INTERVIEW : JESSICA CAMERON

Publié le 3 Mars 2015

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

Actrice, réalisatrice, productrice, Jessica Cameron est une autodidacte qui, devant le manque de prise de risque de l'industrie du cinéma, a décidé de monter sa propre maison de production afin de réaliser les films qu'elle rêvait de voir. Retour sur un parcours atypique et sur des projets passionnants.

Actress, director, producer, Jessica Cameron is a self-taught, with the lack of risk taking in the film industry, decided to start his own production company to achieve the movies she dreamed of seeing. Return on an unusual career and exciting projects.

1/ Votre premier travail était designer dans la mode, quand et pourquoi avez-vous décidé de lancer votre carrière dans le cinéma ?

Je n’ai pas decidé, ça c’est imposé à moi d’une certaine manière. Lorsque je travaillais dans la mode, on m’a dit que je parlais trop vite et comme je ne pouvais pas trouver de classe pour améliorer cela, un de mes supérieurs m’a suggéré d’aller dans un cours de comédie et ensuite « de parler plus lentement autour de gens stupides ». Je suis tombé amoureuse de l’art de l’acting dans ces classes et j’ai rapidement commencé à passer tout mon temps libre à prendre des cours, aller à des répétitions, etc.. Après quelques années, j’ai terminé toutes les classes et j’ai commencé à réfléchir afin de lancer ma carrière à temps plein.

1/ Your first job was fashion designer, when and why did you decide to launch your career in cinema?

I didn't decide, it was forced upon me in a way. While working at the fashion company they decided that I spoke too fast and when I could not find a speech class that would help one of my superiors suggested I take an acting class and then "talk slower around the stupid people". I fell in love with the art of acting in those classes and pretty quickly started spending all of my spare time doing anything I could, taking classes, rehearsing, etc. After a few years I had completed every class and started plotting to make it my full time career.

2/ Pourquoi avez-vous décidé de jouer dans des films d'horreur ? Qu'aimez-vous dans ce genre de films ?

Le genre horrifique m’a trouvé. Quand j’ai commencé à être actrice à plein temps, je voulais juste auditionner pour des films que je trouvais intéressant et avec des personnes que je respectais, peu importe le genre. J’habitais dans le Midwest à cette époque et la majorité des films qui étaient realisés étaient des films d’horreur, vous n’avez pas besoin d’avoir un gros budget pour faire ces films. Alors je me suis rapidement retrouvé à beaucoup travailler sur des films d’horreur. Ce qui est genial car c’est le genre que je préfère regarder et aussi dans lequel je préfère jouer. Pour moi, c’est plus fun de jouer dans un film d’horreur, c’est l’ultime challenge d’un acteur, faire croire au public que l’impensable est entrain de se produire à l’écran est difficile.

2/ Why did you decide to play in horror movies? What do you like in this kind of films?

The horror genre found me, when I started doing acting full time I just wanted to audition for any role that I found interesting with people that I respected. I was based in the midwest at the time and the majority of the films that were being made were horror films, you don't have to have a huge budget to make them which is why. So I quickly found myself working a lot in the horror genre. Which is great because its my favorite genre to watch and work in. For me its more fun to act in a horror film since its the ultimate acting challenge, to make the audience believe that the unthinkable is happening on screen is hard.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

3/ Vous êtes souvent qualifiée de Scream Queen. Aimez-vous ce qualificatif ? Y'a t'il des actrices qui vous ont inspiré ou que vous aimez ?

Je pense qu’obtenir du credit dans cette industrie est incroyable. J’aime le terme de « Scream queen » mais je ne crois pas que l’on devrait s’auto-étiquetter. Je pense que c’est un qualificatif qui doit être donné par ses pairs ou par la presse. Il y a trop de filles qui font un seul film et qui s’étiquettent elle-même de ce terme. De mon point de vue, cela devrait être réservé à celles qui excellent dans le genre horrifique, ce que je fais. Une de mes principales inspirations est Jamie Lee Curtis qui est la « Scream Queen » originale. Je respecte son travail et son cheminement de carrière qui l’a fait traverser plusieurs décennies dans tous les genres.

3/ People say that you are a scream queen. Do you like it? Is there other actresses’ horror that inspired you or that you like?

I think to get any credit in this industry is amazing. I love the term scream queen, though I don't believe that one should self label themselves it. I think it should be a term that is determined by peers and press. There's just far too many girls who do one movie and then self label themselves the term. In my opinion it should be reserved for those who excel in the horror genre, which is what I do. One of my main inspirations is Jamie Lee Curtis who is the original Scream Queen, I respect her work and her career path which has spanned over many decades and across all genres.

