Publié le 7 Avril 2016

Après avoir co-réalisé le cultissime "Atomik Circus" avec son frère Didier et la seconde partie de l'excellent "Goal of the Dead", Thierry Poiraud nous revient avec son nouveau film "Alone" qu'il a réalisé en solo. Fini la rigolade, place au premier degré avec toujours autant de réussite. Laissez vous emporter par le film (en VOD depuis le 1er avril 2016 et en DVD/Bluray le 8 avril 2016) et par cet entretien. (Retrouvez ma chonique du film sur horreur.com).

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

1/ C’est aujourd’hui que sort « Alone » en VOD, comment-vous sentez-vous ?

Je me sens plutôt bien et serein. Par rapport à une sortie au cinéma, une sortie en VOD c’est sur la longueur. C’est moins violent qu’une sortie du mercredi en salles ou tu sais au bout de deux heures que ton film ne sera plus à l’affiche le weekend suivant. Là, on verra aujourd’hui, puis dans une semaine, puis dans quelques mois. C’est plus doux.

2/ Vous avez quand même fait des projections publics…

Oui, à Hallucinations Collectives, au PIFFF… La première a été projeté au BFI en Angleterre, à Londres. Même si je dis que c’est plus doux, c’est quand même un film que j’ai fait pour le cinéma, en grand, en large, en scope avec des grands décors. Comme c’est un film d’atmosphère, tu le découvres mieux au cinéma. Entre le cinéma et la VOD, pour certains films, c’est beaucoup moins évident de voir la différence. Là, le son, les paysages énormes, c’est un grand film mais qui sort sur le petit écran. Y’a des plans larges, des décors, ces enfants au milieu de nulle part. C’était vraiment fait pour le cinéma.

3/ Vous n’étiez pas trop déçu de ne pas le sortir sur grand écran ?

Si, forcément, t’es toujours un peu déçu. Je me suis battu pour mettre le film au point, je me suis battu pour avoir l’argent, on s’est battu avec mon producteur Jérôme, pour le faire et au final, tu te bats à nouveau à la fin pour le distribuer. On était content que le distributeur le prenne, en VOD, pour que le film puisse sortir du bois et qu’on arrive à en parler.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

4/ Le film a eu le prix du public au PIFFF et semble avoir été bien accueilli lors des projections en salle. Quel a été votre ressenti ?

On a eu de très bons retours en festival, les gens posent plein de questions… C’est marrant car il y a beaucoup de retours du public féminin, ce qui est plus rare pour les films de genre ou d’horreur. Elles ont peut être appréciées car le héros est plutôt mignon ! Puis, le sujet lui-même…

5/ C’est peut être aussi car les personnages sont bien caractérisés, attachants…

C’est ça, il y a une sensibilité, des personnages développés… On a eu vraiment de bons retours du public. Beaucoup de questions, les gens posent beaucoup de questions… Peut être pas résolues mais y’a plein de questions.

6/ C’est vrai que c’est un film assez intriguant et il reste assez ouvert sur les questions qu’il pose notamment sur les raisons qui font qu’on passe à l’âge adulte.

Oui, ça, c’est une vraie volonté du scénario. On n’avait pas la prétention, Marie, ma scénariste et moi, de résoudre cette question philosophique : « qu’est ce que l’âge adulte ? ». Le système a décidé que l’on devenait adulte à tel âge, pour telle ou telle raison mais le passage est très flou alors on a décidé qu’il y avait une barrière. On a pris une décision par rapport au scénario mais après c’était marrant d’en jouer et de se poser des questions. On avait notre point de vue sur ce passage à l’adulte mais chacun doit se faire sa propre réponse.

7/ Ce passage à l’âge à l’adulte c’est plutôt une maturité qu’on trouve…

Oui, une maturité qu’on trouve, qu’on cherche et qui va d’autant plus vite car les personnages sont eux-mêmes dans une situation qui les poussent à prendre des décisions, à faire des choix et qui les poussent à devenir responsables. Il faut qu’ils partent avant de devenir adultes, ils ont trois jours mais tout est fait pour qu’ils deviennent adultes, ils sont entourés d’horreur.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

8/ Au niveau du scénario, vous avez collaboré à l’écriture ?

Oui. C’est Marie qui est ma scénariste. Elle travaille avec moi depuis quinze ans maintenant. Elle était déjà intervenue sur « Atomik Circus ». J’ai écrit d’autres scénarios avec elle. Elle est revenue sur « Goal of the dead » pour réécrire la version finale et tous les dialogues. On avait aussi écrit « Don’t grow up ». On a vraiment un partenariat. Moi, je suis réalisateur donc j’aime bien raconter des histoires, je lui dis ce que j’aimerai raconter et elle écrit ensuite.

9/ L’idée de base, c’est vous qui l’aviez trouvé ?

On l’a trouvé ensemble. J’avais vraiment envie de travailler sur un film d’ados mais il n’y avait pas vraiment de thème fantastique, c’est venu petit à petit. Le thème de l’infection est venu car on ne voulait travailler qu’avec des ados, on voulait se débarrasser des adultes. On se disait : ils sont tous disparus ou ils sont tous morts et on en est arrivé à cette infection qui ne toucherait que les adultes. Une fois qu’on a trouvé cette idée, le fil de l’histoire est arrivé. On avait notre histoire à raconter.

10/ Dans le film, on ne sait pas quels ados vont être infectés, cela a été difficile pour vous de trouver les situations justes pour faire basculer tel ou tel héros du côté adulte ?

En fait, on avait écrit tous les personnages au début et on a traité leurs cas dans l’ordre. On s’est dit, si untel s’occupe d’untel, s’il y a des sentiments, s’il est amoureux alors il va se transformer plus vite. C’était parfois dur car, des personnages qu’on aimait bien y passaient finalement vite, de par leur caractère, mais l’histoire voulait ça. On a mis le contexte, on a pris nos personnages et après l’histoire nous disait que c’était tel personnage qui allait y passer. On ne voulait peut être pas spécialement mais il fallait tenir la rigueur de notre histoire et de notre concept.

11/ Ce qui est difficile pour le spectateur est que faire le bien peut aussi entrainer à des choix qui font grandir plus vite les personnages et donc qui les transforment.

Oui mais on n’a pas fait ça dans le but d’une punition, ou d’une sanction judéo-chrétienne ! Pour moi, c’était juste que le passage à l’âge adulte est comme une petite mort, comme la fin de l’enfance donc ils mourraient. C’est une fable donc on la pousse à fond et c’est violent mais ce n’est pas une mort pour une mort, ça ne veut pas dire que quand on devient adulte, on ne devient plus rien. Mais comme on est du point de vue de ces enfants et bien quand tu deviens adulte, tu disparais.

12/ Certains vont devenir plus violents, d’autres vont en tirer quelque chose de bénéfique mais tous peuvent se transformer, c’est ça qui est intéressant…

Oui, on a ouvert une boite de pandore, on a encore beaucoup de choses à dire sur le sujet. On a beaucoup de sous-thèmes que l’on n’a pas traités.

13/ Il y aura donc une suite en série ou en film ?

En film, non mais en série oui. L’idée se serait vraiment de repartir de zéro, d’aborder plusieurs personnages, ce sera une déclinaison du film.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

14/ Et l’idée de situer l’action dans un pensionnat, sur une île, c’était vraiment pour isoler les personnages ?

Déjà, c’était plus simple de les isoler par rapport au thème du film et j’avais l’idée de l’île pour le côté pur de l’eau. La fin du film, je l’avais déjà quasiment dès le début de l’écriture donc on en est venu assez rapidement à contenir l’action dans une île et au fait que l’eau était un élément salvateur.

15/ J’ai lu que vous avez tourné aux Canaries mais on ne dirait pas !

Au départ, je voulais tourner au Canada, ça devait se passer sous la neige et on avait fait toute une imagerie dans le genre. Pour des raisons de budget, on s’est rabattu sur les Canaries. L’Espagne nous a donné de l’argent pour faire le film et nous ont dit : « ok on le fait mais on le fait aux Canaries ». Le défi pour moi, c’était de trouver comment j’allais transformer les Canaries comme je voulais. J’ai tout fait pour que ça ne ressemble ni au Canada, ni aux Canaries. Ça ressemble à une image de fable.

16/ Vous avez tourné dans beaucoup d’endroits différents pour trouver tous ces lieux et pour créer la cohérence ?

80% de l’île, c’est la même. Il y avait le volcan au milieu qui était très désertique, ensuite, tu descends et il y a les forêts, puis tu as les villages et la mer. Je me suis servi de ça. Le désert m’intéressait beaucoup comme une image de vide, de désolation. La forêt, je l’aimais pour son côté conte, un peu maternel. Donc, les ados sortent de la forêt et arrivent dans le désert, c’est le passage à l’âge adulte, c’est vide, il faut qu’ils le remplissent. Après, ils arrivent en ville, un milieu plus citadin, plus crade qui représente l’âge adulte.

17/ Au niveau technique, de passer de l’ombre à la lumière, ça a été un défi au niveau de la photographie, de la post-production ?

J’ai mixé plein d’images. Les images au début sont tournées en Norvège… On a mélangé plein de petits plans pour fabriquer un truc rêvé. La première ville que l’on voit, on a rajouté des immeubles, des petits immeubles anglais qu’on a remis dans le fond pour brouiller les pistes… Les effets sont très ponctuels. Même si tu regardes, tu ne verras pas ce que j’ai ajouté. On a changé les couleurs, ajouté des trucs en 3D, changer le look de choses qui étaient trop espagnols.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

18/ Comment avez-vous vécu le fait de réaliser votre premier film en solo après avoir travaillé en duo ou en collaboration sur vos deux précédents films ?

Le thème que je portais, ce n’était pas un thème que je partageais avec Didier (NDLR : son frère avec qui il a réalisé « Atomik Circus »). Faire un film seul, ce n’est pas une envie d’être là et de tout dominer. Au niveau de la réalisation, j’avais déjà réalisé beaucoup de pubs tout seul donc être seul, je connaissais déjà. Seul, tu gagnes des choses car tu es libre de tes éléments. Tu perds des choses car tu ne partages pas avec l’autre. Après, j’ai beaucoup partagé avec la scénariste qui était pas loin, avec mon chef op’. Tu crées des liens, d’autres liens avec d’autres personnes. Je garde toujours un esprit famille durant les tournages, je ne suis pas un despote. On crée une famille et on parle beaucoup du sujet. Là, j’ai fait entrer les acteurs dans le sujet. J’ai besoin de m’entourer et qu’on fabrique les choses ensemble.

19/ D’ailleurs les acteurs sont très bons. Comment s’est passé le casting ? Y’a-t-il eu beaucoup de répétitions ?

Ce qui était intéressant, c’est que je les ai réuni quinze jours avant. Mon idée, c’était de les souder. Ils sont arrivés, ils ne se connaissaient pas mais c’est un peu comme une colonie de vacances. On les a laissé seuls, puis je suis venu les voir, on les a interviewés, on est allé jouer au foot avec eux au bord de la mer. Ils ne savaient pas trop, au début, ce qu’on faisait mais on commençait à les filmer avec Matthias, le chef opérateur. Marie réécrivait quelques scènes quand ils mangeaient, quand ils étaient sur la plage, quand ils vivaient. Je les observais, ils le savaient mais sans trop le savoir. C’est vraiment de cette observation qu’on a réécrit beaucoup de choses et qu’on a adapté les personnages entièrement à leurs personnalités. Eux, ils s’entrainaient à jouer le rôle. Madeleine était quelqu’un de beaucoup plus dure, donc elle essayait de jouer la dure mais entre les scènes, elle rigolait, elle était plus évanescente, plus impertinente donc on réécrivait la scène et elle découvrait la nouvelle scène. On reprenait ses mots. Pareil pour Fergus qui était un peu plus secret donc on a poussé dans ce sens là.

