INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

Publié le 12 Janvier 2015

INTERVIEW : JEAN-MARC VINCENT

Il y a déjà plusieurs semaines qu'était prévu mon entretien (le troisième !) avec Jean-Marc Vincent afin de parler de son nouveau film : "Jeu de rôle" que j'ai eu la chance de voir en avant première.

Quelques jours avant l'interview, l'attentat à Charlie Hebdo a lieu mais pas question de reculer ni d'occulter l'évènement. Connaissant l'humanité du réalisateur, il fallait donc, en préambule, aborder le sujet avant d'en venir à des sujets infiniment plus agréables et pourtant sérieux : le cinéma, l'écriture du scénario et le tournage de "Jeu de rôle". Une interview ludique, drôle et grave à la fois.

Photo : © Sylvie Noisette

1/ Cette interview a lieu quelques jours après les évènements qui ont lieu à Charlie Hebdo (et ailleurs par la suite). En tant qu'artiste, quel a été ton sentiment lorsque tu as appris la nouvelle ?

Tout d’abord en tant que Citoyen : une énorme envie de vomir. Parce que même si j’ai toujours été conscient que notre société n’a jamais été totalement oubliée par les menaces terroristes diverses, je ne pensais pas qu’elles frapperaient aussi durement notre sol, en touchant un symbole aussi fort de notre Liberté d’Expression. Bien sûr, les terroristes portent bien leur nom. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, les martyres que nous garderons en mémoire n’ont pas eu envie de faire la prière Musulmane avant de passer dans l’au-delà. Nos morts à nous sont Laïcs et Républicains. En cela, les salopards ont totalement échoué. Ils n’ont pas bouleversé nos valeurs. Ils les ont renforcées. En tout cas pour l’instant.

Ensuite, en tant que parent : je me suis dit "Est-ce là le monde que je voudrais pour mes enfants ? " Et n’en déplaise à certains, j’ai envie qu’elles s’épanouissent dans une société où elles pourront sortir sans craindre pour leur vie ou leurs idées.

Enfin la tristesse : une sorte de grand malaise que je pourrais traduire par "tout ça pour ça", en songeant à ceux, qui, de Voltaire à Desproges, de Rushdie à Diderot (pour ne citer que ceux-là) ont travaillé durement, parfois au péril de leurs vies, pour nous éclairer vers des routes menacées par l’obscurantisme de tous poils.

Tu vois, c’est l’homme qui s’est pris ça dans la gueule, bien avant que l’artiste n’ait envie de se manifester...

2/ Penses-tu que cela peut amener à une auto-censure, volontaire ou non, de la part des artistes ?

Jamais. En tout cas en ce qui me concerne. Ce métier, car c’en est un, et je n’hésites jamais à le rappeler, car beaucoup s’imaginent à tort que ce n’est qu’un hobby, est tellement difficile (pour des raisons de concurrence, des raisons économiques par exemple...) que je ne vais pas m’auto-censurer ! Et puis probablement par orgueil aussi, car si c’est pour faire dans le tiède, le simpliste, céder à la complaisance et au vide de sens, j’avoue que je ne perdrai autant d’énergie, sans compter que ça risquerait de me lasser. J’ai besoin d’être fier de ce que je fais, sinon je ne peux pas le "vendre" aux autres. Bien entendu, "un film n’a jamais guéri le cancer... ", comme le dit un jour un de mes "mentors". Mais la Culture est un excellent remède à beaucoup de maux.

Certes, il y a des sujets dans la société qui me touchent tellement que je ne vois pas, aujourd’hui, pas comment les traiter dans mes projets de manière mature et responsable. La pédophilie, l’inceste, l’intégrisme religieux (de quelque confession que ce soit) sont autant de sujets absents de mes désirs artistiques. Mais lorsque je serai prêt, qui sait, j’aborderai peut-être cela... ou pas !