4/ Vous avez créé votre propre maison de production. Est-ce pour développer plus de rôle pour vous-même ?

J’ai créé ma propre société mais ce n’est pas pour me créer plus de rôles. C’est pour réaliser plus de films d’horreur originaux. J’étais, comme une fan d’horreur, malade de voir tous ces remakes et reboots. Je voulais de nouvelles histoires, de nouveaux personnages, de nouveaux films à regarder. Alors j’ai créé ma propre société pour créer ces films que je voulais voir mais qui n’était fait nulle part ailleurs.

4/ you have created your own producing company. Is it to develop more of role for you?
I do have my own company but its not about making more roles for me. Its about making more original horror films. I, as a horror fan, was sick of seeing remakes and reboots. I wanted NEW stories, NEW characters, NEW movies to watch. So I created my own company to make those films that I wanted to see that were not getting made elsewhere.

5/ Que pensez-vous de la place des femmes dans les films d'horreur ?

Je pense que les femmes sont cruciales dans le genre horrifique, derrière la camera autant que devant. Nous voyons de plus en plus de femmes arriver derrière la caméra et cela a amené des films étonnants. Les sœurs Soska, Jennifer Kent, Jovanka Vuckovic et la liste est longue. Ces femmes ainsi que tant d’autres apportent un nouveau souffle dans le genre horrifique et dans le cinéma au général. Cela permet aussi de mettre des femmes fortes à l’écran et apporter de la fraicheur à des histoires classiques.

5/ what do you think about the place of women in horror movies?
I think that women are crucial to the horror genre, behind the camera as well as in front. As of late we have seen more women getting behind the camera which has lead to some amazing films. The Soska sisters, Jennifer Kent, Jovanka Vuckovic, and the list continues. These women along with so many others are breathing new life into the horror genre and cinema in general. This is also enabling us to get stronger women characters on screen and fresh takes on classic tales.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

6/ Vous êtes très indépendante et vous n'attendez personne pour faire les choses. Cela doit être parfois difficile. Qu'est ce qui est le plus compliqué avec cette façon de faire ?

Faire un film c’est littéralement gagner des centaines de combats. Tous les jours vous vous battez. Vous vous battez pour avoir le casting que vous voulez, vous vous battez pour avoir le scénario que vous voulez, pour avoir les performances que vous voulez, pour avoir l’équipement que vous voulez, le son que vous voulez, etc… Le processus entier est difficile et étonnement, il ne devient jamais plus facile, jamais. Vous devez continuer de vous battre. Mais si c’était plus facile alors tout le monde le ferait !

6/ you are very independent and you don’t wait to another people to do things. I think, sometimes, it’s difficult. What is the most difficult in this method?

Making a film is winning LITERALLY thousands of fights. Every day you fight, you fight to get the cast that you want, you fight to get the script how you want, you fight to get the performances that you want, you fight to get the equipment that you want, you fight to get the sound that you want, etc. The whole process is difficult, and surprisingly it does not get any easier, ever. You just have to keep fighting. But if it was easier then everyone would do it!

7/ Avec "Truth or Dare", vous avez réalisé votre premier film. Désiriez-vous réaliser un film depuis longtemps ?

J’ai toujours sur qu’en tant que fan d’horreur, je voudrais voir cette histoire à l’écran. Je n’avais jamais rêvé pouvoir le diriger meme si je l’avais co-écrit. Mais lorsque nous avons approcher des réalisateurs, nous avons eu des problemes pour trouver un réalisateur qui ne ferait pas baisser le ton du film. J’aimais le scénario, toutes ces choses graphiques qu’il y a dedans et je ne voulais pas que cela soit réduit à l’image. Alors, j’ai decidé d’intervenir et de réaliser le film moi-même pour en préserver l’histoire. Je suis fier de l’avoir fait. En fin de compte, cela a permis de maintenir ma vision.

7/ with “truth or dare”, you have done your first movie. Did you want to make a movie since long time?

I always knew that as a horror fan I wanted to see this story on screen. I never dreamed that I would direct it, even as I co-wrote it. But when we were approaching directors to take it over, we had trouble finding one that would not tone it down. I loved the script it all its graphic glory and did not want to tone it down, at all. So I had to step up and direct it myself to preserve the story. I am glad that I did. In the end it helped maintain my vision.