20/ N’étais-ce pas plus dur de travailler avec des adolescents qu’avec des adultes ?

C’est différent. Les adolescents ont une énergie folle. Je m’en suis beaucoup servi car ils sont intarissables. Ils n’ont pas peur de jouer, ils s’amusent beaucoup à le faire, ils sont en demande. Même les scènes difficiles, pour eux c’était génial. Ils ne se couchent pas, ils veulent jouer, s’amuser. Pour eux, ça reste très ludique de jouer même s’ils le prennent très sérieusement. Ils adoraient ça, ils étaient dans la découverte de leur métier. Ils avaient envie de cinéma donc on pouvait tourner jour et nuit. Ils ont une énergie qui se transmet même aux équipes. On était tous fédérés autour d’eux pour les protéger, pour les diriger, pour les entourer donc ça donne une très bonne énergie. Très ludique et très enfantine.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

21/ Est-ce que vous avez réussi à mettre toutes les idées que vous aviez, dans le film ?

Non. On avait développé le deuxième pendant avec les enfants qui se retournent contre les adultes et qui a été traité plus simplement. Y’avais plus de personnages à l’origine. Je ne regrette pas les choix qu’on a fait car on a resserré l’histoire. C’était un peu plus choral à la base.

22/ Ce sont des choix pour garder une ligne directrice ou des choix budgétaires ?

Les deux mais c’est souvent la même chose. Même pour les plus gros films, on t’impose souvent de réduire ce que tu veux faire et ça t’oblige à resserrer l’histoire et tu trouves l’essence même de ce que tu veux raconter. Pour « Alone », c’était très sec. C’était du « tourné/monté », je n’ai même pas une scène, pas une parole qui n’est pas montée. Je n’ai pas tourné plus et je n’ai pas tourné moins. C’est très dangereux car je n’avais pas le droit à une minute de ratée.

23/ J’ai beaucoup aimé le film mais, à la fin, je me suis dit que ça aurait peut être mérité un quart d’heure de plus, quelques péripéties supplémentaires…

Le film était scénarisé avec un bon quart d’heure de plus. On avait quinze-vingt pages de plus qu’on a du enlever. Cinq, six scènes, surtout à la fin, avec le retournement avec les enfants qui torturent les adultes. Ça finissait un peu en western. A l’intérieur de la maison, il y avait une attaque… J’ai du simplifier des choses, retirer de l’action. C’est mon seul regret. L’enfant que tu suis sur la zone rouge, on le voyait comment il s’armait, comment il revenait… Ce ne sont pas des scènes que j’ai loupé mais ce sont des scènes que je n’ai pas pu tourner.

24/ Dans le film, il y a quelques passages très difficiles, en aviez-vous prévu d’autres et vous êtes vous autocensuré, du fait que vous tourniez avec des adolescents ?

Non, on ne s’est jamais censuré. Juste à la fin, les adolescents se retournaient contre les adultes. Il y avait une violence gratuite des enfants qu’on n’a pas pu tourner mais ce n’était pas pour une question de censure. Il fallait retranscrire l’horreur dans certaines scènes et on ne s’est pas censuré.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

25/ Le film parle du passage à l’âge adulte. Pour vous, est-ce important de garder son âme d’enfant ?

Bien sûr ! C’est le message du film mais en inversé. Je ne refuse pas de devenir adulte, bien au contraire, il faut assumer de devenir adulte mais en gardant un regard frais sur le monde, un regard émerveillé. Ça manque et ça enlèverait un peu de violence. Je ne veux pas faire le « béni oui-oui » mais ce qui m’aide personnellement, c’est de voir des choses merveilleuses un peu partout. J’essai aussi de transmettre ça à mes enfants même si la vie est difficile. L’argent, la civilisation, la religion, rien n’est fait pour qu’on puisse dire à nos enfants : vas-y grandit et amuse toi. On devrait pouvoir s’amuser jusqu’au bout, même en travaillant.

26/ Questions classiques : Pourquoi avoir changé le titre ? Et pourquoi avoir tourné en anglais ?

Pour le changement de titre, ce n’était pas moi. Je revendique, je n’ai rien contre mais le film s’appelait « Don’t grow up ». Dans les autres pays, il s’appelle aussi « Don’t grow up » mais le distributeur français avait un problème d’anglicisme. « Don’t grow up » soit on le traduisait en français mais ça n’évoquait pas grand-chose donc il avait peur qu’on passe à côté du sujet, soit on changeait le titre. Donc il a proposé « Alone », qui est en un seul mot et qui pour la plupart des gens, même qui ne parlent pas anglais, évoque déjà le solitude… J’ai accepté car ils avaient des arguments très convaincants. C’est le genre de films qui n’est pas facile à faire exister, on a des moyens mais ils ne sont pas colossaux donc faut donner tout de suite envie de le voir au public.

Pour l’anglais, il y avait deux raisons. Une, purement pour les ventes à l’international. Deux, ça se passait sur une île et je voulais que ce soit une île internationale. Pour une fable, la langue anglaise me plaisait plus et ça a fini de me conforter quand j’ai vu mes acteurs anglais. J’aurai très bien pu le faire en français, sans aucun problème, mais la langue anglaise me plaisait beaucoup.

27/ Vous pensez que la langue anglaise est plus cinématographique que le français ?

Ce n’est pas que je le pense, c’est vrai. Quand tu parles à des mecs qui mixent des films, ils te le disent : le français est très monolithique, linéaire. C’est comme une espèce de son sourd. La langue anglaise est très syncopée. Les accents montent et descendent sans arrêt. C’est une langue sur-dynamique, qui est très « cut », tu as moins de mots pour dire la même chose qu’en français. La langue claque en anglais, très vite. C’est un fait, ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas le faire en français mais c’est plus dur. Quand tu injures en français, ça parait vite vulgaire, en anglais, ça parait cool. L’anglais n’est pas une langue très informative. Quand tu donnes une information en français, ça se barre un peu dans tous les sens. C’est très drôle pour la comédie car tu pars dans tous les sens, tu peux évoquer plein de choses en même temps, c’est très digressif.

28/ Parfois, quand on regarde des films français et des films américains doublés en français, on a l’impression que ce n’est pas le même jeu, que c’est plus dynamique quand c’est doublé…

Je suis d’accord, c’est parce qu’ils mettent peu de mots, ils sont obligés de réduire un peu les choses. Je me suis fait la même réflexion. Quand tu regardes « Star Wars », ça ne choque pas même quand tu le regardes en français car les mots sont plus simples. Après, faut peut-être, qu’en France, on écrive beaucoup plus simplement. C’est un fait, après c’est une fainéantise de ne pas le faire. Moi-même, je vais essayer de m’y pencher. J’ai fait un film en anglais, c’est bien beau mais j’aimerai bien le faire en langue française surtout que j’admire ça chez les nordiques, les espagnols qui savent bien le faire. Pourquoi pas en français mais après faut réussir à le vendre.

INTERVIEW - THIERRY POIRAUD pour "ALONE"

29/ Au niveau du changement de titre pour des raisons marketing, n’avez-vous pas eu peur de revivre la même chose que pour « Atomik Circus » qui avait eu une promo un peu difficile ?

J’y ai pensé. Je leur ai dit que j’avais déjà vécu cela une première fois mais « Atomik Circus » était vraiment une comédie barrée à la « 1941 » et l’affiche qu’ils ont faite n’était pas cohérente avec le film. C’était vraiment une faute de goût d’avoir mis les acteurs sur le fond blanc alors que l’affiche avec les jambes étaient magnifiques. Ils ont été à l’encontre des fans de films de genre. Ils voulaient faire du gros marketing, je leur ai dit « allez-y » mais ils pouvaient faire du concept dans ce gros marketing. Besson le fait, on pouvait le faire. C’était quand même moins difficile pour « Alone » car les distributeurs ont pris le film sans le toucher, ils l’ont apprécié. Du moment qu’on ne touchait pas à l’œuvre globale, que ce n’était que de l’habillage, ça me dérangeait moins. Je viens du milieu des beaux-arts, l’habillage c’est très important mais on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut.

30/ Entre 2004 et 2014, vous n’avez pas tourné de films. Ça vous a manqué le cinéma ?

Oui, oui. Après « Atomik Circus », j’ai travaillé aux Etats-Unis sur une adaptation d’un scénario de Caroline Thomson, qui avait écrit « Edward aux mains d’argent » pendant deux ans. James Franco devait jouer le rôle principal. C’était sur le milieu des freaks, ça se passait dans les années 1930. On avait été loin, on avait fait des tests… Le film parlait d’handicapés, c’était tourné en noir&blanc, on était allé au bout du délire et le film ne s’est pas fait… Après, on est retourné en France, j’ai refait de la pub, ensuite il fallait écrire quelque chose qui me plaisait. « Alone », ça fait déjà deux ans, deux ans et demi que je travaillais dessus.

31/ C’est d’ailleurs en essayant de monter « Alone » que vous avez rencontré Benjamin Rocher qui vous a proposé de réaliser la partie deux de « Goal of the Dead »…

Exactement. Le frère de Benjamin, Raphaël, était co-producteur avec Jérôme et m’a demandé si je voulais faire « Goal of the dead » le temps que le budget pour « Alone » soit monté. J’ai accepté tout de suite, c’était marrant et ça me permettait de faire celui là après.

32/ Les deux sont des films d’infectés mais complètement différents. Lequel vous donne le plus de satisfaction ?

Les deux restent de très bons souvenirs. « Alone » est plus personnel, y’a la rencontre avec les adolescents, j’en garde un souvenir impérissable. C’est vraiment une aventure loin de ma ville. « Goal of the dead », c’était très drôle mais on l’a tourné à côté de Paris, c’était une plus petite aventure mais j’en garde de très bons souvenirs.

33/ Vous avez fait trois films de genre. Êtes-vous tenté par un autre genre, peut-être plus grand public ?

Je ne réfléchis pas en terme de public. Je suis entrain de travailler sur « Toxic », une série qui est une comédie un peu trash sur le milieu des toxicos. Je ne pense pas à me tourner vers des films grand public mais plutôt vers des films que j’aimerai beaucoup voir. Après, j’aime aller voir des films fantastiques, je suis allé voir « Midnight special » hier soir car c’est ce qui me plait le plus. J’aime beaucoup les comédies, les drames et les films d’aventure. J’aimerai faire un grand film d’aventure.

34/ Pour conclure, on en a déjà plus ou moins parlé, mais quels sont vos prochains projets ?

En plus de « Toxic » et la série dérivée de « Don’t grow up », j’écris aussi un film d’anticipation, « Rare ». On m’a proposé aussi d’autres sujets de film, en France et en langue anglaise aussi.

Merci Thierry.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 26 Février 2016

Après une première édition, en 2015, (à laquelle je m'étais rendu, avec le support d'horreur.com), le SADIQUE MASTER FESTIVAL est de retour avec plus de jours, plus de films, plus d'invités et une nouvelle salle. Exit la sympathique salle des 3 Luxembourg et place à la plus spacieuse (et équipée d'un bar) salle des 5 Caumartin dans le 9ème arrondissement de Paris.

