INTERVIEW : SCOTT SCHIRMER

Publié le 23 Juillet 2014

INTERVIEW : SCOTT SCHIRMER

Atypique, Scott Schirmer, l'est certainement. En effet, le réalisateur de l'excellent film "Found" ne faisait plus de cinéma depuis 5 ans avant de mettre en scène ce petit bijou horrifique. De plus, son goût pour les films d'horreur lui est venu sur le tard, lui qui ne trouvait que peu d’intérêt aux slashers de son enfance. Alors, comment en est-il arrivé à réaliser un des films d'horreur les plus marquants de l'année ? Réponse tout de suite et, bien sûr, plein d'infos croustillantes sur la genèse et le tournage de "Found".

Scott Schirmer is an atypical guy. Indeed, the director of the excellent movie "Found" did not movie since 2005 before he shooted this horror jewel. Morever, his taste for horror movies came late because he was'nt interested by slashers movies of his childhood. So, How did he come to do one of the most important horror movie of this year ? Answer right away and, of course, full of spicy information on the genesis and the shooting of "Found".

1/ Nous parlons de vous pour votre film « Found » mais vous aviez d’autres projets et travaux avant cela. Pouvez-vous nous parler de votre background ?

J’ai commencé à dessiner des diapositives de présentation et des films imagés quand j’étais en première année d’étude. C’était des petites histoires style « fantasy » que j’ai montré à ma classe et j’ai gagné quelques prix. A l’école secondaire, j’ai fait mon premier court métrage en live sur une cassette VHS et j’ai continué sur cassette au lycée. J’ai fait une poignée de films pour une classe d’art-vidéo, qui m’a beaucoup inspiré, à l’université de l’Indiana. J’ai aussi pris un cours de cinéma 16mm ou j’ai appris que le film n’était pas le média qui me convenait. Autant j’aime la qualité d’un film, autant je trouve ça très cher et très difficile à travailler. A la fin des années 90, je me suis associé avec Dan Dixon (qui a créé UniverseSandbox.com) et nous avons passé une paire d’années à travailler sur un film d’animation ambitieux appelé Darwest, qui est finalement tombé à l’eau et que nous n’avons jamais terminé mais vous pouvez jeter un œil à ce que nous avons fait sur darwest.com. Ensuite Dan et moi avons décidé de faire un film « live » tous les deux. Nous avons réalisé quelques drames : Un court métrage d’une demi-heure appelé « Three animals », un plus long et un plus court appelé « Boy in the making ». Ils étaient tous les deux d’actualité. Dan a ensuite été plus intéressé dans la programmation et les jeux vidéo et j’en suis arrivé à faire un film d’horreur, par moi-même, en 2002. Cela s’appelait « House of Hope » et c’était mon premier vrai film alors j’en suis vraiment fier. Pourtant, c’est un film de seulement une heure et je n’ai jamais rien fait avec ce film car j’ai toujours été très dur envers mon propre travail – Les gens me disent ça et je suis d’accord avec eux. J’ai fait un beaucoup  de choses après « House of Hope » mais cela commençait à être vraiment compliqué alors j’ai arrêté de faire des films entre 2005 et 2010. Les cameras Canon DSLR m’ont vraiment aidé à revenir dans la réalisation de films car je détestais le look des VHS et des mini-DV. J’ai retrouvé Arthur Cullipher et Damien Wesner, avec qui j’avais travaillé sur « House of Hope », et j’ai aussi rencontré Leya Taylor et Shane Beasley et nous avons travaillé ensemble pour réaliser « Found » en 2011. Maintenant, je suis heureux de dire que je me suis vraiment remis en selle, plus en forme que jamais, et je suis prêt à faire plein d’autres films.

1/ We talk about you for your movie « Found » but you had other projects and work before. Can you tell us your background?