Les martyres que nous garderons en mémoire n’ont pas eu envie de faire la prière Musulmane avant de passer dans l’au-delà. Nos morts à nous sont Laïcs et Républicains. En cela, les salopards ont totalement échoué. Ils n’ont pas bouleversé nos valeurs. Ils les ont renforcées. En tout cas pour l’instant.

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

3/ Parlons de tes projets, Après deux long métrages, tu es de retour avec un court métrage "Jeu de rôle". Pourquoi ce choix de format?

Un réalisateur qui ne tourne pas c’est comme un jockey sans cheval. Il se sent nul, inutile et frustré. A part des films d’entreprises ou des clips institutionnels, je n’ai rien tourné depuis Eject en 2010. Et j’étais en manque de raconter une histoire. Bien entendu, j’ai écrit pas mal de scénarios depuis 2010, des longs, des courts et des projets de séries TV, mais rien de réalisé. Donc avec un ami réalisateur, Bertrand Boutillier (qui est le monteur de tous mes courts métrages et d’Eject aussi), nous nous sommes lancés une sorte de pari : "Et si on faisait chacun un film avec les mêmes contraintes... Une journée de tournage, deux acteurs, le même matériel (lumière et caméra), le même nombre de collaborateurs (6 personnes, en incluant les acteurs) et surtout un budget de moins de 500 €..." Comme dans mes archives je n’avais rien de concrètement écrit qui rentre dans ce cahier des charges minimaliste, je me suis mis deriière mon ordi. Et c’est ainsi que deux heures plus tard j’avais la première version de Jeu de Rôle. C’est Hubert Chardot, mon vieux complice d’écriture (80% de tout ce que j’ai écrit, co scénariste de Wolfpack, Faux Départ, Lady Blood – et le scénario original c’était de la bombe) qui m’a glissé à l’oreille (facile pour lui, on était au téléphone) avant que je commence à écrire Jeu de Rôle "Un jeu d’échecs... la mort... bla bla bla... " Donc pour ça, et parce que je l’aime bien, outre le fait que je suis honnête, il a 10% de droits d’auteurs sur l’idée originale du scénario.

La version 2 est arrivée quelques jours plus tard, car comme d’habitude j’ai fait lire la version 1 et certains trucs n’étaient pas clairs. Donc zou !!! Au boulot pour préciser, couper, alléger, fluidifier le récit. Une balade avec un ami producteur dans les environs de chez moi m’a emmenée dans un lieu historique où les pierres de taille sont parsemées de graffitis, certains remontant à la 2e Guerre mondiale. Et hop ! J’en ai trouvé un que j’ai intégré au récit. D’ailleurs, j’ai même remodelé mon histoire pour raconter l’histoire de ce graffiti, et de celui qui l’avait fait. A ce moment-là, j’ai même failli appeler le film "Mémoire de nos pierres", en pensant au film d’Eastwood "Mémoire de nos pères", mais fort heureusement, faire un jeu de mots débile sur un sujet pareil ne m’a pas plu très longtemps !

La version 3 (la dernière, je dis ça à l’intention des lecteurs impatients) a été rédigée à 3 jours du tournage, pour des raisons essentiellement "pratiques", puisqu’à ce moment là je savais qui allaient interpréter mes personnages, quel serait mon (mes) décors(s) et de quelles ressources (humaines et matérielles) je disposerais...

4/ Comment t'es venue l'idée du scénario de "Jeu de rôle" ?

Je me suis rendu compte de deux choses qui me paraissent importantes. Et ce sont deux personnes très précises qui m’ont dit ça...

Il y a un an environ, j’ai déjeuné avec Jean-Hughes Anglade, un acteur que j’ai envie de qualifier de "sensible", et nous parlions de la difficulté de mettre en chantier des projets ambitieux. Il m’a dit : "Je sens l’ambition dans tous tes projets. Maintenant il faut que tu aies les moyens de tes ambitions."