Au niveau de la programmation des films, les oeuvres viennent de partout :

Du Mexique avec "Atroz", du cain-ri avec "House of whores 2" et "When the black bird flys", du Danois avec "Gudsforladt", du canadien avec "ANA" et du français avec "Un ciel bleu presque parfait" de Quarxx, ancien jury de l'an dernier. Des membres des équipes de ces films seront d'ailleurs sur place : Kasper Juhl et Anne-Sofie Adelsparre pour le film danois, Lex Ortega et Abigail Bonilla pour "Atroz", Frederic Maheux, réalisateur de "ANA" et Quarxx.

Pour départager le meilleur film de cette sélection, un jury de choc composé de Marian Dora, le réalisateur de plus mystérieux et étrange de la planète (ce sera certainement votre seul chance de le voir, dans toute votre vie), Rafael Cherkaski, réalisateur de "Sorgoi Prakov" et Cédric Dupuis à qui l'on doit l'excellent et dérangeant "Making Off".

En plus de tout cela, il y aura un bar (oui, je l'ai déja marqué plus haut mais c'est important), des stands de DVD, de livres et une expo.

Ah oui, j'allais oublier, tout ça aura lieu les 11, 12 et 13 mars 2016.

 

SADIQUE MASTER FESTIVAL - 2eme édition

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Rédigé par Gib

Publié dans #Festival

Publié le 1 Janvier 2016

INTERVIEW : JOHN MCNAUGHTON

Pour fêter cette nouvelle année, quel plus beau cadeau que l'interview d'un des plus grands réalisateurs américains de notre époque ? Avec ses films, John McNaughton a révolutionné différents genres. Le film de tueurs en série avec le cultissime "Henry : Portrait d'un tueur en série", le thriller avec "Sexcrimes", le film de gangsters avec "Mad Dog and Glory"... Dans cet entretien, M. McNaughton revient sur tout cela et parle aussi de son dernier film, encore inédit en France : "The Harvest". En attendant son nouveau film actuellement en tournage : "Carny Kill".

To celebrate this new year, what better gift than an interview with one of the greatest American filmmakers of our time? With his movies, John McNaughton revolutionized many genres. The serial killers movies with the cult film "Henry: Portrait of a Serial Killer," the thriller with "Wild Things," the gangster movies with "Mad Dog and Glory" ... In this interview, Mr. McNaughton returns on this and also talks about his latest film, still unpublished in France: "The Harvest". Meanwhile his new film currently shooting "Carny Kill".

1/ Quel était votre état d’esprit quand vous avez realisé “Henry : Portrait d’un tueur en série” ?

Je voulais montrer de quoi l’être humain est capable. C’est la direction que je voulais prendre avec "Henry". Le fantastique, c’est bien mais d’autres le font mieux que moi. Je voulais m’approcher et toucher la noirceur humaine. C’est plus horrible… hum… Si vous regardez Jason, si vous regardez Freddy, quand vous allez dans le surnaturel, vous savez que quand vous quittez le cinéma, Freddy ne sera pas là à vous attendre. Il n’existe pas. Henry pourrait être dans la vie réelle, il pourrait exister. Quand vous quittez le cinéma, il pourrait vous attendre sur le parking. C’était ça l’idée. C’est un film d’horreur et qu'est ce qui est le plus effrayant ? Les choses de la vie quotidienne ! Utiliser la normalité.

1/ What was your state of mind when you have shot “Henry : Portrait of a serial killer”?

I wanted to show what human people are capable. That the direction we wanted with Henry. Fantastic is fine but other people do it better like me. I wanted to approach and touch human darkness. It’s more horrific…hum… if you do Jason, if you do Freddy, when you go in the supernatural, you know when you leave the theater, Freddy is not there waiting for you. He doesn’t exist. Henry could be in real life, he could be existing. When you leave the theater, he can wait for you on the parking. That was the idea. It’s an horror movie so what is the most horrific thing? It’s the normal tricks. Use the normal.

2/ Comment êtes vous arrivé sur le projet de “Henry” ?

Je travaillais pour une compagnie, MPI, qui existe toujours. Ils ont travaillé très tôt dans le business de la vidéo. Ils ont acheté les droits pour dupliquer des films d’horreur en cassettes VHS et les revendre. Ils faisaient ça très bien puis ils ont décidé d’investir 100 000$ pour faire un film d’horreur donc ils m’ont donné l’argent et je leur ai donné un film d’horreur !

2/ How did you get the project of “Henry”?

I was working for a company, MPI, they still exist, they worked very early into the video business. They buy rights for horror film to duplicate on VHS tapes and selling them. Doing very well. They decided to invest 100 000 $ to make an horror film so they gave 100 000 $ and I gave them an horror film !

3/ Le film a été longtemps censuré. Comment avez-vous vécu cela alors que c’était votre premier long métrage ?

« Henry » a hérité d’une classification X aux Etats-Unis mais n’a pas été censuré, interdit. Les gens du studio voulaient faire des coupes pour avoir une meilleure classification et pour mieux vendre le film mais la MPAA, qui classe les films, a décidé qu’on ne pouvait rien faire pour le rendre acceptable pour eux. C’est un film classé X et ce le sera toujours, intrinsèquement. Mais dans d’autres pays, par exemple, en Angleterre, en Suède, le film a eu des coupes et je n’ai rien eu à voir avec ça. Je pense que maintenant, depuis plusieurs années, tous les pays peuvent voir le film dans sa version non censurée.

3/ the movie has long been censored, how did you feel knowing that it was your first feature film?

"Henry" had a X rated on United States but not a censure. People wanted to make cuts, to have a better rating and sell more but the MPAA, who rate movies, decide that we can’t do nothing to make it acceptable to us. It’s an X rated film and it’s always be an X rated film. But in other countries, for exemple, in UK, in Sweden, they got cut and I have nothing to do with that. I think now, since every years, every country can see the original film uncensored cut.

 

Image tirée du film "Henry : Portrait d'un tueur en série".

Image tirée du film "Henry : Portrait d'un tueur en série".

4/ Je pense que la raison pour laquelle “Henry” est le plus important et le meilleur film de tueur en série est parce qu’il est très réaliste…

Je n’avais jamais vu de film de tueur en série comme cela auparavant… Peut-être « Peeping Tom ». Michael Powell a fait ce film dans les années 60, à la même époque que « Psychose » mais je pense que nous avons lancé la mode des films de tueurs en série et d’ailleurs, je n’en ai jamais fait un autre, personnellement, mais c’est intéressant de voir que d’autres personnes ont fait des films de tueurs en série et ont copié « Henry ». Mais mon dernier film « The Harvest », disponible uniquement en Angleterre et aux USA pour le moment, parle de la « moisson » d’organes humains. Quelques temps après, Jerry Bruckheimer et Spike TV ont développé une série télé appelée « Harvest » (rires). J’ai essayé de faire quelque chose que je n’ai jamais fait avant, quelque chose de nouveau et personne n’a jamais montré le transfert d’organes humains à d’autres ou pour les vendre mais c’est quelque chose qui a lieu couramment dans le monde ! J’ai trouvé ça impressionnant à quel point Bruckheimer a été rapide pour faire sa série. Je sentais que le film allait lancer une tendance et que ça pourrait aller vite mais je ne pensais pas que ce serait si rapide. Aussi, avec « Mad Dog and Glory » avec Robert De Niro, Bill Murray et Uma Thurman, nous avons fait le premier film à propos de scènes de crimes policières et après cela Bruckheimer a fait « Les Experts ». Alors, vous faites des films précurseurs et d’autres arrivent et imitent.

4/ I think the reason why “Henry” is still the most important and better serial killer movie is it’s the more realistic…

I haven’t seen serial killer movie like that before… Maybe “Peeping Tom”. Michael Powell made that film in the 60’s in the same time of “Psycho” but I think we started the trend of serial killer movies and I never made another one. But it’s interesting that many others people done serial killer movies and many copy that. But my new film “The Harvest” available only in Uk and US for the moment is about harvesting human organs… Jerry Bruckeimer and Spike TV are developing a TV show called “Harvest” (laugh). So I tried to do something I have never seen before, something new and no one really done to show up about harvesting people organs to others or to sell but it’s something is going on in the world very much. I find interesting this quickly that Bruckeimer and Spike doing a show. I felt a new movie will launch a trend and it will be very soon but I didn’t expected that happen so fast. In “Mad dog and glory” with Robert De Niro, Bill Murray and Uma Thurman, but it was the very first movie about crime scene cops and after Bruckheimer made CSI. So you do movies before and others coming and imitate.

5/ Vous tournez la plupart de vos films en 35mm. Votre dernier film dont vous venez de parler, "The Harvest" est lui aussi tourné en 35mm. Pourquoi avoir choisi ce format ?

Pour “The Harvest”, nous avions une reunion d’équipe prévue à New York juste après le passage de l’ouragan Sandy et, du coup, on ne pouvait pas voyager. C’était difficile pour la production car nous étions obligés de rester à l’hôtel. Nous avions des iphone et nous avons communiqué par iphone depuis l’hôtel et avec d’autres personnes par Skype. Rachel Morrison, la directrice de la photographie, était en Espagne et nous discutions sur Skype. Rachel voulait que l’on tourne en 35mm alors nous l’avons fait. C’était une victoire. C’est la raison pour laquelle je suis content d’avoir réalisé ce film. Parfois, c’était difficile, il se passe ce qu’il se passe, il n’y a pas de process en labo supplémentaire mais le film est magnifique, le film est superbe. Pour moi, c’est un film sur les personnages, leur performance et la connexion qui a lieu entre eux et le public. Je suis content d’avoir tourné dans ce format et je pense que c’est mon « au revoir » au 35mm. Il n’y a plus beaucoup de processus comme cela aux Etats-Unis. J’ai travaillé avec ce format depuis longtemps, j’ai fait un documentaire avec George Condo que j’ai tourné avec des vieilles caméras digitales. L’homme qui finançait « The Harvest », Gerald Kessler, a insisté pour tourner en 35mm. J’étais heureux. C’est mieux mais cela coute plus cher, c’est plus long… Plusieurs personnes me disait «que fais-tu ? Tu gaspilles de l’argent ! blablabla”. J’ai dit “hey, ce n’est pas votre argent ! Si je veux le gaspiller, ce n’est pas vos affaires !”.

5/ you shot most of your movies in 35mm. Your last movie "The Harvest" is on 35mm. Why did you choose this format ?

For “The Harvest”, with the cinematographer, Rachel Morrison, because we had a meeting crew in New York, just after the hurricane Sandy in NY, we couldn’t travel. It was really difficult for the production because we stayed at the hotel, the town had no power. So we had an iphone and we communicated by iphone on the hostel and with many crew members on skype. Rachel Morrison was in spain and we talked on skype. Rachel wanted to shot the movie in 35mm and we did it. It was a victory. It’s why I’m really happy to shot this film. Sometimes it’s difficult, it is what it is, there is no process in labs anymore, but film is gorgeous, film is beautiful. To me it’s about the characters and the performance and the audience connect to them. I’m happy to have shot in this format and I think this film is my “good bye” on this format. There is no more process like that in United States. One of the reason, I did make a film so I was really working with the old digital. I made a documentary I shot with very old digital cameras with George Condo and I like that. The man who give money for “The Harvest”, Gerald Kessler, insist that we shoot in 35mm. I was happy. It’s better but it’s cost more, it’s slower… Many people told me “what are you doing? You wasting money, blablablabla !”. I said “hey, it’s not you money! If I want to waste it, it’s not your business!”. I remember,

 

Image tirée du film "The Harvest"

Image tirée du film "The Harvest"

6/ Votre dernier film “The Harvest” est toujours non distribué en France. Pouvez-vous nous dire quand il sera distribué ?

