramer ?

Oui, c’est mon travail. Je dois comprendre ses motivations. Si vous voulez me demander si je ferais ce qu’il fait : Non pas nécessairement mais c’est mon travail de rentrer à l’intérieur de sa peau, de me mettre de son côté et de comprendre d’où il vient et où il veut en venir. Alors, je travaille très dur pour faire cela.

8/ Did you feel close to the character of John Kramer?

Yes, it’s my job. I need to understand his motivations. If you asking me would I do what he does: No, not necessarily. But it's my job to get inside his skin and to beyond his side and understand where is coming from. So I worked very hard to do that.

INTERVIEW : TOBIN BELL

9/ Quel est votre piège préféré de John Kramer ?

Mon piège favori…

9/ What is your favorite trap of John Kramer?

My favorite trap…

10/ Oui… Vous souvenez-vous de tous les pièges ?

Hum, je ne sais pas si je me rappelle de tous les pièges mais je me souviens de la plupart d’entre eux. Le piège qui m’a intéressé le plus n’est pas un des plus célèbres. C’est un piège que l’on voit dans « Saw III ». Il y a un juge dans une cuve, un grand container et ils font tomber des cochons dans le container dans lequel se trouve le juge. J’ai trouvé que celui là était ridiculement dégoutant. Tous ces cochons dans le container autour du juge… J’aime aussi le piège de « la femme de glace » dans « Saw III ». La glace monte graduellement, lentement. C’était très créatif. Je suppose que j’aime quand c’est difficile à accomplir et la personne qui a fait cette effet special s’appelle François Degenais.

10/ Yes… Did you remember all of traps?

Hum, I don’t know if I remember all of the traps but I remember most of them. The trap which interesting me the most is not one of the most famous, it’s a trap in “Saw III”. There was a judge in a vat, a big container and they drop pigs into this container where the judge was. I found that one was ridiculously disgusting. All this pigs into the vat around the judge… I like too the Ice woman trap in Saw 3. Ice comes gradually, slowly. That was very creative. I guess I liked it when it’s difficult to accomplish and the special effect guy is François Degenais.

11/Comment était le tournage avec James Wan ?

James Wan a fait le premier film et c’était très bien de travailler avec lui, c’est toujours bien de travailler avec les créateurs, de travailler sur le matériau de base car James Wan et Leigh Whannel ont le cœur et l’esprit connectés sur les facteurs importants. Leigh jouait très bien et il était un des scénaristes. James et lui sont très proches lorsqu’ils travaillent ensemble. Le résultat de ce genre de collaboration est très bon. Par ailleurs, le moment final du film, dans « Saw 1 », quand je me lève du sol, ce moment est aussi efficace car Leigh Whannel est dans l’action. Sa réaction est fondamentale. James Wan et Leigh ont travaillé ensemble tous ces moments.

11/ How was the shoot with James Wan ?

James Wan done the first movie and it was very good to work with him, it’s always good to work with the creators, to work on the original material because Wan & Leigh Whannel have hearth and mind connected on important factors. Leigh was acting very well in the film and he was one of the writers and himself and James were very close to work together. Result of that kind of collaboration is very good. By the way, the final moment of the film, in “Saw 1”, when I get up on the floor, that moment is only as effective because Leigh Whannel is in action. His reaction is fundamental. James Wan and Leigh worked together on all of those moments.

INTERVIEW : TOBIN BELL

12/ Avec les autres réalisateurs, c’était aussi de bonnes expériences ?

Oui, j’ai travaillé avec Darren Lynn Bousman sur Saw 2,3 et 4. Sur ces trois films, Darren a été génial. Il a réalisé de très très bons films. Il était ouvert aux suggestions et j’ai vraiment aimé ce que nous avons fait. Toutes ces idées, tout ce que nous avons partagé, tout cela. Et pour les autres films réalisés par David Hackl et Kevin Greutert, ces gars connaissaient « Saw ». David était le concepteur de production pour tous les films de la saga et Kevin était l’éditeur pour tous les films. Tout a été très réussi. La fierté pour les producteurs, pour les réalisateurs, pour Lionsgate est que les films sont populaires tout autour du monde. De toutes évidences, les créateurs du film, Leigh et James, l’équipe de production, Lionsgate savent qu’ils ont quelque chose dont le public veut toujours plus. Et pas qu’aux Etats-Unis. Les films sont populaires au Japan, en Europe, etc… Et c’est une très bonne chose.

12/ With the others directors, it was also good experiences?

Yes, I worked with Darren Lynn Bousman in Saw 2, 3 et 4. On these 3 films, Darren was great. He realized the films very very well. He was open to suggestions and I really loved the results. All the ideas, all that we shared, all of that. And for the last public films done by David Hackl and Kevin Greutert, those guys know “SAW”. David was a production designer for all of the Saw films and Kevin was the editor of all of the Saw films. It was all very successful. The pride for the producers, for the directors, for Lionsgate is that the films are popular all around the world. Obviously, The creators of the film, Leigh and James, the production team, Lionsgate knows that they had something that people always want to. It’s not just in US. It’s popular in Japan, in Europe etc… and that’s a very good thing.

13/ Si je vous dis que vous êtes le Jason ou le Freddy des années 2000, êtes-vous d’accord avec cela ?

Je ne sais pas parce que je ne suis pas très connaisseur avec l’histoire des films d’horreur mais vous savez, je veux faire mon travail du mieux possible. Je suis heureux d’être là et tous les acteurs veulent jouer ce genre de personnage. John Kramer a été un personnage merveilleux pour moi. Je serais vraiment très heureux d’être considéré au même niveau que des personnages aussi connus et réussis que Freddy et Jason.

13/ If I tell to you that you are the Jason or Freddy of the 2000’s years, are you agree with that ?

I don’t know because I am not very educated with history of horror films but you know I want do my work at the best. I’m happy to be there and all actors want to play these kinds of characters. John Kramer has been a marvelous character for me. I would be very happy to be considered at the same level as very successful characters like Freddy and Jason.

14/ Y’aura-t-il un nouveau film “Saw” ?

Je ne connais pas la réponse à cette question. Je n’ai pas parlé récemment avec aucune des personnes qui sont impliqués dans la saga « Saw ». Je n’ai pas d’informations à propos de films supplémentaires. Je ne sais pas mais si je trouve quelque chose de spécifique, j’en parlerai sur Twitter et Facebook. J’espère avoir plus d’informations, vous savez, tous les fans en voudraient un peu plus mais je pense que c’est très important que les films suivants soient de bonne qualité.

14/ Will there be a new “Saw” movie ?

I don’t know the answer of that question. I didn't speak with any people who was involved recently. I don’t have any information about anymore Saw films.I don’t know but if I find out something specific, I will speak about on twitter and facebook. I wish I have more information, you know all the fans would like a little bit more but I think it’s very important that they just want keep the following films first-rate.

INTERVIEW : TOBIN BELL

15/ Vous avez joué dans un autre film d’horreur : « Buried Alive », quel souvenir gardez-vous de ce film ?

J’aime la caravane, mon personnage vit dans une caravane et j’ai aimé cela. Ils me l’ont donné pour vivre dedans. Les personnages avec qui j’ai travaillé étaient très bon. Nous avons tourné le film au Nouveau Mexique et nous étions dans les montagnes, il faisait très froid. J’aime mon personnage, c’était un mec fou et il effraie les jeunes gens. C’était un bon groupe de personnes.

15/ You played in another horror movie : “Buried Alive”. Which memory keeped you of this movie?

I like the trailer, my character lived in a trailer and I like that. They give me to live in. the people who I working with was very great and we shot this film in New Mexico and we were on the mountains and it was very cold, I like my character, he is a crazy guy and it scares young people. It was a good group of people.

16/ Quel est votre meilleur souvenir sur un tournage ?

Je dirais que les meilleurs moments pour moi, dans un film, sont quand j’ai travaillé avec Donnie Wahlberg dans « Saw II ». Avec Donnie et puis avec Shawnee Smith. Donnie jouait le détective et Shawnee jouait Amanda. J’aime tous les films, mais mes films avec Donnie et Shawnee, dans « Saw II » et « Saw III » ont été les meilleurs moments.

16/ What is your best moment in a movie, during a shoot ?

I would say the best moment for me, in a motion, is when I worked with Donnie Wahlberg in Saw II. with Donnie and with Shawnee Smith. Donnie plays detective and Shawnee plays Amanda. I love all of the films but the moments with Donnie and Amanda, in Saw 2 and Saw 3, were the best moments.

Merci beaucoup M. Bell.

Thank You very much M. Bell.

INTERVIEW : TOBIN BELL

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 15 Janvier 2014

INTERVIEW : DIETER LASER

En un seul film, Dieter Laser a rejoint le club très fermé des grands méchants cultes du cinéma horrifique. Ce film, c'est bien sûr "The Human Centipède : First Sequence" dans lequel il interprète le rôle principal du Dr Heiter,chirurgien expert en séparation de siamois qui décide de coudre "bouche à cul" des êtres humains afin de créer le plus long tube digestif et ainsi obtenir un mille-pattes humain. Au delà de ce postulat complètement fou, la réussite du film tient pour beaucoup dans l'interprétation magistrale, drôle et terrifiante de Dieter Laser. Il fallait donc en savoir plus sur ce comédien atypique, que nous retrouverons bientôt dans le troisième (et normalement) dernier film de la saga "The Human Centipède" et sur sa façon d'appréhender des rôles aussi étranges.

In one movie, Dieter Laser joined the very closed club of bad guys of cult horror movies. This film, of course, is "The Human Centipede : First Sequence" wherein Dieter Laser play the main role of Dr. Heiter, expert surgeon in siamese separating decides to sew peoples "mouth to ass" to create a human centipede with only one alimentary canal. Beyond this crazy idea, the movie's sucess owes much of the Dieter Laser masterful, scary and funny interpretation. It is necessary to learn more about this unusual actor, whom we shall see soon in the third and final film of the saga "The Human Centipede" and its way to understanding this kind of stranges roles.

1/ Comment avez-vous obtenu le rôle principal de "The Human Centipede : First Sequence“ ?

J’ai reçu une demande de rendez-vous de la part de "Six Entertainment Company“ basée à Amsterdam et, un dimanche matin ensoleillé, j’ai rencontré la productrice du film Llona Six et le réalisateur Tom Six dans le hall du Hilton à Berlin. Tom avait vu le film allemand "Fueher Ex“ dans lequel je joue un petit rôle de "Tueur de Masse" en prison, et il a décidé de me demander si je voulais interpréter le premier rôle dans "The Human Centipede : First Sequence“. Tom m’a raconté très précisément l’ensemble du film en temps réel et c’était impressionnant de voir comment il voulait le réaliser. Lorsqu’il a fini, j’étais si fasciné par cette histoire et par la passion dans ses yeux que j’ai spontanément dit "Nous devons faire ça !“ "-Maintenant, nous allons parler d’argent“ a dit Llona, et cinq minutes plus tard, nous avions un accord conclu par une poignée de main.

1/ How did you get the main role on “The Human Centipede: First Sequence”?

I got from Six Entertainment Company in Amsterdam a request for a meeting, and on a sunny Sunday morning I met the film producer Ilona Six and the director Tom Six in the lobby of the Berlin Hilton. Tom had seen the German movie "Fuehrer Ex" in which I’m playing a small part as a mass-murderer in prison, and he had decided to ask me for the leading part in "The Human Centipede First Sequence". Tom told me very precisely the whole film in real time and even more impressive how he wanted to shoot it. When he had finished I was so fascinated by his story and the passion in his eyes, that I spontaneously said “We have to do that!” - "Than let’s talk money" said Ilona, and five minutes later we had a deal by handshake.

2/ Quel a été votre sentiment après avoir lu le scénario ? Plutôt amusé ou choqué ?

Définitivement choqué ! Coudre des chiens et des personnes entre elles, cul à bouche, au lieu de séparer des frères siamois, tout cela fait par un chirurgien qui est devenu complètement fou semblait encore assez drôle et même logique mais en écoutant l’histoire de Tom, je n’avais pas réalisé les conséquences pour le tube digestif des victimes. Quand j’ai lu dans le scénario :“Nourris les, Nourris les" et "Avale, avale, salope!“ Je suis devenu une "mauviette“ (traduction de "Chicken-Shit“) : "Que vont penser mes amis acteurs ? Et les critiques allemandes ? Qu’en sera-t-il de ma réputation d‘acteur sérieux avec une grande expérience dans le théatre Allemand ?"

2/ What was your feeling after reading the script? Rather amused or shocked ?

Definitely shocked! Sewing dogs and people together even ass to mouth instead of separating siamese twins, by a surgeon who had gone totally crazy, seemed still quite funny and even logical, but while listening to Tom’s story I hadn’t realized the consequences for the digestive tract of the victims. and when I read in the script: “Feed her! Feed her!” and “Swallow it, swallow it, bitch!” I became chicken-shit: What about my actors friends? What about the German critics? What about my reputation as a serious actor with a strong background in the German theatre???

3/ Avez-vous hésité avant d’accepter le rôle ? Est-ce que des personnes de votre entourage ont essayé de vous décourager de jouer dans ce film ?

En effet, j’ai hésité mais un deal par poignée de main est un contrat… et le "Six-Pack" Tom et Llona sont des gens si adorables… aurait-il fallut demander à quelqu’un… Vous n’avez jamais et vous ne devez jamais demandé à quelqu’un quoi faire… (Dieter se parle à lui même) Alors, mon ami Dieter, assis toi sur ton cul, soit productif et créer un personnage dont tu n’auras pas honte mais qui soit drôle à jouer… Le fou Dr. Heiter est un expert en séparation de jumeaux siamois… le docteur nazi fou Dr. Josef Mengele a expérimenté avec des jumeaux… Il fallait donc botter le cul de ces clowns de medecins nazi allemands et les exposer au ridicule, ce qui était vraiment le cas, ils étaient ridicules. Des criminels de la rétention anale. Mets un pantalon d’équitation noir avec un t-shirt noir, mets tes bottes d’équitation noires au dessus du pantalon, mets la fameuse "German Eppendorfer“, une veste de medecin des années 30, au dessus de tout ça et là vous avez la ressemblance exacte d’un Medecin Nazi-SS, un personnage comique et intemporel de psychopathe.

3/ Have you hesitated to accept the role? Are people around you had try to discourage you to play in this film?

Indeed I hesitated: "... but a deal by handshake is a contract… and the Six-Pack Tom and Ilona are so sweet people… shall I ask somebody… you never did and you never will ask other people what to do… so my friend Dieter sit down on your ass, be productive and create a character you would not be ashamed of, but would be fun to play… crazy Dr. Heiter, is an expert in separating siamese twins… crazy Nazi Dr. Josef Mengele had experimented with twins... what about to kick the clowns of German Nazi Doctors into their ass and expose them to ridicule as what they really were: “anal retentive” criminals… put on your black riding trousers with a black T-shirt, get your black riding boots out of the cellar, put the famous “German Eppendorfer” doctor’s coat from the 30s over it, and there you go: the living resemblance of a SS-Nazi-Doctor, a timeless comic figure of a psychopath.

4/ Quel sortes de retours avez-vous reçu à la sortie du film ?

Uniquement des applaudissements, des éloges et de l’admiration.

4/ What kind of feedback have you received after this movie ?

Only applause, praise and admiration.

INTERVIEW : DIETER LASER

5/ Comment s'est passé le tournage avec Tom Six ?

"Aimez vous ma veste de medecin, Tom" – "Je l’adore“. Travailler avec Tom Six est un pur plaisir. Il sait exactement ce qu’il veut faire mais en même temps, il est assez fort pour laisser à l’acteur beaucoup de liberté. Tant que vous êtes dans la vision qu’il a du film, c’est le realisateur le plus généreux qu’on puisse rencontrer. Je n’ai jamais autant improvisé dans un film que dans "The Human Centipede 1". L’alchimie entre nous était extraordinaire.

5/ How was the shooting with Tom Six?

"Do you like my doctor’s coat, Tom?” - “I love it!” - To work with Tom Six is pure joy. He knows exactly what he wants to do, but at the same time he is strong enough to give the actor a lot of freedom. As long as you are moving in the realm of his vision he is the most generous director I ever met - therefore I have never before improvised in a film as much as in THC1. The chemistry between us is extraordinary.

6/ Vous êtes vraiment effrayant dans le film, comment avez-vous fait pour entrer dans la peau du personnage ?