 I started out drawing slide presentations and filmstrips when I was in grade-school – little fantasy stories that I would show my class, and they won some awards. Then in high school, I made my first live-action short on VHS videotape, and I continued on videotape in college. I made a handful of short videos for a ‘video art’ class that really inspired me at Indiana University. I also took a 16mm film course, where I learned film was not the medium for me. As much as I love the quality of film, it’s very expensive and very tricky to work with. In the late 90s I partnered up with Dan Dixon (who has gone on to create UniverseSandbox.com!), and we spent a couple of years working on an ambitious animated film called DarWest, which eventually fell apart and never got finished, but you can see what we were going for at darwest.com. Then Dan and I decided to do live-action together. We made a few dramas – a half-hour short called Three Animals, One Stuffed, and a longer short called Boy in the Making. They were both topical. He then became more interested in video games and programming, and I went on to make a horror film on my own in early 2002. That was called House of Hope, and it was really the first movie I ever made that I was mostly pretty proud of. It’s only an hour long, and I never did anything with it. I’ve always been very hard on my own stuff – people tell me that, and I agree with them. I made a few more things after House of Hope, but it started to become a real challenge, so I quit making movies from 2005 to 2010. Canon’s DSLR cameras really helped to entice me back into filmmaking, because I hated the look of VHS and mini-DV. I reunited with Arthur Cullipher and Damien Wesner, who both worked on House of Hope, and also met Leya Taylor and Shane Beasley, and we all worked together to shoot Found in 2011. And now I’m happy to say I’m very much back in the saddle, doing better than ever, and ready to make a whole bunch more movies.

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2/ « Found » est un superbe film d’horreur. Qu’aimez-vous dans les films d’horreur ?

Je n’ai jamais aimé les films d’horreur lorsque j’étais enfant mais c’est principalement car tous les films d’horreur dans les années 80 étaient des slashers movies. Ça ne plaisait pas jusqu’à ce que j’arrive au lycée et que je rencontre de bons amis qui m’on fait découvrir comment l’horreur pouvait être superbe et provocante.  « Massacre à la tronçonneuse » est vraiment le film qui m’a bluffé et c’est encore le cas maintenant. J’aime la façon dont un film d’horreur peut vous emmener dans une montagne russe émotionnelle implacable et vous couper le souffle à la fin. C’est ce que « Massacre » m’a fait comme sensations. L’horreur se prête aussi beaucoup à l’interprétation créative ou poétique. Les cinéastes peuvent vraiment montrer ce qu’ils veulent avec l’horreur et aussi avec le fantastique et la science-fiction. De plus, les scenarii dramatiques m’ennuient un peu. Les comédies romantiques m’ennuient. Dans l’horreur et la science-fiction, vous pouvez explorer les grandes questions de la condition humaine, là d’où nous venons, qu’est ce qu’être humain signifie, est-on juste cet amas d’os et d’organes ou est on plus que ça ? Pourquoi blessons-nous les gens ? Quelle est la relation entre le sexe et la mort, entre les hommes et les femmes ? Ces choses me fascinent et l’horreur vous permet, plus que n’importe quel autre genre, de plonger dans le vif du sujet. Beaucoup de gens ont un réel mépris pour l’horreur mais je pense que si cela vous met mal à l’aise, c’est qu’il y a surement quelque chose à explorer ou une leçon à en tirer.

2/ “Found” is an incredible horror movie. What do you like in horror movies?

I never liked horror movies as a kid, but that’s really because all the horror movies in the 80s were slasher movies. It wasn’t until I got to college and met the right friends that I discovered how wonderful and provocative horror can be. The Texas Chain Saw Massacre is really the one blew me away, and still does! I like the way a horror movie can take you on a relentless emotional rollercoaster and leave you breathless at the end – that’s what Chain Saw does for me. Horror also lends itself so much to creative or poetic interpretation. Filmmakers can really show their stuff in horror – fantasy and sci-fi, too. Plus, everyday dramatic scenarios kinda bore me. Romantic comedies bore me. In horror and sci-fi, you can explore the greater questions of the human condition – where did we come from, what does it mean to be human, are we just this vessel of bones and organs or are we more? Why do we hurt people? What is the relationship between sex and death, men and women? These things fascinate me, and horror really allows you – more than any other genre – to dive right into the meat of the matter. A lot of people have such disdain for horror, but I think if it makes you feel uncomfortable, it’s probably something worth exploring and learning from.