C’est complètement indépendant de ma volonté. Un homme finance le film donc il n’y a pas de compagnie de distribution. Donc, nous avons fini le film et nous devions le vendre. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait avant. Avant, je faisais des films pour une compagnie et elle le vendait. Un homme a apporté l’argent, un homme génial, son nom est Gérald Kessler. J’ai vu le film à minuit en Amérique, il était diffusé dans deux cinémas et la compagnie « Shock Factory » a vendu les droits vidéo à quelqu’un en Angleterre. Alors je ne sais pas quand le film sera distribué en dehors des US et de l’Angleterre. Eventuellement, comme Jerry Bruckheimer et Spike TV ont fait une série sur le même sujet, je suppose que mon film sera disponible en vidéo quand la série télé arrivera en France. Je ne sais pas quand…

6/  Your last film "The Harvest". This movie is still unpublished in France. Do you know when it will be available in France?

It’s made completely independent of me. One man finance the movie so there was no company for distribution. So, we finished the movie and we had to sell it which it’s something I never had to do before. Before, I made movies for company and they sell it. A man pull up the money, a wonderful man, his name is Gérald Kessler like guide two weeks before the movie was release. I have seen midnight in America for they released in two theaters and the company “Shock Factory” selling the video to somebody in the UK to have the rights. So I don’t know when the movie passes the US and the UK. Eventually, because Jerry Bruckeimer and Spike TV are making a picture about the same subject, I guess my movie will be available on video when the TV show will arrive. I have no idea when…

7/ Pouvez-vous me dire un mot sur le tournage de ce film ?

C’était un tournage difficile car nous avions des enfants. Deux enfants. Une fille de douze ans et un garçon de treize ans. Ce n’était pas difficile de travailler avec eux, ils étaient géniaux mais quand vous travaillez avec des enfants aux USA, vous devez faire moins d’heures. Un jour de travail normal est de douze heures mais les enfants ne peuvent pas travailler douze heures. Nous avions Michael Shannon, Samantha Morton, Peter Fonda et deux enfants, Natasha Calis et Charlie Tahan et c’était difficile car nous avions un grand nombre de scènes à tourner et assez d’argent pour le faire le film mais c’était très rapide et nous ne pouvions pas travailler tout le temps car les enfants ne peuvent travailler que 8 ou 9 heures par jour et Michael Shannon travaillait sur Broadway donc tous les jours, il quittait le tournage à 18 heures. Alors, nous n’avions pas le temps pour faire des erreurs ou pour aller essayer autre chose. Alors c’était très difficile, c’était intense. Ce film a un concept très intéressant, très sombre. Mais ce n’est pas gore, ce n’est pas sanglant !

7/ Can you tell me a word about the shooting of this movie ?

It was a very difficult shooting because we had children. Two children, twelve years old girl and thirteen years old boy. There was not difficult to work with them, they were great but when you work with children in the US, you have to reduce your hours. A normal day is twelve hours but children can’t work twelve hours. We had Michael Shannon, Samantha Morton and Peter Fonda and two kids, Natasha Calis and Charlie Tahan and it was difficult because we had a lot of scenes to shoot and enough money to make the picture but it was very quick and we can’t work all of the time because kids can work only 8 or 9 hours a day and Michael Shannon was working on Broadway so every day at 6pm he left the shooting. So we had no time for error or going over. So it was very difficult for the characters, it was intense. This movie has a very interesting concept, very dark. But It’s not gory, it’s not bloody !

 

Affiche du film "The Harvest".

Affiche du film "The Harvest".

8/ Avec “Sexcrimes”, vous aviez un casting incroyable. Comment était l’atmosphère sur le tournage ? Quel souvenir gardez-vous ?

Mon souvenir est que nous avions beaucoup d’argent ! (rires). Nous avions 63 jours de tournage, nous avions assez d’argent et assez de temps. Nous étions en Floride et il fait très chaud en Floride. Toujours. C’était une bonne expérience, nous avions un bon casting et une belle photographie grâce à Jeffrey Kimball. Nous n’avions pas à nous presser, nous prenions le temps qu’il fallait prendre. C’est un film que j’ai plaisir à regarder.

8/ In “Wild Things”, you had an incredible casting. How was the atmosphere on the set? What memories do you have of this film?

My memory is we had a lot of money ! (laugh). We had 63 days of shooting, we had enough money, we had enough time. We were in Florida and it’s hot ! always hot ! It was a good experience, we had a good cast and a good photo by Jeffrey Kimball. We didn’t have to rush, we had time to take the time. It’s a movie I’ll really enjoy seeing.

9/ Ce n’était pas trop difficile de diriger toutes ces stars (Bill Murray, Neve Campbell, Kevin Bacon, Denise Richards, Matt Dillon…) ?

Oui, ce sont des personnes avec beaucoup de talents et ils sont souvent très puissants dans l’industrie du cinéma. Ils ont ce qu’ils veulent et ils font ce qu’ils veulent. Vous devez savoir la direction dans laquelle vous voulez aller pour votre film car ils peuvent prendre la place du réalisateur si vous hésitez et quand vous voyez le film plus tard, c’est mauvais, ce n’est pas ce que vous vouliez. Vous avez besoin de faire attention à ce que vous leur laissez, à ce que vous leur donnez à faire mais je travaille assez avec des grands acteurs et cela se passe généralement très bien. Mais c’est toujours difficile car cela dépend de l’humeur du jour d’un acteur donc chaque jour est une aventure quand vous travaillez avec des grandes stars mais c’est pour cela qu’on vous paie donc c’est que vous devez faire !

9/ It was not too difficult to manage all of these stars (Bill Murray, Neve Campbell, Kevin Bacon, Denise Richards, Matt Dillon…)?

Yes, they are people with very big talent and they are very powerful in the industry often. They get what they want and they do what they want. But You have just to know what the direction you want for the movie because they can take directions on place of director, you will see the movie six months later and it’s look really bad ! You need to be careful what you let, you get on to do but I work enough with great actors and they are came looking very good so, generally, it’s pretty well with actors. So it’s always difficult, depending of the mood of an actor on a day. So every day is an adventure when you working with big movie stars but that what you get paid for so that what you do !

10/ Sur facebook, vous parliez d’une série TV “Sexcrimes”. Allez-vous être impliqué sur le projet ?

Nous essayons de trouver des gens intéressés pour une série télé mais Sony ne semble pas intéressé par l’idée. Ils ne voient pas l’intérêt d’une série « Sexcrimes ». J’ai parlé de cela sur facebook pour voir si les gens avaient un intérêt pour cela. J’adorerais tourner le pilote de la série télé « Sexcrimes » et être impliqué sur cette série car la sujet parle des comportements horribles des êtres humains. Ils mentent tous, trichent et je pense que l’on peut faire quelque chose d’amusant sur ce thème.

10/ On facebook, you talk about a TV series “Wild Things”. Will you be involved in the project?

We trying to get people interested for a TV show but Sony don’t seem interested by the idea. They don’t see the value of a Wild Things TV show. I talk about on facebook to see if people have an interest for that. I would love to do the pilot of Wild things TV show and be involved on that show because it’s about people just behaving terribly. They all lying, cheating each other and I think we can have a lot of fun with that.

 

Image tirée du film "Sexcrimes".

Image tirée du film "Sexcrimes".

11/ Vous avez tourné plusieurs fois avec Bill Murray. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ? On entend tellement de légendes à propos de lui.

Bill m’a appelé hier (l’interview a eu lieu le 16 aout 2015) ! Un musicien génial est à Chicago, son nom est John Prine et c’est un ami de Bill Murray et donc Bill m’a appelé hier et il m’a dit « J, Je suis avec John Prine et nous parlons à propos d’un documentaire, vous pourriez discuter et travailler avec moi là-dessus ». Bill est vraiment un mec intéressant. Je pense qu’il est à Chicago aujourd’hui car il y a deux équipes de baseball, les white sox et les Cubs. Je sais qu’il vient pour cela car il adore le sport. Je travaille sur un nouveau film avec Bill appelé « The king of Counterfeit ». J’ai travaillé avec Bill plusieurs fois car il est unique, autonome et c’est peut-être la personne la plus intelligente que j’ai pu rencontrer. Il est très intelligent et très intéressant. Et il est drôle, bien sûr !

11/ you turned with Bill Murray many times. What can you say about him? So many legends we hear about it!

Bill called me yesterday (this interview was done on 16 august 2015) ! A wonderful musician is in Chicago, his name is John Prine and is a friend of Bill Murray and Bill called me yesterday and he said “J, I’m with John Prine and we talk about a documentary, you should talk and work with me on it”. So, Bill is an interesting guy. I think is in Chicago today because of two baseball teams, the white sox and the Chicago cubs and I know he come for that because he love sports. I’m working on a new movie with Bill called “the king of counterfeit”. I work with Bill many times because is unique, individual, perhaps the smartest person I ever met. He’s really really smart and he’s a very interesting man. And funny, of course !

12/ Quel genre de scènes préférez-vous tourner ? Scènes violentes, de sexe, de suspense ?

Les scènes de sexe sont difficile. Les gens disent « hey, regarde, cette fille magnifique sans ses vêtements » (rires). Je pense qu’il n’y a rien de plus difficile pour un acteur ou une actrice que d’être nu(e) devant toute une équipe en faisant semblant d’avoir une relation sexuelle. Pour tout le monde, c’est difficile. Je pense que le meilleur est quand vous avez des scènes émotionnellement dramatiques entre deux personnes, avec un vrai jeu d’acteur. C’est le travail que j’aime faire.

12/ What do you prefer to shoot? Violent scene, sex scene, thriller scene?

Sex scene are hard and difficult. People says “oh look this beautiful girl without her clothes” (laugh). I think it nothing more difficult for an actor or an actress to be naked in front of the crew pretending they have sex. For everybody, it’s difficult. I think the best is when you have emotional dramatic scenes between two people, with really acting. That’s the work I enjoy.

 

Image tirée du film "Mad dog and glory".

Image tirée du film "Mad dog and glory".

13/ Quel est votre meilleur et votre pire souvenir sur un tournage ?

Mes meilleurs souvenirs sont sur “Mad Dog and Glory”. Quand vous êtes sur le plateau, que la caméra regarde Bill Murray et Robert De Niro, les personnes les plus talentueuses encore vivantes sur terre, que vous voyez de quoi ils sont capables et que vous êtes payé pour ça, c’est incroyable ! Je me rappelle de deux choses. La première est avec Bill Murray. Sur « Mad Dog and Glory », il joue un gangster. Bill adore faire de la comédie, du stand up et être drôle fait parti de lui mais l’idée était qu’il ne fallait pas qu’il fasse rire car c’est un gangster, c’est le boss. Vous avez Bill Murray et il doit venir sur le plateau et ne pas être drôle ! Mais c’est Bill Murray ! C’est comme si vous aviez le plus grand violoniste au monde sur scène et que vous lui demandiez de jouer du piano. C’est un combat contre toutes les fibres de son corps pour réussir à ne pas faire rire. Bill était vraiment nerveux pour tourner cette scène. Bill resistait pour ne pas être drôle et c’était un effort pour lui. Il est arrivé et il n’était vraiment pas drôle. Il était exceptionnel, c’était incroyable.