J’ai fait ce que tout le monde fait lorsqu’on lit un roman. Vous commencez par être dans l’ambiance, vous rencontrez les personnages, vous (esperons-le) êtes excités et même impliqués, vous commencez à vous identifier et à la fin vous avez-vu un film fait par vous même dans votre écran de cinéma mental. Mon roman est le scénario, la seule différence est que je l’ai lu "mille fois“ et donc (esperons-le), j’ai acquis une connaissance intime et un sentiment intense de mon personnage.

6/ You are very scary in the movie, how did you do to get into the skin of the character?

I do what everybody is doing when reading a novel. You start to get into the atmosphere, you meet the characters, you (hopefully) get excited and even involved, you start to identify and in the end you have seen a home made movie on your mental cinema screen. - My novel is the script - the only difference is I read it “a thousand times” and therefore (hopefully) get an intimate knowledge and intense feeling of my character.

Tom Six m’a raconté très précisément l’ensemble du film, "The Human Centipède : First Séquence" en temps réel et c’était impressionnant de voir comment il voulait le réaliser. Lorsqu’il a fini, j’étais si fasciné par cette histoire et par la passion dans ses yeux que j’ai spontanément dit "Nous devons faire ça !".

Dieter Laser

7/ Quel est votre opinion à propos du Dr. Heiter ? Vous trouvez-vous des points communs avec lui ?

Bien sûr ! Mon travail est d‘“aimer“ mon personnage parceque personne ne se réveille le matin et se dit à lui même qu’il est une méchante personne. Au contraire : Heiter, par exemple, a emmagasiné beaucoup de haine contre les autres. Une raison à cela peut être qu’en Allemagne, en tant que scientifique, vous êtes forcé à partir en retraite à 65 ans et peu importe votre talent et les compétences que vous avez. Même si c’est un personnage comique, je dois le comprendre et être aussi proche de ses sentiments que possible. Cela arrive souvent de se parler à soi-même. Si quelqu’un vous a blessé, vous avez tendance à répéter pendant des heures, avec votre voix intérieur, des choses comme : "Quel idiot ! Quel trou du cul…“ Et ainsi de suite, et ainsi de suite…

7/ What is your opinion about the Dr. Heiter? Do you find common points with him?

Sure! My job is to “love" my character, because nobody waking up in the morning is telling himself what a bad guy he is - in the contrary: Heiter for example is building up a lot of hate against others. One point might be because in Germany you are forced as a scientist to retire by 65 no matter how famous and skilled you are. Even though he is a comic figure I have to understand him and get as close to his feelings as possible. This happens a lot by inner self talk. If somebody has hurt you, you tend to repeat for hours by your inner voice things like: "What an idiot! What an asshole…" and so on and so forth...

8/ Est-ce plutôt ennuyeux, drôle ou jouissif de contrôler ce mille-pattes humain et plus spécialement de ne pas être dedans ?

J’ai admiré mes collègues qui ont joué le mille-pattes humains pour leur endurance, leur discipline et leur engagement…. Bien sûr, j’étais content de ne pas être dedans.

8/ Was it rather annoying, fun or enjoyable to control this centipede and especially not to be inside?

I admired my colleagues who played the centipede for their stamina, discipline and commitment… sure I was glad not to be inside.

INTERVIEW : DIETER LASER

9/ Que pensez-vous de la polémique autour du premier "The Human Centipede“ ?

Au cas ou vous ne verriez pas le film comme un thriller horrifique à l’humour noir, peut être que vous aurez des problèmes pour l’apprécier. Dans toutes les séances de cinéma auxquelles j’ai assisté, quelqu’un commençait involontairement à rire nerveusement et les réactions du public escaladaient joliment dans un mélange de rire et d’horreur. Mais, de toutes façons, la polémique est toujours bonne ! C’est la meilleure façon de promouvoir un film.

9/ What do you think about the polemic around the first movie ?

In case you can’t read the movie as a black-comedy-horror-thriller maybe you have problems to enjoy it. In all cinema-shows I’ve attended, somebody startet unwillingly to giggle and then the reactions of the audience escalated beautifully in a mixture of laughter and horror. But anyway polemic is always good! Best PR for every movie.

10/ Qu’avez-vous pensé de l’évolution dans le second film : "Full Sequence" ?

Je pense que l’idée de cette histoire de copycat est géniale ! J’ai aimé le noir et blanc, la citation de "Psychose“ et je pense que Laurence R. Harvey est fantastique.

10/ What did you think about the evolution in the second movie: “Full Sequence” ?

I think the idea for a copy cat story is genius! I loved the black and white, the citation of “Psycho” and I think Laurence R. Harvey is fantastic.

11/ Le fait que le deuxième film aille dans une direction ou la violence est plus explicite ne vous a pas dérangé ?

Vous ne pouvez pas me demander ça à moi ! Je vous ai déja dit que j’étais une mauviette (traduction personnelle de "horror-chicken-sissy“). J’avais besoin de me persuader moi même, même pour "The Human Centipede : First Sequence“.

11/ The fact that the 2nd movie goes in an explicit violent way does not disturb you ?

You can’t ask me! I told you already as a horror-chicken-sissy I had to persuade myself even for the “First Sequence”…

Quand j’ai lu dans le scénario :“Nourris les, Nourris les" et "Avale, avale, salope!“ Je me suis demandé : "Que vont penser mes amis acteurs ? Et les critiques allemandes ? Qu’en sera-t-il de ma réputation d‘acteur sérieux avec une grande expérience dans le théatre Allemand ?"

Dieter Laser

INTERVIEW : DIETER LASER

12/ Vous êtes dans le casting du 3ème film : "The Human Centipede : Final Sequence“. Pouvez-vous nous parler de votre rôle dans ce film ?

Mon rôle s’appelle "Bill Boss“ et en accord avec ce nom, c’est la partie principale absolue de ce "Final Sequence“.

12/ You are in the cast of the 3rd movie: “The Human Centipede : Final Sequence”. Can you talk about your role in this movie?

My role is called “Bill Boss” and according to this name it is the absolute leading part of the "Final Sequence”

13/ Pouvez-vous nous donner des informations à propos de ce film final ? Devons nous nous attendre à plus de violence que dans le précédent ? Quel est le synopsis ?

Je peux seulement vous dire que l’idée et l’intrigue sont, encore une fois, très sophistiquées et simplement géniales ! La réalisation et le cinéaste sont géniaux ! Mes collègues sont fantastiques ! Alors, attendez et vous serez émerveillés…

13/ Can you give us information about this final movie? Should we expect more violence and trash than the previous? What is the synopsis?

I only can tell you that the idea and the plot is again very sophisticated and simply genius! The director is a dream! The cinematographer is awesome! My colleagues are fantastic! - So wait and wonder...

14/ J’ai entendu que le film allait se passer dans un asile psychiatrique avec 500 personnes dans le mille-pattes ! Est-ce vrai ?

Je ne peux pas vous en dire plus que ce que j’ai déjà dit. Vous devez attendre que le film sorte et vous serez définitivement étonné, fasciné et impressionné…

14/ We hear that the movie will happen in a psychiatric asylum with 500 peoples in the centipede ! Is that true ?

I won’t tell you anymore than I did. You have to wait till the movie is released and you will definitely be astonished, spellbound and amazed…

INTERVIEW : DIETER LASER

15/ Vous avez gagné deux awards durant votre carrière, un pour "John Glueckstadt" en 1975 et un pour "The Human Centipede“ en 2009. Lequel des deux vous a le plus fait plaisir ?

Je pense que gagner l’award du meilleur acteur dans le plus grand festival de film de genre des Etats-Unis est vraiment quelque chose de spécial.

15/ You have won 2 awards during your career, one for “John Glueckstadt" (1975) and one for “The Human Centipede” (2009). Which one did you enjoy the most?

I think to win the award "Best Actor" at the largest genre film festival in the USA is a special kick...

16/ Vous avez des rôles récurrents dans des séries comme "Lexx“, Qu’est ce qui vous semble le plus intéressant dans ce genre de rôle ? Développer le personnage ?

Il n’y a pas de grandes différences avec un autre rôle mais le temps que vous passez dans une série vous donne la chance d’améliorer et d’approfondir votre personnage.

16/ You had recurring roles in series like “Lexx”, Was it interesting for you to have this kind of role? To develop a character?

It doesn’t make a hell of a difference to other roles, but the long time you are spending with a series-part gives you the chance to improve and deepen the insight into your character.

Dans toutes les séances de cinéma (qui projetait "The Human Centipède : First Sequence" auxquelles j’ai assisté, quelqu’un commençait involontairement à rire nerveusement et les réactions du public escaladaient joliment dans un mélange de rire et d’horreur.

Dieter Laser

17/ Etes vous un fan de film d’horreur ? Quel est votre préféré ?

Cela dépend de la qualité des films. Mon préféré est "Le Silence des agneaux“.

17/ Are you an horror movie fan? What is your favorite?

It depends on the quality of the movie. Favorite is "The Silence of the Lambs”

18/ Est-ce qu’Anthony Hopkins, qui joue Hannibal Lecter, vous a influencé pour jouer le Dr. Heiter ?

Pas du tout, je ne regarde jamais à droite ou à gauche, je fais juste les choses selon ma vision. Mais, c’est certain que c’était un grand honneur que le Dr. Heinter soit ensuite comparé à Hannibal Lecter par un grand nombre de critiques sérieuses et de commentaires… Néammoins, l’histoire elle même du "Silence des agneaux“ m’a beaucoup aidé pour prendre ma décision de jouer le Dr. Heiter. Je me suis demandé : "quelle est la grande différence entre manger les cerveaux de ses victimes et les coudre ensemble ! – Alors !“

18/ Does Anthony Hopkins as Hannibal Lecter has influenced you to play Dr Heiter ?

Not at all, I never look left or right, just doing my thing according to my vision. But for sure it was a great honor to be afterwards compared as “Dr. Heiter” with “Hannibal Lecter” by a lot of serious critics and reviews… Nevertheless the story itself of “Silence of the Lambs” helped a lot for my decision to play Dr. Heiter. I asked myself: “Where’s the big difference between eating the brains of your victims or sewing them together - so what!”

INTERVIEW : DIETER LASER

19/ Quel est votre meilleur et votre pire souvenir sur un tournage, dans votre carrière ?

Le meilleur : Etre assis à coté de Burt Lancaster pendant la sieste après la pause déjeuner.

Le pire : Stupidement ambitieux, j’ai fait une cascade moi même et j’ai sauté à travers la mauvaise fenêtre d’un très haut batiment. J’ai été sauvé, d’un cheveu, par une petit morceau de la protection qui était prévue à l’extérieur.

19/ What is your best and your worst memory, on a set, in your career?

Best: sitting together with Burt Lancaster guarding his nap after lunch break...

Worst: stupidly ambitious doing a stunt by myself and jumping out through the wrong window of a very high building, only by a hair’s breadth saved by a tiny overlapping piece of the provided safety protection outside…

20/ Sur quel tournage étais-ce?

J’ai joué le fils de Burt Lancaster et l’amoureux de Julie Christie dans la mini-série TV "Fathers and Sons“. J’ai sauté à travers la "fenêtre de l’horreur“ en jouant le rôle titre "Ulrich Stolzenberg“ dans l’épisode "Amigos“ de la série TV "Wolffs Revier“.

20/ Which shoot was it ?

Playing Burt Lancaster's son and the lover of Julie Christie in the TV-Mini-Series "Fathers and Sons". Jumping through the "Horror-Window" as the leading guest-role "Ulrich Stolzenberg" in the episode "Amigos" of the TV-Series “Wolffs Revier”

21/ Quels sont vos prochains projets ?

Me battre pour un script que j’ai écrit. Et le travail de relations publiques et de promotion pour la première de "The Human Centipede III : Final Sequence“ au printemps 2014 aux Etats-Unis.

21/ What are your next projects?

Fighting for a script which I have written. And the PR work for the premiere of The Human Centipede III (Final Sequence) in spring 2014 in the USA.

Merci M. Laser

De rien.

Thank you M. Laser

My pleasure.

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 15 Décembre 2013

Interview : Dominique Bettenfeld

Plus de quarante questions, une interview fleuve, il fallait au moins ça pour tenter de revenir sur la carrière de Dominique Bettenfeld, acteur caméléon qui a tourné avec les plus grands, de Jeunet & Caro à Jan Kounen en passant par Dupontel. Malgré tout ça, difficile, tout de même, de faire le tour complet de la filmographie du Monsieur ! Pas grave, l'important est là : Des souvenirs de plus de 20 ans de carrière, des anecdotes cocasses, des coups de gueules, des rencontres, une vision claire sur l'évolution de l'industrie cinématographique et surtout une passion immodérée pour le travail d'acteur et pour le "cinoch", le vrai, celui qui fait voyager, celui qui transporte.

Action !

1/ Pour commencer, retournons vingt ans arrière. Comment êtes vous arrivé sur "Delicatessen" de Jeunet et Caro ?

Déjà, je suis arrivé un peu sur le tard dans le métier de comédien. Je viens de l’est de la France et je suis monté à Paris pour faire une école qui s’appelait l’école du passage de Niels Arestrup. Ça tombait bien, ils prenaient des vieux ! (rires) Dans ma promotion, j’avais une copine qui était voisine de Jeunet et qui me dit qu’il cherchait des « gueules » pour un film. Je n’étais pas trop parti pour faire ça au départ mais, à un moment donné, j’ai filé une photo de photomaton à cette copine et suite à ça, j’ai rencontré Jean-Pierre et Marc. Ça les a branché, j’avais une tronche et ça c’est fait comme ça ! A l’époque, le rôle que j’interprète, un espèce de lieutenant, ça devait être Cornillac qui devait le faire. Je devais faire un autre troglodyste puis Cornillac s’est barré sur un autre truc donc ils m’ont branché là dessus.

2/ Une belle expérience et une belle rencontre avec Jeunet et Caro…

Oh oui, et là tu commences, c’est du cinéma ! Du vrai « cinoch » ! J’ai eu de la chance, j’ai mangé mon pain blanc d’entrée. Je suis parti avec des réalisateurs qui faisaient du vrai cinéma, c’était pas des machins dans des appartements, champ/contrechamp… C’était visuel, ça bougeait, c’était barjot, avec des costumes… Tu sors de la réalité, tu vas dans un autre monde ! J’appartenais à un truc onirique, une histoire.

3/ Vous sentiez déjà que le film marcherait au moment du tournage ?

Alors là, pas du tout. Pour moi, c’était une rencontre fortuite… J’ai eu une chance, je l’ai choppé. Ce facteur chance est énorme, ça aurait pu être quelqu’un d’autre. Après il y a le travail, et j’ai essayé de faire de mon mieux. Il n’y a pas que la chance parce que si t’es une buse sur le tournage, ça ne marche pas (rires) ! Un peu de chance et après du travail, donc. Bref, j’étais à cent lieux de m’imaginer que "Delicatessen" allait faire le buzz que ça a fait. Je trouvais qu’il y avait une superbe émulsion sur le plateau, j’ai rencontré plein de gens que je vois toujours. Ne serait-ce que Jeunet, c’est un mec super fidèle. Quand je tourne avec lui, je viens dans la famille, comme avec Jan (Kounen). Les gens me connaissent, c’est plus reposant et ça te met de la pression positive. Tu bosses dans un climat super serein et de confiance.

4/ Pensez-vous qu’on pourrait produire un film comme "Delicatessen", aujourd’hui?