3/ « Found » est basé sur un roman. Comment l’avez-vous découvert et quelles ont été vos motivations pour en faire un film ?

J’ai découvert “Found » lorsque je travaillais à la maison d’édition dans laquelle l’auteur, Todd Rigney, publiait ce livre.  Quand j’ai commencé à lire ce livre, je ne pouvais plus le lâcher. J’ai apprécié l’angle de l’intimidation, l’homophobie, le truc un peu bidon de la religion et plus que tout ça, j’ai vraiment ressenti une empathie envers le personnage principal, Marty. Todd a vraiment créer une étude de caractère terrifiante avec ce livre et Marty est si isolé, seul et condamné que ça m’a touché personnellement. Je me suis senti aussi mal pour son grand frère, Steve. Même si Steve tue des gens, je pense qu’il est juste très malade et peut être qu’il a lui aussi été isolé et seul pendant trop longtemps, et c’est pourquoi il a dévié de la voix qu’il aurait du emprunté. Ces tentatives d’avoir une relation fraternelle avec Marty sont navrantes et m’ont brisé le cœur.  C’est un monstre qui essaie d’être humain. Et c’est ce que ressentent beaucoup de jeunes hommes pendant l’adolescence.  Ils deviennent si intimidés, si fatigués, si surveillés, si émotionnellement indisponibles, si terribles et si honteux qu’ils se changent en monstre. C’est le message du livre, pour moi. Et c’est ce que je voulais essayer de transmettre à travers le film.

3/ “Found” is based on a novel. How did you discover it and what are your motivations to make it on movie?

I discovered Found working at the publishing company where the author, Todd Rigney, published it. When I started reading it, I couldn’t put it down. I related with the bullying angle, the homophobia, the phoney-baloney religious stuff, and more than anything, I just really felt for the main character, Marty. Todd really created a terrific character study with that book, and Marty is so isolated, alone, and doomed, my heart just went out to him. I also felt bad for his older brother, Steve. Even though Steve kills people, I think he’s really just very sick inside, and that perhaps he, too, was isolated and alone for too long – and that’s why he turned out the way he did. His attempts to have a relationship with Marty are heartbreaking to me. He’s a monster who is still trying to be human. And that’s how I feel a lot of young men become during adolescence. They become so bullied, so jaded, so guarded, so emotionally unavailable, so fearful and so ashamed, that they turn into monsters.  That’s the message of the book, for me. And that’s what I wanted to try and convey with the movie.

 

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4/ Vous aviez un petit budget mais le film a une belle esthétique. Comment avez-vous obtenu cette très bonne qualité technique avec ce petit budget ?

La chose principale qui m’a aide à augmenter la qualité de notre film est la technologie Canon DSLR. Nous n’avions pas les moyens de louer un matériel couteux mais la gamme EOS de canon sont abordables et incroyables. Mais avoir seulement des gadgets ne fait pas un bon film pour autant. Vous devez également bien éclairer votre film et avoir une bonne qualité de son. Ce sont les signes révélateurs du cinéma amateur : une qualité audio médiocre et un éclairage plat. Alors nous avons travaillé sur ces deux points et nous étions déterminés à améliorer notre façon de faire à chaque projet. Aussi, Arthur et Shane sont des artistes exceptionnels niveau effets spéciaux. Je suis chanceux de les avoir comme amis car je connais beaucoup de réalisateurs qui n’ont pas cette chance.


4/ You had a small budget but the movie has a good appearance. How did you do to have this great technical quality with this little budget?