8/ Que préférez-vous, jouer ou réaliser ?

Je préfère largement jouer que réaliser. C’est plus drôle et honnêtement, c’est moins de travail. En tant que réalisateur, vous devez vivre avec le film pendant des années. En tant qu’actrice, vous jouez dedans et ensuite vous n’avez plus à vous en occuper une fois la promotion terminée. J’ai dit que j’étais une fan d’horreur alors lorsque je tombe amoureuse d’une histoire, je vais tout faire pour voir le film arriver au bout, même si je dois le réaliser.

8/ What do you prefer, play or be a director?

I drastically prefer acting over directing. Its more fun and quite honestly is less work. As a director you have to live with the film for years, as an actor you film it and then don't worry about it till after for promotion. That said I am a horror fan first so when I fall in love with a tale I will do whatever it takes to see the film completed, even if that means directing.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

9/ Quel est votre souvenir préféré sur un tournage ? Et le pire moment ?

Mon souvenir préféré… C’est une question difficile. Il y a tellement de moments géniaux sur un tournage. Plus tôt cette année, j’ai eu la chance de travailler sur un film en Angleterre, “The Tour”. J’adorais le casting et l’équipe sur le tournage. Ils étaient tellement passionnés et intelligents. C’était la première fois que je tournais en Angleterre et j’espère que ce n'était pas la dernière. Les réalisateurs étaient les les personnes plus agréables qui soient et c’était excitant de travailler avec eux (Damon Rickard et Alex Matheison). Le DP, Richard Bell, m’a coupé le souffle. « The Tour » est actuellement en tournée dans les festivals dans le monde entier (NDLR : l'interview a été réalisé en décembre 2014), allez le voir si vous en avez l’opportunité !

Maintenant mon pire souvenir… Hmmmm, c’était recemment, j’ai eu une actrice qui a refusé de tourner la scène finale car elle ne voulait pas travailler ce jour là. C’est l’un de ces moment ou, en tant que réalisateur, vous êtes coincé car la majorité du film a été tourné donc vous ne pouvez pas virer l’actrice et refaire le casting, vous n’avez juste qu’à essayer de préserver l’histoire et sauver le film du mieux possible.

9/ what is your best and worst memory on a set?

My best memory, well this is a tough one. There are so many great moments on most sets.
Earlier this year I got the chance to work on a film in England, The Tour. I loved the cast and crew on this set. They were so passionate and intelligent. It was my first time filming in England, and hopefully not my last. The directors were the nicest people, and so amazing to work with (Damon Rickard and Alex Matheison). The DP (Richard Bell) took my breath away. The Tour is currently (NDLR : interview was done on december 2014) making its rounds at film festivals around the world, please go and see it if you get a chance!

Now the worst moment…. Hmmmmm. It was recent, I had an actress who refused to film her final scene of the film because she didn't want to work that day. It was one of those moments as a film maker where you get backed into a corner since the film was majority shot so you can't fire the actress and recast, you just have to try and preserve the story and salvage the film as much as possible.

10/ Vous allez réaliser un autre film "Mania". Pouvez-vous en parler ?

Nous venons juste de finir celui-ci. C’est le second film que je réalise et c’est une histoire que j’aime. C’est une foutue histoire d’amour lesbienne, comme l’a écrit un critique, c’est « Thelma et Louise » qui rencontre « Harry : Portrait of a serial killer ». Nous l’avons réalisé en voyageant à travers les Etats-Unis dans le cadre d’une aventure qui s’étalera sur trois films. Nous avons tourné deux films, "Mania" et "Désolation", lorsque nous avons voyagé durant 3 semaines dans tous les Etats-Unis et documenté le processus avec un long documentaire appellé « Kill the production Assistant ». C’était un vrai challenge et je n’en peux plus d’attendre de montrer au monde ce que l’on a fait !

10/ you will make another movie: “Mania”, can you talk about it?
We just wrapped filming on this one. It was my second directing gig, and a story that I love. Its a fucked up lesbian love story, as one reviewer wrote its "Thelma and Louise" meets "Henry: Portrait of a Serial Killer". We shot it while traveling across the United States as part of our 3 film adventure. We shot two feature films, Mania and Desolation while traveling across the United states over 3 weeks, and documented the process for a feature length documentary called Kill The Production Assistant. It was very challenging but I can not wait to show the world what we did!

Merci beaucoup, Jessica.

Thank you very much, Jessica.

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Commenter cet article