A cette époque, il y avait une grosse tendance de nouveaux films avec de nouveaux réalisateurs, que ce soit Kounen, Gaspard Noé, Dupontel, Jeunet et Caro, toute une bande de mecs qui ont commencé a envoyer des trucs un peu différents. On était dans une manière de filmer un peu plus à l’américaine, moins film d’auteur. Je n’ai rien contre les films d’auteur, loin de là mais avec eux on arrivait dans des films post-nouvelle vague française et ça a pris. Ca a tellement marché que c’est devenu un peu le cinéma institutionnel en France pendant un temps, mais ça n’a pas duré très longtemps car ça n’a pas fait autant de petits que ça. Pour en revenir à ta question : Non. Maintenant, des réals pas connus qui voudraient envoyer des films comme ça, personne ne les suit. Il n’y a déjà plus de distributeurs qui veulent prendre des risques là-dessus. Les distributeurs cinéma, c’est comme "Carrefour" : ton produit est en tête de gondole ou t’es tout en bas du rayon. Les distributeurs, c’est la vitrine, ils ont pris la grosse part du gâteau. C’est dommage, Jeunet me disait qu’actuellement, ce serait impossible de placer un profil comme Audrey Tautou dans « Amélie Poulain ». A l’époque, elle n’était pas connue, on se demandait d’où elle déboulait et elle obtenait le premier rôle. Maintenant ce serait impossible. Personne ne suivrait là-dessus. Ça veut dire qu’au bout d’un moment ce système va s’auto-scléroser. Il ne faut pas prendre les gens trop longtemps pour des cons. Certains pensent que les spectateurs sont des moutons et qu’ils vont voir ce qu’on leur propose mais au bout d’un moment, ils ont besoin de nouvelles sensations, de nouvelles gueules, de nouvelles manières de filmer. Ça, ça va transpirer au bout d’un moment, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, on est déjà au bout de ce système. Même si le cinéma français marche quand même, y’a plein de films qui se tournent mais c’est toujours le même principe, le même style de cinéma. Ce qui est dommage c’est qu’il n’y a plus cette prise de risque, plus cette envie d’aller ailleurs et de bousculer tout ça. Ou alors, ceux qu’ils le font, c’est cinq ans à ramer pour tourner avec pas grand-chose et qui, au final, seront mal distribués ou mis au placard. Maintenant, il faut que ton film rentre dans une case. On te demande ce que c’est. Une comédie ? Un drame ? Si ça ne rentre pas dans une de ces cases, les mecs ne savent pas quoi dire dessus, ça les fait flipper. Les américains le comprennent : c’est art et industrie. Nous, on est encore dans un drôle de mélange ou tout le monde veut se mêler du côté artistique aussi. Soit tu suis un film en mettant l’argent et tu fais confiance aux créateurs ou alors tu ne mets pas le pognon mais tu ne viens pas donner ton avis sans arrêt.

5/ Aux Etats-Unis, ça arrive aussi ce problème, que la production prenne la « place » du réal’…

Oui car ils ont des rails incroyables : tant de minutes d’actions, tant de minutes de comédies… Faut se dire que le boulot de scénariste, c’est un vrai taf là bas. Quand les scénaristes se mettent en grève, ça ne met pas longtemps avant qu’on s’intéresse à eux. Et ça, c’est un vrai métier qu’on galère à avoir en France. Le réalisateur c’est un bon technicien mais avant ça, il faut une bonne histoire et une bonne histoire, il y a des gens qui y ont travaillé. Et toi, si tu ne sais pas faire une bonne histoire et même si t’es un super réalisateur, ça n’intéressera personne.

Interview : Dominique Bettenfeld

Maintenant, il faut que ton film rentre dans une case. On te demande ce que c’est. Une comédie ? Un drame ? Si ça ne rentre pas dans une de ces cases, les mecs ne savent pas quoi dire dessus, ça les fait flipper.

Dominique Bettenfeld

6/ Puis, vous tournez dans "La cité des enfants perdus", gros travail graphique, beaucoup d’effets spéciaux. Avez-vous tourné des séquences en décors réels ?

Non, tout en studio. C’était au 4001 à Harpagon. La flotte, la barque était dans le studio. Tu rentres là dedans le matin, le soir quand tu ressors du studio, tu ne comprends plus rien ! C’était énorme, génial. Ça c’est une expérience dont tu te rappelles. Merci Jean-Pierre et Marc !

7/ Est-ce que vous avez eu un choc en découvrant le film terminé, après la post-production ?

Non. On est déjà dans l’univers. On a les costumes, les décors, tout est déjà là. La seule différence, à la fin, c’est le montage. Tu vois vraiment l’histoire qui est racontée donc on découvre ce qu’on a fait. Au début du tournage, tu t’en doutes, tu t’immerges dedans et quand tu vois le film fini, tu découvres vraiment toute la trame. C’est comme dans « Un long dimanche de fiançailles », c’est du pur cinéma ! Après t’aimes ou t’aimes pas mais t’es ailleurs, dans des décors ahurissants… Tu remplis la boite à souvenirs.

Interview : Dominique Bettenfeld

8/ Parlons de Jan Kounen, justement, qui vous remarque sur un clip d’Elmer Food Beat. Qu’est ce qui vous a plu chez lui et inversement, qu’est ce qui lui a plu chez vous pour que vous vous retrouviez à tourner « Captain X » et « Vibroboy » ?

Jan venait de faire « Gisèle Kérozène », un truc qui avait été remarqué. Là-dessus, il tombe sur le clip des Elmer Food Beat et il bossait à l’époque avec Margot Marguerite. Là, concours de circonstance, Margot Marguerite, qui devait jouer le rôle dans « L’âge de Plastic », tombe malade quelques jours avant le tournage et Kounen cherchait quelqu’un. Il a appelé Diane Bertrand, la compagne d’époque de Jean Pierre Jeunet, avec qui je bossais, pour lui demander si elle ne connaitrait pas quelqu’un alors elle lui a montré des essais vidéos que j’avais fait. Ça lui a plu, il m’a appelé, j’ai fait des essais avec lui et il a appelé la production directement pour dire que c’était bon. Je correspondais assez bien à ce qu’il projetait dans ses futurs films. Ça s’est fait comme ça pour « Vibroboy » mais pour « Captain X », j’ai repassé des essais. Ça a toujours été clair avec Jan. C’est comme ça qu’on a commencé à bosser ensemble.

9/ Puis, vous êtes arrivé sur "Dobermann". Un film particulier avec une sacrée bande de comédiens…

Ouais, un univers bien frappadingue. Tu rentres dans des personnages un peu outranciers, un peu BD… C’est vachement bien. Des personnages très dessinés dans la forme, le look. Et puis, on a approfondi le fond car il faut faire vivre la marionnette ! Alors avec Jan, on a eu des discussions, on a fait des répétitions. Jan prend encore le temps de faire ça. Comme les américains, quand y’a un gros rôle, ils bossent ! Y’a un coaching. Jan le fait mais c’est de plus en plus rare en France. Aux Etats-Unis, la préparation du rôle est comprise dans le tarif ! En France, il devrait y avoir du temps et du fric alloués aux préparations et aux répétitions mais ça, ce n’est malheureusement pas la pratique la plus courante…

10/ Avez-vous beaucoup répété en groupe sur "Dobermann" pour créer la cohésion de la bande étant donné le nombre de personnages à l’écran ?

Oui, on en a fait pas mal. Et Jan, ça lui permettait de savoir ou il allait placer sa caméra. Une fois qu’on avait réglé les dialogues et les échanges, après sur le tournage, ça roulait. On a fait des improvisations et Jan regardait tout ça pour sa mise en scène. Sur le tournage, il savait tous ses axes. On n’a plus rien bougé après. On avait des libertés mais le cadre était vraiment défini. Ça permettait à Jan d’être tranquille et d’aller vite. Il a même pu faire des choses qu’il n’avait pas prévu parce qu’il avait le temps comme on avait réglé notre jeu avant. Comme il aime bien se faire des délires, ça tombait bien… Et c’est un mec qu’a un sens du cadrage exceptionnel. Au niveau direction d’acteurs, Jan a beaucoup appris sur ce tournage et au fur et à mesure des films. Jean-Pierre Jeunet, c’est un truc qu’il sait super bien faire, il a toujours aimé ça. Albert Dupontel aussi, c’est un acteur à la base donc il sait comment s’occuper des acteurs car chacun est différent et il faut pouvoir gérer tout le monde. Et Jan a beaucoup appris sur "Dobermann". Il a réussi à cerner ce truc là et maintenant, sur un plateau, il est très précis sur les indications et il sait comment amener les acteurs au plus proche de ce qu’il veut tout en laissant la personne s’exprimer. Et puis, il y avait intérêt car tu prends un loustic comme Tcheky Kario, tu ne lui racontes pas la messe à l’envers. Faut assurer sinon le mec il te bouffe ! C’est un vrai travail.

11/ "Dobermann" est un film dans lequel les situations sont poussées à l’extrême tout comme les dialogues et pourtant c’est ancré dans une réalité et on y croit quand on voit le film. N’étais-ce pas compliqué de jouer un personnage aussi BD, avec des dialogues un peu outrancier tout en restant crédible et sans surjouer ?

Je crois que c’est ça le fondement du travail. On te propose quelque chose et c’est à toi de le ramener à ta réalité. Des fois, c’est compliqué ouais… Mais tout ça, ça fait aussi parti d’un travail que tu fais en amont. On a beaucoup discuté avec Jan sur le rôle de l’abbé. Pour Jan, au départ, l’abbé Froissard, que j’interprète, était plutôt un tordu à la Léon de "Vibroboy". Moi, ça me gavait un peu de faire deux fois le même truc… Au départ l’abbé, c’était juste un mec qui se déguise en homme de Dieu pour passer inaperçu et j’ai dit à Jan que, pour moi, ce type là est un fou de Dieu et qu’il y croit. Pour moi, l’abbé il flingue des gens car ce sont des incultes, il y a des raisons mystiques derrière. Jan a été d’accord et donc, en tant que comédien, toutes tes répliques elles rentrent d’un coup. J’ai cerné le personnage et je savais comment le jouer. Ça devient donc plus simple car t’as trouvé une ligne à ton personnage. Tu as une sorte de colonne vertébrale et tout vient se coller à l’intérieur. Le travail de fond est déjà fait donc les répliques que j’avais à dire, je les avais déjà digérés. Même si c’est complètement fou comme la réplique « ça sent le sapin »… Pour cette réplique d’ailleurs, en fait, normalement l’abbé avait une vision de ses parents, un jour de noël. Et sa mère tuait son père, qui était un salaud, devant le sapin de noël… Donc, quand l’abbé dit « ça sent le sapin », c’était la circonstance mais en même temps, c’était noël… Alors quand tu dis cette réplique là, si t’es pas un peu allumé, ça ne marche pas car ça déboule là tout d’un coup !

Interview : Dominique Bettenfeld

Au départ l’abbé, c’était juste un mec qui se déguise en homme de Dieu pour passer inaperçu et j’ai dit à Jan que, pour moi, ce type là est un fou de Dieu et qu’il y croit. Pour moi, l’abbé il flingue des gens car ce sont des incultes

Dominique Bettenfeld à propos de son personnage dans "Dobermann"

12/ Il y a aussi des échanges de dialogues excellents comme celui entre Moustique et l’abbé sur le golden boy. La différence de caractère entre l’abbé et Moustique, ça donne vraiment un bon équilibre…

Voilà, c’est le genre de choses qu’il fallait trouver. Comme Antoine (Basler) dedans, il est complètement disjoncté, je ne voulais pas faire le même style de jeu, comme dans "Vibroboy". Le binôme avec Moustique l’excité et l’abbé, le monolite qui intériorise tout mais qui est un malade mentale furieux… Là, ça existe, ça fonctionne. Et l’un ne bouffe pas l’autre, au contraire, l’un apporte à l’autre. C’est des petites alchimies comme ça qui marchent bien. Ça peut des fois ne pas l’être.

13/ Tous les personnages du film sont différents et se complètent bien…

C’était bien ciblé et au niveau du casting, c’était intelligent. Mettre des gens avec des grosses personnalités comme ça et qui se bouffent pas le nez, c’est super car ça peut vite partir en live sinon. Donc là, c’était bien senti, il n'y a pas eu d’histoires d’égo. C’était paisible à ce niveau là.

14/ Quand on tourne un film comme "Dobermann", sait-on d’avance que ça va faire du bruit à la sortie en salle et que certaines personnes ne vont pas comprendre le ton du film ?

J’étais déjà vacciné avec "Vibroboy"… Mais là, c’est vrai que c’est avec Cassel, Duris, Bellucci qui montent et Tcheky Karyo de l’autre côté qui a déjà sa place dans le paysage cinéma. Tu te dis que la jeune génération va aller voir ce film… Vincent avait déjà fait « La Haine », tu sais que ça va faire du bruit.

15/ Le film avait aussi bien marché à l’étranger ?

A l’étranger, ça avait cartonné ! En France, ce n’était pas loin d’un million d’entrées, ce qui est très bien pour un film de ce genre… et à l’étranger, gros succès aussi. Bon, bien sûr, il avait été descendu par nos gardiens du temple…

16/ Justement, dans le DVD collector, Jan Kounen a référencé toutes les critiques négatives qu’a reçu le film. Ça l’a plutôt amusé ces critiques ?

Non, pas du tout. Avec le DVD, je pense que c’est un dédouanement qu’il a fait. Mais ça ne l’a pas amusé… ça avait déjà commencé avec "Vibroboy" dont les critiques avaient dit que c’était navrant, beauf, aucun humour… Kounen aurait été John Woo, on aurait dit « encore un OVNI qui déboule du cinéma asiatique ultra-violent ». Sauf que là, le mec est français et tu ne fais pas ça en France !

17/ Malgré le risque, les producteurs ont investi sur "Dobermann" et sur Kounen.

Là, les producteurs, ils ont mouillé le maillot. Mais je pense que quand t’es producteur là-dessus, avec l’émulsion de ces années là, tu sens qu’il y a quelque chose à creuser. Après, ils pouvaient se planter. Quand "Dobermann" est sorti, les critiques ont tous bavé dessus en disant que c’était de la merde… Avec la scène du film ou Romain Duris hésite entre télérama et les cahiers du cinéma pour se torcher, c’était réglé, ça a été rédhibitoire vis-à-vis des critiques presses !

Interview : Dominique Bettenfeld

Ce n'est que du cinéma, après tout, et quand des mecs arrivent à comparer Jan à Mussolini, à dire que c’est un facho, là faut arrêter. Tu ne dis pas ça, assis à ton bureau, parce que le mec t’as un peu chatouillé.

Dominique Bettenfeld suite aux critiques de "Dobermann"

Interview : Dominique Bettenfeld

18/ Vous pensez que ces critiques ont eu un impact négatif sur le film ou plutôt que ça l’a aidé ?

Je pense que ça l’a aidé dans le sens ou ceux qu’on été voir ça en ont rien eu à battre de tout ce qui était dit ! Le bouche à oreilles a été bon. C’était neuf ,c’était frais, les gens sont allés le voir.

19/ Et vous, en tant que comédien, ça vous touche des critiques comme celle là ?

Oui. Moi, je n’ai pas été incriminé directement mais quand j’entends des trucs sur Jan qui est tout sauf ce qu’on est entrain d’en faire, ça m’a vraiment foutu les boules. Les critiques étaient pitoyables. Les gens étaient obligés d’être méchants parcequ’on remet un peu en question leur travail. Puis, tu peux dire ce que tu veux d’une œuvre mais t’attaques pas les gens personnellement si tu ne les connais pas. Et tous ces mecs, ils bossent dans des gros magazines, soit disant c’est des sommités et ils réagissent de façon méchante et pitoyable. Et tant qu’il y aura encore ces gardiens, on continuera à avoir du cinéma sans originalité et ensuite, les mêmes vont se demander ce qu’il se passe dans le cinéma français ! Ça m’a vraiment énervé par rapport à Jan et lui, ça l’a affecté. Qu’on dise qu’on ne l’aime pas, OK mais il ne faut pas passer une certaine limite. Je pense que la ligne rouge a été franchie. Ce n'est que du cinéma, après tout, et quand des mecs arrivent à comparer Jan à Mussolini, à dire que c’est un facho, là faut arrêter. Tu ne dis pas ça, assis à ton bureau, parce que le mec t’as un peu chatouillé. Ce n’est pas pro de leur part et on est passé à autre chose que du cinéma. Ca a déclenché des passions et une remise en question de tout leur édifice. Ils sont bien assis sur leur petite profession, ils sont bien ensemble, il ne faut pas les remuer. Bon, ils ne sont pas tous à mettre dans le même sac mais ce qui a été dit dans les gros magazines, c’était vraiment méchant.

20/ Il y a aussi Gaspard Noé avec "Irreversible" ou Dupontel avec "Bernie", par exemple, qui avaient reçu aussi ce genre de critiques…

"Irréversible", on en a fait un truc incroyable avec cette histoire de viol… Et pourtant ce film, c’est autre chose que juste cette scène. C’est une vraie recherche, le processus est monstrueux. Je ne comprends pas que des gens habitués à voir du cinéma soient aussi à cran sur un film comme ça. C’est un film qui n’est pas putassier du tout, c’est réel mais ils ont fait tous leurs articles sur la scène du tunnel, comme s’il n’y avait que cette scène. Le film ne se réduit pas à ça… Du coup, ça fait un scandale mais c’est parti dans l’autre sens aussi pour Noé car les gens sont allés le voir.