The main thing that helped elevate the quality of our film is Canon’s DSLR technology. We couldn’t afford to rent an expensive camera, but Canon’s EOS line are affordable and incredible. But just having gadgets doesn’t make a good movie. You also have to light your movie well, and you have to record good sound. Those are the tell-tale signs of amateur filmmaking – poor audio quality and flat lighting. So we worked on both those quite a bit and we’re determined to step up our game with each successive project. Also, Arthur and Shane are great special effects artists. I am lucky to have them as friends, because I know a lot of filmmakers do not have that great fortune.


5/ Le film fait référence aux années 80. Qu’aimez-vous dans cette période ?

J’ai grandi dans les années 80 alors je suis très nostalgique de cette époque. Les films, émissions télé, musique et culture ont tous influencés les enfants des 80’s et j’ai tout assimilé. C’était aussi la décennie pour la science-fiction, l’horreur, la fantasy. Rien que l’année 82, regardez juste cette année là !  C’était aussi une époque avant l’arrivée des ordinateurs et des effets numériques. Tout était fait à la main, avec une qualité tangible. Les plateaux et les créatures étaient vrais, vous pouviez les toucher. Ce n’était pas des pixels dans un ordinateur. Je ne veux pas minimiser l’importance artistes qui travaillent sur ordinateur mais je n’ai pas la même relation avec les pixels qu’avec la mousse, le latex ou n’importe quoi d’autre. Les années 80 étaient aussi le temps de la découverte. La VHS était relativement nouvelle et les fans d’horreur découvraient des classiques et des films cultes en masse puis parlaient à leurs amis de ce qu’ils avaient vus. Il n’y avait pas internet alors devenir un fan d’horreur ce faisait petit à petit, c’était une approche plus personnelle. En fin de compte, les années 80 et le début des années 90 semblaient une bonne période,  pour diverses raisons, pour le film. A chaque fois que c’était possible, nous avons essayé de rester dans le laps de temps de cette époque.
 

5/ the film refer to the 80's. What do you like in this period?

I grew up in the 80s so I’m very nostalgic for it. The movies, TV shows, music, and culture were all geared toward kids in the 80s, and I just lapped it all up. It was also the decade for sci-fi/horror/fantasy. 1982 alone – just look at that year! It was also a time before computer-generated effects. Everything still had a hand-made, tangible quality to it. Sets and creatures were real – you could touch them. They weren’t pixels in a computer. I don’t mean to downplay the significance of computer artists, but I don’t relate with pixels the same way I do foam, latex, or whatever. The 80s were also a time of discovery. VHS was relatively new and horror fans were unearthing classic films and cult films en masse, and telling all their friends about what they saw. There was no internet, so being a horror fan was more one-on-one, more personal. Ultimately, the 80s and early 90s just felt right for the movie for a few different reasons, so wherever possible, we tried to stick to that time frame.
 

6/ C’est un film très psychologique avec une importance essentielle pour les personnages, et finalement, les seules scènes gores sont pendant un film dans le film (« Headless »). Quelles étaient vos intentions en faisant cela ?

J’ai juste essayé d’être le plus fidèle possible au livre parce que lorsque j’ai fini de le lire, je l’ai immédiatement aimé. Je ne voulais pas modifié ou salir la façon dont Todd avait écrit cette histoire. Mais, au-delà de ça, je pense que cela aide que le gore soit placé dans une vidéo crade ou un slasher. C’est plus agréable de voir ce genre de choses si vous savez que c’est faux, et « Headless » est, sans aucun doute, faux. Cela permet aussi, aux spectateurs, d’utiliser leur imagination, plus tard dans le film, lorsque des choses horribles arrivent aux personnages de « Found ». C’est une chose de voir ces choses horribles faites aux personnages de « Headless » mais c’est autre chose de les voir sur des personnages bien développés que vous avez vraiment appris à connaître, comme la famille de « Found ». Et après avoir vu ce qu’il se passait dans « Headless », il est assez facile d’imaginer ce qu’il se passe vers la fin du film, en hors champs.