Ensuite, j’ai rencontré il y a quelques mois une femme extraordinaire, elle aussi "sensible", qui m’a ramené à des pensées moins futiles que celles qui me préoccupaient jusque là. De ces belles personnes que l’on ne rencontre, finalement, que quand on est prêt à les recevoir avec sincérité, simplicité et évidence pour le coeur. Et bien ces deux-là m’ont permis de comprendre que pour avancer, il faut trouver son rythme, le tenir, surmonter les obstacles, corriger ses erreurs, et continuer.

Enfin, je suis tombé brutalement malade, et j’ai pour la première fois de ma vie eu peur de mourir. Bon, maintenant ça va mieux, j’ai été pris en charge par une équipe géniale et je suis sorti d’affaire. Mais pendant quelques semaines j’ai quand même bien flippé ma race !

Donc en appliquant tout ça dans mon métier, j’ai eu envie de raconter une histoire simple, facilement réalisable car faisable sans beaucoup de moyens, tout en restant très personnelle, et dont la portée serait universelle. Or, si la vie peut prendre chez chacun une tournure particulière, la mort est un principe qui met tout le monde sur le même plan d’égalité. J’ai donc très simplement eu l’idée d’un homme condamné qui va rencontrer une femme lui servant de "passeur" vers l’au delà. Le reste, le jeu d’échecs au centre du scénario, le graffiti qui ouvre et clôt le film, ce sont des trucs de scénariste pour placer des repères visuels au drame qui se joue entre mes deux personnages.

J’ai même failli appeler le film "Mémoire de nos pierres", en pensant au film d’Eastwood "Mémoire de nos pères", mais fort heureusement, faire un jeu de mots débile sur un sujet pareil ne m’a pas plu très longtemps !

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

5/ Pourquoi était-il important pour toi que cette histoire d’homme face à la mort ait lieu et soit causée pendant et par la guerre ?

La guerre est un évènement provoqué par les hommes. Elle cristalise les peurs, les doutes, les espoirs aussi de l’espèce humaine. La guerre est un formidable accelérateur des pulsions humaines. Je ne porte jamais de jugement moral sur les causes ou les conséquences de la guerre, dans mes histoires. J’utilise la guerre comme un contexte. Et dans ce contexte, mes personnages se débattent, autant qu’ils se combattent, pour atteindre leur destinée. Alors peut être par habitude (c’est pas nouveau, chez Hubert Chardot moi-même, de raconter des histoires situées dans ce contexte particulier), mais le fait d’ouvrir le film par des bruitages de guerre et de le clore par un graffiti réalisé en 1944, ça s’est imposé tout de suite.

6/ Ce film mélange fantastique et histoire. C‘est une sorte de mix de tes deux genres préférés, finalement ?

Oui, totalement. Après le tournage, j’ai montré une version du montage à ma fille de 16 ans (qui a vu tous mes films) et elle m’a dit : "Ben toi qui voulait sortir du genre après Eject, tu viens de refaire encore un film de mort-vivant !" Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Elle a raison. C’est un film de mort vivant, mais ce n’est pas un film de zombie.

Jules César disait que l’Histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Ce qui sous-entend que, par essence-même, on ne retient d’elle que ce qui favorise une partie de ceux qui la vivent, quand ça les arrange. On la réécrit de façon à plaire à une portion seulement de ses composantes. L’Histoire est par conséquent scénarisée. Donc en qualité de scénariste, je pioche dans l’Histoire parce qu’elle est un terreau dramaturgique formidable. Chacun son truc, mais ça c’est vrai, c’est le mien, et celui d’Hubert Chardot aussi.

Le fantastique, c’est lié à ma facination pour les "monstres", qu’ils soient réels – Hitler ou Staline sont appelés des monstres – ou imaginaires. Ensuite tu appliques simplement un des principes d’Alfred Hitchcock : tu places des gens ordinaires dans des situations extraordinaires et voili voilou...

7/ La photographie du film rend l'ambiance très intriguante et parfois onirique, avec quel matériel avez-vous tourné ?