Interview : Dominique Bettenfeld

21/ Ensuite, vous retrouvez Jeunet pour « Amélie Poulain », gros succès public et critique…

Oui surtout que Jeunet dit qu’il vient refaire un petit film en France après avoir tourné "Alien Resurrection"… UGC a vu que le film allait marché, qu’il ne manquait pas grand-chose pour qu’il atteigne des scores excellent alors ils ont relancé la promo en plein milieu de la distribution du film. Ça a fait un gros succès car ça a correspondu à une époque… C’est important pour la réussite d’un film. Par exemple, le film avec Omar Sy et Cluzet, "Intouchables", est venu à un moment ou les gens ont envie de voir ce film. Ça se trouve, il serait sorti six mois plus tôt ou plus tard, il n’y aurait pas eu cet engouement. Ça aussi, c’est très aléatoire. Suffit d’un rien… Une bonne histoire, une petite foule de gens qui y vont, un petit buzz et ton film décolle.

22/ Dans " Le fabuleux destin d'Amélie Poulain", vous jouez le voisin d’Amélie, rôle plus classique que ce que vous avez l’habitude de jouer. Ça vous a tout de même plu ?

L’enjeu du rôle c’est que tout était pratiquement en improvisation. J’étais devant la télé, y’avais un vrai match et j’y suis allé à fond. Bon, moi, j’aime plutôt le foot, j’y ai pas mal joué donc c’était une bonne après-midi ! (rires) Après, Jeunet a gardé ce qu’il voulait garder mais ça s’est barré en sucette, je faisais des sauts sur le canapé ! Bon, il a pas tout pris mais on est passé par là. Donc, quand même, tu pars ailleurs.

23/ Vous tournez beaucoup avec des réalisateurs qui ont une patte particulière, c’est ce que vous recherchez ou c’est car vous être le style d’acteur qu’ils recherchent ?

Oui, c’est plus car j’ai une tronche qui va bien pour ce genre de films mais je n’ai aucune église là dedans. A part si vraiment ça ne me branche pas, ça ne me parle pas du tout… Mais c’est vraiment rare car il y a toujours un truc à défendre dans un rôle.

24/ Et vous avez toujours des rôles un peu atypiques avec des maquillages…

J’adore ça. C’est pour ça que je fais ce métier. Quand les gens ne me reconnaissent pas, c’est le meilleur. Je me rappelle de « 99 Frs », Marc Caro s’est rendu compte que j’étais dans le film au générique de fin. Il a appelé Jan et lui a demandé le rôle que j’avais ! J’étais content car Marc, c’est quand même un mec qui me connait bien donc ça, ce sont mes petites fiertés. Quand tu rentres dans le personnage, que tu façonnes l’univers, ça, c’est super.

Il faut des bons acteurs et des bons personnages en tête d’affiche mais une bonne histoire prend en compte les seconds rôles et la figuration. Souvent, ce qui m’afflige, c’est qu’on fait attention à ce qui se passe en premier plan et derrière, ça ne se tient pas.

Dominique Bettenfeld

Interview : Dominique Bettenfeld

25/ Entre les prises, vous sortez du rôle ou vous restez dans la peau du personnage ?

Ça dépend des rôles que j’interprète. Je ne suis pas un grand malade de rester dans ma bulle mais ça dépend vraiment des séquences. Parfois, faut que je m’isole pour penser à ce que j’ai à faire et le cinéma, comme disait Mastroianni, c’est avant tout une bonne chaise. Quand tu arrives à 7 heures du matin et que ta première prise est à 15 heures et qu’ensuite tu arrêtes et tu reprends pour une autre scène qui n’est pas dans la continuité de la précédente, faut avoir les esprits clairs ! Mais j’aime bien justement cette réactivité. Tu ne fous rien et au bout d’un moment tout s’enchaîne, on t’appelle pour le maquillage, on te dit de balancer le texte, tu tournes. Donc, tu dois quand même toujours être prêt et concentré car quand ça démarre, faut savoir ce que t’as à faire sinon c’est désagréable comme sensation. J’anticipe donc toujours tout ça et je me mets dans le rôle bien avant que ça tourne.

26/ Vous êtes habitué aux seconds rôles, mais à des seconds rôles dont on se souvient et on dit que souvent, ce sont ces rôles qui font la différence dans un film. D’ailleurs les américains ont bien compris l’importance des seconds rôles…

Il faut des bons acteurs et des bons personnages en tête d’affiche mais une bonne histoire prend en compte les seconds rôles et la figuration. Souvent, ce qui m’afflige, c’est qu’on fait attention à ce qui se passe en premier plan et derrière, ça ne se tient pas. Et si les seconds rôles sont moins travaillés que les premiers rôles, ça fait sortir du film. Et c’est souvent le cas, ce qui est dommage car il y avait une culture en France des seconds rôles, à l’époque de Blier… Et d’un coup, ça a un peu disparu, je ne sais pas trop pourquoi. Peut être à cause de la nouvelle vague mais je ne vais pas toujours les accuser (rires). Mais il y en a encore qui s’applique sur ce travail là, des gens comme Jan quand il y a de la figuration, il vient leur raconter ce qui se passe. Il leur explique le contexte et les gens se sentent concernés. Si tu ne dis rien aux figurants, ils ne vont pas se donner à fond et ça va ne pas être crédible.

27/ Ce sont des choses qui sont souvent oubliés comme les préparatifs d’avant tournage dont vous parliez tout à l’heure…

Complètement. Et le relief du film est donné par ça. Si t’as des gens qui assurent et derrière encore des gens qui assurent, ça te donne une profondeur, du relief. Tout est dans les détails et des mecs comme Jean-Pierre Jeunet, ils sont fous des détails. C’est un vrai travail de réalisation que de soigner les seconds plans, les troisièmes plans, les quatrièmes. Alors que souvent, quand on a les deux premiers rôles, on a déjà plus d’argent pour payer le reste du casting et c’est ça aussi le problème. Mais bon, si tu prends des seconds rôles au rabais… Bon, ce n’est pas parce que t’es bien payé que t’es bon, je n’ai pas dit ça… mais si tu n’as plus de pognon pour payer tous ces acteurs qui vont créer l’univers alors tu vas prendre du tout venant, ça va être assez limité pour créer ton univers. Une histoire ça se construit pas juste avec un protagoniste ou deux. Les héros, pour s’exprimer, faut qu’à côté, ça soit crédible et précis. Si tu n’as pas ce soucis du détail, faut encore mieux aller filmer des gens dans la rue, ça sera toujours mieux que de prendre des figurants pour faire genre.

Interview : Dominique Bettenfeld

Je ne suis pas du genre à dire qu’un rôle n’est pas pour moi. Je peux tout jouer. Peut-être pas bien mais je peux tout jouer ! (rires).

Dominique Bettenfeld

28/ Vous avez ensuite tourné dans « Dante O1 » qui a reçu des critiques presse assez mauvaises alors que je trouve que ce n’est pas un mauvais film. Pourquoi pensez-vous qu’il a été reçu de cette façon ?

Déjà, je pense qu’on a un problème avec la SF. En France, on aime les bonnes vieilles comédies et ça ce n’est pas pour nous. Après, l’univers est bien perché, c’est peut être ça aussi. La complexité du propos un peu christique… le grand public n’est pas sensibilisé, a pas l’habitude, de tous ces ingrédients là. Alors que la même chose chez les américains, tu vas jeter un œil. Là, c’est français, les gens sont sur la réserve… C’est comme si t’arrivais avec un western, les gens pensent que ce n’est pas pour nous. C’est un film qui aurait pu avoir un public mais c’est peut être que le manque de publicité et le fait que le film soit sorti un 02 janvier, ça a joué contre lui. Les gens ont tous la gueule de bois, on recommence une année, le public est peut être pas dans une optique d’aller voir un film de SF.

29/ Vous allez voir vos films au cinéma ?

Je les vois lors des avant première. C’est l’occasion de voir le film sur grand écran et de revoir les gens. Souvent c’est six mois ou un an après donc c’est rigolo de revoir l’équipe. Ça donne l’occasion de se voir, de discuter, de savoir ce que devient chacun. Mais sinon, je ne me regarde pas plus que ça ! Je ne mets pas en boucle des DVD chez moi et je ne guette pas les films qui passent à la télé dans lesquels je joue. La chose que je n’aime pas c’est regarder les rushs. Des fois, c’est un peu froid, y’a rien, ça fait bizarre, c’est trop rude. Et puis quand tu regardes les rushs, tu ne regardes que ta tête, rien d’autre ! J’aime bien regarder le cadre par contre, pour connaître la latitude que j’ai. Pour savoir ou je me situe dans la focale, pour pouvoir évoluer aisément.

30/ Vous avez beaucoup travaillé avec Dupontel et Jeunet mais vous n’êtes pas dans leurs derniers films, ils ne vous ont pas appelé ?

Avec Albert, ça fait longtemps qu’on n’a pas travaillé ensemble, depuis « Enfermé Dehors » mais peut être qu’on aura l’occasion de retravailler ensemble. On verra.

31/ Vous avez aussi fait des films grands public comme « La Môme » et « Les infidèles », c’était des bonnes expériences ?

« La môme », c’était super ! J’avais le costume, la perruque. C’est toujours bien de tourner un film sur cette époque là. Ça c’est très bien passé et j’avais un rôle à défendre donc, c’est parfait. "Les infidèles", Jan voulait que je sois dans son segment. C’était vraiment un rôle minime mais ça m’a bien fait marrer. J’étais dans une vieille bagnole, je prenais le temps pour la conduire, je ne passais même pas la seconde… Dans « 99 francs », c’était un rôle à contre courant, un espèce de petit trou du cul qui n’est pas très marrant, au contraire. Un espèce d’insignifiant qui pense que sa responsabilité est plus importante que ce qu’elle est vraiment. C’est un petit mec comme il y en a plein, qui se prend pour un autre.

32/ Justement, lors de mon entretien avec le réalisateur Jean-Marc Vincent il y a quelques temps, il me disait qu’il y a toujours quelque chose à défendre dans un rôle. Vous êtes d’accord avec ça ?

Etre acteur c’est un jeu et pour que le jeu soit bon, il faut des enjeux. Ceux du scénario et ceux que tu te crée en tant qu’acteur. Tu peux jouer n’importe quoi, tout. Enfin, moi, je me donne cette prétention. En France, on va souvent appeler les acteurs pour les mêmes rôles. Moi, on va m’appeler pour jouer un énième truand, un flic véreux… J’ai rien contre, c’est ma tasse de thé ! L’intérêt justement, c’est de les faire différemment. Chez les anglo-saxons, c’est un peu différent, ils prennent des risques. Ils n’hésitent pas à casseur leur image, à jouer à contre-courant, c’est le boulot d’acteur ! Je ne dis pas qu’il y a des rôles qui correspondent à un acteur, ça dépend de comment l’acteur rentre dans le personnage, quel enjeu il apporte. Tu peux jouer quelqu’un de très quotidien, tout dépend de comment tu vas le jouer, des enjeux que tu mets dans ce personnage. Je ne suis pas du genre à dire qu’un rôle n’est pas pour moi. Je peux tout jouer. Peut-être pas bien mais je peux tout jouer ! (rires).

Sur "Blueberry", je suis arrivé face à Juliette Lewis, je ne l’avais pas encore vu alors on s’est présenté «Bonjour, je viens pour te violer », elle a répondu : « Ok, on y va alors ! »... (rires).

Dominique Bettenfeld

Interview : Dominique Bettenfeld

33/ Vous avez tourné dans beaucoup de films, est-ce qu’il ya des tournages, des moments qui vous le plus marqué, en bien comme en mal ?

Des mauvaises expériences, non mais des trucs un peu plats, des tournages dont je n’ai plus trop de souvenirs exacts… Mais rien de mauvais juste des trucs moins funs. En bon souvenir, le plus éclatant, c’était "Blueberry", un western, car la, il n'y avait pas de moments sur le tournage et de moments en dehors, j’étais ailleurs tout le temps. En plus, j’avais un vrai challenge car j’ai peur des chevaux ! On a tourné le film au Mexique et à Almeria dans le sud de l’Espagne, le fameux village ou Sergio Léone a tourné beaucoup de ses films. Et puis, je jouais avec des personnes avec qui je n’avais pas l’habitude de tourner comme Michael Madsen. Je me suis un peu confronté à la méthode américaine et puis le film est un gros trip. C’est vraiment dépaysant, c’est un méga souvenir. Après, c’est difficile de ne choisir qu’un seul bon souvenir mais celui là, c’était vraiment bien. Il y avait Djimon Hounsou, Temuera Morrison, des acteurs que j’aime bien. Le seul truc qui m’embête c’est qu’il y aurait dû y avoir Willem Dafoe et ça ce n’est pas fait, c’est dommage car il fait parti des acteurs que j’apprécie beaucoup. Mais bon, il y avait d’autres acteurs biens comme Juliette Lewis ! Elle est habituée des trucs barjots et elle est super. Elle a un bon tempérament, elle est sympa, elle n’a pas la grosse tête, elle bosse. Ah tiens, justement, une anecdote avec Juliette ! Je ne l’avais pas encore vu sur le tournage et dans une scène, on attaque le camp des gentils dont Juliette fait parti. C’était une scène assez grande, on était assez éloigné et donc, je devais descendre le long de la dune et je devais la violer ! Donc, je suis arrivé face à elle, je ne l’avais pas encore vu alors on s’est présenté «Bonjour, je viens pour te violer », « Ok, on y va alors ! »... (rires). C’était drôle. Après, je me suis retrouvé à faire une simulation de viol, on se marrait plus qu’autre chose, c’est des bons moments.

34/ Pour cette scène de viol, ça c’est plutôt bien passé mais il n’y a pas des scènes de ce style qui sont parfois difficiles à interpréter, physiquement ou psychologiquement ?

Oui, il y a des moments c’est compliqué. Tu ne sais jamais exactement jusqu’ou tu peux aller par rapport à la personne qui est en face de toi sans que d’un côté, il n’y ait de coups, sans faire mal car ce n’est pas du tout le but, et de l’autre, de ne pas trop casser l’intimité de la personne en face. Des fois, c’est un peu délicat. Tu ne sais pas toujours comment la personne va réagir. A Priori, si tu fais ton métier, si t’es correct, c’est réglé. Tu sais que tu dois être réceptif à cette situation et l’autre personne aussi, normalement, t’es là pour jouer, c’est du jeu. Après, les zones sont parfois un peu floues. Si tu fais une scène un peu chaude, si t’as une trique qui monte, c’est toujours un peu délicat (rires). Même si ce n’est pas spécialement au moment ou tu fais la scène ou quoi… Mais je n’ai jamais eu trop de problèmes !

Interview : Dominique Bettenfeld

J’ai vu suffisamment de films trainer dans les festivals, les gens se font de l’argent dessus et moi, j’avais rien touché. Tu veux tel acteur alors tu dois mettre la main à la poche. Maintenant, si tu veux Bettenfeld, tu payes !

Dominique Bettenfeld

35/ Comment vous-êtes vous retrouvé sur « Eject », le film de Jean-Marc Vincent ?

Il m’a appelé, tout simplement. Il n’y avait pas de cachet donc je ne sais pas pourquoi je l’ai fait (rires). On a eu un feeling avec le réalisateur. Il m’a parlé du projet, c’était barré série Z, ça m’a plu. J’ai fait des tonnes de films, des courts métrages, pas payés mais c’est fini maintenant. J’ai cinquante balais, si on me veut dans un film, on paye ! Après, selon les budgets et si j’ai envie de le faire, ça se négocie. J’ai vu suffisamment de films trainer dans les festivals, les gens se font de l’argent dessus et moi, je n'avais rien touché. Tu veux tel acteur alors tu dois mettre la main à la poche. Maintenant, si tu veux Bettenfeld, tu payes ! Pour en revenir à « Eject », je l’ai fait gratuitement car Jean-Marc Vincent avait vraiment envie que je sois dans le film. Il m’a dit directement que lui non plus ne gagnait pas une thune dessus, du coup, j’ai accepté. Je suis venu une journée et voilà. Et puis, c’était un long métrage, y’avais un bon feeling avec Jean-Marc Vincent mais c’était une fois, et voilà, parce que ça se sait si tu fais des trucs gratos. Donc maintenant, j’ai un agent comme ça, je n’ai plus ce problème. Ça passe directement par mon agent et ça évite les films ou je fais la même chose qu’un autre acteur sauf que l’autre, il touche le double. Je ne m’occupe plus des négociations d’argent, je fais juste mon boulot.

36/ Vous avez vu « Eject » ?

Oui, c’est rigolo, y’a des bons délires même si j’ai trouvé que c’était un peu en dent de scie, faute de moyens. Y’a des choses qui se tiennent plutôt pas mal et des fois, ça s’essouffle. Je suis assez client de ce genre de cinéma et puis il y a de plus en plus de films qui se font sans moyens….