6/ this is a very psychological movie with an importance for the characters, and, finally, the only gore scenes are during a movie in the movie (Headless). What were your intentions to doing this?

 I was really just trying to be as faithful to the book as possible, because when I finished reading the book, I immediately loved it. I didn’t want to mess with the way Todd constructed this story. But beyond that, I think it helps that the gore is relegated to a ‘video nasty’ or a ‘slasher film’. It’s more palatable to see that kind of thing if you know it’s fake – and “Headless” is certainly fake. It also allows people to use their imaginations later one, when such horrible things are happening to our characters in Found. It is one thing to see horrible things done to generic characters in a movie like “Headless,” but it’s something else to see them done to well-developed characters that you have really gotten to know, like the family in Found – so we didn’t want to hurt the viewer too badly. And after seeing the things you see in “Headless,” it’s pretty easy to imagine what is happening toward the end of the movie, off-screen.

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7/ Même si nous comprenons les causes racines des problèmes du grand frère de Marty, il y a tout de même une connexion entre ses actions et le film « Headless ». Pensez-vous que les films d’horreur puissent pousser des personnes à commettre des crimes ?

Je pense que tout le monde est capable de faire énormément de mal et nous n’avons pas besoin de blâmer les films, la musique ou les médias pour se dédouaner de notre propre partie sombre. Je pense que c’est la voix la plus facile d’attribuer les mauvais comportements à la culture populaire. Aucun film, livre ou œuvre de pop culture n’est vraiment capable de faire faire de mauvaises choses à quelqu’un. Il y aura toujours des gens impressionnables et simples d’esprits ici-bas, mais nous ne devrions pas castrer notre créativité juste pour parer aux caprices de quelques malades. La vérité est que ces personnes vont faire de mauvaises choses, quoiqu’il arrive. C’est ridicule de blâmer la culture pop ou l’art pour ces phénomènes. Il y a une classification par âge pour de bonnes raisons et les parents ou les tuteurs doivent se sentir obligé de faire attention à cela et de savoir si leur enfant est capable ou non de voir certains divertissements.


7/ While we understand the root causes of the problem of Marty’s big brother, there is still a connection between his actions and the film “Headless”. Do you think horror movies can push people to do crimes?

I think all people are capable of tremendous evil, and we don’t need to blame movies, music, or the media for our own dark undercurrents. I think it’s way too easy to attribute bad behavior to popular culture. No film, book, or piece of pop culture is truly capable of making people do bad things. There will always be simple-minded or impressionable people out there, but we shouldn’t castrate ourselves creatively just to ward against the whims of a few sick people. The truth is, those people are going to do bad things anyway. It’s ridiculous to blame popular culture or art for this phenomenon. There’s a ratings board for a good reason, and parents and guardians should feel obligated to pay attention to it and recognize whether or not their child is capable of handling certain entertainment.

 

8/ “Found” est un film d’horreur mais c’est aussi un film à propos de l’adolescence et des relations familiales comme dans les films de Larry Clark. Etais-ce une influence pour vous ?

J’ai vu “Kids” et “Bully” mais je ne suis pas très familier avec les films de Larry Clark. Je pense que “Ordinary people” était plus influent, subtilement au moins. Les parents, dans les deux films, sont un peu obtus et inconscients, ils ont même peur de reconnaitre qu’il y a des problèmes dans leur famille. C’est ainsi que des monstres comme Steve sont nés, lorsque les gens refusent de voir ce qu’il y a sous la surface. Autrement, j’ai toujours trouvé que les histories ou les films sur le passage à l’âge adulte qui ont lieu dans les lycées ou les collèges sont les plus intéressantes. C’est une période ou nous formons notre identité. Nous sommes impressionnables, plus capable d’être blessés. Nous sentons plus les choses quand nous sommes jeunes, peut être. Des décisions, qui affectent le reste de notre vie, sont prises. Les premiers amours, les premières trahisons. C’est un enfer et une période dramatique de nos vies.