L’histoire de Jeu de Rôle se situe sur 70 ans (1944 à maintenant) mais dans un lieu unique. Et comme j’ai tourné chez moi, je n’avais pas envie de foutre le bordel durablement dans mon salon. J’ai donc opté pour un plan-lumière très simple : un projo en hauteur pour donner l’impression d’une ouverture de type "fenêtre" et un feu de cheminée pour ramener de la lumière sur la face des acteurs. Au final, une mandarine de 800w, une feu de cheminée réél et une petite lampe torche pour maintenir un peu en diaph‘ quand le feu s’éteignait. C’est chiant les feux de cheminée. D’habitude on utilise de faux feux de cheminée alimentés au gaz, mais là on a fait dans le vrai de vrai.

J’ai utilisé une caméra BlackMagic 4K. Une machine très efficace dans des conditions de basse lumière. Et pour le coup, vu le peu de light que j’avais, ça tombait bien !

Comme tu le fais remarquer, je voulais en effet une lumière "onirique", c’est à dire non réaliste. Je souhaitais aussi que mon personnage masculin soit peu à peu touché par la lumière (le vieux cliché de la lumière quand on passe de vie à trépas). Tandis que la femme, qui incarne l’ange de la mort, est beaucoup plus dans la lumière, et cela dès le début du film.

Si la vie peut prendre chez chacun une tournure particulière, la mort est un principe qui met tout le monde sur le même plan d’égalité. J’ai donc très simplement eu l’idée d’un homme condamné qui va rencontrer une femme lui servant de "passeur" vers l’au delà.

Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

© Jean-Marc Vincent

8/ Etant donné qu'il n'y a que deux personnages, il fallait vraiment un acteur et une actrice qui soient complémentaires et avec une vraie présence à l'écran. Comment s'est passé le casting ? Comment en es-tu arrivé à penser à Laurent Zimmermann et Emilie Pommelet ?

La réussite d’un projet artistique consiste, bien souvent, comme disait Coluche "à arriver premier dans un concours de circonstances".

Pour Jeu de Rôle, je désirais découvrir de nouveaux acteurs, qui n’étaient pas dans ma bande habituelle. Et je voulais qu’ils soient, selon mes critères, différents mais complémentaires. Je voulais que l’homme soit "rugueux" (j’avais Scott Glenn" en tête en écrivant) et que la femme soit immédiatement "sublime".

J’avais croisé Laurent Zimmermann dans le courant de l’été, dans une soirée où des courts métrages étaient projetés. Quelques jours plus tard nous nous sommes revus et je lui avait dit qu’il avait une gueule qui m’intéressait. Bon, s’il avait été susceptible, il m’aurit foutu un pain dans la tronche. Donc il n’est pas susceptible ! Ha ha ! Et je sentais que peu ou prou, nous nous retrouverions sur un plateau. Mais je ne savais pas pour quoi et quand... Et Laurent est un comédien très demandé, mais il a accepté tout de suite le rôle quand je lui ai proposé le scénario de Jeu de Rôle. J’aime beaucoup Laurent. C’est un mec droit, très élégant, très cultivé et très précis dans ses questions quand elles concernent son personnage. Il faudrait lui demander son point de vue, mais je considère pour ma part que nous nous sommes plus tout de suite. Parce qu’il n’a jamais parlé de Jeu de Rôle comme d’un petit film ou d’un court métrage, mais juste d’un "film".

En ce qui concerne Emilie, je ne la connaissais pas du tout, mais Mickhael Ganouna, qui est un ami et mon producteur sur plusieurs projets de longs métrages à divers stades de développement, m’a montré sa photo en me disant : "Tu cherches quelqu’un de sublime, d’unique ? Qu’est-ce que tu penses d’elle ? "

Emilie, qui a une carrière très prenante de top-model, a elle aussi accepté tout de suite. On a fait une lecture du scénario, et puis on a calé la date de tournage. C’est aussi simple que ça.