37/ Il y a « Super Z » justement. Un film à venir dans lequel vous jouez…

C’est un long métrage. Un film de zombies, du point de vue des zombies. J’interprète le nouveau professeur qui arrive à faire des mutations suite à la mort du précédent. Ils veulent faire une trilogie. Ça devrait être une sortie ciné à priori. Dedans, il y a Julien Courbey qui fait un travelo zombie. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que c’est une jeune génération qui déboule et c’est bien. Déjà, je me confronte à des gens jeunes qui sont de l’époque actuelle, ça veut dire que je ne suis pas tout à fait « has been » ! il y a un lien de générations avec des mecs qui ont grandit avec « Dobermann », « Vibroboy »… Et, c’est bien que les mecs arrivent à me brancher sur des trucs comme ça. C’est bien qu’il y ait une continuité, les gens de ma génération doivent faire le pont avec les plus jeunes, apporter l’expérience.

Interview : Dominique Bettenfeld

38/ Là, vous venez de jouer dans un film qui s’appelle « Les rencontres d’après minuit », vous jouer un flic…

Oui, je n’ai qu’une seule séquence dans le film. Je l’ai vu dans une projection de presse et c’est bien barré. C’est typiquement le genre de truc que j’aime bien faire. On ne me voit pas souvent dans ce genre. Après, c’est ton esthétique ou ça ne l’est pas mais le réalisateur a été à fond dans son délire, c’est un univers complètement curieux. Pour mon rôle, là, il n’y avait pas à réfléchir au background du personnage. J’ai un tout petit rôle donc je suis venu avec mon texte et puis en avant ! Je joue un flic qui arrive dans cette maison ou il y a une espèce de partouze, une ambiance bizarroïde…

39/ Vous n’avez pas le rôle le plus maquillé du film cette fois !

Ah non (rires). Là-dedans, y’a des loustics ! Au contraire, moi, dans le film, je suis le personnage du quotidien par rapport aux autres. La séquence est super, la lumière est très bien, c’est un gros délire, année 80 à fond la caisse ! C’est assez bien fichu, ce n’est pas hermétique, c’est drôle. Y’a des trucs fous. Cantona, il sort sa teub, elle fait un mètre cinquante de long ! Pourtant le réalisateur Yann Gonzalez, ce n’est pas un barré. C’est un mec simple qui a ses délires, comme tout le monde et ça sent dans le film, y’a du corps. J’ai lu le scénario et ça m’a bien branché, même si je n’ai qu’un rôle d’une minute. Je me suis dit que ça existe encore ce genre de délire. Après, ça sort dans cinq salles à Paris et quinze salles en province mais Yann est content car ce sont des bonnes salles, il fait son truc, il continue. Je lui souhaite d’en faire d’autres par la suite, que ce soit le début. Même si c’est chaud… 90% des réalisateurs qui font un premier film n’en font pas de deuxième. C’est un peu compliqué. Mais je conseille de voir ce film. Soit tu rentres dans le film, soit tu n’y rentres pas car il y a une esthétique forte. Moi, ça m’a bien plu.

40/ Que pensez-vous d’internet ? Par rapport au cinéma, au piratage… ?

Je ne sais pas si ça fait du bien ou du mal. C’est un peu une nouvelle culture quand même et moi, je ne viens pas de cette culture. C’est un peu flou au niveau déontologique. Je dirais qu’il faut faire l’effort de payer surtout quand tu tombes sur des films un peu artisanaux. il y a des mec qui ont mis cinq ans à monter leur film et ça, l’internaute s’en rends pas compte… Il prend, il jette… Internet, c’est un moyen monstrueux mais au lieu de rester un moyen, ça devient une fin.

41/ D’autres projets en cours ?

Oui, j’ai tourné un film en Algérie, « Lalla Fadhma N'Soumer ». Je joue le général Mac Mahon, encore avec des chevaux… Ma phobie ! (rires). C’est un film tiré d’un fait réel. Le tournage était assez épique, c’est encore plus dur qu’en France pour tourner un film. Ça a été tourné entièrement là-bas et c’est magnifique la Kabylie. Le film est en post-production et devrait sortir à Cannes. Le sujet, c’est sur une femme qui est une espèce de Jeanne D’arc kabyle, à l’époque du général Mac Mahon, quand les kabyles s’étaient réfugiés dans les montagnes, qu’ils continuaient à faire de l’opposition. Et donc, cette fille réussit à faire une coalition des chefs de guerre pour lutter contre l’invasion française. Ce qui est bien, d’une part, c’est de mettre une femme en avant surtout avec tout ce qu’on entend actuellement au niveau de l’Islam. Ça, ce n’est pas inventé ! Et aussi, de rappeler que la France a aussi fait la guerre d’Algérie, faut le montrer.

42/ Quels sont les derniers films qui vous ont plu au cinéma ?

« Django Unchained », je suis allé le voir trois fois au cinéma ! J’aime bien les westerns et Tarantino. C’était drôle, c’est du délire. Ça c’est du bon cinéma, au niveau du rythme, de la musique, la manière de filmer, des décors, des acteurs. C’est génial. Le film est assez profond, ça parle de l’esclavage.

Merci Dominique !

Interview : Dominique Bettenfeld

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 6 Décembre 2013

Lorsque l'on est fan de films d'horreur et plus particulièrement de slasher, on ne peut pas passer à côté de la mythique saga "Vendredi 13" et donc, on ne peut pas passer à côté de l'interprète qui a donné son charisme et sa carrure à Jason Vohrees : Kane Hodder. Dans cet entretien, Kane Hodder parle de "Vendredi 13" mais aussi de "Hatchet" ("Butcher" en France) et raconte sa passion pour le personnage de Jason, pour son travail et pour l'horreur en général, que ce soit au cinéma ou hors caméra.

When you are a horror movies fan and especially a slasher fan, you can not miss the legendary saga "Friday the 13th" and therefore can not miss the actor who gave his charisma and stature to Jason Vohrees: Kane Hodder. In this interview, Kane Hodder talks about "Friday the 13th" but also "Hatchet" ("Butcher" in France) and says his passion for the Jason's character, for his work and for horror in general, whether in cinema or off camera.

1/ Votre plus grand rôle est celui de Jason que vous avez tenu pendant plusieurs épisodes de la saga, comment avez-vous obtenu le rôle ? Connaissiez-vous la saga vendredi 13 avant de vous lancer ?

J’ai toujours été un fan d’horreur et un fan de Vendredi 13 en particulier. Je trouvais que c’était très intéressant de voir ce que Jason allait faire ensuite, film après film. Ça peut paraitre fou mais je considérais que c’était un honneur (et je le pense toujours) de porter ce fameux masque de hockey et de jouer ce personnage. C’était surréaliste. Voilà comment ça s’est passé : J’étais le coordinateur de cascades sur un film appelé “Prison”, réalisé par Renny Harlin. John Buechler était le coordinateur des effets de maquillage sur le film, et vers la fin du tournage, il m’a demandé si je voulais jouer le personnage de « Forsythe » pour lequel je devais être dans une prothèse corporelle complète et avec du maquillage. Comme je n’avais jamais fait ça auparavant, j’ai aussitôt accepté de le faire. Sur la base de cette performance, quand Buechler a été embauché pour réaliser « Vendredi 13 Part 7 », il a immédiatement dit à la société de production, Paramount, qu’il voulait que je joue Jason dans le film. Après un test à l’écran, tout le monde a accepté et je suis devenu Jason.

1/ You biggest role is Jason’s character (during 4 movies), How did you get the role? Did you know the saga “Friday 13th” before you start?

I was always a horror fan and a fan of the Friday the 13th movies in particular. I found it very interesting to see what Jason would do next. It might sound crazy, but I considered it an honor, (and I still do), to put that famous hockey mask on and play the character myself. It was surreal. Here is how it happened: I was the stunt coordinator on a film called "Prison", directed by Renny Harlin. John Buechler was the makeup effects coordinator on the movie, and towards the end of shooting he asked me if I wanted to play the character of "Forsythe" in a full body prosthetic makeup. Since I hadn't done anything like that before, I readily agreed to do it. Based on that performance, when Buechler was hired to direct Friday the 13th, pt. 7, he immediately told Paramount that he wanted me to play Jason in the film. After a screen test, everyone agreed and I became Jason.

Interview : Kane Hodder

2/ Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez interprété Jason autant de fois alors que les réalisateurs avaient l’habitude de changer d’acteur régulièrement ?

Les gens disaient que ma performance avait l’air plus naturel et très brutale comparer aux autres acteurs. C’était flatteur à entendre. C’est très difficile d’exprimer la colère et la rage sans utiliser les expressions faciales ou la voix. J’ai toujours adoré jouer Jason, et j’ai mis mon cœur et mon âme dans cette performance. Et heureusement pour moi, le public a aimé.

2/ Do you have any explanation for the fact that you have played Jason many times as the directors were accustomed to regularly change actor?

People say that my performance seemed more natural and very brutal, compared to some others. That is flattering to hear. It's very difficult to portray anger and rage without use of facial expressions or your voice. I always loved playing Jason, and I put my heart and soul into the performance, and fortunately for me, the audience liked it.

3/ Vous avez apporté votre carrure, votre démarche et votre style au personnage de Jason. Aviez-vous reçu des consignes du réalisateur pour le jouer ainsi ou était-ce inné ?

John Buechler m’a un peu aidé au début mais pour la plus grande partie des décisions pour le personnage et son développement étaient de moi. Particulièrement, lorsque j’ai fait les autres films de la saga, Rob Hedden, Adam Marcus et Jim Isaac ont tous compris que personne ne connaissait mieux le personnage que moi alors il m’ont donné libre cours. C’était génial d’avoir des réalisateurs qui ont tant de confiance en vos idées. Je suis reconnaissant envers chacun d’eux.

3/ You give your build, your approach and style to the character of Jason. Have you been instructed by the director to play like that or was it your decision?

John Buechler helped me a little at the beginning, but for the most part, the character decisions and development were all me. Particularly as I did the later films. Rob Hedden, Adam Marcus and Jim Isaac all understood that nobody knew the character more than me, so they pretty much gave me free reign. It's great to have a director that has that much confidence in your ideas. I am grateful to all of them.

Interview : Kane Hodder

4/ Quel est votre meilleur et votre pire souvenir sur le tournage d’un Vendredi 13 ?

J’ai tellement eu de moments géniaux en jouant ce personnage. Mais un seul se détache. Etre en costume de Jason à Times Square, un vendredi soir, avec des centaines de personnes qui nous regardaient filmer « Jason Takes Manhattan » est le meilleur souvenir de tous. C’était absolument incroyable. Entre les prises, j’ai lentement tourné la tête à un grand groupe de spectateurs et ils sont devenus fous ! C’est indescriptible. Le pire souvenir a été le jour ou j’ai été remplacé après quatre films consécutifs et ne jamais connaître la vraie raison de ce changement. Cela peut sonner dramatique mais c’est vraiment la chose la plus décevante qui ne me soit jamais arrivé dans ma carrière.

4/ What is your best and your worst memory on a set of “Friday the 13th”?

I have so many great memories from playing the character. But one stands out. Being in full Jason costume in Times Square on a Friday night with hundreds of people watching us shoot "Jason Takes Manhattan" is my favorite memory of all. It was absolutely incredible. In between shots, I would slowly turn my head to a huge group of onlookers and the would go crazy! It was beyond description. The worst memory was being replaced after four consecutive films, and never being told any reason for it. It may sound dramatic, but it truly is the most disappointing thing that ever happened in my career.

5/ Pourquoi n’avez-vous pas eu le rôle pour le remake de Marcus Nispel ?

Comme j’avais déjà été remplacé pour Freddy Vs Jason, Je n’ai pas été surpris qu’ils ne me prennent pas pour le remake.

5/ Why didn’t you get the role for the Marcus Nispel’s remake in 2009?

Since I had already been replaced for Freddy vs. Jason, I wasn't surprised that I wasn't cast in the remake.

Interview : Kane Hodder

6/ Comment avez-vous obtenu le rôle de Victor Crowley (Hatchet). Avez-vous passé un casting ou Adam Green est venu vous chercher ?

Comme Adam Green était nouveau dans le business à ce moment-là, il ne savait pas trop comment approcher quelqu’un comme moi pour le rôle de Victor. John Buechler a fait les maquillages pour « Hatchet » et a dit à Adam comment me joindre. J’ai eu un très bon feeling avec Adam lors de notre première réunion, et le reste appartient à l’histoire. C’est un des plus talentueux scénariste/réalisateur avec qui j’ai pu travailler. Même dès le premier jours sur le plateau, il était incroyable.

6/ How did you get the role of Victor Crowley (Hatchet). Have you spent a cast or Adam Green has come and request to you?

Since Adam Green was new to the business at that time, he wasn't sure how to contact someone like me for the role of Victor. John Buechler was doing the makeup effects for Hatchet and told Adam how to reach me. I got a great feeling from Adam on our first meeting, and the rest is history. He is one of the most talented writer/directors that I have ever worked with. Even from the first day on the set, he was amazing.

7/ « Hatchet » en est à son 3ème opus. Savez-vous si d’autres films vont être réalisés ? Etes-vous prêt à continuer d’endosser le rôle de Victor Crowley ? Pour qui avez-vous le plus d’affection : Jason ou Victor ?

J’aime jouer Victor Crowley autant que j’ai aimé joué Jason. C’était super de developper un personnage depuis le début, cette fois. Mais comme je l’ai dit, c’était un honneur de jouer Jason car il était déjà connu mondialement. J’ai vraiment été chanceux dans ma carrière. Personnellement, je serais ravi de faire un film « Hatchet » de plus. Je me demande qui gagnerait entre Jason et Victor ? Hmmmm….

7/ Three Hatchet’s Movies are released. Do you know if other movies will be made? Are you ready to continue to play the role of Victor Crowley? 8/ Who did you most love: Jason or Victor?

I loved playing Victor Crowley as much as I loved playing Jason. It was nice to develop a character from the beginning this time. But as I said, it was an honor to play Jason because he was already known worldwide. I have been very fortunate in my career. Personally, I would love to do one more Hatchet film. I wonder who would win between Jason and Victor? Hmmmm....

 

Interview : Kane Hodder

8/ Vous êtes maintenant reconnu, on vous voit aux conférences et vous êtes adulés par des millions de fans de films d’horreur, mais, à un moment de votre carrière, n’avez-vous pas été frustré que la plupart de vos grands rôles soient des rôles masqués ?

En considérant que j’étais venu dans le cinéma simplement pour être cascadeur, je n’avais jamais esperé aucune sorte de reconnaissance ou de notoriété. J’apprecie le fait qu’il y ait des fans de mon travail, que ce soit avec un masque ou non, et je serais toujours reconnaissant envers chacun d’eux.

8/ you are now recognized, we see you on many conference and you are loved by millions of fans of horror movies, but at some point in your career, have you been frustrated that most of your major roles are masked roles?

Considering I went into this business to simply be a stuntman, I really never expected any kind of recognition or notoriety. I appreciate the fact that there are fans of my work, whether it's in a mask or not, and I will always be grateful to all of them.

9/ Il parait que votre physique impressionnant fait peur aux comédiens lors des tournages et qu’ils n’osent pas vous approcher, est-ce vrai ?

On m’a dit que cela est vrai. Je trouve cela divertissant quand quelqu’un est nerveux autour de moi quand je suis en costume. Quand un acteur est mal à l’aise, je fais tout mon possible pour qu’il se sente encore plus mal à l’aise (rires). Je fais des choses folles quand ils ne savent pas que je sais qu’ils me regardent. Je leur fait penser que, peut être, je suis un peu fou pour de vrai (Kane rit à nouveau). Plus tard, ils disent toujours que cela les a aidé a être encore plus effrayé lors du tournage de la scène. Je suis plus qu’heureux de vous aider à avoir peur. Acteur ou pas.

9/ It seems that your awesome physical scares actors during filming and they do not approach you, is this true?

I have been told that this is true. I find it entertaining when someone is nervous around me when I am in costume. When an actor is uncomfortable, I will do everything I can to make them feel even more uncomfortable. (laughing). I will do crazy things when they don't think I know that they are watching me. I make them think that maybe I am a little crazy for real (laughing again). They always say later that it helped them be more scared during the scene. I am more than happy to help you be scared. Actor or not.

Interview : Kane Hodder

10/ "Fanatique" / "Behind the mask" / "2001 Maniacs", vous faites souvent des apparitions « clin d’oeils », c’est quelque chose qui vous amuse ?