8/ “Found” is an horror movie but it’s also a movie about teenagers and family relationships as in the Larry Clark’s movies. Is it an influence for you or not?

I’ve seen “Kids” and “Bully,” but am not really too familiar with Larry Clark’s movies. I think “Ordinary People” was more influential, subtly at least. The parents in both movies are kinda obtuse or oblivious, afraid to even acknowledge that there’s a problem in their families. That’s how monsters like Steve are born, though – when people refuse to look beneath the surface. Other than that, I have always found coming-of-age stories and movies that take place in high school or college to be among the most interesting to me. It’s when we are all forming our identities. We’re impressionable, more capable of being hurt. We feel things more when we’re young, maybe. Decisions are made that affect the rest of our lives. First loves. First betrayals. It’s a hell of a dramatic time in life.

9/ La scène d’ouverture nous montre directement la découverte de Marty. Pourquoi avoir décidé de révéler cela directement et de ne pas installer les personnages avant ?

Premièrement car c’est ce qu’il y a dans le livre. Le première ligne du livre est la même que celle du film : “Mon frère garde une tête humaine dans son placard ». Vous êtes instantanément aspiré dans le livre et je voulais que le film ait la même qualité. Aussi, je pense que la narration du film est vraiment évolutive. C’est peut être pour le meilleur ou peut être pour le pire mais la boucle narrative est présenté de plus en plus tôt dans l’acte un, peut-être car nous sommes de plus en plus une société qui souffre de déficit de l’attention. Mais quand vous pouvez jeter cet élément, là, tout de suite, pourquoi ne pas le faire ? Vous pouvez apprendre à connaître les personnages dans le cadre de cette révélation et éviter la timidité de l’exposition. Cela fonctionne certainement pour « Found », sans aucun doute.

9/ The opening scene shows us directly the discovery of Marty. Why did you decide to reveal it right away and have not installed the characters before?

Primarily because that’s how it is in the book. The first line in the book is the same as in the movie – “My brother keeps a human head in his closet.” You are instantly sucked in, and I wanted the movie to have that same quality. Also, I think narrative feature film storytelling is really evolving. It might be for better or it might be for worse, but the narrative ‘hook’ is presenting itself earlier and earlier in Act One, perhaps because we are becoming more and more an ‘attention deficit’ society. But when you can throw the hook out there right away, hell, why not do it? You can get to know the characters within context of that narrative hook and avoid the coyness of exposition. It certainly works for Found, anyway.

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10/ Quelles ont été les scènes les plus difficiles à tourner ?

Honnêtement, la scène la plus difficile à réaliser est celle entre Marty et son ami David, lorsqu’ils regardent “Headless” et, immédiatement, après cela, lorsque Marty montre à David la tête de son camarade de classe.  Je sais que ça ne paraît pas spécialement horrible, Je veux dire, ce n’était pas « Abyss » ou quelque chose comme ça, mais tourner avec deux personnes de 12 ans dans une chaude et étouffante chambre pour… 3 jours ? était absolument horrible. C’est notre scène du « conseil d’Elrond », vous voyez ? (NDLR : Référence au “Seigneur des Anneaux”). C’est une surenchère. C’était très difficile pour les garcons et ils avaient des problemes pour baisser leur garde et se laisser aller, l’un en face de l’autre, je pense. Nous avons fini par les séparer et un des adultes de l’équipe lisait le texte, hors de l’écran, pour un des garçons. Chaque garçon a donné une performance infiniment meilleure avec un adulte.  Je pense que les garçons, à cet âge là, sont programmés pour ne montrer aucune faiblesse. Nous n’étions qu’à la moitié du tournage et tout le monde était si fatigué. C’était le pire moment pour moi. Essayer de survivre à la chaleur et au manque d’air de cette pièce, l’agitation de deux personnes de douze ans, et l’épuisement d’à peu près toute l’équipe.