Le second souvenir est à propos de Robert De Niro. Une scène dans laquelle il est assis dans une salle de bain, juste en sous-vêtements, avec de l’argent car il est supposé acheter le personnage d’Uma Thurman. Bref, je me souviens, il était dans la salle de bain avec l’argent et nous coupons la prise. Je tente de lui parler pour lui expliquer quelque chose mais il ne me regardait pas car il était encore dans le personnage. Il voulait me parler et je parlais à Bob De Niro mais son personnage restait assis ici. La caméra continuait à tourner. Je me suis assis dans la pièce et je l’ai regardé. Je pouvais le voir, je pouvais m’entendre lui parler mais il ne me regardait pas car il était assis sur les toilettes devant son argent, il était toujours dans le personnage. C’est incroyable de voir quelqu’un qui possède ce don.

Mon pire souvenir est sur mon deuxième film “The Borrower”. Je travaillais avec une compagnie qui était entrain d’être en liquidation. Un jour, tard en soirée, j’avais besoin d’argent pour le tournage et j’avais besoin d’aller à la compagnie pour discuter et savoir ou nous allions. Donc, je prends ma voiture, je conduis sur Hollywood, sur Sunset et j’arrive sur le parking. Et il n’y avait aucune voiture dans le parking. Normalement, il y avait toujours 40 ou 50 voitures. Donc, je me gare, je marche jusqu’à l’immeuble mais il n’y avait personne. Ils avaient quitté les lieux en plein milieu de la nuit ! Il n’y avait plus de compagnie. C’était comme une ville fantôme !

13/ what is your best and your worst memory on a shoot?

My best memory is on “Mad dog and glory”. When you are on the set, when the camera watch Bill Murray or Robert De Niro, the most talented people alive on the earth and see what they are capable of doing and get paid for it, it’s pretty amazing! Two things I remember, first is with Bill Murray. In “Mad dog and glory”, he played a gangster. Bill liked to do stand up comedy and it’s the part of the fun of his character but the idea was is not funny because he’s a gangster, he’s the boss. You got Bill Murray and he has to get up on stage and be not funny. But it’s Bill Murray! It’s like you have the world greatest violinist to get on the stage and play of keys. It’s a fight against all fibers of his body. So, Bill was really nervous to shoot this scene. Bill resists to not being funny and it’s a work for him. So he get on and he’s really not funny. He’s gonna be great, it was amazing.

The second memory is about Bob De Niro. A scene who is sitting on a bathroom just in underwear with money because he’s supposed to buy Uma Thurman’s character. Anyway, I just remember, he was on the bathroom with the money and we cut and I had a talk to him to explain something but he wouldn’t look up to me because he’s still in the character. He would talk to me and I was talking to Bob De Niro but the character need to sitting there. The camera continues to turn. I’m sitting on the room and I’m watching him. I could see him, I can hear me talking to and I talking to Bob but he can’t look up to me, because is sitting on the toilet next to the money, he’s always on the character. It’s amazing to see somebody who’s got that gift.

My worst memory that I can’t remember is on my second movie “The Borrower”. I worked with a company is going to banqueroute. One day, lately afternoon, I needed money to shoot and I needed to go to the company to discuss and know where’s going on. So, I take my car, I drive on Hollywood, on Sunset and I arrived on the parking lot… And no car on the parking lot. Normally, you have 40-50 cars on the parking lot. So, I parked, I walked to the building but no one here ! They had left on the middle on the night. There is no more company. It was like a ghost town.

Merci beaucoup M. McNaughton.

Thank you very much M. McNaughton.

 

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 27 Décembre 2015

Le début des années 90. Souvenez –vous (ou imaginez pour ceux qui n’étaient pas nés !) cette époque où internet n’était pas dans les foyers et qu’il n’y avait que six chaînes à la télévision. Cette époque où, pour voir un porno, il fallait attendre le premier samedi du mois. Pour les malheureux qui n’avait pas la « canal + », il fallait se contenter d’un Zara Whites sur M6, le dimanche soir après Culture Pub. Un téléfilm érotique qui démarrait toujours 45 minutes en retard par rapport à la prévision de télé 7 jours. Vous patientiez donc pendant de longues minutes (bande de petits coquins) devant des publicités pour téléphone rose… Qu’elles étaient longues ces minutes… Ensuite, vous ne regardiez que quelques passages du film car il ne fallait pas aller se coucher trop tard. Bah oui, le lendemain, il y avait école. Ces quelques minutes suffisaient à vous mettre en émoi malgré une simulation de l’acte souvent ridicule et une musique d’ascenseur plombante … Bref, En parlant de M6, il faut bien avouer, qu’à une certaine époque, cette chaîne était celle du bonheur pour les fans de tous les genres un peu « interdits ». Alors que sur les autres canaux, nous avions droit à des séries grands publics, sur M6 nous avons pu découvrir « X-files » (appelé ridiculement dans sa VF : « Aux frontières du réel ») ainsi que d’autres programmes cultes tels que « Au delà du réel » ou encore … « Sexy Zap ». Mais si, rappelez-vous, ce programme qui parodiait les émissions de télévision célèbres en version érotique ! On pouvait y voir « Le cours », une version hot de « La classe », animé par Franck De La Personne (notre rouquin préféré), ou encore « Caroline et les copains », remake beaucoup plus…euh… sympathique de « Hélène et les garçons ». Nous reviendrons (ou pas) sur ces programmes dans un prochain article car, les années 90, c’était surtout l’époque des « Jeudi de l’angoisse ». La veille du jour du poisson, nous avions donc droit à notre dose de films bizarres. Je me rappelle avoir découvert, à cette époque, des films tels que Creepshow, Chromosome 3, Freddy ou encore Maniac Cop. Et qui dit, jeudi de l’angoisse, dit bien sûr : Les contes de la crypte ! Série culte de chez culte pour toute une génération !

FLASHBACK : Les Contes de la Crypte

La première diffusion française de cette série date du 07 juillet 1994. Après une énième redif’ d’un film de Max Pécas (qui était d’ailleurs un substitut de film érotique), nous avions droit, à 22h30, aux 3 premiers épisodes des contes de la crypte. S’en suivront 3 nouveaux épisodes tous les jeudis de l’été 94. Le succès étant au rendez-vous, les étés 95, 96 (dans une moindre mesure) et 97 auront droits à leur dose de Contes de la Crypte. Les cinq premières saisons ainsi que 2 épisodes de la saison 6 seront diffusés en France. Le reste de la saison 6 ainsi que la saison 7 resteront inédits pour nous, pauvres frenchies. En tout, la série comptabilisera 93 épisodes. Mais qu’est ce qui a créé cet engouement autour de cette série, pourtant peu grand public ? Tout d’abord, son côté « libre » a joué un grand rôle dans son succès. Diffusé sur HBO, une chaîne américaine du câble, la série ne connaissait pas la censure. Ainsi, tous les thèmes pouvaient être abordés et surtout, toutes les images pouvaient être montrées. Les monstres, le gore et le cul venaient parsemer chaque épisode pour le plus grand plaisir des spectateurs peu habitués à ce genre de spectacle. Maintenant, avec les True-Blood et autres Spartacus, le show peut paraître soft et désuet niveau violence et sexe mais ce serait oublier le côté malsain et la morale glaçante de chaque épisode. En effet, Les contes de la crypte utilisaient régulièrement les tourments et les vices de l’âme humaine comme leitmotiv. Dans « Mort d’un pigeon voyageur » par exemple, dans lequel un commercial spécialiste du porte à porte se faisait séquestrer par une famille de dégénérés (Immense Tim Curry qui interprète tous les rôles de la famille et avec plus de réussite qu’Eddy Murphy quelques années plus tard dans le même style de prestation) afin de le marier avec leur immonde (et c’est rien de le dire) fille, la cupidité devient le thème central et la cause de la chute de notre démarcheur. Dans « Ulrich et les neuf vies du chat », un magicien oubliera, fatalement, de compter correctement le nombre de vies qu’il lui reste poussé par la gloire que lui octroi ce privilège. Dans « Dédoublement de personnalité », un homme joue sur deux tableaux afin de coucher avec des soeurs jumelles, son envie de luxure le mènera vers une fin macabre. Ou encore, Dans « Le sacre de la tronçonneuse », la jalousie maladive d’un bûcheron lui fera perdre la tête… Et aussi le reste du corps. Bref, les exemples pourraient être cités à l’infini (enfin jusque 93, nombres d’épisodes de la série). Ces twists de fin d’épisode venaient vous hanter des jours et des nuits durant. Des conclusions plus peaufinées dans ces versions « live » que dans les comics « Tales from the crypt » dont la série est tirée. Il serait aisé de dire que des films cultes tels que « Seven » ou « Saw » aient été inspirés des Contes de la Crypte, tant leur violence graphique et morale ainsi que leur retournement final rappelle les fameux contes.

FLASHBACK : Les Contes de la Crypte

Si le succès était au rendez-vous, c’est aussi grâce à la présence de stars confirmés ou en devenir qu’à vu défiler la série. De mémoire de télévore, jamais un programme n’avait vu intervenir, que ce soit devant ou derrière la caméra, autant de célébrités. Faire la liste complète de ces stars serait bien trop long mais citons tout de même : Arnold Schwarzenegger (à la réalisation de l’épisode 2 de la saison 2 « L’échange »), Demi Moore, Lance Henriksen, Brad Pitt, Joe Pesci, Michael J. Fox, Tom Hanks, Martin Sheen, Michael Ironside, Tia Carrere (Mégateuf Wayne !) sans oublier des producteurs / réalisateurs de renoms comme Robert Zemeckis, Joel Silver, Walter Hill et Richard Donner. Une combinaison de talent qui ne pouvait que donner un résultat monstrueux (dans tous les sens du terme). Mais, malgré tous ces noms prestigieux, la série ne serait pas ce qu’elle est sans la présence de la star du show : Le Cryptkeeper ! Marionnette qui présentait et concluait chaque épisode, ce personnage hors du commun était doté d’un physique grotesque et d’un humour acide qui restera gravé dans la mémoire collective. Si on ajoute à cela, un générique mémorable (un plan séquence à base de maquettes) de toute beauté, une musique composée par le génial Danny Elfman et vous obtenez un objet de culte. Si vous décidez de vous (re)lancer dans le visionnage de cette série, sachez qu’en France, il n’est sortie en DVD que 13 volumes soit 39 épisodes sur les 93 existants ! De plus, la sélection n’est pas toujours bien faite… Un épisode mythique comme « Nuit de noël pour femme adultère » n’est, par exemple, pas présent. Un comble ! Pour avoir l’intégralité des épisodes, il faudra vous tourner vers les DVD américains qui ont eu la bonne idée d’être éditées dans un coffret pour chaque saison (comme toutes les autres séries, en fait). Oui, on est parfois un peu con en France… Parfois…

Et sinon, vous, quel est l'épisode des "Contes de la Crypte" qui vous a le plus marqué ?