Oui, c’est toujours amusant de faire une apparition dans le film de quelqu’un d’autre. Comme ça, les fans vont se dire : « Hey, ce n’était pas Kane Hodder ?? » et puis le film part sur autre chose.

10/ « Hack!” , “Behind the mask”, “2001 Maniacs”, you often do funny and little appearances, is something that amuses you?

Yes, it's always fun to do a cameo in someone elses film. Something that the fans will say : (Hey, wasn't that ...) and then the film moves on.

11/ Vous avez une carrière qui repose beaucoup sur les films d’horreur et vous aimez ça. Quels sont vos prochains projets ?

Depuis que je suis plus connu dans l’horreur, je suis probablement demandé pour faire plus de films dans ce genre plutôt que dans un autre. Ca me plait bien. J’ai plusieurs sorties à venir. « Highway to Hell » dans lequel je joue un shérif psychotique d’une ville dans laquelle vous n’aimeriez pas aller. « Old 37 » dans lequel mon frère (interprété par Bill Moseley) et moi conduisons une fausse ambulance et répondons aux appels d’urgence du 911 avant que les vrais personnes y arrivent. Et une comédie d’horreur écrite et réalisée par le brillant John Schneider appelé « Smothered ». Je joue une version de moi-même dans un style vraiment drôle. J’ai aussi tourné un film en Australie pendant le printemps appelé « Charlies Farm ». C’était un script génial et je ne suis pas un méchant cette fois ! C’est différent…

11/ You have a career that relies heavily on horror movies and you like that. What are your next projects?

Since I am more known for horror, I will probably be asked to do more of those types of movies that any other. That's fine with me. I have several coming out. "Highway to Hell" where I play a psychotic sheriff of a town you wouldn't want to go to. "Old 37" where my brother and I (Bill Moseley) drive a beat up ambulance and respond to 911 calls before the real people get there. And a horror comedy written and dircted by the brilliant John Schneider called "Smothered". I play a version of myself in a very funny way. I'm also set to shoot a film in Australia in the spring called "Charlies Farm". It's a great script and I'm not the bad guy this time! That's different...

12/ Vous avez de nombreux fans en France aussi (Mes amis Greg & Eric sont de très grands fans de vous et ils vont être fous lorsqu'ils vont savoir que je vous ait interviewé !), avez-vous un message à leurs faire parvenir ?

Hey Greg et Eric, surveillez vos arrières ! Je ne plaisante pas…

12/ You have many fans in France too (My friends Greg & Eric are very big fans of you and they will be mad when they will see that I interviewed you!), have you a message to them?

Hey Greg and Eric, watch your backs! I'm not kidding...

Interview : Kane Hodder

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 2 Décembre 2013

Interview : UWE BOLL

Conspué par une grande partie du public et des critiques pour ses adaptations de jeux vidéo, Uwe Boll s'attaque, depuis quelques années, à des sujets sensibles, ce qu'il a toujours voulu faire, en fait. Le réalisateur est donc toujours aussi prolifique mais pourquoi n'entend-on plus beaucoup parler de lui ces derniers temps ? Sûrement car c'était plus intéressant d'avoir quelqu'un sur qui déverser sa haine plutôt qu'un auteur. Uwe Boll est-il pour autant calmé ? Pas si sûr si on prend le temps de voir les thèmes abordés par ces films. Entretien avec un rebelle du cinéma qui attaquera toujours le système de front.

Reviled by public and critics for his videogames adaptations, Uwe Boll shoot, in recent years, sensitives subjects, that he always want to do, actually. The filmaker is still prolific but why don't we hear more about him now ? Probably because people was more interested to have someone to romp rather than an author. Uwe Boll is it so far calmed? Not so sure if you take the time to see these movies topics . Interview with a rebel of cinema that always attack the system front.

1/ Vous êtes très productif, autant à la réalisation qu’à la production. D’où vous vient ce côté hyperactif ?

Je déteste tout simplement rester assis à ne rien faire et je suis aussi bon en multitâches. Je peux regarder des films et en même temps faire une interview ...

1/ You are very productive to make movie and to produce. Is-it in your nature to be hyperactive?

I hate it to just sit around and I’m also good in multi taskin.I can Watch movies and at the same time do an interview…

2/ Vous vous êtes fait connaître grâce à vos adaptations de jeux vidéo. Etes-vous passionné de jeux vidéo ?

Je n’ai pas le temps de jouer aux jeux vidéo. J'ai joué aux jeux à partir desquels j’ai réalisé des films mais maintenant, c’est fini et je me focalise sur les sujets qui me passionnent.

2/ You have been known and famous with your video game adaptations. Do you like and play video games?

No time to play games. I played the games I made movies from but now I’m over it and focus on the subject matters I’m passionate about.

3/ Avez-vous réalisé des films tirés de jeux vidéo pour pouvoir gagner de l’argent et le réinvestir dans des projets qui vous tenaient plus à cœur ?

Bien sûr, si je n’avais pas fait "Bloodrayne 3", je n’aurai jamais pu réaliser "Auschwitz", par exemple ! J’ai perdu beaucoup d’argent pour réaliser "Darfur" car je voulais vraiment le faire.

3/ Have you made ​​films based on video games to earn money and reinvest in projects most important for you?

Of course ….without doing "Bloodrayne 3" i could never did "Auschwitz" as an example.I lost a lot of money with "Darfur" because I really wanted to do it…..

Interview : UWE BOLL

4/ Qu’est ce qui vous plait le plus : traiter des sujets légers ("House of the dead", "Dungeon Siege"…) ou aborder des sujets compliqués ("Auschwitz", "Rampage", "Tunnel rats"…) ?

En règle général, j’adore juste réaliser des films mais je suis vraiment plus passionné par les projets que j’ai moi-même écrit comme "Rampage" ou "Assault on Wallstreet".

4/ What do you prefer: treat easy (“House of the Dead”, “Dungeon Siege” ...) or complex (“Auschwitz”, “Rampage”, “Tunnel Rats” ...) subject?

In général I love shooting movies but I really get into the projects I write also ..like "Rampage", "Assault on Wall Street" ……

5/ Finalement, "Postal" (qui est mon film préféré de votre filmographie) est un peu un mélange des deux. Du délire mixé à du sérieux, c’est un peu vous ça ?

Oui, j’aime Postal aussi et c’est vraiment dommage que nous n’ayons pas eu le financement participatif pour faire Postal 2.

5/ Finally, “Postal” (which is my favorite movie) is a mix of these two styles. Fun mixed with seriousness, it’s you, no??

Yes…I love "Postal" too and it is to bad that we couldnt get the financing together for "Postal 2" ….

6/ "Auschwitz", "Tunnel Rats" sont des films historiques… Comment avez-vous trouvé le point de vue pour les réaliser afin que ce soit original ?

Il n’y a pas de film qui montrait ce qu’était vraiment l’holocauste donc je devais montrer ce qu’était Auschwitz… la tuerie. Personne n’a montré pourquoi l’Amérique a perdu la guerre du Vietnam, ce que j’ai fait avec "Tunnelrats". Ils ont perdu car les vietcong avaient 200 kilomètres des tunnels dans lesquels ils se cachaient. J’ai fait "Stoïc" pour montrer la réalité du système carcéral et "Assault of WallStreet" s’attaque aux banques comme aucun autre film ne l’a fait avant.

6/ “Auschwitz”, “Tunnel Rats” are historic movies. How did you find the point of view to make an interesting movie?

There is no movie what actually really shows the Holocaust …so I had to show what AUSCHWITZ was …the killing. Nobody showed why America lost the Vietnam war I had to do "Tunnelrats". They lost because the Vietcong had 200 kilometres of Tunnels they were hiding it. Stoic I did to show the prison system and "Assault on WallStreet" attacks the banks like no other movie before ….

Interview : UWE BOLL

7/ Même si, comme beaucoup de fans du jeu « Alone in the dark », je me suis senti trahi par votre adaptation, je ne me suis pas arrêté à cela et j’ai pu découvrir, ensuite, de très bons films ("Rampage", "Postal", "Stoïc"…). Pourquoi pensez-vous qu’on vous a tant stigmatisé et haï juste à cause d’un film ou deux qui n’ont pas répondu aux attentes du public?

C'est ainsi que ça se passe. Je ne peux que faire des films pour rattraper cela et j'ai effectivement fait de très bons films au cours des 5 dernières années. J'espère qu'ils font lentement le tour du public et qu'ils vont faire changer d’opinion ceux qui me critiquent (NDLR : Uwe Boll appelle ces personne les "Boll Bashers").

7/ Although, as many fans of the game "Alone in the dark," I felt betrayed by your adaptation, but after, I discovered very good movies (Rampage, Postal , Stoïc ...) of you. Why do you think about the fact that you have been hated just for one or two movies while people have not watched your following movies?

This is how it goes. I can only make and I actually made very good movies in the last 5 years and I hope they make slowly the round and are a turning the opinion of the boll bashers around.

8/ Qui a été le plus dur ? Les critiques ou le public ?

Les critiques.. Je connais beaucoup de monde dans le public qui m’apprécie.

8/ Who has been the hardest? Critics or public?

Critics ….. i know a lot of people in the audience like me…..

9/ On dit souvent que vous êtes provocateur, dans vos films comme dans la vie. Prenez-vous ça comme un compliment ? Finalement, il devrait peut être y avoir plus de réalisateurs comme vous pour faire bouger un peu le petit monde du cinéma…

C’est un compliment. Je veux faire des choses qui parlent aux gens ou des trucs fous sur un sujet en particulier. Je veux montrer l’injustice et j’attaque toujours les personnes qui ont le pouvoir ainsi que les hommes politiques.

9/ It’s often said that you are provocative, in movies as in life. Do you take that as a compliment? Finally, it can be expected to be more filmmakers like you to move the little small world of cinema...

Its a compliment ….I want to make people thing or mad about a subject matter….I want to show injustice and I always attack the people and politics with power……

Interview : UWE BOLL

10/ Pensez-vous que, depuis quelques années, vous avez acquis une nouvelle réputation ? Il semble y avoir moins d’acharnement contre vous.

Oui…

10/ Do you think that you have a better reputation since Postal?

Yes …….

11/Avec cette nouvelle réputation, vous êtes mieux considéré mais du coup, on parle moins de vous, cela vous fait-il moins de publicité pour vos films ? Ne regrettez-vous pas ce temps ou on parlait beaucoup de vous ?

Je suis heureux si on ne parle plus de moi désormais… Mais oui, les films qui me tiennent le plus à cœur ont moins de publicité et n’ont pas autant de presse, ce qui est une honte.

11/ With this new reputation, you are better considered. it does not make you less advertising for your films? do not you regret that time or there was much talk of you ?

I’m happy if not everybody talks with me anymore. and YES ,,,my movies i care about getting less advertised and dont have so much press…..what is a shame

12/ Etes vous encore en colère contre les personnes qui vous ont critiqué ou êtes vous serein maintenant ?

Je suis très calme mais je me mets toujours en colère si des personnes me critiquent injustement.

12/ Do you have anger against people who have criticized you or are you calm now?

I'm very calm ….. but i still get angry if people critize me unfairly

Interview : UWE BOLL

13/ Vous avez produit la suite de "Seed" dernièrement. Il semble qu’il y ait eu des problèmes avec la censure. Pouvez-vous nous en parler ? Le film ressemble-t-il tout de même à votre vision et à celle du réalisateur ?

"Seed 2" a le même tueur : Max Seed mais c’est le seul point commun car c’est un film de Marcel Walz, je ne l’ai pas réalisé. Si je produis des films, comme pour "Zombie Massacre", je laisse le réalisateur apporter sa propre vision.

13/ You have produce Seed II. It seems that there were problems with the censorship. Can you talk about that? Is the movie looks like your vision and the director’s vision?

It has the same killer MAX SEED …but this is it ….Its Marcel Walz film. If i produce movies like "Zombie Massacre" I let the filmmaker do their vision……

14/ Mais avez-vous été confronté à la censure durant votre carrière ?

Bien sûr, spécialement en Allemagne ou plusieurs de mes films sont seulement disponibles dans des versions courtes en DVD, ce qui me met hors de moi ! Par exemple, pour "Rampage", en Allemagne, sortit seulement en DVD, nous avons dû intégrer le fait que Bill se soit fait attraper dans le générique de fin. Alors que tout l’intérêt du film est que Bill s’en sorte malgré ses crimes.

14/ But, Have you ever been confronted with censorship during your career?

Of course ..-.especially in germany tons of my movies are only in shorter versions on DVD ….what is pissing me extremely off…… for example "Rampage" in germany got only on DVD because we had to put in the endcredits that they catched Bill but the whole point of the movie was that Bill gets away with crime …..

15/ Vous avez aussi produit « Schlaraffenhaus », qu’apporte ce film au genre « home invasion » ?

J’ai seulement vendu ce film et il m’ont crédité mais je n’ai rien fait de plus sur ce projet.

15/ You also produced “Schlaraffenhaus”, what this movie brings to the “home invasion” category?

I only sold that movie …and they gave me a crédit …I have nothing to do with it ….

Interview : UWE BOLL

16/ Pouvez-vous nous parler de "Suddenly" et de votre collaboration avec Ray Liotta?

Après « In the name of the king », c’est la seconde fois que Ray Liotta tourne dans un de mes films. C’était mieux cette fois, sur "Suddenly", Ray était plus détendu.

16/ Can you talk about you’re next movie “Suddenly”? Was it a pleasure to work with a legend like Ray Liotta?

After "In the name of the king" this was my second movie where he was in …and it was better this time….in "Suddenly" Ray was more relaxt …..

17/ Quels étaient les pires et les meilleurs moments que vous avez vécu sur un tournage ?

J’ai adoré tourner "In the name of the king" et "Postal". J’ai eu vraiment des jours difficiles sur chaque tournage de "Bloodrayne".

17/ What is the worst and the best time you have lived on a movie set ?

i loved shooting "In the name of the king" and "Postal" and I had really bad days on every "Bloodrayne" shoot.

18/ Quel est votre prochain projet ?

Je vais réaliser "Rampage 2".

18/ What’s your next projects?

I will do "Rampage 2" .

19/ Quel angle avez-vous choisi pour "Rampage 2" ? Sera-t'il différent du premier ?

Nous suivons le nouveau coup de Bill, le héros de Rampage 1. Le deuxième fera le lien avec Rampage 1 et aura une vision politique radicale.

19/ What angle have you choose for "Rampage 2" ? Will it completely different from the first?

We follow the new coup of Bill. "Rampage 2" will life up to "Rampage 1" …..and has a very radical political view.

Interview : UWE BOLL

20/ Quel est le film dont vous êtes le plus fier et pourquoi ?

"Postal" car c’est un film qui est toujours actuel et qui est la meilleure satire politique des dix dernières années. Et "Darfur", "Rampage", "Auschwitz", "Stoïc" and "Assault on Wall street" parcequ’ils s’attaquent à des sujets importants.

20/ What is the movie which you are most proud of and why ?

"Postal" because it is still actual and was the best political satire of the last 10 years -.--.and "Attack on Darfur", "Rampage". "Auschwitz", "Stoïc" and "Assault on Wall Street" because they tackle important subject matters.

21/ Votre inspiration vous vient souvent de faits historiques et de faits divers, quelle sorte de chose vous inspire en ce moment ? Les 50 ans de la mort de JFK ? Une affaire criminelle en particulier ?

Je voulais faire un film à propose de l’histoire du partie americain nazi, une histoire incroyable, mais la plupart des financeurs sont des “gonzesses” (NDLR : Traduction personnelle de "Pussies") et ne veulent pas s’associer à un sujet aussi complexe que celui-ci. Un film sur JFK a déjà été fait… et c’est une blague qu’ils laissent dans tous les livres d’histoire que Lee Harvey Oswald était un tireur solitaire, le seul tireur.

21/ Your inspiration sources are often historical facts and the various facts (crime...), what kind of thing inspire you at the moment ? 50 years of the death of JFK, crime…

I wanted to do a movie about the HISTORY OF THE AMERICA NAZI PARTY ----an amazing story …but most of the filmbuyers are pussies and dont want to be associated with a subject matter like this. JFK is done …..and it is a joke that they still list in all the History Books Lee Harvey Oswald as the single shooter.

22/ Quels sont vos films d’horreur et vos films historiques preferés, de tous temps ?

j’aime "Rosemary’s Baby" and "The Shining", et j’aime "Citizen kane", "Danse avec les loups", "Apocalypse Now" et "Le Parrain".

22/ what's your favorite horror movie and historical movie, in all time ?

i love "Rosemarys Baby" and "The Shining" ….. and I love "Citizen Kane" , "Dances with Wolves", "Apoccalypse Now" and "The Godfather".