10/ What were the most difficult scenes to shoot?

 Honestly, the hardest scenes to shoot were between Marty and his friend David, while they watched “Headless” and then immediately after that, when Marty shows David the severed head of a classmate. I know it doesn’t sound particularly awful – I mean, it wasn’t “The Abyss” or anything like that – but shooting with two 12-year-olds in a really hot, stuffy bedroom for like... 3 days?  was absolutely dreadful. It’s our ‘Council of Elrond’ scene, you know? The one that goes on and on and on and on. It was challenging material for the boys, and they were having problems letting their guard down in front of each other, I think. So we ended up separating them and one of the adult crew members would read the lines for whichever boy was off-screen. Each boy gave an infinitely better performance with an adult. I think it just has something to do with boys at that age, and being programmed not show any weakness. And it was half-way through the shoot and everyone was just so tired at that point. So that was the worst part for me. Trying to survive the heat and stuffiness of that room, the restlessness of two twelve-year-olds, and exhaustion from pretty much the entire crew.
 

11/ Le casting est très bon. Je pense qu’il a dû être difficile, par moment, d’expliquer les passages difficile du film aux jeunes acteurs, était-ce le cas ?

Pas vraiment.  Les enfants sont beaucoup plus sages que ce que l’on peut dire la plupart du temps. Gavin Brown, qui joue Marty, était, et est toujours, un enfant très précoce. Il a eu des expériences que d’autres enfants n’ont pas eu à traiter et il a la tête sur les épaules pour différencier la réalité de la fiction. Quand il est bâillonné et attaché au lit, dans le film, il a vécu le plus beau moment de sa vie. Sérieusement.  Nous avons eu un grand sens de l’humour sur la globalité du film, ce qui est la meilleure approche à avoir, en coulisses, je pense. Si la vie imitait l’art sur le plateau, je ne pense pas que je voudrais faire d’autres films d’horreur, vous voyez ?


11/ the casting is very good. I think, it was difficult sometimes to explain the hard things of the movie to young actors, isn’t it? 

Not really. Kids are a lot wiser than we give them credit a lot of times. Gavin Brown, who plays Marty, was and still is, a very precocious kid. He’s had experiences other kids haven’t had to deal with and had a really good head on his shoulders where the whole reality vs. fiction thing is concerned. When he’s ball-gagged and tied to the bed in the movie, he was having the time of his life. Seriously. We all had a great sense of humor about the whole thing, which is the best way to approach it behind the scenes, I think. If life imitated art on the set, I don’t think I would want to make horror movies anymore, you know?

12/ Une campagne de crowd funding est en cours pour financer le film “Headless”. Pourquoi avez-vous décidé de faire ce film ? (L'interview a été faite avant la fin de la campagne).

Quand nous avons projeté “Found” dans les festivals et discutés avec les spectateurs, il est devenu clair pour nous que beaucoup de gens voulaient voir une version long métrage de “Headless”. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire « Headless », la petite parti que vous voyez dans “Found” mais je ne sentais pas que c’était la bonne voie pour moi de faire ce film après « Found ». J’ai donc demandé à mon ami Arthur Cullipher s’il serait intéressé pour le réaliser car il y aura beaucoup d’effets intenses et c’est un artiste spécialiste en effets spéciaux. Et aussi car c’était un fan d’horreur depuis plus longtemps que moi et il a vu plus de films d’horreur, underground et occultes que moi et il se plait dans les sujets subversifs. Il est parfait pour « Headless ». Donc, Kara Erdel et moi produisons « Headless » et Nathan Erdel est à l’écriture, Leya Taylor à la photographie and Shane Beasley revient pour jouer le tueur. Je suis impatient de voir la folie se dérouler.