FLASHBACK : Les Contes de la Crypte

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Rédigé par Gib

Publié dans #Séries

Publié le 24 Août 2015

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

Laurent Dallias est le héros musclé de quatre films de Julien Richard-Thomson : Roboflash Warrior (1994) Time Demon (1996) Jurassic Trash (1998) Time Demon 2 (2002). Des comédies fantastique ou d'action, réalisées avec de tout petits budgets en totale indépendance mais qui pour certains d'entre eux sont devenus "cultes". Dans son livre de souvenirs "Mon Cinéma de A à Z" le cinéaste présente Laurent Dallias comme l'un de ses fidèles, comédien de talent et collaborateur précieux multi-casquettes (coproducteur sur Time Demon 2 par exemple). Depuis, Dallias a enchaîné les tournages sans pour autant accéder à la notoriété : des rôles de gendarmes dans des séries comme Plus belle la vie, ou Section de recherche , sans oublier des petits rôles dans des films comme Taxi 4... Rencontre avec un outsider de l'action !

Comment es-tu devenu comédien ?

A l'origine j'ai suivi des cours au Conservatoire d'Avignon, mon rêve était de faire l'acteur au cinéma. A la fin de la formation, avec les autres élèves du cours j'ai réalisé un film d'action intitulé "Rêve d'Héros", j'interprêtais aussi le rôle principal. Nous étions au milieu des années 90... J'ai aussi commencé à jouer dans des pièces de théâtre.

Comment a eu lieu ta rencontre avec Julien Richard-Thomson ?

A peu près à cette période, un ami comédien m'a signalé qu'un réalisateur et son équipe cherchaient des acteurs dans la région pour un projet de film intitulé "Roboflash Warrior" qu'il présentait comme une sorte de parodie. Il recherchait un héros brun et costaud, à cette époque je faisais aussi de la musculation.Je l'ai rencontré à Avignon avec son frère Blaise. Ses références étaient Terminator, Mad Max, mais il avait un budget dérisoire et donc il souhaitait tourner un genre de pastiche. Quand je lui ai demandé s'il avait des véhicules, des engins, il m'a répondu qu'il avait seulement deux motos ! (rires) Mais le courant est bien passé entre nous et j'ai accepté de joeur le rôle de Bruce, un mercenaire amnésique qui voyage dans le temps.

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

Comment s'est passé le tournage de ce long-métrage ?

Très bien mais il n'y avait vraiment aucun moyens. L'équipe était très réduite, une demi-douzaine de techniciens, les acteurs avaient été recrutés dans la région. Bien sur il tournait en vidéo et non pas en pellicule cinéma. Le premier jour nous avons tourné une scène à Orange, mon personnage retrouvait un cadavre au volant d'un camion incendié. Julien avait déniché un vieux camion au bord d'une route, tous les décors étaient des décors naturels, dont une magnifique carrière où mon personnage se battait contre des guerrières amazones du futur.

Etais-tu fan de cinéma fantastique ?

De fantastique pas vraiment, je préférais la SF comme Blade Runner, 2001 ou New York 1997... J'aimais aussi beaucoup les films d'action. Comme j'étais costaud j'avais envie de jouer dans des films ou téléfilms des rôles plutôt physiques, des gardes du corps, des flics... Ma collaboration avec Julien m'a permis d'assouvir certaines envies comme jouer des scènes de bagarres ou de poursuites.

Parmi les quatre films que tu as fait avec Julien, quel est ton préféré ?

Time Demon 2 est celui dans lequel je me suis le plus investi, puisque outre le rôle principal j'avais d'autres casquettes, comme coproducteur. J'ai beaucoup travaillé sur ce projet, j'ai réuni une grande partie du casting par exemple. Mais le film que je préfère est sûrement Jurassic Trash car en tant qu'acteur, jouer un double-rôle est très intéressant. Je jouais à la fois le garde-champêtre et un clown tueur, en fait deux frères à l'opposé. Je me suis bien éclaté.

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

T'attendais tu à ce que ces films aient une carrière et deviennent "cultes" aux yeux de certains ?

Je pensais que Time Demon allait être assez populaire car il y avait des stars du X au casting, c'était à la mode à l'époque et d'ailleurs nous avions eu plusieurs reportages à la télé, sur Canal Plus et dans la presse... La diffusion du film a été plutôt modeste. Je pensais aussi que Time Demon 2 allait fonctionner car le casting était de bonne qualité, il y avait des acteurs qui tenaient bien la route et aussi pas mal de décors et de scènes d'action. Je misais moins sur Jurassic Trash mais en fait, aujourd'hui c'est mon préféré, c'est le plus abouti. Je l'ai vu en salle de cinéma et le public était plié de rire, c'est une comédie qui fonctionne très bien.

Julien Richard-Thomson est il un metteur en scène très directif ?

Je ne dirais pas ça, bien sûr il sait ce qu'il veut, mais il écoute aussi beaucoup ses techniciens ou ses acteurs. On peut proposer des idées, faire des suggestions et quand ça lui plaît il accepte sans aucun problème. C'est quelqu'un de très pragmatique.

Est-ce plus difficile de jouer dans un film fauché que dans une grosse production ?

D'un côté c'est plus facile car avec une petite équipe on tourne plus vite, on reste dans le personnage. Mais c'est aussi moins confortable, on se sent moins protégé, le stress est plus important. Bref c'est plus précaire, disons qu'il faut aimer l'aventure. En tous cas participer à ce genre de tournages a été formateur pour moi.

INTERVIEW : LAURENT DALLIAS

Quelques anecdotes ?

La plus mémorable a été l'irruption de vrais policiers sur le plateau de Time Demon 2 pendant la scène de braquage d'un supermarché. Les comédiens qui jouaient les malfrats ont failli mourir ce jour là ! (rires) Dans ce film il y a eu pas mal de scènes d'action, assez physiques, j'ai terminé le tournage épuisé. Sur Jurassic Trash j'ai souffert le martyr avec les chaussures de clowns qui m'écorchaient les pieds, une torture ! Sur tous ces films il y a eu de nombreuses pannes et incidents, dûs au manque de moyens. Je me souviens que sur Time Demon, Julien avait une caméra défectueuse il devait la démarrer en la dirigeant vers le ciel sinon elle refusait de filmer.

As-tu d'autres projets avec Julien Richard-Thomson ?

Oui il a écrit un film que je trouve très réussi, où je joue un petit mafieux, un gars au bas de l'échelle du crime. Ses collègues malfrats le considèrent comme moins que zéro mais un jour il se rebelle et décide de prendre sa retraite en réclamant les acquis sociaux qui lui sont dûs. Mais dans le monde du crime demander à bénéficier de congés payés ou d'une retraite, ça ne se fait pas... Cela se déroule à Marseille mais c'est un peu à la manière des comédies noires des frères Coen, le rôle est très intéressant. Le soucis c'est que Julien a le plus grand mal à trouver les moyens pour produire ses films, malgré son talent et son obstination. Et le cinéma ça coûte cher !

Merci beaucoup à Laurent Dallias pour cet entretien et à Julien-Richard Thomson pour son aide plus que précieuse.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview

Publié le 21 Août 2015

Salut les marloux,

Je sais bien qu'"Antigang" n'est pas vraiment un film qui devrait avoir sa place sur ce blog par rapport à ses thématiques mais ça me tient vraiment à cœur d'en parler. La raison qui m'a donné envie de faire cet article est qu'"Antigang" est un film de Benjamin Rocher, le co-réalisateur de l'excellent "La Horde" et le réalisateur de la première partie de "Goal of the Dead", un des meilleurs films de 2014. D'ailleurs, dans "Antigang", on retrouve la recette qui faisait déja miracle dans son précédent effort, à savoir un mélange savamment dosé d'humour et d'action, une caractérisation des personnages réussie, des punchlines efficaces, une réalisation dynamique et jouissive et un casting (dont toujours le formidable Alban Le Noir) au top. Car oui, ne tournons pas autour du pot, "Antigang" est une réussite. En passant de l'horreur au polar, en ajoutant une grosse star française au casting (Jean Réno, si vous ne le saviez pas) Benjamin Rocher n'en a pas perdu son style, son identité ni son âme. Ouf !

ANTIGANG, la chronique freestyle.

Il est vrai que vu la promo, l'affiche et le titre, le néophyte qui ne connait pas Benjamin Rocher, peut s'attendre à voir une énième comédie d'action dégueulasse (qui a dit "Taxi 3"? c'est pas bien, le 4 est pire) ou bien, à l'inverse, un polar sérieux et mou du genou (qui a dit "L'affaire SK1" ? ça se fait pas, on se calme sinon je fais évacuer ce blog). Ok, petite parenthèse un instant, je vanne "Taxi" tout ça mais je voudrais quand même préciser que j'avais passé un bon moment devant les deux premiers volets et que je n'ai rien contre Luc Besson. Alors oui, certains de ses films sont plutôt mauvais et ses productions souvent pires mais n'oublions pas tous les bons films qu'il a réalisé ("Léon", "Le grand bleu", "Nikita" et même "Le cinquième élément" à mon sens) et puis, qui en France ose sortir autre chose que des drames en huis-clos ou des comédies avec Christian Clavier et Kad Mérad ? Ok, c'est souvent lourdingue et de moins en moins glorieux mais à part Lucky, qui se bouge dans ce cinéma frileux pour essayer d'envoyer des films qui ont un peu de gueule et de fun ? Et bien, il y a Benjamin Rocher qui en plus d'avoir la maitrise des scènes d'actions sait surtout doser parfaitement différents ingrédients de ce genre de spectacle. Dans les films de Rocher, il y a parfois de l'humour bas du front (la scène des supporters dans "Goal of the dead", la scène d'ouverture d'"Antigang") mais ça reste toujours efficace et ça n'envahit pas tout le film. Dans ses moments de délire, "Antigang" la joue à fond mais quand il s'agit de mettre en scène des gunfights, place aux choses sérieuses et à la montée de tension. Drôle mais aussi parfois très tendu et prenant dans ses moments les plus dramatiques (bon, y'en a pas cinquante) et surtout, nerveux, lisible et jubilatoire dans ses scènes de bastons ou d'action, que ce soit dans les combats à mains nues ou à l'arme à feu, le film est une réussite dans tous les genres qu'il aborde. Seul bémol, alors que la plupart des jeunes comédiens bastonnent secs, il faut bien dire que notre Jeannot national à un peu plus de mal mais bon, je voudrais bien vous y voir vous à 67 ans entrain de courir dans Paris pour flinguer des bandits ! Alors, on fait comme pour Schwarzy dans "Expendables", on admire le charisme du mec et sa prestance et on met de coté le fait qu'il n'ait plus vingt piges ! Merci.

ANTIGANG, la chronique freestyle.

Le scénario, ficelé correctement, n'est pas très complexe ni original et a un gout de déjà vu (cent fois ?) mais permet d'apporter et de distiller à un rythme régulier scènes de comédie, d'action, de tension et de maintenir le spectateur en haleine pendant l'heure et demie que dure le film. Les bons mots et les dialogues badass fusent portés par des acteurs au top de leur forme. Jean Réno, qu'on n'avait pas vu aussi bon depuis longtemps, joue parfaitement son rôle de flic à l'ancienne et Alban Lenoir est juste excellent. D'une drôlerie totale dans son rôle de jeune flic tête brûlée, il confirme tout le bien que l'on pensait de lui depuis "Hero Corp". Une gueule du cinéma français qui va encore monter, à n'en pas douter, en espérant qu'il ne prenne pas la même trajectoire que Romain Duris. Enfin, ce serait bien pour lui et pour son banquier mais moins pour le cinéma de genre... Les autres comédien(ne)s assurent aussi bien leur rôle, de Caterina Murino en flic fatale à Oumar Diaw en nouvel arrivant dragueur en passant par Thierry Neuvic dans le rôle du boss "new generation" ou de Stéfi Celma (la sympathique comédienne du sympathique "Pas très normales activitées") en femme enceinte du héros, tous sont impeccables.

ANTIGANG, la chronique freestyle.

Rythmé, fun, jubilatoire, drôle, bien interprété et shooté avec talent, "Antigang" est dans la continuité du travail de Benjamin Rocher. Le réalisateur commence à se forger une filmographie de métrages qui donnent la banane dès le générique de début et qu'on garde en sortant de la salle. Comme pour ses autres films, il est toujours sous l'influence de ses références américaines mais il garde malgré tout son identité et continue à réaliser des films personnels. Espérons que le côté plus "mainstream" du polar par rapport au film d'horreur lui apporte le public et le succès qu'il mérite en espérant que cela nous le ramène quand même du côté des films gore. Avec Besson, Kounen et Kasso, Benjamin Rocher fait parti du club assez restreint des réalisateurs français couillus, qui font ce qu'ils ont envie de faire tout en essayant (parfois) de toucher un large public. S'il garde son identité (ce qui sera surement le cas s'il continue à bosser dans sa structure "Capture the flag"), Benjamin Rocher peut réussir à continuer à plaire à son public de base (celui de l'horreur) et attirer un plus large public. On croise les doigts pour que ce soit le cas et pour que les américains ne nous le vole pas trop vite (même si une carrière à la Aja serait pas mal aussi) ! Allez, arrêtez de lire ça et allez au cinéma, bande de buses !

 

Ma note : 8/10

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Rédigé par Gib

Publié dans #Critiques

Publié le 14 Mai 2015

FESTIVAL BLOODY WEEKEND

 

Salut les cahouins ! (pour ceux qui ne savent pas, les cahouins sont des chats. C'est comme les cabots pour les chiens, quoi). En ce moment, c'est le festival de Cannes ! On s'en fout ? Non, quand même pas mais un peu... Bref, plutôt que de vous oppresser au milieu d'une foule impossible pour apercevoir Catherine Deneuve à cent mètres, il y a d'autres festivals beaucoup plus funs et avec des guests tout aussi recommandables. Parmi ceux-ci, il y a le BLOODY WEEKEND dont la sixième édition aura lieu les 29,30,31 mai 2015 à Audincourt.

Créé par ce joyeux drille de Loïc Bugnon, le festival sera, cette année, présidé par Brian Yuzna, le réalisateur de "Society" et du "Dentiste". Et ça les gars, c'est pas de la daube. C'est pas tout puisque vous aurez aussi l'occasion de rencontrer les deux "grands" de la presse horrifique en France : Jean Pierre Putters (créateur de Mad Movies et de Métaluna) et Alain Schlockoff (créateur de L'écran Fantastique) ainsi que le maître du quartier interdit : Jean-Pierre Dionnet, le réalisateur du sympatoche "Dog House" : Jake West, le réal' de "Waxwork" : Anthony Hickox ainsi que John Penney.

En plus de la possibilité de rencontrer ces célébrités, de nombreux films seront projetés, des dizaines d'exposants seront présents et vous pourrez participer à différentes activités plutôt fun comme le tir sur zombie, du cosplay, des quizz.... Alors, foncez-y !

Plus d'infos sur : http://www.bloodyweekend.fr/

FESTIVAL BLOODY WEEKEND

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Rédigé par Gib

Publié dans #Festival

Publié le 16 Mars 2015

Et voilà ! Après plusieurs articles sur le suivi de la fabrication du film, sur la campagne de financement, une interview de son réalisateur Steve Wolsh et un soutien depuis plusieurs mois, Le Dernier Blog sur la Gauche est heureux de vous annoncer que "Muck", le premier film (qui est en fait le volet du "milieu") de la trilogie est enfin sorti depuis le Vendredi 13 avril 2015, au cinéma après plusieurs fêtes et avant premières notamment une "party" à la Playboy Mansion de Hugh Heffner. Si vous voulez voir le film, il est disponible sur différentes plateformes sous le lien suivant :

Le fait que Steve Wolsh sorte le segment du milieu de la trilogie n'est pas anodin puisque le réalisateur veut mettre tout de suite le spectateur dans l'ambiance et ses comédien(ne)s dans la boue, dans le sang, dans la violence ! Une approche radicale, sans préliminaire !

Pour fêter la sortie du film, voici donc quelques photos du tournage ! Public français, on compte sur vous pour soutenir le cinéma d'horreur indépendant et le slasher plus précisément !

MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !
MUCK IS OUT !

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Rédigé par Gib

Publié dans #Previews

Publié le 15 Mars 2015

SADIQUE MASTER FESTIVAL !! 6 et 7 mars 2015

C'est fait, ça y est ! Le Sadique Master Festival a bien eu lieu, en live, en vrai. Il faut dire qu'ils se sont bien battu la bande de Sadique Master, composée de Tinam, Ascarioth et Otis (entre autres) pour donner vie à leur festival. Et après deux éditions virtuelles, les fans de films extrêmes ont enfin pu se rencontrer ailleurs que sur un chat. Et j'y étais ! Pas tout le temps mais j'y étais. Et même si je suis un passionné de films d'horreur, je dois bien avouer que les films extrêmes underground ne sont pas forcément ceux que je connais le mieux tout simplement car très peu mis en lumière, il est souvent difficiles de savoir qu'ils existent. Une raison de plus de saluer l'initiative des "sadiques" de nous proposer cette programmation atypique et unique en France car il faut bien avouer que, globalement, la qualité, ou en tous cas la découverte, était au rendez-vous.

SADIQUE MASTER FESTIVAL !! 6 et 7 mars 2015

Devant une salle presque pleine, le festival a commencé avec la présentation de l'équipe et des films à voir par Tinam, Otis et Asca pour ensuite enchaîner avec celle du jury composé de Quarx, Dejan Illic et Alan Deprez. Après cela, extinction des feux et lancement (un peu planté) du premier métrage : "Pray", un court métrage brésilien du réalisateur Claudio Ellovitch. Esthétiquement original, entre psychédélisme, religion et freakshow, le film intrigue et envoûte. Malgré tout, il faut vraiment être sensible au côté un peu abstrait du film et à cette ambiance étrange ponctué en majeure partie d'une voix off. Pas spécialement facile d'accès, Pray mériterait un deuxième visionnage. On enchaîne ensuite avec "Pieces of talent" de Joe Stauffer. Même si le film a semblé trop soft à pas mal de monde présent dans la salle, il m'a personnellement complètement comblé ! Jubilatoire, drôle, violent, le film de Stauffer est porté par un duo de comédiens impeccable, le psychopathe et hilarant David Long et la fraiche et pétillante Kristi Ray. Dans cette histoire de réalisateur qui tuent réellement ses comédiens, les histoires des deux acteurs principaux se suivent souvent en parallèle avant de s'entrecroiser à plusieurs moments clés afin d'aboutir à un final réjouissant. Une très bonne surprise.

SADIQUE MASTER FESTIVAL !! 6 et 7 mars 2015

La soirée se poursuit avec "Leurre", un court métrage de Pierre Reynard dans lequel on voit un cadavre, plastifié, dans une baignoire. En fond, la voix off du tueur. Macabre et glauque, le film est efficace mais ne m'a pas spécialement chamboulé ou perturbé plus que ça. Après cet avant-goût qui nous met dans l'ambiance, on enchaine avec "Carcinoma", qui obtiendra le prix du jury lors de ce festival. Il faut dire que le film correspond bien à ce que l'on peut attendre d'un métrage extrême. Effrayant (la maladie est une réalité tellement présente qu'elle est plus terrifiante que n'importe quel boogeyman), visuellement répugnant (la dégénérescence physique du personnage principale est d'un réalisme saisissant) et ponctué de scènes chocs (la petite amie qui se met le doigt dans le postérieur pour faire goûter sa "matière" au héros, les séances de SM homosexuel...), le film d'Art Doran met clairement mal à l'aise et on sort de la salle éprouvé, le cœur lourd et les tripes retournées. Un film choc. "Pieces of talent" est plus mon style de film mais je dois avouer avoir été très perturbé par celui-ci. Mission réussie pour "Carcinoma".

SADIQUE MASTER FESTIVAL !! 6 et 7 mars 2015

Le dernier film que j'ai vu est "Wound" de David Blyth. C'est celui qui m'a le moins convaincu. Malgré une scène d'introduction efficace et intriguante, je me suis vite retrouvé perdu dans ce film aux directions peu claires et pas forcément passionnantes malgré quelques scènes de sado-masochisme qui feraient surement regretter aux spectatrices de "Cinquantes Nuances de Grey" l'engouement qu'ils ont développé pour ces pratiques. Un film qui se regarde sans déplaisir mais qui ne m'a pas captivé. C'est ainsi que se termine le festival pour ma part. Hâte d'être à l'année prochaine pour y retourner et profiter de cette ambiance conviviale et de cette programmation originale et excitante. Bravo à Tinam et à toute son équipe.

Les chroniques des films seront bientôt sur Horreur.com, le site pour lequel j'écris et qui m'a gentiment envoyé au Sadique Master Festival.

SADIQUE MASTER FESTIVAL !! 6 et 7 mars 2015

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Rédigé par Gib

Publié dans #Festival

Publié le 3 Mars 2015

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

Actrice, réalisatrice, productrice, Jessica Cameron est une autodidacte qui, devant le manque de prise de risque de l'industrie du cinéma, a décidé de monter sa propre maison de production afin de réaliser les films qu'elle rêvait de voir. Retour sur un parcours atypique et sur des projets passionnants.

Actress, director, producer, Jessica Cameron is a self-taught, with the lack of risk taking in the film industry, decided to start his own production company to achieve the movies she dreamed of seeing. Return on an unusual career and exciting projects.

1/ Votre premier travail était designer dans la mode, quand et pourquoi avez-vous décidé de lancer votre carrière dans le cinéma ?

Je n’ai pas decidé, ça c’est imposé à moi d’une certaine manière. Lorsque je travaillais dans la mode, on m’a dit que je parlais trop vite et comme je ne pouvais pas trouver de classe pour améliorer cela, un de mes supérieurs m’a suggéré d’aller dans un cours de comédie et ensuite « de parler plus lentement autour de gens stupides ». Je suis tombé amoureuse de l’art de l’acting dans ces classes et j’ai rapidement commencé à passer tout mon temps libre à prendre des cours, aller à des répétitions, etc.. Après quelques années, j’ai terminé toutes les classes et j’ai commencé à réfléchir afin de lancer ma carrière à temps plein.

1/ Your first job was fashion designer, when and why did you decide to launch your career in cinema?

I didn't decide, it was forced upon me in a way. While working at the fashion company they decided that I spoke too fast and when I could not find a speech class that would help one of my superiors suggested I take an acting class and then "talk slower around the stupid people". I fell in love with the art of acting in those classes and pretty quickly started spending all of my spare time doing anything I could, taking classes, rehearsing, etc. After a few years I had completed every class and started plotting to make it my full time career.