 

Merci Dr. Boll

Thank You Dr. Boll

Interview : UWE BOLL
Interview : UWE BOLL

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 19 Octobre 2013

Entretien exclusif avec Jean-Marc Vincent

Il est 10h30 du mat’, en ce lundi de septembre, lorsque j’arrive au lieu de rendez-vous fixé pour m’entretenir avec Jean-Marc Vincent. L’avoir rencontré lors d’une séance de dédicaces, il y a quelques temps, était déjà un honneur alors que dire de recevoir une invitation de sa part pour un déjeuner afin de parler de son prochain film ? Surtout en ayant la primeur des informations avant les « gros » magazines et les autres médias.

Après quatre heures de discussion, deux heures d'enregistrement audio, de nombreuses digressions sur le cinéma en général, voici, ci-dessous, après tri et reconstitué pour vous, les informations exclusives sur le prochain long-métrage du réalisateur de "Noël et les garçons" et de "Eject".

Un scenario providentiel

Le film en question s’intitule « C’est la vie » et raconte l’histoire de Félix, scénariste, petit auteur jusque là spécialisé dans le documentaire, sur le point de terminer un projet de fiction en lequel son producteur et lui – surtout lui – croient beaucoup. A quarante cinq ans passés, il vit depuis cinq ans dans un petit pavillon de la côte normande où son existence est en fait organisée en fonction de celle de sa mère, Geneviève, qui, handicapée, cohabite avec lui car elle ne peut plus se débrouiller toute seule… Une cohabitation qui se fait au grand dam de l’amie de Félix, Patricia, qui, au bout de trois ans de relations, commence à se lasser de cette situation mère fils un peu trop fusionnelle à son goût… C’est alors que Félix entreprend d’améliorer l’ordinaire de sa mère, déclinante, en lui faisant construire une terrasse… Comme on dit : petite cause, grands effets ! L’équilibre précaire qui régissait jusque là le petit univers de Félix va s’en trouver rompu… et sur tous les plans !… Au point même de finir par faire rejaillir en lui ses vieux démons…

Voilà pour ce scénario quelque peu éloigné des précédents travaux de Jean-Marc Vincent mais qui se rapproche de sa personnalité et surtout de son vécu. Pourtant, aussi personnel soit-il, le scénario n’est pas sorti de l’esprit de Jean-Marc Vincent. «Je n’ai pas écrit le scénario, pas une ligne. En fait, mon directeur de production démarchait un certain nombre de producteurs et je lui avais dit que j’étais disponible. Il me connaît suffisamment pour savoir quels projets pouvaient m’intéresser et que je n’ai pas envie de faire « Camille redouble ». Le réalisateur laisse un temps d’arrêt puis poursuit sa digression « Bon, j’aurai pu le faire mais j’aurai cité « Peggy Sue s’est mariée » ! Je vais encore me faire des amis (rires). Faut être respectueux du matériau d’origine, en plus c’est Coppola, ce n’est pas honteux ! Si je réalisais un film sur un cyborg qui vient du futur pour modifier le court du temps, je citerais Cameron ! ». Voilà qui est dit.

"Faux Départ" de Jean-Marc Vincent

"Faux Départ" de Jean-Marc Vincent

Pour en revenir à la proximité du vécu du réalisateur avec celui de Félix, le héros de « C’est la vie », rappelons que Jean-Marc Vincent a connu des moments difficiles dans sa carrière et tout comme Félix, le réalisateur a décidé de « s’accrocher ». La passion du cinéma, oui, mais encore faut-il pouvoir en vivre et comme le lui a indiqué récemment Jean-Hughes Anglade : « Tu as une patte : maintenant faut que tu trouves les moyens de tes ambitions ».

Ce qui est en cours d’être fait avec « C’est la vie », film budgété autour de 3 millions d’Euros. Une somme honnête afin de pouvoir intégrer tout ce que le réalisateur a envie d’injecter dans le film. « La pire douleur est de prendre le scénario et de me dire que je ne pourrais pas mettre tous les éléments dans le film ». Bien sûr, pour mettre l’argent sur la table, il faut que les producteurs croient au projet. « Tu ne peux pas vendre ton projet s’il n’y a pas de réflexion en amont sur le retour sur investissement ». Il faut dire que le scénario de Régis Duprez en a sous le coude pour convaincre les producteurs. Une histoire « simple » mais efficace, universelle qui se situe dans une époque contemporaine, ce qui évite de gonfler le budget nécessaire. Une histoire qui rappelle donc des souvenirs, pas toujours agréables à Jean-Marc Vincent, mais comme il le dit si bien : « La vie n’est pas un film mais il faut avoir vécu pour faire des films » !

Entretien exclusif avec Jean-Marc Vincent

La vision du réalisateur

Bien que l’histoire de « C’est la vie » est un drame à consonance sociale, ce qui a attiré Jean-Marc Vincent, c’est tout autre chose. « C’est la vie », c’est une sorte de western ! » clame-t-il avec entrain. « Le film va être surprenant. C’est un film d’une noirceur épouvantable et je me fous si le public n’est pas d’accord même si je pense qu’il va suivre le personnage de Félix jusqu’au bout et qu’il ne l’oubliera pas. Félix est un héros qui va lutter tout le temps et qui va franchir des étapes pour arriver au bout de sa quête. C’est un héros universel. Il a des alliés, des adversaires, il ressent des sentiments très forts, il a été confronté à la mort, il en revient et il a payé le prix. Comme dans un western, il y a la scène de baston dans le saloon avec le club-house, il y a le duel avec la scène du parking… Il y a un côté crépusculaire que j’aime bien. »

Cette vision du film a bien plu au producteur qui voulait « un réalisateur qui n’ait pas de problème avec la violence car c’est le cœur du sujet. Je lui ai expliqué que le thème du film est très américain, un cinéma dans lequel tout part du conflit… Du western au polar en passant par le fantastique, tout s’est construit autour du conflit. J’avais l’impression d’avoir un sujet qui n’était pas du tout français et qu’on pouvait en faire un film stylisé, anglo-saxon. » Une aubaine pour Jean-Marc Vincent qui officie dans le cinéma de genre depuis quelques années et qui a grandit avec les films fantastiques. « Le film part à un moment vers l’onirique, vers un univers que je connais bien. J’ai grandi en regardant Mad Max… Vu le côté drame du film, pour ne pas que ça ressemble à un téléfilm, je me suis dit qu’il fallait styliser la réalisation pour le transformer en un bon film noir ». Vouloir traiter un film dramatique sous le prisme du film de genre, alors que ce scénario pourrait être réalisé beaucoup plus classiquement (ce que n’aurait pas manqué de faire la plupart des réalisateurs français), sort clairement le projet de l’ordinaire. Réaliser des scènes qu’on pourrait presque qualifier de la vie quotidienne sous l’angle du western ou inspiré par des films « post-apo » a de quoi attirer la curiosité de n’importe quel fan de film de genre. Ici, pas d’aliens, pas de robots géants, pas de paranormal. Uniquement des êtres humains avec leurs qualités, leurs défauts, leur passif et leur lâcheté que Jean-Marc Vincent veut mettre en valeur grâce à une réalisation inspiré des plus grands films de genre et des films noirs.

"Noël et les garçons" de Jean-Marc Vincent

"Noël et les garçons" de Jean-Marc Vincent

Car ce qui intéresse vraiment Jean-Marc Vincent, c’est la touche humaine du film. Un scénario qui s’attache aux personnages tout comme le réalisateur s’est attaché à eux. Un film humain donc, stylisé mais qui ne va pas dans l’esbroufe technique juste pour attirer le chaland fan de blockbuster. « J’avais envie de faire un film qui me parlait. Avant celui là, j’ai reçu des scénarii de films de science-fiction qui étaient hyper techniques. Il ne s’agissait pas de raconter une histoire mais de faire une prouesse technologique ! Ça ne m’intéressait pas… Même si je pense que « Pacific Rim » est un chef d’œuvre, par exemple ! Parce que Guillermo Del Toro est une bonne personne, il tient à ses personnages et il procède dans l’ordre, il n’a pas débuté par « Pacific Rim ». Tu sais que c’est un homme qui respecte l’espèce humaine et qui l’aime. A partir de là, il peut mettre ses personnages dans des carcasses de métal, jamais il n’oublie l’humain."

Plutôt que la science-fiction, les influences de Jean-Marc Vincent pour « C’est la vie » sont plutôt Sam Peckinpah, John Schlesinger, James Gray ou Michael Mann. « Michael Mann, c’est le grand maitre du cinéma contemporain. Avec « Révélations », il a fait un film passionnant de 3 heures sur un sujet qui tient sur un article. C’est ce que j’ai appris de Michael Mann, quand tu traites un genre, il faut détourner un autre genre pour le traiter. « Révélations », c’est un film noir. « Heat », c’est un western. Procéder comme cela permet d’avoir plus de liberté. » Vu les influences du bonhomme, ça risque de nous changer d’huis-clos en champs/contrechamps que le cinéma français a tendance à trop nous proposer !

A projet ambitieux, pression importante ! Mais cela motive encore plus le réalisateur. « Je sais que je dois faire un certain nombre d’entrées ! Bien sûr, J’ai des angoisses liées à savoir si je vais avoir les moyens de faire ce que je veux et est-ce que je vais être compris ? Mais ça ne me fait pas peur de prendre ces risques ». Pour le moment, le mystère plane toujours sur le casting du film. Même si Jean-Marc Vincent a des pistes sérieuses, rien d’officiel pour le moment tant que la production ne sera pas plus avancée et surtout « afin de ne pas coincer les comédiens en dévoilant des noms trop tôt et aussi car, pour certains rôles, cela risque de changer ».

Sur le tournage d'Eject

Sur le tournage d'Eject

L'avenir

Même si « C’est la vie » n’en est qu’en phase de pré-production, Jean-Marc Vincent ne se repose jamais sur ses lauriers ! Beaucoup de projets en tête et sur le papier. Parfois, vers des directions qui peuvent surprendre, Jean-Marc Vincent s’éloignant de plus en plus du cinéma de genre « Avec mon complice d’écriture depuis plus de 20 ans, Hubert Chardot, on en a eu marre d’écrire des choses que tout le monde trouvait très bien mais dont on nous disait que ça allait être très compliqué de les monter car ce sont des films qui sont nécessairement chers du fait que ce soient des films historiques ou qui traitent de sujets trop lourds ou trop fantastiques… On est donc parti, pour notre futur projet, sur une comédie… On n’a jamais galéré autant pour écrire un scénario, car c’est super compliqué comme exercice. On s’était dit : pas de flingues, pas de tronçonneuse, pas de sang, pas de gonzesses à poils. On veut faire une comédie familiale». Aussi bonne cette idée soit-elle, il est dommage de constater que certains producteurs français sont trop frileux pour financer des films de genre, qu’ils trouvent pourtant bons, et préférer produire des films pour les prime-time de TF1 ! Enfin, la roue peut tourner selon les époques, n’oublions pas que beaucoup de scénarii, tels que « Tueurs Nés », avaient été refusés dans un premier temps avant d’être ressortis du placard et de connaître le succès. Malgré ce changement de direction, on ne doute pas que Jean-Marc Vincent gardera tout de même un pied dans son genre de prédilection et qu’il saura mettre son talent au service de tous types de cinéma.

Dans un premier temps, on a donc hâte de découvrir à l’écran toutes les « promesses » et ambitions qu’a Jean-Marc Vincent pour « C’est la vie » ! Une aventure qui semble bien engagée et qui donne déjà envie d’aller au cinéma ! On peut compter sur Jean-Marc pour nous donner tout cela et pour mettre le budget et ses tripes afin d’obtenir un résultat de qualité surtout que « si le spectateur paye dix euros pour entrer dans une salle, faut pas se foutre de sa gueule ! ». Une bonne manière de tout résumé et qui en dit long sur l’authenticité et sur les intentions du réalisateur.

 

Tournage de "C'est la vie" prévu courant premier semestre 2014.

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 1 Juillet 2013

INTERVIEW : ASTA PAREDES

Suite à la diffusion de "Return to Nuke'em High volume 1" au Tromadance Parisien, je suis allé à la rencontre de la pétillante Asta Paredes, qui tient un des rôles principaux du film, afin de recueillir ses impressions et savoir si elle avait réussi à tenir le choc après avoir passé autant de temps avec Lloyd Kaufman ! A priori, pas de soucis, elle semble aussi motivée, énergique et dingue que lui !

Following the release of "Return to Nuke'Em High Volume 1" on the Parisian Tromadance , I went to meet the sparkling Asta Paredes, who have one of the main roles of the film, to gather impressions and to know if she's kept her mental integrity after spending so much time with Lloyd Kaufman! No worries, it also seems motivated, energetic and crazy as he is!

Page Facebook d'Asta Paredes en cliquant ICI (Click here for Asta's Facebook)

Twitter d'Asta Paredes en cliquant ICI (Click here for Asta's Twitter)

1/ Tu tiens un des premiers rôles de "Return To Nuke'em High Volume 1", Comment s’est déroulé ton casting et qu’est ce qui t’a motivé pour faire ce film ?

Asta : Le processus de sélection était intense. C’était « Tromatisant » ! J’ai été rappelé pour environ neuf rendez-vous étalés sur un mois, je pense que c’était pour me préparer à faire un film « Troma ». La sélection se fait beaucoup sur l’endurance et le désir de travailler. Pour commencer, les motivations de Chrissy n’étaient pas très différentes des miennes. Par exemple, j’ai grandi au Texas et je savais déjà ce que c’était d’être persécuté lorsqu’on est différent, j’ai même été victime d’intimidations et je me suis battu à plusieurs reprises. J’ai aussi eu des problèmes avec l’autorité mais jamais avec des « crétins » (NDLR : références aux méchants du film). J’ai regardé beaucoup de séries et de films pour adolescents comme « Pretty Little Liars », « Scream », « The Faculty » et « Heathers » (NDLR : « Fatal Games » en France). Je voulais capturer le sentiment de « tout ou rien » que l’on ressent au lycée ainsi que la passion de rencontrer « l’être unique » et la façon dont cela vous change.

1/ You have one of the most important role in “Return To Nuke’em High Volume 1”, How was your casting ? What were your motivations ?

Asta : The casting process was intense. It was “Tromatic” for sure. I had about nine callbacks stretched out over a month and I think it was to prepare me for what it is to do a Troma film. It’s a lot about endurance and wanting to work. My motivations for Chrissy were not too different from a version of myself to start. For example, I grew up in Texas and knew what it was to be persecuted for being different and I had even been victim to bullying and fights. I also had issues with authority but never “Cretins”. I watched a lot of teen fare like “Pretty Little Liars”, “Scream”, “The Faculty”, and “Heathers”. I wanted to capture the “all or nothing” feeling of high school and the passion of meeting “the one” and how that changes you.

INTERVIEW : ASTA PAREDES

2/ Peux-tu nous parler du film ? Comment le décrirais-tu ?

Je le décrirais comme une “comédie horrifique de science-fiction” à propos de deux filles (Chrissy et Lauren) qui tombent amoureuses l’une de l’autre, au milieu d’une catastrophe radioactive, sans qu’ils en aient conscience tout de suite. Des situations graves peuvent rapprocher plus facilement les gens et leur faire réaliser ce qui est important, plus rapidement. Le film est aussi une satire sur le monde dans lequel nous vivons : notre nourriture, nos droits et les extrêmes.

2/ Can you talk about “Return To Nuke’em High vol. 1”, ? How would you describe it ?

I would describe it as a “Sci-fi Horror comedy” about two people (Chrissy and Lauren) who fall in love in the middle of a radioactive mess that not even they understand right away. Heightened circumstances can bring people closer together and make them realize what’s important faster. It’s also a movie that is a satire on the current world: our food, our rights, and extremes.

3/ Connaissais-tu les films de la TROMA avant de démarrer celui-ci ? Qu’est ce qui te plait dans ces films ?

Oui, je connaissais un peu. Il y a longtemps, j’ai vu le film original (« Class of Nuke’Em High") mais une fois que j’ai été sélectionnée pour faire le film, j’ai été complètement immergée dans l’univers de la « Troma ». Et j’adore ça ! Le film et sa culture marginale sont nécessaires pour répondre au courant classique dominant et au cinéma « mainstream ». Ce sont des films stupides pour des gens intelligents.

3/ Did you know Troma movies before “Return To Nuke’em High”, ? What you like in these movies ?