12/ A crowd funding campaign is in progress to finance the movie “Headless”. Why did you decide to do this movie? (The interview was done before the end of the campaign)

As we took “Found” around to festivals and talked with audiences, it became clear to us that a lot of people really wanted to see a feature-length version of “Headless”. I had a lot of fun making “Headless” – the short bit of it that you see in “Found,” but it didn’t feel like the right way for me to follow-up “Found.” So I asked my good friend Arthur Cullipher if he’d be interested in directing it because it’s going to be effects-intensive, and he’s a special effects artist. And also because he’s been a horror fan much longer than I have been, and he’s seen more horror, underground, and occult films than I have, and he revels in subversive subject matter. He’s perfect for “Headless.” So I and Kara Erdel are producing “Headless” while Nathan Erdel writes, Leya Taylor photographs, and Shane Beasley returns to play the Killer. I’m looking forward to watching the madness unfold.

13/ Quels sont vos prochains projets ?

Je travaille avec Jennifer Blanc-Biehn, Michael Biehn et Lony Ruhmann, qui sont producteurs executives d’une anthologie appelé « Hellevator Man ». J’ai co-écrit et je dirige un segment de ce film cet été. Beaucoup de sang sera versé. Damien et Amy Wesner produisent ce sur quoi j’ai mon attention pour le moment : « Headless ». Je suis aussi à mi-chemin de l’écriture d’un projet que j’espère réaliser en 2015, un film plus léger, une sorte de film plus fun. Je voudrais aussi réaliser ma prochaine collaboration avec Todd Rigney en 2015. Nous avons beaucoup parlé à ce propos et l’un de nous, ou les deux, va craquer pour ce script car c’est parti pour être formidable. C’est hardcore et nous n’avons jamais vu quelque chose comme ça. Alors, si tout va bien, j’espère faire quelque chose de lumineux, fantasmagorique, doux et amusant et plonger une nouvelle fois dans la piscine de folie de Todd Rigney. Mon ami de longue date, Heidi Henderson, travaille aussi sur un scénario, quelque chose de sombre et de romantique mais avec un sens de l’humour. Et Damien est actuellement entrain de travailler sur un script d’un bon film de monstre à l’ancienne que nous espérons réaliser l’année prochaine ou la suivante. Et il y a plus. J’ai envie de faire des films toute ma vie et je veux faire tellement de films. J’ai passé l’année précédente a essayé de planter des graines sur plusieurs différents projets juste au cas où « Found » obtienne une certaine attention. Avec un peu de chance, tous ces films verront le jour. Croisez les doigts pour moi !

13/ What are your next projects?

I am working with Jennifer Blanc-Biehn, Michael Biehn, and Lony Ruhmann, who are executive producing an anthology flick called “Hellevator Man.” I’ve co-written and am directing a segment of that movie this summer. Much blood will be shed. Damien and Amy Wesner are producing that while I focus on “Headless” right now. I’m also half-way through writing a script I hope to direct in 2015 – a lighter, more fun kind of movie. I would also love to shoot my next collaboration with Todd Rigney in 2015. We’ve talked a lot about it, and before long one or both of us is going to crack into that script, because it’s going to be amazing. Todd has captured another lightning bolt in a bottle as far as I’m concerned, and I just have to direct that movie. It’s hard core, and we’ve never seen anything like it. So if all goes well, I hope to direct something light, spooky, sweet, and fun, and then dive back into that glorious Todd Rigney pool of sick again. My long-time friend Heidi Henderson is working on a screenplay, too – something dark and romantic, but with a wicked sense of humor. And Damien is actually working on a good old-fashioned monster movie script that we hope to shoot in the next year or two. And there’s more. I’ve wanted to do this all my life, and I want to make so many movies. I’ve spent the last year trying to plant the seeds of many different projects just in case “Found” got some attention. With luck, all these movies will see the light of day. Cross your fingers for me!

 

Merci Scott.

Thank you Scott.

INTERVIEW : SCOTT SCHIRMER

Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

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