2/ Pourquoi avez-vous décidé de jouer dans des films d'horreur ? Qu'aimez-vous dans ce genre de films ?

Le genre horrifique m’a trouvé. Quand j’ai commencé à être actrice à plein temps, je voulais juste auditionner pour des films que je trouvais intéressant et avec des personnes que je respectais, peu importe le genre. J’habitais dans le Midwest à cette époque et la majorité des films qui étaient realisés étaient des films d’horreur, vous n’avez pas besoin d’avoir un gros budget pour faire ces films. Alors je me suis rapidement retrouvé à beaucoup travailler sur des films d’horreur. Ce qui est genial car c’est le genre que je préfère regarder et aussi dans lequel je préfère jouer. Pour moi, c’est plus fun de jouer dans un film d’horreur, c’est l’ultime challenge d’un acteur, faire croire au public que l’impensable est entrain de se produire à l’écran est difficile.

2/ Why did you decide to play in horror movies? What do you like in this kind of films?

The horror genre found me, when I started doing acting full time I just wanted to audition for any role that I found interesting with people that I respected. I was based in the midwest at the time and the majority of the films that were being made were horror films, you don't have to have a huge budget to make them which is why. So I quickly found myself working a lot in the horror genre. Which is great because its my favorite genre to watch and work in. For me its more fun to act in a horror film since its the ultimate acting challenge, to make the audience believe that the unthinkable is happening on screen is hard.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

3/ Vous êtes souvent qualifiée de Scream Queen. Aimez-vous ce qualificatif ? Y'a t'il des actrices qui vous ont inspiré ou que vous aimez ?

Je pense qu’obtenir du credit dans cette industrie est incroyable. J’aime le terme de « Scream queen » mais je ne crois pas que l’on devrait s’auto-étiquetter. Je pense que c’est un qualificatif qui doit être donné par ses pairs ou par la presse. Il y a trop de filles qui font un seul film et qui s’étiquettent elle-même de ce terme. De mon point de vue, cela devrait être réservé à celles qui excellent dans le genre horrifique, ce que je fais. Une de mes principales inspirations est Jamie Lee Curtis qui est la « Scream Queen » originale. Je respecte son travail et son cheminement de carrière qui l’a fait traverser plusieurs décennies dans tous les genres.

3/ People say that you are a scream queen. Do you like it? Is there other actresses’ horror that inspired you or that you like?

I think to get any credit in this industry is amazing. I love the term scream queen, though I don't believe that one should self label themselves it. I think it should be a term that is determined by peers and press. There's just far too many girls who do one movie and then self label themselves the term. In my opinion it should be reserved for those who excel in the horror genre, which is what I do. One of my main inspirations is Jamie Lee Curtis who is the original Scream Queen, I respect her work and her career path which has spanned over many decades and across all genres.

4/ Vous avez créé votre propre maison de production. Est-ce pour développer plus de rôle pour vous-même ?

J’ai créé ma propre société mais ce n’est pas pour me créer plus de rôles. C’est pour réaliser plus de films d’horreur originaux. J’étais, comme une fan d’horreur, malade de voir tous ces remakes et reboots. Je voulais de nouvelles histoires, de nouveaux personnages, de nouveaux films à regarder. Alors j’ai créé ma propre société pour créer ces films que je voulais voir mais qui n’était fait nulle part ailleurs.

4/ you have created your own producing company. Is it to develop more of role for you?
I do have my own company but its not about making more roles for me. Its about making more original horror films. I, as a horror fan, was sick of seeing remakes and reboots. I wanted NEW stories, NEW characters, NEW movies to watch. So I created my own company to make those films that I wanted to see that were not getting made elsewhere.

5/ Que pensez-vous de la place des femmes dans les films d'horreur ?

Je pense que les femmes sont cruciales dans le genre horrifique, derrière la camera autant que devant. Nous voyons de plus en plus de femmes arriver derrière la caméra et cela a amené des films étonnants. Les sœurs Soska, Jennifer Kent, Jovanka Vuckovic et la liste est longue. Ces femmes ainsi que tant d’autres apportent un nouveau souffle dans le genre horrifique et dans le cinéma au général. Cela permet aussi de mettre des femmes fortes à l’écran et apporter de la fraicheur à des histoires classiques.

5/ what do you think about the place of women in horror movies?
I think that women are crucial to the horror genre, behind the camera as well as in front. As of late we have seen more women getting behind the camera which has lead to some amazing films. The Soska sisters, Jennifer Kent, Jovanka Vuckovic, and the list continues. These women along with so many others are breathing new life into the horror genre and cinema in general. This is also enabling us to get stronger women characters on screen and fresh takes on classic tales.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

6/ Vous êtes très indépendante et vous n'attendez personne pour faire les choses. Cela doit être parfois difficile. Qu'est ce qui est le plus compliqué avec cette façon de faire ?

Faire un film c’est littéralement gagner des centaines de combats. Tous les jours vous vous battez. Vous vous battez pour avoir le casting que vous voulez, vous vous battez pour avoir le scénario que vous voulez, pour avoir les performances que vous voulez, pour avoir l’équipement que vous voulez, le son que vous voulez, etc… Le processus entier est difficile et étonnement, il ne devient jamais plus facile, jamais. Vous devez continuer de vous battre. Mais si c’était plus facile alors tout le monde le ferait !

6/ you are very independent and you don’t wait to another people to do things. I think, sometimes, it’s difficult. What is the most difficult in this method?

Making a film is winning LITERALLY thousands of fights. Every day you fight, you fight to get the cast that you want, you fight to get the script how you want, you fight to get the performances that you want, you fight to get the equipment that you want, you fight to get the sound that you want, etc. The whole process is difficult, and surprisingly it does not get any easier, ever. You just have to keep fighting. But if it was easier then everyone would do it!

7/ Avec "Truth or Dare", vous avez réalisé votre premier film. Désiriez-vous réaliser un film depuis longtemps ?

J’ai toujours sur qu’en tant que fan d’horreur, je voudrais voir cette histoire à l’écran. Je n’avais jamais rêvé pouvoir le diriger meme si je l’avais co-écrit. Mais lorsque nous avons approcher des réalisateurs, nous avons eu des problemes pour trouver un réalisateur qui ne ferait pas baisser le ton du film. J’aimais le scénario, toutes ces choses graphiques qu’il y a dedans et je ne voulais pas que cela soit réduit à l’image. Alors, j’ai decidé d’intervenir et de réaliser le film moi-même pour en préserver l’histoire. Je suis fier de l’avoir fait. En fin de compte, cela a permis de maintenir ma vision.

7/ with “truth or dare”, you have done your first movie. Did you want to make a movie since long time?

I always knew that as a horror fan I wanted to see this story on screen. I never dreamed that I would direct it, even as I co-wrote it. But when we were approaching directors to take it over, we had trouble finding one that would not tone it down. I loved the script it all its graphic glory and did not want to tone it down, at all. So I had to step up and direct it myself to preserve the story. I am glad that I did. In the end it helped maintain my vision.

8/ Que préférez-vous, jouer ou réaliser ?

Je préfère largement jouer que réaliser. C’est plus drôle et honnêtement, c’est moins de travail. En tant que réalisateur, vous devez vivre avec le film pendant des années. En tant qu’actrice, vous jouez dedans et ensuite vous n’avez plus à vous en occuper une fois la promotion terminée. J’ai dit que j’étais une fan d’horreur alors lorsque je tombe amoureuse d’une histoire, je vais tout faire pour voir le film arriver au bout, même si je dois le réaliser.

8/ What do you prefer, play or be a director?

I drastically prefer acting over directing. Its more fun and quite honestly is less work. As a director you have to live with the film for years, as an actor you film it and then don't worry about it till after for promotion. That said I am a horror fan first so when I fall in love with a tale I will do whatever it takes to see the film completed, even if that means directing.

INTERVIEW : JESSICA CAMERON

9/ Quel est votre souvenir préféré sur un tournage ? Et le pire moment ?

Mon souvenir préféré… C’est une question difficile. Il y a tellement de moments géniaux sur un tournage. Plus tôt cette année, j’ai eu la chance de travailler sur un film en Angleterre, “The Tour”. J’adorais le casting et l’équipe sur le tournage. Ils étaient tellement passionnés et intelligents. C’était la première fois que je tournais en Angleterre et j’espère que ce n'était pas la dernière. Les réalisateurs étaient les les personnes plus agréables qui soient et c’était excitant de travailler avec eux (Damon Rickard et Alex Matheison). Le DP, Richard Bell, m’a coupé le souffle. « The Tour » est actuellement en tournée dans les festivals dans le monde entier (NDLR : l'interview a été réalisé en décembre 2014), allez le voir si vous en avez l’opportunité !

Maintenant mon pire souvenir… Hmmmm, c’était recemment, j’ai eu une actrice qui a refusé de tourner la scène finale car elle ne voulait pas travailler ce jour là. C’est l’un de ces moment ou, en tant que réalisateur, vous êtes coincé car la majorité du film a été tourné donc vous ne pouvez pas virer l’actrice et refaire le casting, vous n’avez juste qu’à essayer de préserver l’histoire et sauver le film du mieux possible.

9/ what is your best and worst memory on a set?

My best memory, well this is a tough one. There are so many great moments on most sets.
Earlier this year I got the chance to work on a film in England, The Tour. I loved the cast and crew on this set. They were so passionate and intelligent. It was my first time filming in England, and hopefully not my last. The directors were the nicest people, and so amazing to work with (Damon Rickard and Alex Matheison). The DP (Richard Bell) took my breath away. The Tour is currently (NDLR : interview was done on december 2014) making its rounds at film festivals around the world, please go and see it if you get a chance!

Now the worst moment…. Hmmmmm. It was recent, I had an actress who refused to film her final scene of the film because she didn't want to work that day. It was one of those moments as a film maker where you get backed into a corner since the film was majority shot so you can't fire the actress and recast, you just have to try and preserve the story and salvage the film as much as possible.

10/ Vous allez réaliser un autre film "Mania". Pouvez-vous en parler ?

Nous venons juste de finir celui-ci. C’est le second film que je réalise et c’est une histoire que j’aime. C’est une foutue histoire d’amour lesbienne, comme l’a écrit un critique, c’est « Thelma et Louise » qui rencontre « Harry : Portrait of a serial killer ». Nous l’avons réalisé en voyageant à travers les Etats-Unis dans le cadre d’une aventure qui s’étalera sur trois films. Nous avons tourné deux films, "Mania" et "Désolation", lorsque nous avons voyagé durant 3 semaines dans tous les Etats-Unis et documenté le processus avec un long documentaire appellé « Kill the production Assistant ». C’était un vrai challenge et je n’en peux plus d’attendre de montrer au monde ce que l’on a fait !

10/ you will make another movie: “Mania”, can you talk about it?
We just wrapped filming on this one. It was my second directing gig, and a story that I love. Its a fucked up lesbian love story, as one reviewer wrote its "Thelma and Louise" meets "Henry: Portrait of a Serial Killer". We shot it while traveling across the United States as part of our 3 film adventure. We shot two feature films, Mania and Desolation while traveling across the United states over 3 weeks, and documented the process for a feature length documentary called Kill The Production Assistant. It was very challenging but I can not wait to show the world what we did!

Merci beaucoup, Jessica.

Thank you very much, Jessica.

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Rédigé par Gib

Publié dans #Interview