Dès leur première rencontre, en voyant les yeux de Laurent briller quand il a aperçu Emilie, je me suis dit que c’était bien parti. Parce qu’il la regardait avec le mélange de surprise et de défi que je voulais pour son rôle. Et en écoutant Emilie parler avec mes mots, mes lignes de dialogues, je me suis dit que c’était gagné ! Parce qu’elle avait la tendresse mais aussi la fermeté que nécessitait son personnage.

Et voilà. Je n’ai pas cherché plus loin.

Au final, comme Mickhael Ganouna est venu me filer un coup de main sur le plateau (il a assuré pour la régie) et en échange de sa bonne volonté, le film sera exploité sous le nom de sa boîte de production "Amicalement Vôtre".

9/ Quand comptes-tu sortir "Jeu de rôle" et quelles sont tes ambitions pour ce film ?

Le montage image est terminé. Mickhael m’a dit en le voyant : "J’ai rien à dire ! C’est parfait !" Pourtant, c’est un producteur exigeant. Pareil pour Hubert, qui m’a confié avoir été ému par le film. Et d’autres rares spectateurs qui m’ont servi de tests m’ont confié avoir été surpris par le film, qui diffère de mes autres "bébés", mais tous ont été touchés par l’émotion qui s’en dégage. Il me reste deux étapes avant de considérer Jeu de Rôle terminé : le mixage de la bande son et de la musique (je vais revenir sur la musique) et l’étalonnage, pour harmoniser la lumière sur l’ensemble des 9 minutes et quelques de la durée. Ensuite, je vais l’envoyer en pré-sélection dans un maximum de festivals, en France et à l’étranger. Je vais aussi tenter de le vendre à une ou plusieurs chaînes de télévision. Ça serait top de le voir programmé à la télé ! Et puis on va organiser d’ici quelques semaines une projection dans une salle parisienne, mais je ne sais pas encore laquelle. Une chose est sûre, le film que Bertrand Boutillier a réalisé de son côté sera en double programme avec Jeu de Rôle.

Un petit point concernant la musique... François Bernaud, qui avait composée la musique d’Eject, faisait partie des personnes à qui j’avais envoyé le montage image de Jeu de Rôle. Et le film lui a tellement plu qu’il a décidé d’en écrire la musique, comme ça, spontanément. Un beau cadeau !

10/ Après cela, quels sont tes projets à venir ? Il y a quelques temps, tu avais un projet de long métrage qui s'appelait "C'est la vie", est-il en stand by ?

Jeu de Rôle m’a appris que rien ne pouvait m’empêcher de faire ce que je sais faire, c’est à dire écrire des histoires et les mettre en images. En ces temps où certains remettent en cause la Liberté d’Expression, je me pose en résistant. Et il ne s’agit ni d’intérêt personnel, ni d’argent. Mais Ecrire et Réaliser sont aussi mes métiers, et il faut bien que je gagne ma croûte. Donc je vais essayer de mettre en pratique ce que j’ai appris sur Jeu de Rôle (c’est à dire optimiser le manque de moyens financiers, par exemple) pour poursuivre ma carrière. J’ai très envie de faire du documentaire, en y mettant un "ton" un peu insolent (Desproges n’est jamais loin... Charlie Hebdo non plus...) même (et surtout) pour aborder des sujets sérieux. Et puis la fiction, bien entendu, mais à part pour un projet, qui est dans les starting-blocks, et qui était autrefois intitulé "C’est la Vie" (il se nomme désormais Mauvais Genre), je vais prendre le temps de me remettre à l’écriture. Le monde a changé en une semaine. Les enjeux ne sont plus les mêmes. Le discours, pour être compris, doit être compréhensible par son audience. Je ne vois pas l’intérêt, pour l’instant du moins, de faire des films qui feraient l’apologie de la violence, alors que l’heure est au rassemblement. Je ne me suis pas ramolli. Je ne me suis pas calmé. Bien au contraire ! Mais l’amour est toujours plus difficile à assumer et à défendre que la haine. Merci à toi, Sylvain.

© Bertrand Boutillier

© Bertrand Boutillier

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Commenter cet article