ANTIGANG, la chronique freestyle.

Publié le 21 Août 2015

Salut les marloux,

Je sais bien qu'"Antigang" n'est pas vraiment un film qui devrait avoir sa place sur ce blog par rapport à ses thématiques mais ça me tient vraiment à cœur d'en parler. La raison qui m'a donné envie de faire cet article est qu'"Antigang" est un film de Benjamin Rocher, le co-réalisateur de l'excellent "La Horde" et le réalisateur de la première partie de "Goal of the Dead", un des meilleurs films de 2014. D'ailleurs, dans "Antigang", on retrouve la recette qui faisait déja miracle dans son précédent effort, à savoir un mélange savamment dosé d'humour et d'action, une caractérisation des personnages réussie, des punchlines efficaces, une réalisation dynamique et jouissive et un casting (dont toujours le formidable Alban Le Noir) au top. Car oui, ne tournons pas autour du pot, "Antigang" est une réussite. En passant de l'horreur au polar, en ajoutant une grosse star française au casting (Jean Réno, si vous ne le saviez pas) Benjamin Rocher n'en a pas perdu son style, son identité ni son âme. Ouf !

ANTIGANG, la chronique freestyle.

Il est vrai que vu la promo, l'affiche et le titre, le néophyte qui ne connait pas Benjamin Rocher, peut s'attendre à voir une énième comédie d'action dégueulasse (qui a dit "Taxi 3"? c'est pas bien, le 4 est pire) ou bien, à l'inverse, un polar sérieux et mou du genou (qui a dit "L'affaire SK1" ? ça se fait pas, on se calme sinon je fais évacuer ce blog). Ok, petite parenthèse un instant, je vanne "Taxi" tout ça mais je voudrais quand même préciser que j'avais passé un bon moment devant les deux premiers volets et que je n'ai rien contre Luc Besson. Alors oui, certains de ses films sont plutôt mauvais et ses productions souvent pires mais n'oublions pas tous les bons films qu'il a réalisé ("Léon", "Le grand bleu", "Nikita" et même "Le cinquième élément" à mon sens) et puis, qui en France ose sortir autre chose que des drames en huis-clos ou des comédies avec Christian Clavier et Kad Mérad ? Ok, c'est souvent lourdingue et de moins en moins glorieux mais à part Lucky, qui se bouge dans ce cinéma frileux pour essayer d'envoyer des films qui ont un peu de gueule et de fun ? Et bien, il y a Benjamin Rocher qui en plus d'avoir la maitrise des scènes d'actions sait surtout doser parfaitement différents ingrédients de ce genre de spectacle. Dans les films de Rocher, il y a parfois de l'humour bas du front (la scène des supporters dans "Goal of the dead", la scène d'ouverture d'"Antigang") mais ça reste toujours efficace et ça n'envahit pas tout le film. Dans ses moments de délire, "Antigang" la joue à fond mais quand il s'agit de mettre en scène des gunfights, place aux choses sérieuses et à la montée de tension. Drôle mais aussi parfois très tendu et prenant dans ses moments les plus dramatiques (bon, y'en a pas cinquante) et surtout, nerveux, lisible et jubilatoire dans ses scènes de bastons ou d'action, que ce soit dans les combats à mains nues ou à l'arme à feu, le film est une réussite dans tous les genres qu'il aborde. Seul bémol, alors que la plupart des jeunes comédiens bastonnent secs, il faut bien dire que notre Jeannot national à un peu plus de mal mais bon, je voudrais bien vous y voir vous à 67 ans entrain de courir dans Paris pour flinguer des bandits ! Alors, on fait comme pour Schwarzy dans "Expendables", on admire le charisme du mec et sa prestance et on met de coté le fait qu'il n'ait plus vingt piges ! Merci.

ANTIGANG, la chronique freestyle.

Le scénario, ficelé correctement, n'est pas très complexe ni original et a un gout de déjà vu (cent fois ?) mais permet d'apporter et de distiller à un rythme régulier scènes de comédie, d'action, de tension et de maintenir le spectateur en haleine pendant l'heure et demie que dure le film. Les bons mots et les dialogues badass fusent portés par des acteurs au top de leur forme. Jean Réno, qu'on n'avait pas vu aussi bon depuis longtemps, joue parfaitement son rôle de flic à l'ancienne et Alban Lenoir est juste excellent. D'une drôlerie totale dans son rôle de jeune flic tête brûlée, il confirme tout le bien que l'on pensait de lui depuis "Hero Corp". Une gueule du cinéma français qui va encore monter, à n'en pas douter, en espérant qu'il ne prenne pas la même trajectoire que Romain Duris. Enfin, ce serait bien pour lui et pour son banquier mais moins pour le cinéma de genre... Les autres comédien(ne)s assurent aussi bien leur rôle, de Caterina Murino en flic fatale à Oumar Diaw en nouvel arrivant dragueur en passant par Thierry Neuvic dans le rôle du boss "new generation" ou de Stéfi Celma (la sympathique comédienne du sympathique "Pas très normales activitées") en femme enceinte du héros, tous sont impeccables.

ANTIGANG, la chronique freestyle.

Rythmé, fun, jubilatoire, drôle, bien interprété et shooté avec talent, "Antigang" est dans la continuité du travail de Benjamin Rocher. Le réalisateur commence à se forger une filmographie de métrages qui donnent la banane dès le générique de début et qu'on garde en sortant de la salle. Comme pour ses autres films, il est toujours sous l'influence de ses références américaines mais il garde malgré tout son identité et continue à réaliser des films personnels. Espérons que le côté plus "mainstream" du polar par rapport au film d'horreur lui apporte le public et le succès qu'il mérite en espérant que cela nous le ramène quand même du côté des films gore. Avec Besson, Kounen et Kasso, Benjamin Rocher fait parti du club assez restreint des réalisateurs français couillus, qui font ce qu'ils ont envie de faire tout en essayant (parfois) de toucher un large public. S'il garde son identité (ce qui sera surement le cas s'il continue à bosser dans sa structure "Capture the flag"), Benjamin Rocher peut réussir à continuer à plaire à son public de base (celui de l'horreur) et attirer un plus large public. On croise les doigts pour que ce soit le cas et pour que les américains ne nous le vole pas trop vite (même si une carrière à la Aja serait pas mal aussi) ! Allez, arrêtez de lire ça et allez au cinéma, bande de buses !

 

Ma note : 8/10

Rédigé par Gib

Publié dans #Critiques

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