Yes, I knew a bit. I did see the original (Class of Nuke ‘Em High) a long time ago but once I was cast I fully immersed myself in Troma. I love it! The films and its counter culture are necessary as a response to the mainstream. They are stupid movies for smart people.

Pour le casting, j’ai été rappelée pour environ neuf rendez-vous étalés sur un mois, je pense que c’était pour me préparer à faire un film « Troma ».

Asta Paredes

INTERVIEW : ASTA PAREDES

4/ Comment s’est passé le tournage avec Lloyd ? Est-ce aussi drôle que le film ?

C’est génial de travailler avec Lloyd. Les mots ne peuvent pas exprimer tout le bien que je pense de cet homme. Il respecte les choix des acteurs mais il sait aussi vous inciter à essayer de nouvelles choses. C’est un processus de collaboration et en tant qu’artiste, vous avez une intégrité artistique et un contrôle.

4/ How was the shooting with Lloyd Kaufman ? Is it also funny as the movie?

Working with Lloyd is great. I can’t say enough good about the man. He respects actor’s choices but also knows how to get you to try new things. There is nothing but a collaborative process and as a performer—you are blessed with artistic integrity and control.

5/ Lloyd disait récemment que le film demandait beaucoup de préparation (2-3 mois) mais qu’au moment de tourner, on pouvait jeter le scenario car il y avait beaucoup d’improvisation, c’est vrai ?

Oui. Mon processus d’audition était à lui tout seul comme un mois de répétition et à chaque fois, nous étions encouragés à changer le script en fonction de nos choix. Le personnage de Chrissy a beaucoup changé en fonction de ce qui marchait pour moi et aussi par rapport à ce qui pouvait être filmé. S’adapter à ces changements est important donc vous devez connaître parfaitement le script mais il faut être préparé à tout réinterpréter pour s’adapter à ce qui va arriver sur le plateau.

5/ Lloyd said recently that the film required a lot of preparation (2-3 months) but when it’s time for the shooting, it could throw the script because there was a lot of improvisation, is that true?

Yea. My audition process alone was like a month of rehearsals and each time we were encouraged to change the script based on our choices. Chrissy changed a lot because of what worked for me. It was also what could be filmed. Adapting to these changes was important so you had to know the script so well but prepare to reinterpret it to fit whatever happened on set.

INTERVIEW : ASTA PAREDES

6/ Que penses-tu avoir apporté au personnage de Chrissy ? D’après toi, qu’apporte le fait que Chrissy soit lesbienne ?

Je voulais avant toute chose que Chrissy soit un personnage crédible, réel. Elle veut quitter Tromaville et se comprendre elle-même. Malgré tout le coté satirique de la Troma, je voulais être sûre que cet aspect sonne juste surtout lorsqu’elle tombe amoureuse de Lauren. Le fait que Chrissy soit lesbienne apporte un angle important et unique à l’histoire car elle ne fait pas juste de l’expérimentation. Elle est amoureuse et j’espère que le public ne la verra pas comme une lesbienne mais comme une personne qui tombe amoureuse d’une autre personne.

6/ What do you think you brought to the character of Chrissy? what do you think that Chrissy is lesbian brings to the movie ?

I wanted above all things that Chrissy be a grounded and real character. She wanted to leave Tromaville and to figure herself out. Despite all the Troma satire I wanted to make sure that that aspect of her rang true and especially when it came to her love for Lauren. Chrissy being a lesbian brings an important and unique angle to the story because she’s not just experimenting or being objectified. She’s in love and I hope that people don’t see her as a lesbian but as one person falling in love with the one person that gets her.

7/ Quel a été le meilleur et le pire moment du tournage ?

Je dirais que presque chaque jour a été le meilleur. Apprendre à vivre pendant deux mois sur un plateau, avec d’autres artistes passionnés qui vivent et respirent l’art était surréaliste. Donc, mon jour préféré change tout le temps. En ce moment, je dirais que mon jour préféré est celui ou j’ai dû conduire et récupérer Lauren (Catherine Corcoran). Je conduisais sur cette route avec Lloyd Kaufman, son directeur de la photographie sur le siège arrière et, bien sûr, la caméra. Je n’avais pas conduit depuis quatre ans donc j’avais beaucoup de pression mais c’était un grand frisson. Il y a eu tellement de journées magnifiques. Le pire moment, pour moi, a été la dernière nuit de tournage. Je ne crois pas que j’ai déjà autant pleuré dans ma vie. J’étais couverte de boue et de faux sang avec les larmes qui coulaient sur mon visage, dans un parking. C’est un sentiment viscéral où tu te rends compte que cette aventure se termine et Chrissy ne voulait pas quitter Tromaville… Et moi non plus, je ne voulais pas.

7/ What was the best time during the shooting ? And the worst ?

I would say almost everyday was the best. Getting to live for 2 months on set with other passionate artists while living and breathing art was surreal. However, my favorite day changes all the time. At this moment I would have to say my favorite was the day I got to drive and pick up “Lauren” (Catherine Corcoran). I was driving down this road with Lloyd Kaufman and our Director of Photography in the backseat and of course the camera. I hadn’t driven in 4 years and had so much pressure but it was a thrill. There were so many wonderful days though. The worst was the last night of shooting for me. I don’t think I’ve ever cried more in my life. I was covered in mud and fake blood with tears streaming down my face crying in a parking lot. It was this visceral feeling that this world was over and Chrissy did not want to leave Tromaville—and neither did I.

INTERVIEW : ASTA PAREDES

Le pire moment, pour moi, a été la dernière nuit de tournage. Je ne crois pas avoir déjà autant pleuré dans ma vie. J’étais couverte de boue et de faux sang avec les larmes qui coulaient sur mon visage. C’est un sentiment viscéral où tu te rends compte que cette aventure se termine et Chrissy ne voulait pas quitter Tromaville… Et moi non plus, je ne voulais pas.

Asta Paredes

8/ Il y a quelques scènes de sexe dans le film, comment les as-tu appréhendées ? Etait-ce difficile ? Plus Difficile que les scènes gores ?

Je pense que cela aurait pu être très difficile mais j’ai eu de la chance avec mes deux partenaires de scènes de sexe. Une de mes partenaires, Catherine Corcoran (Lauren) et moi étions devenues des amies proches depuis plus d’un mois avant de tourner cette scène alors nous nous comprenions tellement que nous n’avons presque pas eu besoin d’utiliser de mots pour communiquer. C’était génial car nous pouvions toujours anticiper ce que l’autre allait faire. Mon autre partenaire, Clay Von Carlowitz (Eugene) avait une telle liberté dans sa performance et un tel respect pour moi qu’il n’a jamais rendu la situation inconfortable. Donc, avoir une telle alchimie avec mes deux partenaires m’a permis de me concentrer sur ma performance et sur le personnage plutôt que sur mes propres inhibitions.

8/ There are some sex scenes in the film, is that difficult? More difficult than gory scenes?

I think it could have been difficult but I was blessed with both my sex scene partners. One of my partners, Lauren, (Catherine Corcoran) and I had gotten to be close friends for over a month plus before we shot it and had such an understanding that we mostly didn’t use words to communicate. It was great because we could always anticipate what the other would do. The other partner, , Eugene, (Clay von Carlowitz) had such a freedom to his performance and respect of me that I never felt uncomfortable. So having the right chemistry with both partners allowed me to focus on the performance and character rather than my own inhibitions.

9/ Le volume 2 est entrain d’être terminé. Peux-tu nous en dire un mot ?

En un mot : EPIQUE. Il y aura énormement d’action : C’est choquant !

9/ Part 2 is almost finished. Can you tell me a word about this second part ?

In one word: EPIC. This will have so much action: it is shocking!

INTERVIEW : ASTA PAREDES

10/ Avec la TROMA, Vous étiez récemment à Cannes pour le festival. Vous avez tourné « Occupy Cannes », peux-tu nous en dire plus sur ce projet et quel a été ton rôle ?

« Occupy Cannes » est un film à propos de l’art indépendant au festival de Cannes et du regard du monde à cet égard. Plus précisément, cela parle de comment nous avons apporté notre film « Return To Nuke’Em High Volume 1 » sur les écrans du festival de Cannes. Nous avons effectué du marketing « sauvage » comme des défilés, des improvisations et bien sûr : Chrissy et Lauren se sont mariées ! C’est un documentaire idéaliste dans lequel nous faisons prendre conscience du monde injuste de la distribution de films. Le fait est que la plupart des « œuvres artistiques » ne sont pas faites pour l’amour de l’art et que les artistes indépendants et les autres ne jouent pas à jeu égal. Nous avons essayé de mettre cela en lumière. Je pense que nous avons réussi. Mon rôle était le même que pour toutes les personnes présentes ici : Faire parti du mouvement et faire la promotion du film.

10/ You were recently in Cannes for the festival. You shooted "Occupy Cannes", can you tell us more about this project and what was your role?

Occupy Cannes is about Independent art at the Cannes Film Festival and the world for that matter. Specifically about what it was to bring our film “Return to Nuke ‘Em High Volume 1” to screen at the Cannes Film Festival. We used guerrilla marketing like parades, meltdowns, and even Chrissy and Lauren getting married! It was an idealistic documentation where we brought awareness to the unfair world of cinema distribution. The fact is that most art is not for art’s sake anymore and it is also not an even playing ground and we tried to shed a light on that. I think we succeeded. My role was like everyone else’s there: being part of this movement and promoting the film.

INTERVIEW : ASTA PAREDES

11/ Quels sont tes prochains projets ?

Seul l’avenir me le dira. Quand je serais autorisée officiellement à parler de mes prochains travaux, je le ferai. En dehors de ça, j’attends avec impatience d’avoir du travail encore plus provocateur et j’espère travailler encore plus dans l’horreur et la science-fiction.

11/ what are your next projects ?

Only the future will tell. When I’m allowed to officially speak on the work I will be doing I will. Other than that I look forward to more provocative work and hope to do more in the horror/ sci-fi world as well.

12/ Qu’aurais-tu as dire à tes fans français et à ceux du film ?

J’espère que vous apprécierez le film et que vous aurez du plaisir avec. Il est le fruit d’un gros travail mais surtout d’une énorme passion pour l’histoire qu’il raconte. Merci pour votre temps et je suis impatiente de revenir en France !

12/ What would you say to french fans of you and of the movie ?

I hope you enjoy the film and have fun with it. It was the product of a lot of work but more importantly passion for the story. Thank you for your time and i look forward to going back to France!

Merci beaucoup Asta !

Thank you very much Asta !

INTERVIEW : ASTA PAREDES

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 25 Mars 2013

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

Ce dernier mois a été riche en rencontres et en bon moments ! Après m'être entretenu avec des réalisateurs de films funs/gores français (Richard J. Thomson, Jean-Marc Vincent ) et américains (Drew Bolduc), il fallait bien boucler ce tour d'horizon en passant par le Japon, terre de toutes les folies et de films étranges par excellence. Pour représenter le pays du soleil levant, il ne pouvait y avoir que Yoshihiro Nishimura, le réalisateur des cultissimes "Tokyo Gore Police", "Vampire girl Vs Frankeinstein girl" & "Hell Driver" et fidèle artisan sur les films de Noboru Iguchi (Zombie Ass, Dead Sushi...). Let's go !

This past month has been full of encounters and good times! After talking with french (Richard J. Thomson, Jean-Marc Vincent) and American (Drew Bolduc) funny/gory filmmakers, it was necessary to complete this overview through Japan, the land of crazy and strange movies. To represent Japan, the only one is Yoshihiro Nishimura, director of cult movies "Tokyo Gore Police", "Vampire Girl vs. Frankenstein Girl" & "Hell Driver" and make up director for Noboru Iguchi movies (Zombie Ass, Dead Sushi ...). Let's go!

1/ Bonjour Nishimura-San. Vous êtes réputé pour vos effets spéciaux, que vous réalisez pour vos films mais aussi pour ceux de Sono Sion & surtout de Noboru Iguchi, par exemple. Comment créer vous vos effets et surtout comment faites vous pour avoir autant d’idées visuelles ?

Yoshihiro Nishimura : Je connais Sono Sion depuis l’époque où nous faisions des films amateurs indépendants. J’étais en charge des maquillages et de la modélisation lorsqu’il réalisait les films, ce qui a fait de moi un professionnel du maquillage et de la modélisation. Alors, comme un réalisateur, je peux et doit avoir un point de vue objectif sur la globalité de la production depuis le département maquillage. Je ne veux pas faire des effets qui ne sont pas nécessaires quand je travaille sur un film à petit budget.

1/ You are considered for your special effects, that you realize for your movies but also for Sono Sion & Noboru Iguchi’s Movies, for example. How to create and imagine you these effects ?

I've known Sion since we were amateur (indie) filmmakers. I took charge of special make-up and modeling when he was directing his film, and that made me become a professional make-up & modeling artist. So, like as a director, I can take an objective view of entire production when I think of the make-up department. I don't want to do unnecessary work when I'm doing low-budget film.

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

2/ Les membres de « Sushi Typhoon », dont vous faites parti, sont considérés comme la nouvelle vague du cinéma japonais mais aussi comme des trublions. Que ce soit vos réalisations (Tokyo Gore Police) ou celles de Noboru Iguchi (Dead Sushi), qu’est ce qui vous donne envie de réaliser des films aussi étranges ? Pensiez-vous que vos films deviendraient des films cultes, particulièrement en Europe ?

Qui a dit que j’étais un trublion ?? Je ne le suis pas ! Je suis toujours sérieux quand je réalise mes films ! De plus, vous ne pouvez pas faire de films cultes à la demande. C’est jusque que soit je suis fou de faire ces films soit vous êtes fous parce que vous aimez mes films. De toutes façons, je suis une personne normal.

2/ The “Sushi Typhoon” members (whom you) are considered as the new wave of J-Horror but also as troublemakers. Who tempts you to make movies so strange ? Did you think that your movies would become cult movies, particularly in Europe ?

Who said I'm a troublemaker?! I'm not! I'm always serious when I make my films! In addition, you can't make cult movie on purpose. It's just that whether I'm crazy because I make such films, or you are crazy because you like my films. Anyway, I'm a normal person.

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

3/ Prochainement va sortir « Mememe no Kurage » (Jellyfish eyes) sur lequel vous avez travaillé avec Takashi Murakami (qui a lui aussi beaucoup fait parler de lui en France pour ses sculptures exposées à Versailles), quel a été votre rôle sur ce film ? Comment s’est passé le travail avec Murakami-san ?

Je suis en charge de conseiller le réalisateur, d’écrire le scenario, de faire le storyboard, d’editer et de produire. Mr. Murakami et moi étions d’accord l’un avec l’autre alors le tournage s’est très bien passé. C’est un film pour enfant. Gardez un oeil dessus !

3/ Soon, In April, “Mememe no Kurage” will be in cinema. You have worked with Takashi Murakami on this movie. Which was your role on this movie? How was the work with Murakami-San ? The movie seems completely different from your previous movies.

I took in charge of "Advisor for director", "Script writing", "Story board", "Editing", and "Producer". Mr.Murakami and I agree very well with each other, so the shooting went smoothly. It's a movie for children. Please look forward to it!

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

Qui a dit que j’étais un trublion ?? Je ne le suis pas ! Je suis toujours sérieux quand je réalise mes films !

Yoshihiro Nishimura

4/ Vous êtes en tournage d’un film nommé « The profane exhibit » avec plusieurs autres réalisateurs ? Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ? Avez vous rencontré les autres réalisateurs ?

Le theme pour le segment que j’ai realisé est le “Ramen”. Le ramen est populaire en France aussi, n’est-ce pas ? En réalité, je cuisine mes propres Ramen. Je fais même de la soupe avec les os de porc. C’est très bon ! Le chef de l’enfer vient pour vous tuer !! (rires). J’ai rencontré Uwe Boll and Nacho !!

4/ Your next shooting for “The Profane Exhibit” is a movie with others directors. Could you give us more information about this project ? Did you meet this others directors ?

The theme for the one I did is "Ramen"! Ramen is popular in France as well, isn't it? I actually cook my own Ramen. I even make soup from pork bone. It's really good! The chef from hell is coming to kill you!! I met Uwe Boll and Nacho……..!!!

5/ Quels est votre film culte et vos sources d’inspirations ?

La montage sacrée. Un jour, je voudrais être un "cartoonist" comme Alejandro Jodorowsky.

5/ What is your cult movie and your influences?

Holy Mountain. Someday, I wanna be a cartoonist like Alejandoro Jodorowsky.

Thanks Nishimura-San.

Special thanks to Nanae for her help !

INTERVIEW : YOSHIHIRO NISHIMURA

Voir les commentaires

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview